1. Vous accueillir à la BnF

Un été au cinéma : séances collectives à la BnF

23 mai 2016

Lundi 13 juin 2016, 14h30-16h30
BnF Site-François-Mitterrand
Salle A Audiovisuel

Modern Cinéma Lumière©Gallica

Modern Cinéma Lumière©Gallica

La mission diversification des publics propose une réunion aux relais du champ social afin de recueillir vos propositions en vue d’une programmation de séances de cinéma pour vos publics apprenants de la langue française qui ne partent pas en vacances cet été. Les dates des projections cinéma couvriront les mois de juillet et d’août, elles pourront avoir lieu les lundis et les autres jours de la semaine.

Il s’agira de réfléchir avec vous sur des thématiques qui concernent vos publics, telles que : les relations interculturelles, la vie quotidienne en France, la découverte de Paris, des métiers, la question de l’égalité homme-femme, et d’autres thématiques, les vôtres avant tout !

Il s’agira alors de choisir ensemble une liste de films avec le concours des bibliothécaires de l’audiovisuel ; nous serons à votre écoute, recueillerons vos idées et vos suggestions de films, l’objectif de cette rencontre étant d’établir une panier préalable de titres de films et une programmation avant votre venue avec vos apprenants.

Nous vous présenterons la Salle A et ses ressources, son grand écran plasma pour la diffusion des films.

Donnons-nous rendez-vous dans le hall d’entrée près de la maquette, le lundi 13 juin, à 14h15.


Pour vous inscrire, contactez :
frederic.astier@bnf.fr
01 53 79 85 30

Expositions

Exposition Miquel Barcelo. Sol y sombra

17 mai 2016

Exposition Miquel Barceló. Sol y sombra. Du 22 mars au 28 juillet 2016

l Barceló © ADAGP, Paris, 2016 Photographie © Alexis Komenda / BnF

Miquel Barceló © ADAGP, Paris, 2016 Photographie © Alexis Komenda / BnF

Peintre, dessinateur, sculpteur et céramiste, l’artiste majorquin Miquel Barceló a choisi la BnF pour faire découvrir ses œuvres et son univers.
A cette occasion, la BnF s’associe avec le Musée national Picasso–Paris afin de créer un double évènement consacré à Miquel Barceló.
Située au niveau haut-de-jardin, l’œuvre d’introduction à l’exposition a été créée sur toute la hauteur et largeur des vitres de l’allée Julien Cain, soit 190 mètres de long sur 6 mètres de haut, nommée « Le Grand Verre de terre – Vidre de meravelles ». En s’appropriant cet espace, l’artiste a voulu rendre hommage au philosophe majorquin Ramon Llull.
Pour découvrir davantage l’univers de Miquel Barceló, la Galerie 1 de la BnF expose l’œuvre imprimé de l’artiste, regroupant des gravures sur cuivre, sur bois, lithographies, sérigraphies, estampages, assez méconnue par le grand public.

Pour les publics du champ social, contactez :
frederic.astier@bnf.fr
01.53.79.85.30

Expositions

Exposition La franc-maçonnerie

17 mai 2016

La Bibliothèque nationale de France a le plaisir de partager avec vous, une exposition sur la franc-maçonnerie au niveau du haut-de-jardin, galerie 2, du 12 avril au 24 juillet 2016

Probable-cle-musee-FM©Wikimedia Commons

Probable-cle-musee-FM©Wikimedia Commons

C’est sur les chantiers des cathédrales, où les maçons se sont organisés en fraternités, se dotant de leur propre règlement et créant ainsi leur propre légende que la franc-maçonnerie apparaît. Afin de retracer l’histoire de celle-ci, la BnF vous propose une exposition riche en découvertes.

En partenariat avec le Musée de la franc-maçonnerie, l’exposition propose plus de 450 pièces dont certaines encore jamais montrées. Des fonds d’archives maçonniques que la BnF possède aux prêts étrangers, l’exposition La franc-maçonnerie présente des enluminures dans un parcours chronologique menant des bâtisseurs de cathédrales aux architectes de la Renaissance.

