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3. La BnF et ses métiers

Le métier de chimiste… par Stéphane Bouvet

13 septembre 2013

Nous vous proposons cette fois de découvrir, avec Stéphane Bouvet, le métier de chimiste appliqué aux collections de la bibliothèque… L’occasion également pour vous de découvrir le site de Bussy Saint Georges…

Stéphane Bouvet ©BnF)

Stéphane Bouvet ©BnF

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Je suis chargé d’études en physique-chimie au Service central du département de la Conservation. Je travaille au Laboratoire du site de Bussy Saint Georges.

2. En quoi consiste votre travail ?
La principale mission du laboratoire est de fournir assistance et conseils au personnel chargé de la conservation des collections mais également de répondre à la demande d’autres établissements.
Une part importante de mon activité repose sur le contrôle qualité des produits et matériaux utilisés pour la conservation ou la restauration des collections : on vérifie que ces matériaux (papiers, cartons, plastiques, boites, colles, pochettes…) sont sans risques pour les collections.
Nous nous impliquons également dans des programmes de recherche, en général sur 3 ans, soit internes à la bibliothèque soit nationaux en partenariat avec d’autres laboratoires. Ces programmes de recherche sont variés… toujours liés à des problématiques de conservation. Nous travaillons par exemple sur le programme soutenu par le Ministère de la culture : “Programme national de recherche sur la connaissance et la conservation des matériaux du patrimoine culturel (PNRCC)” et nous participons également au LabEx Patrima (Laboratoire d’excellence Patrimoines, matériels, savoirs, patrimonialisation, médiation) en collaboration avec les universités de Cergy-Pontoise et de Versailles Saint-Quentin en Yvelines dans le cadre du projet CoMPresSil (Conservation matérielle et traitement des papiers de presse modernes)…
Le dernier aspect de mon travail concerne la formation. Il s’agit de former les collègues de la bibliothèque ou d’autres établissements (élèves de l’ENSSIB par exemple) sur les facteurs de dégradations des collections et les précautions à prendre (environnement, manipulations, choix des matériaux…). Je m’occupe également de l’alimentation et de la mise à jour des informations concernant la conservation sur le site internet de la BnF ainsi que de la mise en ligne de la lettre interne d’information “Actualités de la conservation“.

Evaporateur rotatif ©BnF)

Evaporateur rotatif ©BnF

3. Comment devient-on chimiste ? Quelle formation est nécessaire ?
J’ai préparé un DUT (diplôme universitaire de technologie) agro-alimentaire dans le but de travailler dans le domaine du contrôle alimentaire (par exemple : vérifier le pourcentage de matières grasses dans les aliments ou l’oxydation des huiles etc )… Après mon service militaire, j’ai cherché du travail et suis arrivé en région parisienne. J’ai travaillé en intérim pendant 6 mois dans le domaine de la gestion des déchets urbains (combustion, recyclage…) pour une étude menée par l’ADEME. Un de mes collègues a passé un concours pour travailler dans un laboratoire des Monuments historiques. Je me suis alors intéressé à cette filière scientifique au sein de la fonction publique. Quelques mois plus tard, je postulais et étais recruté pour un contrat de 3 ans (1993-1996) au laboratoire de la Bibliothèque nationale, site Richelieu, plutôt spécialisé en microbiologie (étude des micro-organismes responsables des dégradations des collections). En 1996, on m’a proposé de travailler sur le site nouvellement construit de Bussy Saint Georges et de participer à la mise en place de la nouvelle entité du laboratoire plus axée sur les analyses en physico-chimie, domaine qui correspondait mieux à mon profil. Il y avait tout à faire : achat et prise en main des matériels analytiques et développement des protocoles d’analyse : c’était une expérience très enrichissante.

4. Etes-vous titulaire ou contractuel ?
Je suis titulaire, j’ai passé un concours sur dossier dans le cadre du dispositif Sapin.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?
C’est un peu le hasard, je cherchais un travail de technicien de laboratoire. L’annonce du premier emploi que j’ai occupé à la bibliothèque répondait à mes souhaits avec une partie analyse, qui correspondait à ma formation et une partir désinfection. Le travail était varié, tout ce que je voulais… ça m’a permis de découvrir le domaine de la conservation en bibliothèque. Je me suis formé auprès de mes collègues. J’avais appris les techniques, c’est juste “le sujet” qui change (les livres, les films, les disques…). J’ai appris “sur le tas”…

L équipe du laboratoire ©BnF)

L équipe du laboratoire ©BnF

6. Pour vous, quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Il faut avoir l’esprit scientifique, c’est à dire rigoureux et précis : on travaille sur des mirco-échantillons donc on n’a pas le droit à l’erreur… Il faut aussi être curieux pour s’intéresser à tous les domaines : papiers, plastiques, textiles, maquettes, vinyles… c’est ce qui rend d’ailleurs le métier passionnant. C’est un travail d’enquête, on est amené à trouver de nouvelles techniques d’analyse. C’est un travail à la fois solitaire pour les analyses et d’équipe pour les échanges d’informations, d’idées et pour les projets de recherche. Nous sommes 3 au laboratoire : 2 chimistes et 1 microbiologiste. Ponctuellement, un stagiaire ou un contractuel vient renforcer l’équipe.

