Témoignages

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24 octobre 2008
Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry

Reproduit avec l'aimable autorisation des ayants droit de l'auteur et des éditions Gallimard, © Editions Gallimard

Une ère passée, j’étais un petit enfant de 6 ou 8 ans, le souvenir précis m’en est perdu.
Un parent m’offrit « le petit prince ».

Le célèbre dessin de la couverture m’étonna. J’imaginais un enfant marchand sur une petite lune. Mais il ne chutait pas dans le vide, ce qui ne laissait pas de m’étonner.
Je ne comprenais pas pourquoi il voulait que l’auteur lui dessine un mouton. Cependant, gnome d’alors, j’avais la sensation de pénétrer pour la première fois dans le monde de la poésie.
J’ai immédiatement compris que l’auteur nous brossait une métaphore, bien que j’ignorais alors ce vocable. Il m’en a appris le concept. Ce monde n’était pas le mien, ni celui de ma vie quotidienne, heureuse et joueuse mais peu tournée vers ces aspirations.
Je ne rêvais pas de ce monde. J’avais le sentiment que St Ex m’en avait fourni la clef. Qu’elle me permettrait d’y retourner, quand l’envie m’en prendrait. J’étais heureux d’avoir agrandi mon espace intellectuel.

J’appréciais l’égalité de traitement que l’auteur adulte réservait au gamin qu’il rencontrait. Dont il ne jugeait pas les demandes ou les assertions mais les respectait, les trouvant louables. Ce qui comblait mon complexe d’égalité.
Je n’ai jamais oublié ce monde parallèle, dont je savais que son intemporalité ne l’empêchait pas d’être partagé. La vue du dessin de couverture me ravit aujourd’hui tout autant qu’alors. La tendresse est restée ancrée dans ma tête.

Le nom de St Exupery ne m’est plus jamais resté indifférent.
Cela a peut-être pesé dans ma tardive décision de devenir aviateur. L’image romantique de Mermoz et de St Ex fait toujours battre mon vieux coeur. Au dessus des nuages, je rencontre parfois un hologramme du Petit Prince, discutant avec St Ex. Quand le temps est calme.

Amical et sympathique bonjour

Gaël MONDENSCHEIN

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Commentaires (5)

  1. Monde parallèle, celui de la poésie, vrai monde ? Je vous comprends. J’ai quelque part dans mon grenier une vielle cassette audio comme on en fait plus, tout usée et patinée de trop d’écoutes, avec la voix de Jean-Louis Trintignant qui raconte l’histoire du Petit Prince. Je me posais sur mon lit et j’écoutais enchanté, transporté, déjà copain avec le Renard et la fleur, que la voix de JL rendait si palpables. Un moment de grâce, à chaque fois. Il m’est revenu dans le coeur, l’autre jour, lors du départ avec des oies sauvages, d’un autre Prince, Guillaume D., qui lui aussi, s’est évadé sans bruit vers les étoiles…

  2. Quelle vitalité a «le Petit Prince» d’Antoine de Saint-Exupéry! Alors que ce conte publié en avril 1943 à New York, puis en France en 1946, vient de faire l’objet d’une nouvelle version dessinée par Joann Sfar, on apprend qu’il va être adapté en dessin animé pour France 3 et devrait être diffusé à partir de la fin 2009 en 52 épisodes de 26 minutes durant les week-ends.
    in http://bibliobs.nouvelobs.com/20081002/7494/le-petit-prince-en-dessin-anime

  3. merci pour l’info. Je viens de voir que Joann Sfar, auteur, entre autres, de la série Donjon, de Klezmer ainsi que du Chat du rabbin et dont la référence est Fred (salut Philémon au passage !) vient effectivement de sortir chez Gallimard une version du Petit Prince librement inspirée de l’oeuvre de Saint-Ex.. En voilà les premières planches.
    http://www.toujoursverslouest.org/joannsfar/catalogue/imgfourpop.php?id=137

  4. Merci pour ce blog! J’en suis déjà fan.

  5. Je ne sais pourquoi, quand je veux vous parler du petit Prince, ce qui vient, c’est la première phrase – allez, une des premières – « J’ai longtemps vécu seul, sans personne avec qui parler véritablement ».
    C’est le désert. L’avion est tombé. Il fait nuit. L’aviateur est vraiment seul, pas de cette solitude factice qu’on s’invente au milieu des autres par paresse, aveuglement, lâcheté…..Non, il est à mille milles de toute région habitée et c’est sans remède. Le moteur est cassé. Et pourtant même là il y a quelqu’un. Un petit garçon questionneur. Et il ne va pas le lâcher, le petit Prince, avec ses questions auxquelles il ne renonce jamais une fois qu’il les a posées.
    Je le vois le visage levé avec ce petit air pointu, oui, pointu, posant ses questions et attendant la réponse – les grandes personnes doivent au moins servir à ça, non ?
    Et confiant, en même temps : par exemple, le petit Prince, ça ne lui viendrait pas à l’esprit que les grandes personnes puissent ne pas savoir, ou, pire encore mentir.
    Personne ne ment dans le Petit Prince : ni le financier, ni l’ivrogne, ni même le serpent. Si, la rose ; mais elle a des excuses : elle est si fragile. Et puis elle s’y prend si mal que le lecteur le plus obtus comprend vite qu’elle aussi, au fond, c’est un cœur pur…

    Zerbinette

 

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