Pour les publics du champ social, contactez :
frederic.astier@bnf.fr
01.53.79.85.30

Visites de la BnF

Visites, expositions et ateliers à la BnF, entre mai et juin 2016

11 mai 2016

Afin de vous approprier au mieux la bibliothèque et ses espaces, la mission diversification des publics de la BnF propose son nouvel agenda. Ces visites sont individuelles et destinées aux relais du champ social

Exposition Miquel Barceló. Sol y Sombra (Site François-Mitterrand) : à travers une sélection d’estampes de l’artiste majorquin, peintre, dessinateur, sculpteur et céramiste, le parcours thématique vous permettra de découvrir une création qui expérimente : l’œuvre imprimée, jusqu’alors peu exposée, en dialogue avec une œuvre variée et monumentale, s’adresse à un large public. Au côté de l’œuvre imprimée, Le Grand Verre de terre : une fresque d’argile et de lumière de 190m de long et 6 m de haut, rend hommage au philosophe Ramon Llull. Une exposition en écho avec le Musée national Picasso-Paris.

Exposition La franc-maçonnerie (Site François-Mitterrand) : En partenariat avec le Musée de la franc-maçonnerie, plus de 450 pièces sont présentées, certaines encore jamais montrées, issues des collections de la Bibliothèque mais aussi des principales obédiences françaises ou de prêts étrangers exceptionnels. Le parcours de cette exposition permet de comprendre et de découvrir l’histoire de la franc-maçonnerie française, ses origines, ses rituels et ses symboles, ses légendes et ses multiples contributions à travers différents domaines, qu’ils soient politiques, religieux, artistiques ou philosophiques.

Parcours découverte François Mitterrand (Site François-Mitterrand) : c’est l’occasion de découvrir la BnF, son histoire, l’architecture de son bâtiment et la vie quotidienne des personnes qui y travaillent. Il s’agit aussi de vous approprier peu à peu la bibliothèque et ses espaces en fonction de vos usages. A la suite de cette visite, la Mission de diversification des publics présentera l’ensemble des activités et ateliers qu’elle mène pour les publics fragilisés socialement.

Rencontre atelier Éducation populaire d’hier et d’aujourd’hui (Site François-Mitterrand) : L’Éducation populaire reconnaît à chacun, qu’il ait fait des études ou pas, la capacité de progresser et de développer son émancipation, à tous les âges de la vie. L’Éducation populaire naît au moment de la Révolution française, se développe au 19ème siècle, pendant le Front populaire, puis après-guerre dans la foulée le programme nationale de la Résistance. Aujourd’hui de nombreuses expériences s’inscrivent dans son sillage. Ce cycle de trois ateliers s’efforcera de relier les expériences passées avec les pratiques du présent.

Calendrier des visites

Mardi 17 mai (10h30-12h) :
Exposition La franc-maçonnerie

Vendredi 20 mai (10h-12h) :
Rencontre atelier Education populaire d’hier et d’aujourd’hui

Jeudi 9 juin (10h30-12h) :
Exposition Miguel Barcelo. Sol y Sombra

Vendredi 10 juin (10h30-12h) :
Parcours découverte François Mitterrand

Mardi 14 juin (10h30-12h)
Exposition La franc-maçonnerie

Vendredi 17 juin (10h-12h)
Rencontre atelier Education populaire d’hier et d’aujourd’hui

A très bientôt !
Contact et inscriptions :

frederic.astier@bnf.fr
01.53.79.85.30

Pour découvrir les collections

Le laboratoire Français langue étrangère, en salle G de la BnF

6 mai 2016

C’est en juin 2014, à l’initiative du département Littérature et art de la BnF, que le Laboratoire Français Langue Etrangère (ou FLE) situé au Haut-de-jardin, salle G, a ouvert ses portes, permettant ainsi d’accueillir toute personne désirant apprendre le français ou se perfectionner en complément d’une formation

Le plan de la salle G©Julie Ly

Le plan de la salle G©Julie Ly

Le labo met à disposition en libre accès, des documents pour l’apprentissage individuel du français, des ouvrages autour de la culture française, des méthodes d’autoformation en ligne et une sélection de ressources gratuites pour l’auto-apprentissage du français allant du niveau débutant à avancé. Et depuis, l’amélioration du labo propose de nouveaux ateliers sociolinguistiques et des thématiques conçus en collaboration avec la mission de diversification des publics afin d’aider les usagers à mieux utiliser les ressources du labo.