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
Il n’y a pas de routine : les analyses sont les mêmes mais on travaille à chaque fois sur des matériaux différents donc on se remet constamment en questions. On découvre aussi de nouvelles collections, souvent anciennes et précieuses…
On travaille en lien avec de nombreux interlocuteurs : les responsables de collections et les collègues chargés de la conservation principalement mais aussi avec le service des expositions (sur les questions de climatisation et d’éclairage des vitrines par exemple) ou avec les agents du Département des moyens techniques lors de travaux dans les magasins (par exemple sur les armoires de climatisation, sur les choix de matériaux : peintures, résines pour les sols…)

8. Ses inconvénients ?
On est souvent pris par le temps : on n’a pas toujours la possibilité de pousser suffisamment loin nos recherches pour faire vraiment le tour d’une problématique et ça génère une sorte de frustration ou un goût d’inachevé…

Petit matériel ©BnF)

Petit matériel ©BnF

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
Notre laboratoire est référent en matière de conservation. Même si l’équipe est réduite, je souhaite continuer à développer les activités et les compétences du laboratoire. Je n’envisage pas de changement de carrière pour l’instant.

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Le métier de directeur des ressources humaines… par Bertrand Wallon

15 juillet 2013

Avant qu’il ne prenne le large pour de nouvelles aventures, nous souhaitions que Bertrand Wallon nous parle de son expérience de Directeur des ressources humaines à la Bibliothèque nationale de France.
Il n’est pas un agent ici qui ne le connaisse ce qui montre combien cette fonction est essentielle…

Bertrand Wallon ©S. Rabany)

Bertrand Wallon ©S. Rabany

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Directeur délégué aux ressources humaines souvent appelé par raccourci Directeur des ressources humaines

2. En quoi consiste votre travail ?

Le Directeur délégué aux ressources humaines est un encadrant, responsable des équipes qui assurent la gestion des personnels et leur formation, ainsi que l’action médicale et sociale à la Bibliothèque nationale de France.
Il est l’interlocuteur au quotidien de la direction pour les organisations syndicales de l’établissement et les services extérieurs qui interviennent en matière de gestion des personnels (essentiellement le Ministère de la culture et le Ministère de l’enseignement supérieur de la recherche).
Il est enfin l’interlocuteur de tout agent pour toute question relative à sa vie professionnelle et, de tout encadrant, pour toute question relative à la gestion des ressources humaines de leurs unités.

3. Comment devient-on Directeur des ressources humaines ? Quelle formation est nécessaire ?
Lorsque je suis devenu DRH, il y a de cela plus de 25 ans, il n’existait pas de formation spécifique à cette fonction. Les DRH avaient le plus souvent fait des études de droit, j’avais pour ma part choisi des études de droit public, et au sortir de mes études, j’ignorais tout du droit du travail qui était alors un enseignement optionnel du droit privé.
J’ai pu combler plus tard cette lacune lorsque j’ai préparé le concours de l’inspection du travail.
Aujourd’hui il existe de nombreuses formations, mais une bonne dose d’expérience professionnelle, pas nécessairement en ressources humaines, est toujours très utile. On peut par exemple, en cours de carrière, évoluer vers des fonctions RH, en particulier à partir d’une expérience d’encadrement opérationnel et d’un complément de formation.

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuel ?
J’ai commencé comme contractuel, pendant 7 ans au Ministère de l’équipement, dans un service d’études économiques. J’ai alors eu l’occasion de participer à la vie syndicale du service dont je relevais. Cette première expérience, ainsi que les conseils de mon ami Antoine Lyon-Caen avec qui j’avais fait mes études et qui était devenu un spécialiste du droit du travail, m’ont encouragé à tenter le concours de l’inspection du travail à un moment où je souhaitais prendre plus de responsabilités. C’était une période où l’inspection du travail, à travers l’autorisation administrative des licenciements économiques et les réformes des lois Auroux (1981-1982) était très directement impliquée dans la vie des entreprises, la gestion de l’emploi et la gestion des relations sociales. C’était la fin des grandes entreprises industrielles en région parisienne, et comme jeune inspecteur, j’ai été confronté à de nombreux licenciements collectifs et plans sociaux.
J’ai également découvert les questions « hygiène et sécurité » à travers les grands chantiers de construction dans le secteur dans lequel j’étais affecté.
Mon passage à la fonction de DRH a été en partie le fait du hasard… Comme inspecteur du travail, j’écrivais des chroniques juridiques de droit du travail et l’ANPE qui cherchait un chef du service juridique pour sa direction générale m’a proposé cette fonction. Deux ans après mon arrivée l’ANPE a décidé de réunir ses départements gestion du personnel et formation en une direction dont la responsabilité m’a été confiée.
Après l’ANPE, j’ai rejoint le ministère de la Justice, à la Direction de l’administration pénitentiaire, avec la responsabilité de l’emploi, de la formation et de l’enseignement des détenus et probationnaires. J’ai eu également à mettre en place les emplois jeunes au sein du ministère de la Justice. Responsabilité qui me rend très réceptif à la mise en place des emplois d’avenir à la BnF, à une échelle bien sûr beaucoup plus réduite.

Code du travail ©Gallica)

Code du travail ©Gallica

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?
J’ai découvert à l’inspection du travail le contenu de la fonction des DRH, fonction qui était loin d’être généralisée au début des années 80 où ces questions étaient souvent gérées par les directions administratives ou les secrétariats généraux. Plusieurs DRH que j’ai alors rencontrés étaient de vrais relais pour l’inspection du travail dans la mise en œuvre des droits nouveaux que prévoyaient les lois Auroux. C’est ainsi que j’ai découvert qu’un DRH n’était pas uniquement chargé d’appliquer la politique d’une direction mais qu’il pouvait aussi contribuer au juste exercice des droits, et à la qualité du climat social dans l’entreprise.