En collaboration avec le bureau de Coordination et logistique (DSI), Le laboratoire propose sur ses 10 postes multimédias un accès à un portail en ligne pour l’autoformation du français et de nouveaux outils pédagogiques pour se perfectionner. Et prochainement des liens et ressources utiles seront accessibles gratuitement sur le site bnf.fr rubrique « Collections et services »

Témoignages

L’Ecole normale supérieure : une élite française ouvre ses portes aux réfugiés

6 mai 2016

Pour eux, il ne s’agirait que d’une école et d’un nouvel espoir de reprendre leurs études pour une vie meilleure

ENS, rue dUlm©Wikimedia Commons

ENS, rue d'Ulm©Wikimedia Commons

La prestigieuse école a récemment accueilli une quarantaine d’étudiants réfugiés dans le but de les insérer dans la société française. En les munissant d’une carte d’étudiant invité, ils vont bénéficier d’un accès à la cantine et à la bibliothèque de l’école, ainsi qu’à des cours de français.
Cette initiative est celle des étudiants français, tandis que les enseignants reconnaissant de ce mouvement n’exigent aucunement présentation du diplôme ni examens. Ainsi, les étudiants étrangers mettent en commun leur savoir, leur culture, leurs expériences, l’école descendant par-là de son piédestal tout en chassant les a priori.
Ces étudiants perçoivent les mêmes choses : ils ont des points communs, ils étudient pour leur avenir. Il s’agit de solidarité.

Cette mobilisation a lieu également dans d’autres écoles et les universités qui ouvrent leurs portes aux réfugiés.

Témoignages

Les jeunes stagiaires du GRETA visitent la BnF

4 mai 2016

De jeunes stagiaires (16-25 ans) du GRETA viennent régulièrement visiter l’enceinte de la BnF et ses salles de lecture. Ces jeunes gens sont en recherche d’emploi. Il suffit parfois d’un simple geste, d’une invitation, pour susciter une reconnaissance et de l’enthousiasme

Les stagiaires au Belvédère©GRETA

Les stagiaires au Belvédère©GRETA

« La Bibliothèque François Mitterrand
A l’approche des bâtiments, on se demande où se trouve l’accès à la bibliothèque.
La caractéristique de l’architecture qui représente quatre livres ouverts conçus par des plans dessinés par Dominique Perrault (l’architecte débute les travaux en 88), enferme, sans vraiment être fermé, l’espace central qui est une immense esplanade, où, au milieu, se trouve une petite forêt, afin de donner un peu de vie à ces bâtiments très hauts, ainsi que, malgré les vitres et cet espace vert, donne un aspect béton à ces bâtiments. […]
Lorsqu’on y accède, cela paraît froid et sans trop de vie alors qu’en fait c’est une structure qui fonctionne comme un village […] Toutes ces petites structures sont très bien organisées et fonctionnelles. […]
Les superbes globes de Coronelli sont vraiment magnifiques. On a l’impression de se retrouver plongé à l’époque où ils ont été conçus, tellement il y a de détails et de travail par rapport à l’époque où ils ont été créés. C’est grâce à ce genre d’édifice que l’on peut s’apercevoir de l’évolution technique des hommes au fil des siècles. »
Nathalie

« La visite de la Bibliothèque nationale de France m’a beaucoup intéressé car je n’avais pas eu l’occasion de voir ce lieu que je trouve grandiose et austère. […] Nous n’avons jamais l’impression, vu de l’extérieur de trouver une architecture comme celle-ci, avec quatre énormes tours qui sont en forme de livres et au centre une forêt. »
« En arpentant ses longs couloirs, nous avons eu la chance de pouvoir voir Paris en panorama vu du 18e étage. Ensuite, nous sommes redescendus pour voir des salles de lecture où des gens viennent consulter sur place, des salles de vidéo, de jeux sur écran. Puis, nous avons pu voir deux énormes boules appelées globes de Coronelli. Elles ont été offertes à Louis XIV. Les couleurs sont de toute beauté. […] Cette installation a nécessité l’enlèvement des vitres de la bibliothèque pour pouvoir les mettre en place. »
Michelle

A lhorizon ...©GRETA

A l'horizon ...©GRETA

« Je me suis promis de m’offrir des cadeaux d’expérience. C’est l’opportunité de découvertes des lieux d’exception. La visite de la BnF rentre dans ce cadre et c’est bien mieux qu’un bien matériel.
Whoua ! Je n’ai pas pu me retenir. Dans la mi pénombre, j’ai eu la surprise de découvrir les deux globes offerts au Roi Soleil. J’ai eu le sentiment d’être dans l’espace comme peuvent être les cosmonautes.
En me rapprochant d’un globe, je m’amuse à chercher la France. Je fais le tour. Mais où est-elle ? La cartographie de l’époque est en effet faussée.
Le deuxième globe représente les étoiles avec des points en or et le thème de la naissance du Roi […] c’est le jeu de l’imaginaire. On porte son regard au ciel, on devine un personnage, un oiseau. […]
Cette sortie est à partager. Noël approche. C’est l’occasion d’amener ma famille à la découverte de ce patrimoine. »
Claudine

« Je trouve que la BnF vue de haut ressemble un peu à vélodrome avec ce parquet en bois, et que l’on se situe dans une structure avec deux univers très distincts différents l’un de l’autre, d’une part avec la partie interne très moderne et très grande, avec beaucoup d’espace et de volume avec de très grands couloirs, avec de grands espaces volumineux et clairs, avec une insonorisation correcte et d’autre part, avec un espace central très différent, qui ressemble un peu à une petite forêt où l’on pourrait trouver vivants sous les arbres.
Je trouve que l’ensemble marie bien les différents matériaux tels que le verre, le bois et le béton. »
Sébastien

1. Vous accueillir à la BnF, Pour découvrir les collections

Construire l’accueil par la langue et la culture

5 avril 2016

Jeudi 12 mai 2016
10h à 13h
BnF (Paris 13ème)

Pour partager nos recherches et réflexions sur nos pratiques d’enseignement du français et de médiation culturelle, nous avons le plaisir de vous inviter à participer à la table ronde :

Construire l’accueil par la langue et la culture
Comment faire des actions culturelles un levier d’apprentissage du français pour des publics primo-arrivants et des publics fragilisés socialement ?

Méthodes de FLE en salle G à la BnF©BnF)

Méthodes de FLE en salle G à la BnF©BnF

 Cette rencontre s’adresse aux acteurs et aux relais de la formation linguistique à destination des migrants et a pour objectifs :

- d’inscrire des actions culturelles dans un parcours d’apprentissage du français ;
- de créer des partenariats entre organismes de formation linguistique et institutions culturelles ;
- de co-construire des projets favorisant l’intégration des personnes migrantes, la connaissance de l’autre et le lien social.

Trois projets vous seront présentés pour lancer la réflexion et les échanges :

1) Le guide de la médiation culturelle dans le champ social – Tous bénévoles
2) Le livret d’aide à la visite d’un musée et de la Bibliothèque Nationale de France – L’île aux Langues
3) La méthode Glottodrama® d’enseignement du français par le théâtre – Langues Plurielles

Le nombre de places étant limité, merci de confirmer votre inscription avant le vendredi 6 mai 2016 à : contact@lial.fr
en précisant votre nom, prénom, structure et vos fonctions au sein de la structure.

Au plaisir de vous y retrouver,
A bientôt

1. Vous accueillir à la BnF, Pour découvrir les collections

Les rencontres Gallica : La Bohème

4 avril 2016

Mardi 5 avril 2016
17h30 - 18h30

La Bibliothèque nationale de France a le plaisir de vous inviter à ses Rencontres de Gallica qui porteront sur la Bohème.

Jean-Didier Wagneur, Coordonnateur scientifique de la numérisation, département Littérature et art

À partir de la parution des Scènes de la vie de bohème d’Henry Murger (1851) s’est diffusée une authentique mythologie au sens de Barthes. Fiction «professionnelle» des artistes et des écrivains, elle s’inscrit dans le prolongement de celle que décrit Balzac dans Un Prince de la bohème et dans Un grand homme de province à Paris (Illusions perdues).
Bohème dorée, bohème misère, bohème réaliste et fantaisiste voire bohème du Chat noir, ce thème a pris souvent la forme d’un récit pathétique et comique offrant une nouvelle manière de vivre en artiste.