6. Pour vous, quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?

Sur le plan intellectuel, il faut avoir de l’intérêt pour les questions juridiques, partout présentes dans ce métier et qui évoluent continument. Il faut également s’intéresser aux métiers, si divers soient-ils, qui s’exercent dans l’entreprise où l’on travaille. Il faut savoir écouter et apprécier les temps de dialogue. Il ne faut pas redouter les phases de tension mais être capable d’identifier les solutions qui y mettent fin.
Il faut enfin être convaincu que chacun, y compris soi-même, peut progresser professionnellement.

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
Ce métier m’a permis de connaître des univers professionnels variés avec toutefois un trait commun : des agents publics qui, à l’ANPE, comme au ministère de la Justice, puis à la BnF, considèrent qu’ils ont la mission la plus importante et la plus exigeante qui soit.
Je n’imaginais pas, en commençant ma vie professionnelle, qu’une profession pourrait répondre aussi bien à mes attentes intellectuelles et humaines.
Enfin, l’emploi du temps réserve toujours des surprises ! Les journées peuvent être longues et on emporte souvent du travail à la maison, le soir ou en fin de semaine…

8. Ses inconvénients ?

Tout n’est pas toujours drôle… Si le DRH peut être un conseil sur un parcours professionnel, il a aussi, dans certains cas, à appliquer les règles disciplinaires à l’égard de certains agents. Si l’on a la responsabilité du recrutement, on doit aussi signifier des fins de contrats.
Les périodes de conflit social peuvent également comporter des moments délicats.
Pour que le DRH soit un interlocuteur crédible, il faut que son engagement s’inscrive dans la durée, à moyen ou long terme.

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?

Je suis arrivé au terme de ma carrière, et donc de ce métier.

Des projets... dans la pâtisserie ©Wikimediacommons)

Des projets... dans la pâtisserie ©Wikimediacommons

Il m’en restera le goût et l’habitude d’aider des personnes confrontées à des difficultés juridiques ou sociales, ou en recherche d’emploi. Sans envisager aucunement que cela soit un nouveau métier, j’apprécierai, à titre bénévole, d’être un conseiller occasionnel dans ce domaine…

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Le métier de chef de projet climatisation… par Serge Mathé

5 février 2013
Serge Mathé ©BnF)

Serge Mathé ©BnF

Nous choisissons à nouveau d’aller à la rencontre “d’un travailleur de l’ombre”… En poste au Département des moyens techniques, Serge Mathé vous présente le métier de chef de projet climatisation…

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?

Je suis chef de projet climatisation, au sein du service CVCD (climatisation, ventilation, chauffage, désenfumage mais aussi protection incendie et plomberie), au Département des moyens techniques, site François Mitterrand.

Ce poste comporte 2 facettes : d’une part réaliser des travaux d’amélioration, de réparation ou de remplacement des installations et d’autre part veiller au bon fonctionnement des installations pour le bien être des agents qui travaillent à la bibliothèque mais aussi des lecteurs.

La bibliothèque nationale est engagée dans la démarche de développement durable et, dans mon service, on cherche à faire diminuer la consommation d’énergie en faisant fonctionner les installations de climatisation de manière plus économique.

2. En quoi consiste votre travail ?

Pour la partie maintenance j’ai en charge en particulier le système de désenfumage, c’est-à-dire du système d’évacuation des fumées et de la chaleur en cas d’incendie. Le système est testé, par partie, au moins une fois par an (tôt le matin ou la nuit).

Pour la partie projets, mon travail consiste à conduire des projets de travaux, à l’initiative de la bibliothèque, comme, par exemple, le remplacement de groupes frigorifiques. J’en ai profité pour proposer la refonte du système de production d’eau glacée sur le site de Bussy Saint Georges. Il s’agit d’établir un cahier des charges, en lien avec le service des marchés, de consulter les entreprises, de proposer le choix de l’entreprise (validé par le Département des moyens techniques), enfin de suivre le chantier et de réceptionner les travaux. Dans le passé, j’ai eu en charge le renouvellement du système de ventilation des doubles vitrages des tours. Inédit au moment du chantier de construction, ce système novateur, réalisation de Rinaldi, n’a cependant pas résisté dans le temps et nous avons dû le repenser entièrement. Il fonctionne aujourd’hui sans réel problème.

Local des compresseurs d'air ©BnF)

Local des compresseurs d air ©BnF

Je suis également amené à rédiger des notices de fonctionnement par exemple du système de désenfumage. La notice sert notamment aux pompiers qui seront en première ligne en cas de sinistre. Elle décrit les caractéristiques techniques, le dimensionnement du système et contient les dérogations aux normes en vigueur dues aux contraintes spécifiques du bâtiment.

Enfin, j’assure le suivi de l’exploitation au quotidien… Vue la taille de bâtiment, il y a toujours des dysfonctionnements ici ou là… par exemple une fuite de chaleur à colmater…

3. Comment devient-on chef de projet climatisation ? Quelle formation est nécessaire ?

Après mon DUT (diplôme universitaire de technologie) de génie thermique à Poitiers, je suis venu à Paris où j’ai rapidement trouvé du travail. Par la suite, pour progresser, j’ai pris des cours du soir au CNAM (Conservatoire national des arts et métiers) pendant 4 ans. J’ai obtenu un DEST (diplôme d’études supérieures techniques) énergétique (aujourd’hui un Master 1). J’ai décidé de poursuivre pour obtenir un diplôme d’ingénieur, spécialité génie climatique, par la filière ingénieur diplômé par l’État (IDPE).

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuel ?