La Bohême, Adrien Barrère©BnF)

La Bohême, Adrien Barrère©BnF

Chantée nostalgiquement par les uns, perçue comme piège par les autres, la bohème est toutefois une idéologie littéraire qui fut dénoncée aussi bien par les Goncourt et Vallès que par Baudelaire dans la préface du roman d’un jeune écrivain : Les Martyrs ridicules de Léon Cladel.
Reste que la bohème est porteuse d’un imaginaire qui a hanté les chroniques et les imagiers du siècle : grisettes, poètes débutants, cafés, blagues et mystifications sont les passages obligés d’une histoire littéraire anecdotique qui embrasse le Quartier latin, Montmartre et Montparnasse.
À travers les ressources de Gallica, nous tenterons de mettre en évidence la généalogie et les réseaux de cet imaginaire pour parcourir, entre textes et images, un pays de Bohème « bordé au nord par le froid, à l’ouest par la faim, au midi, par l’amour, à l’orient par l’espérance ».

BnF | François Mitterrand
Salle 70
Entrée libre
Information : 01 53 79 49 49 ou visites@bnf.fr

3. La BnF et ses métiers

Le métier de responsable de l’Inventaire rétrospectif… par Jean-Dominique Mellot

15 mars 2016

Jean-Dominique Mellot est conservateur général, chef du service de l’Inventaire rétrospectif à la Bibliothèque nationale de France

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Je suis chef du service de l’Inventaire rétrospectif, une quinzaine de personnes travaillent dans ce service. Nous sommes, comme souvent à la BnF, en sous-effectif par rapport à toutes les missions qui nous incombent.
2. En quoi consiste votre travail ?
Dans une grande bibliothèque, le livre ou le document dont les lecteurs ont besoin peut avoir été mal rangé, mais il peut également être mal ou pas du tout catalogué, et donc introuvable. Ou difficilement trouvable, par exemple lorsque la notice de catalogue ne donne pas le bon auteur, le bon titre ou la date précise, et ce plus particulièrement pour les livres anciens. Rappelons qu’un livre ancien est un livre imprimé avant 1831, c’est-à-dire en utilisant la technique artisanale de la presse à bras.
Le service de l’Inventaire s’efforce donc de compléter ou corriger les données du catalogue de la BnF en ligne. Il travaille aussi à retrouver des informations sur tous les acteurs qui ont concouru à l’édition d’un livre. Pour ce faire il produit ce qu’on appelle, dans le langage du métier, des notices d’autorité, qui identifient et décrivent des collectivités de même que des individus, auteurs, journalistes, collaborateurs, imprimeurs, libraires, éditeurs, institutions, associations ayant une responsabilité dans au moins une édition conservée à la BnF.
Nous nous efforçons également d’intervenir sur « les ruptures d’épine dorsale » du catalogue, dans le jargon des bibliothèques, c’est-à-dire de remédier à l’impossibilité de retrouver un livre qui a une cote (un code constitué d’un ensemble de symboles, chiffres et/ou lettres, attribué à un document et qui permet de retrouver où il est rangé) dans le catalogue, mais dont on ne retrouve pas la notice bibliographique correspondante, c’est-à-dire le descriptif du contenu du livre.
Par ailleurs, nous contribuons également à la publication en ligne du BIPFPIG, autrement dit la Bibliographie de la presse française politique et d’information générale. À la BnF comme dans les dépôts d’archives et bibliothèques de province, nous recensons tous les journaux qui ont été publiés dans chaque département français, depuis les origines (XVIIe siècle) jusqu’à la Libération (1944). À ce jour nous avons déjà couvert 73 départements, ce qui représente un corpus de plus de 30 000 titres de journaux dont nous signalons tous les numéros conservés dans les différents établissements pris en compte. Grâce à la base de données Presse locale ancienne que nous venons de lancer en janvier 2016, nous avons mis en ligne les données de cette vaste collecte et nous donnons par la même occasion accès à toutes les collections déjà numérisées, tant à la BnF (Gallica) qu’en région.
Notre mission est transversale, nous travaillons avec tous les départements de collections de la BnF qui conservent des livres imprimés et des périodiques (autrement dit des journaux, des magazines et des revues).

Jean-Dominique Mellot©BnF)

Jean-Dominique Mellot©BnF

3. Quelle formation est nécessaire pour faire ce travail minutieux ?
Il faut bien connaître l’histoire du livre et de l’édition mais aussi les collections imprimées de la BnF et leur histoire, et maîtriser tant soit peu la pratique du catalogage livre ancien — autrement dit la façon d’identifier et décrire les exemplaires d’éditions anciennes pour permettre aux lecteurs et aux chercheurs d’y accéder sans risque d’erreur ou de lacune.
J’ai pour ma part été à l’origine de la publication du Répertoire d’imprimeurs / libraires (1470-1830) qui permet, grâce à l’identification des imprimeurs et libraires qui les ont produits, de dater les livres dont nous n’avons pas la date ou dont la date est erronée (soit près de 30 % des collections anciennes). Par ailleurs, je donne, dans le cadre de l’École pratique des Hautes Études (EPHE), des conférences d’histoire du livre, d’histoire sociale des métiers du livre, de leurs institutions et corporations, et des conflits sociaux qui ont traversé cette histoire. C’est un sujet apparemment ardu mais qui intéresse de plus en plus le public. Il me semble que plus on s’éloigne du livre comme une évidence (celle de la « galaxie Gutenberg »), plus il existe d’autres supports de communication et d’autres usages de l’écrit, plus se multiplieront les possibilités de dématérialisation, plus grandira l’intérêt pour le support originel du livre et pour son apport à l’évolution de la connaissance et des pratiques d’une société. C’est sans doute l’une des missions essentielles de la BnF que de perpétuer le lien immédiat avec ce patrimoine écrit et artistique qui doit rester une mémoire vivante pour les citoyen(ne)s de demain — même ceux ou celles qui déclarent « ne pas lire » ou lire peu.

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuel ?
Je suis fonctionnaire, en tant que tel sélectionné par concours et au service de la chose publique — du patrimoine commun et de son public. Le fait d’être fonctionnaire, dans ce domaine, permet de travailler dans la durée et la stabilité, ce qui est loin d’être un luxe, c’est au contraire essentiel lorsque l’on est responsable de collections immenses qui appartiennent à la mémoire des siècles. Si tous les professionnels des bibliothèques ne peuvent être des spécialistes, il me semble indispensable qu’il existe des spécialistes « non interchangeables », pour valoriser nos collections à bon escient et être en mesure de dialoguer avec un public de chercheurs, voire d’anticiper sur les besoins et les orientations de la recherche.

Bibliographie de la Presse française politique et d'information générale, des origines à 1944©BnF

Bibliographie de la presse française politique et d'information générale, des origines à 1944©BnF

5. Pourriez-vous évoquer les avantages et les inconvénients de ce métier ?
C’est un métier passionnant, où l’on apprend et découvre sans cesse, où l’on mène de front une foule de projets utiles, même s’il comporte son lot de contraintes et de limites. Par exemple la difficulté permanente de renouveler le personnel parti à la retraite ou en mutation afin d’avoir les moyens de faire face à nos missions — considérablement accrues depuis la conversion rétrospective des imprimés et le début des grandes campagnes de numérisation.

6. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Pensez-vous qu’il va connaître des évolutions techniques ?
À l’échelle d’une génération, nous avons vécu en 30 ans des mutations gigantesques : informatisation du catalogue, travail en ligne, consultation à distance, messagerie électronique, numérisation des collections, mise en valeur des contenus des collections numérisées… ce qui a eu quelque chose d’exaltant. Mais il ne faudrait surtout pas croire que ces évolutions ont permis de réduire la charge de travail, c’est le contraire qui s’est produit. Les catalogues en ligne qui ont amélioré l’accès aux documents ont aussi rendu les lacunes et erreurs plus flagrantes et ont rendu encore plus urgente la mise à niveau des ressources (notamment les métadonnées décrivant les documents numérisés) ; la messagerie électronique et les réponses à distance ont accaparé une part croissante du temps des professionnels des bibliothèques… Je pense que nous allons surtout connaître à présent des perfectionnements, un accroissement de la part des documents numérisés (même si une numérisation exhaustive reste une vue de l’esprit, ne serait-ce que pour des raisons budgétaires…), une amélioration des outils disponibles… en priant pour que la multiplication de ces outils ne nous fasse pas oublier les compétences fondamentales (le livre et son histoire) et les nécessaires lectures pour les acquérir…