Je suis contractuel, en CDI (contrat à durée indéterminée). Je suis arrivé à la Bibliothèque nationale en janvier 1991, pour le chantier de construction du site François Mitterrand. J’avais travaillé auparavant pendant 4 ans au Centre Pompidou, sur le système de climatisation.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?

J’ai obtenu mon bac électrotechnique en 1975. C’était juste après le choc pétrolier. Le président de la République d’alors, Valéry Giscard d’Estaing, avait lancé « la chasse au gaspi ». Les métiers liés à l’énergie ont alors pris de l’importance, il fallait rechercher aussi de nouvelles énergies, de nouveaux métiers sont apparus.

Par ailleurs, je suis originaire de Vendée, j’aime la nature et suis attaché au respect de l’environnement et à la protection de ressources naturelles…

Groupe frigorifique à récupération de chaleur ©BnF)

Groupe frigorifique à récupération de chaleur ©BnF

6. Pour vous quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?

Il faut avoir une bonne vue d’ensemble de la technique dont on a la charge : on travaille en équipe chacun ayant en charge un domaine.

Pour conduire un projet il faut savoir coordonner et animer les différents corps de métiers qui interviennent sur un chantier.

Il faut aussi de la curiosité pour se tenir constamment informé des nouvelles normes en vigueur, des nouvelles techniques pour pouvoir être force de proposition de mesures d’économie possibles. Il existe par ailleurs des formations permanentes (notamment des stages) sur l’évolution des réglementations.

Enfin, il faut de la rigueur dans le suivi des projets pour lesquels on rend compte au supérieur hiérarchique. Il faut veiller au respect des délais et à la maîtrise des coûts.

7. Quels sont les avantages de ce métier ?

J’ai la chance d’exercer un métier qui correspond à mes centres d’intérêts. Développement durable et économie d’énergie sont des préoccupations très actuelles renforcées depuis le Grenelle de l’environnement. Les métiers de l’énergie sont des métiers d’avenir, il y a peu de chômage, on peut démarrer tôt et progresser grâce à la formation continue et ce sont des métiers bien payés.

8. Ses inconvénients ?

Les inconvénients sont liés à la conjoncture actuelle : les contraintes budgétaires limitent ou décalent les projets. Nous devons également faire face à des restrictions dans les choix de performance. Cependant, nous avons un argument essentiel pour défendre nos projets : la rentabilité. Les investissements sont amortis en moins de dix ans.

En réalité, je ne vois pas d’inconvénients dans ce métier, je suis heureux de venir travailler.

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?

Je n’envisage pas de changement, je souhaite continuer à monter des projets à la Bibliothèque nationale de France. Il y a ici une bonne ambiance de travail, l’équipe et les conditions matérielles de travail sont bonnes. Les gens du bâtiment savent vivre…

3. La BnF et ses métiers

Le métier de gestionnaire de collections… par Céline Piétrois

19 décembre 2012
Céline Piétrois ©BnF)

Céline Piétrois ©BnF

Le département de l’Audiovisuel conserve une collection d’environ un million d’enregistrements sonores, qui remonte aux origines de l’enregistrement (1877). Produit de l’édition phonographique, le « disque » (terme couramment employé pour tous les supports d’enregistrement) représente la majeure partie de cet ensemble… Nous vous proposons de faire connaissance avec Céline Pietrois spécialiste des 78 tours et des catalogues de marques…

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
L’intitulé de mon poste est : gestionnaire de collections, au service des documents sonores, dans la section fonds anciens du département Audiovisuel du site François Mitterrand.

2. En quoi consiste votre travail ?
Je catalogue des 78 tours. Je fais aussi un travail d’inventaire sur les catalogues de marques phonographiques, (c’est-à-dire les marques de disques). La bibliothèque conserve des catalogues de marques phonographiques français et étrangers comme Pathé, Voix de son maître, Odéon… Ces catalogues ont été regroupés au département audiovisuel mais n’ont pas vraiment été gérés. A mon arrivée sur ce poste en 2003, on m’a proposé d’inventorier, de récoler ce fonds afin qu’il soit plus visible pour les chercheurs, qu’il soit mieux conservé, et communicable. Un projet de numérisation de ces catalogues a permis d’accélérer le traitement de ce fonds et certains documents apparaissent maintenant dans le catalogue et sont consultables en ligne.
Pour les catalogueurs, ces catalogues de marques permettent de dater les disques qu’ils cataloguent. Pour les chercheurs ou pour toute personne travaillant sur l’histoire de l’enregistrement sonore, ces catalogues de marques permettent de rendre compte des genres de musique que les éditeurs publiaient. (ex : publication sur le folklore, les musiques traditionnelles, les musiques de genre, avant le jazz, etc…). Ces catalogues de marques reflètent l’histoire de l’évolution de l’enregistrement. Ils sont utilisés également par celles et ceux qui cherchent à faire des rééditions, comme les maisons de disque.
Je fais également du service public, c’est-à-dire des permanences dans les salles de lecture B et P, qui sont rattachées au département audiovisuel ainsi que des permanences d’accueil en pied de tour, c’est comme cela que l’on désigne le point d’accueil des chercheurs du Rez de jardin. On y fait également du renseignement téléphonique, des réservations de places et de documents pour les lecteurs.
Enfin, depuis 1998, je suis formateur relais au système d’information pour la formation au circuit de communication des documents. Je forme les collègues qui assureront la communication des documents aux lecteurs du Rez de jardin : on explique, par la pratique informatique, le circuit, depuis la demande du lecteur jusqu’à la réception du document et inversement.

78 tours ©BnF)

78 tours ©BnF

3. Comment devient-on gestionnaire de collections ? Quelle formation est nécessaire ?
J’ai fait des études d’histoire durant lesquelles j’étais moniteur étudiant à la bibliothèque universitaire et je travaillais aussi en librairie… Ça m’a donné envie de travailler en bibliothèque. J’ai passé le concours de magasinier de bibliothèque. Je suis arrivée ici en 1996, c’était l’ouverture du site François Mitterrand, c’était une belle aventure, on arrivait nombreux à cette époque !
J’ai d’abord travaillé au département Philosophie histoire sciences de l’homme. A l’ouverture des salles de lecture du Rez de jardin en 1998, je suis devenue responsable de salle. J’ai alors passé le concours de magasinier en chef afin que mes fonctions correspondent à mon statut.
J’ai ensuite passé le concours d’assistant de bibliothèque et je suis arrivée au service conservation du département audiovisuel où je m’occupais des commandes de matériels et du suivi des chantiers de reconditionnement et marquage (estampillage : on grave avec une machine, le cachet de la BnF sur les CD et les DVD).
En 2006, un poste de catalogueur aux fonds anciens s’est libéré : ce qui m’intéresse, ce sont les vieux documents, et je voulais découvrir le catalogage alors j’ai foncé !


4. Êtes-vous fonctionnaire ou contractuel ?

Je suis fonctionnaire, je suis bibliothécaire assistant spécialisé.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?

Quand j’étais étudiante à Paris 1, je voyais cette bibliothèque en construction et je me disais que j’aimerais y travailler. Je voulais devenir archéologue, ce qui m’intéresse ce sont les « vieux trucs », la poussière…c’est pour cela que j’ai choisi de travailler sur les fonds anciens…

catalogue de marque ©BnF)

catalogue de marque ©BnF

6. Pour vous quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Pour le travail sur les catalogues de marques, il faut être organisé, rigoureux, avoir le sens des relations pour établir des liens entre les services. Pour le catalogage, la section fonds ancien est petite, et j’aurais davantage besoin de travailler en équipe pour les questions liées au traitement des documents.
Pour les formations, il faut avoir le goût du contact : on forme les collègues, on rencontre donc des agents de tous les départements. Il faut bien sûr être pédagogue.
J’aime le service public y compris en pied de tour. Je trouve inconcevable de travailler en bibliothèque sans voir les lecteurs…

7. Quels sont les avantages de ce métier ?

Comme on travaille dans un grand établissement il y a des possibilités de mobilité interne : on peut voir plusieurs aspects du métier tout en restant à la bibliothèque.
Ce qui compte aussi pour moi, c’est le plaisir de travailler sur des documents anciens, des collections uniques…voyager dans le temps, l’Histoire
Et puis ce qui m’intéresse bien sûr, c’est la diversité des collègues et des publics…

8. Ses inconvénients ?
Le catalogage est un travail solitaire, sur écran qui peut s’avérer monotone et répétitif. En tant que bibliothécaire assistant spécialisé la mobilité vers des postes autres que des postes de catalogueur est limitée, le catalogage étant leur principale mission que ce soit à la Bibliothèque nationale ou dans les bibliothèques universitaires…Or je ne souhaite pas être affectée sur poste où je ne ferais que du catalogage…

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
Je vais changer de poste en janvier 2013. Je vais rejoindre l’unité de formation du Département de la conservation au sein de la Direction des services et réseaux. Je programmerai, organiserai toutes les formations à la conservation pour le personnel de la bibliothèque et d’autres bibliothèques. Je travaillerai essentiellement ici mais également sur le site de Bussy St Georges. Je vais ainsi développer mes compétences autour de la formation : les contenus, la logistique, la recherche de formateurs.
En prenant ce poste, je vais me spécialiser sur des fonctions qui m’éloignent du « cœur de métier », de tout ce qui est en lien avec la bibliothéconomie et en particulier du catalogage. Je suis consciente que malheureusement, ce choix peut constituer un frein à mon évolution de carrière ou pour préparer les examens professionnels

3. La BnF et ses métiers

Le métier de responsable de l’édition adaptée aux personnes handicapées… par Hélène Leblois

17 décembre 2012

Depuis 2006, la Bibliothèque nationale de France a pour mission d’être “l’organisme dépositaire des fichiers numériques” transmis par les éditeurs aux organismes agréés réalisant des éditions adaptées destinées aux personnes handicapées. Nous rencontrons pour vous Hélène Leblois, responsable de l’édition adaptée aux personnes handicapées…

Hélène Leblois ©BnF)

Hélène Leblois ©BnF

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Je suis responsable du centre Exception handicap, au sein du département de l’Information bibliographique et numérique, à la BnF. Ma mission consiste à améliorer l’accès à la lecture des personnes handicapées, dans le cadre de l’exception au droit d’auteur institué par la loi DADVSI de 2006.
Ce dispositif législatif permet aux centres de transcription agréés par l’Etat d’obtenir les fichiers numériques des éditeurs, de façon à pouvoir produire une version accessible (en braille, audio, etc.) ; ce sont ces centres qui mettent à disposition de leurs publics handicapés les œuvres adaptées. La BnF a pour rôle de centraliser les demandes de documents numériques aux éditeurs, et de sécuriser les transferts et le stockage des œuvres ainsi déposées.
Par exemple, dès la présélection du prix Goncourt 2012, les organismes de transcription agréés ont demandé les fichiers des titres en lice ; en quelques jours, les documents ont pu être adaptés et mis à disposition des publics handicapés. C’est la deuxième année que les livres primés sont lisibles par tous dans des délais très courts.

2. En quoi consiste votre travail ?
Mes activités sont variées et impliquent de nombreux acteurs. Je vais les résumer en quatre points.
Mon travail comporte un volet technique. Je suis en effet chef de projet fonctionnel de la plateforme numérique PLATON développée pour automatiser le traitement des flux de demandes et sécuriser le circuit des documents numériques. Il s’agit d’identifier les besoins des usagers, et co-piloter avec le département des systèmes d’information (DSI) de la BnF la conception et la réalisation des développements informatiques effectués par un prestataire externe.

Les genres de documents adaptés©BnF)

Les genres de documents adaptés©BnF

Les activités administratives sont également importantes. Je suis en effet un référent juridique pour les usagers, appuyée par les services juridiques de la BnF et du ministère de la Culture et de la Communication (MCC) ; par ailleurs, avec le DSI, nous assurons le suivi du marché public de réalisation de la plateforme numérique.
Le management est un autre aspect de mon travail. Il consiste à encadrer les deux agents du centre Exception handicap, à coordonner les différents services impliqués, à évaluer toutes nos activités et produire des bilans.
J’assure aussi des fonctions de communication, interne et externe, et de médiation. L’objectif est de construire une relation de confiance avec les différents acteurs autour d’un objectif partagé, celui de rendre la lecture accessible à tous.

3. Comment devient-on responsable de la gestion de l’édition adaptée ? Quelle formation est nécessaire ?
Après un master 2 de philosophie, j’ai d’abord été professeur certifié en lycée et, en même temps, ai poursuivi ma formation avec un master 2 professionnel de gestion de l’information et de la documentation numériques.
Je suis arrivée à la BnF en 2009, au moment de la mise en œuvre de la loi de 2006 et la création du centre Exception handicap. C’est ici que j’ai acquis de nombreuses connaissances et compétences, en particulier relatives aux problématiques du circuit des œuvres dématérialisées, au fonctionnement des marchés publics et à l’environnement institutionnel des bibliothèques.

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuelle ?
Je suis fonctionnaire, en situation de détachement de l’Education nationale.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?
Ce poste m’a tout de suite intéressée, parce qu’il répond à ma vocation, celle de passeur du savoir et de la connaissance, et parce qu’il permet d’utiliser les technologies numériques à cette fin, le tout avec une mission de service public forte.

6. Pour vous quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Les aspects relationnels sont déterminants dans ce poste, pour construire une relation de qualité avec tous les acteurs. Il faut être disponible et à l’écoute afin de construire une position de tiers de confiance et être en mesure de sensibiliser, sur la durée, chaque partie aux besoins et aux contraintes des autres.
Il faut aussi être attiré par le numérique et ses possibilités de démocratisation de l’accès à la lecture.
Enfin, savoir faire appel aux compétences et à l’expertise des autres agents est très fructueux pour développer un projet innovant.

Lecture en braille ©Laetitia Ferrer

Lecture en braille ©Laetitia Ferrer

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
Ce poste est très valorisant, parce qu’il vise à mettre en œuvre une mission de service public nouvelle, avec des enjeux politiques forts, un travail en collaboration avec d’autres services, une variété d’activités et d’interlocuteurs.
Ce que j’apprécie beaucoup aussi est de disposer à la fois d’une grande autonomie et d’un appui de ma hiérarchie lorsque des décisions politiques doivent être prises.

8. Ses inconvénients ?
La charge de travail est importante pour répondre au mieux aux besoins de tous les acteurs.

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
Je vais demander mon intégration dans la filière bibliothèque, car je m’y sens bien ; puis je partirai à la recherche de nouveaux défis à relever pour participer aux missions des bibliothèques en cours de mutation.

3. La BnF et ses métiers

Le métier de menuisier… par Joël Alain

25 octobre 2012
Joël Alain ©BnF)

Joël Alain ©BnF

Tous les agents de la BnF le connaissent ou l’ont déjà croisé dans les couloirs… Nous vous proposons de rencontrer Joël Alain qui nous fait partager sa passion pour le bois et nous présente le métier de menuisier…

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Je suis adjoint technique principal des administrations de l’État. Ici, je suis le seul menuisier de la bibliothèque, pour les sites de Tolbiac, Richelieu et Arsenal. Mon atelier se trouve sur le site de Tolbiac (F. Mitterrand), je travaille au service travaux du département des moyens techniques.

2. En quoi consiste votre travail ?
Je m’occupe de tout ce qui concerne le bois : les marches, les sols, les chaises, les tables et étagères, les lambris et les faux plafonds. Je répare le mobilier des espaces publics (c’est-à-dire dans les salles de lecture) et des espaces professionnels (c’est-à-dire dans les bureaux). Je réalise aussi des prototypes en contre-plaqué pour des aménagements d’espaces de travail par exemple pour l’accueil dans les halls Est et Ouest ou quand nous avons réaménagé les banques et arrière banques de salles en Rez-de-jardin. Lorsque le prototype est approuvé, la BNF passe un marché pour faire réaliser les travaux. Je crée du mobilier pour des besoins spécifiques pour améliorer des espaces de travail (estrades, marchepieds, consoles), je travaille en lien avec le service de médecine de prévention pour améliorer les postes et conditions de travail de certains personnels.
Je gère aussi l’atelier de métallerie serrurerie du site de Tolbiac : réparations de seuils, de chariots, soudures, équerres.
On organise des plannings de travail hebdomadaires, par demi-journées, en sachant que cette organisation est perturbée par des appels d’urgence du bureau relation utilisateur.

Combinée et toupie ©BnF)

Combinée et toupie ©BnF

3. Comment devient-on menuisier ? Quelle formation est nécessaire ?
J
’ai un CAP d’ébénisterie et un brevet de technicien en ébénisterie. Lorsque l’on prépare un CAP, on apprend à fabriquer à l’unité et quand on prépare le brevet de technicien, on apprend à produire en série. J’ai ensuite travaillé dans différentes sociétés, où je faisais essentiellement de la copie de meubles anciens.

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuel ?
Je suis fonctionnaire. Je suis arrivé à la BnF en 1999, à la suite de ma réussite au concours de maître ouvrier menuisier, aujourd’hui adjoint technique des administrations de l’État.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?
L’ébénisterie, c’était un hasard… Lorsque j’étais au collège, lors d’une heure de permanence, je suis allé dans une classe de CPPN, classe pré professionnelle de niveau, aujourd’hui remplacée par la SEGPA, section d’enseignement général et professionnel adapté. J’ai vu que des élèves avaient fabriqué un buffet en contre-plaqué, j’ai trouvé ça beau et j’ai eu envie de faire pareil…
Après la classe de 5e, j’ai intégré un collège d’enseignement technique pour préparer un CAP en 3 ans. Puis au lycée technique de Vichy, j’ai préparé mon brevet de technicien également en 3 ans. Je travaillais bien, j’aurais pu continuer et intégrer l’école Boulle mais à l’époque, j’habitais dans la Nièvre et mes parents n’avaient pas les moyens de financer mes études sur Paris.
C’est plus tard, grâce à des stages professionnels de « finition moderne » et de marqueterie, que j’ai réalisé mon rêve de me former à l’école Boulle

Scie à ruban ©BnF)

Scie à ruban ©BnF

6. Pour vous, quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Le travail est varié, il faut donc connaître et maîtriser beaucoup de techniques (mobilier moderne à Tolbiac et à Bussy St Georges, mobilier ancien à Richelieu ou à l’Arsenal). Il faut être patient, méthodique, méticuleux, attentif car il y a des risques d’accident lors des manipulations des machines outils. Il faut aimer la matière.
Il faut également avoir le sens des relations, être psychologue pour répondre aux demandes en particulier sur l’amélioration des postes de travail. Il faut aussi être discret car curieusement, les personnels se confient parfois à nous.
Enfin, il faut aussi être pédagogue… j’accueille des stagiaires : des élèves de 3e en stage découverte d’entreprise et aussi des élèves de bac pro. Je suis aussi amené à former des collègues.

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
J’ai une grande autonomie dans l’organisation de mon travail de la conception à la réalisation ; un peu comme un gérant d’entreprise à la différence que moi, je n’ai pas à prospecter pour trouver des clients ! Je me déplace sur les différents sites de la bibliothèque, je connais bien l’établissement et les gens qui y travaillent et eux aussi me connaissent.
Je me sens reconnu professionnellement. Je me sens un devoir de prévention : j’essaye d’être entendu sur le manque d’entretien du mobilier. J’aime que mon travail soit bien fait.

8. Ses inconvénients ?

La charge de travail est trop importante par manque de moyens humains. Je dois faire avec un manque d’approvisionnement en matériel : les projets sont parfois en attente faute de budget.
Trop de choses à gérer en même temps : je ne peux pas traverser un couloir sans être arrêté !
Il y a aussi les contraintes liées au bâtiment : ici à Tolbiac, les distances sont longues alors je me suis constitué une sorte de trousse d’urgence que je “promène” sur un chariot car il n’est pas question de retourner chercher un outil manquant à l’atelier !
Je n’ai pas toujours suffisamment le temps de me former sur les nouvelles réglementations : ERP (établissement recevant du public), IGH (immeuble de grande hauteur), parties classées… etc.

Joël Alain ©BnF)

Joël Alain ©BnF

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
Dans ma spécialité, la menuiserie, il n’y a pas de concours de catégorie technicien. La progression de carrière se fait lentement, à l’ancienneté, sans réel espoir de promotion. Il y a peu de mobilité car c’est une petite filière.

3. La BnF et ses métiers

Le métier de restaurateur de livres… par Aurélie Massot

11 octobre 2012

Nous vous proposons cette fois de découvrir, avec Aurélie Massot, le métier de restaurateur de livres. C’est aussi l’occasion de faire connaître l’atelier de restauration, à la Bibliothèque nationale de France, site de Tolbiac (F. Mitterrand), un endroit et une équipe un peu à l’écart et pourtant essentiels dans la vie de la bibliothèque…

Aurélie Massot, restaurateur de livres ©BnF)

Aurélie Massot, restaurateur de livres ©BnF

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?

Je suis restaurateur de livres au sein du service technique du département de la Conservation, sur le site de Tolbiac. Je travaille à l’atelier MCR : maintenance, consolidation, restauration. Je fais partie de la filière métiers d’art, au sein du Ministère de la Culture.

2. En quoi consiste votre travail ?

Le travail des ateliers de la Conservation contribue à remplir une des missions fondamentale de la Bibliothèque nationale de France, à savoir la conservation de ses collections.
A l’atelier, il n’y a pas de journée type mais on distingue trois catégories principales de traitements, qui vont de l’intervention légère à la restauration qui consiste à réparer un livre en conservant le matériau d’origine (cuir, parchemin, cartonnage) en passant par la consolidation avec du papier japonais :
- la maintenance, traitement dont la durée ne dépasse pas 3 heures : il peut s’agir de rattacher un dos, de réparer des déchirures, de réencoller des coins ou encore de réparer une charnière.
- la consolidation, intervention dont la durée ne dépasse pas 10 heures : il s’agit de réparer les feuillets et les couvertures à l’aide le plus souvent de papier japonais ; ce papier se compose de fibres de mûrier.

Réparation d'une couverture de livre  ©BnF)

Réparation d une couverture de livre ©BnF

- enfin, le travail de plus de 10 h est une restauration d’ouvrage très abîmé : demi cuir …
Le choix des livres et des niveaux de traitements est fait par les responsables de conservation des départements de collections du site François-Mitterrand où est conservé l’ouvrage selon plusieurs critères qui se combinent : état de l’ouvrage, valeur, rareté, contenu, communication etc. Une des buts de ces traitements est de « remettre en circulation » les livres, signalés comme incommunicables dans le catalogue de la bibliothèque, pour les lecteurs.
Le travail s’organise plutôt par mois en fonction des ouvrages arrivés qui sont répartis par le chef d’atelier entre tous les collègues de l’atelier. Le chef d’atelier est aussi notre référent technique : il nous conseille et nous guide dans notre travail.

3. Comment devient-on restaurateur de livres ? Quelle formation est nécessaire ?

J’ai passé le concours de maître ouvrier, ouvert aux titulaires d’un CAP de reliure. Ce corps de la fonction publique est devenu par la suite celui d’adjoint technique des administrations de l’Etat. Un fois affecté dans un atelier, on est entièrement formé aux techniques de restauration pendant toute la première année par un tuteur.
Puis, par le biais de stages, on continue à se former dans les ateliers d’autres établissements (par exemple aux Archives nationales) pour acquérir d’autres savoir-faire et pour perfectionner des techniques (comme la reliure Espinoza).

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuel ?
Je suis fonctionnaire, je suis entrée à la BnF en 2001.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?

Un peu par hasard… Après des études en arts plastiques à l’université, je me suis orientée vers une formation de reliure pour adultes aux AAAV, Ateliers d’arts appliqués du Vésinet. J’ai passé le CAP de reliure en candidat libre. Je suis ensuite entrée au département de la Conservation de la Bibliothèque nationale de France d’abord pour une vacation à l’atelier de reliure semi-mécanisée. Puis tout en travaillant, j’ai préparé et réussi en 2003 le concours d’adjoint technique des administrations de l’Etat. L’atelier de reliure semi-mécanisée a fermé en 2006, ce type de traitement ayant été complètement sous-traité et je suis donc arrivée à l’atelier de maintenance, consolidation et restauration.

Fouettage ©BnF)

Fouettage ©BnF

6. Pour vous, quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?

Évidemment, il faut être manuel, mais aussi patient car le travail de restauration peut être long. Il faut aussi aimer les matières : papiers, cuirs, parchemins, toiles, fils, pigments… et avoir l’œil exercé aux détails. Il faut être minutieux et avoir le goût de l’esthétisme.
Il faut également être pédagogue et avoir le goût de transmettre : on est amené à former les magasiniers des départements aux petites réparations (déchirures, coins…) à raison de 6 séances par semaine, ainsi que des stagiaires (élèves d’écoles mais aussi restaurateurs étrangers).

7. Quels sont les avantages de ce métier ?

La variété : chaque ouvrage a ses spécificités. A chaque fois c’est un challenge et à la fin, il y a la satisfaction du travail accompli, savoir que l’ouvrage va pouvoir être de nouveau consulté. On se sent utile à la fois pour l’ouvrage et aussi pour le lecteur. On redonne vie au document.
Par ailleurs, travailler dans les ateliers de la BnF, c’est une référence : on a la chance de travailler sur des collections précieuses. Les conditions de travail sont bonnes et il y a moins de pression sur les délais qu’il n’y en a dans une entreprise privée. De plus, on est souvent sollicité pour accueillir des stagiaires français et étrangers…

8. Ses inconvénients ?

Les ateliers sont un peu à part dans l’établissement : en dehors des visites organisées du service ou des journées exceptionnelles d’ouverture au public, comme la Journée du patrimoine, je n’ai que peu de contact avec le public ou même les autres collègues de la bibliothèque. L’atelier n’est accessible qu’à ceux qui y travaillent car on y abrite les collections précieuses.
Par ailleurs, dans la filière métiers d’art dont je fais partie, il y a peu de mobilité car il existe peu d’ateliers de restauration comme celui-ci en France : il est difficile d’envisager une mutation en province par exemple. La filière technique du Ministère de la Culture étant petite, nous sommes peu nombreux à exercer ce genre de métier et du coup, les postes vacants sont rares…

L équipe de l atelier MCR ©BnF)

L équipe de l atelier MCR ©BnF

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?

Le débouché « naturel » est le concours de technicien d’art ou de chef de travaux d’art mais ils ne sont pas organisés tous les ans et il y a chaque fois très peu de postes : le dernier concours de technicien d’art spécialité restauration de livres a été organisé il y a 3 ans. Il n’y a pas de progression de carrière en dehors de l’ancienneté : c’est pour cela qu’il faut aimer ce que l’on fait …

3. La BnF et ses métiers

Le métier de conservateur des bibliothèques… par Mathias Auclair

6 septembre 2012

Nous nous rendons cette fois à l’Opéra Garnier, ce très bel édifice qui attire chaque jour de nombreux touristes qui viennent admirer le plafond de la salle de spectacles peint par Marc Chagall.

Mathias Auclair, conservateur ©BnF)

Mathias Auclair, conservateur ©BnF

Nous avons rendez-vous, à la Bibliothèque-musée de l’Opéra, avec Mathias Auclair qui nous parle du métier de conservateur des bibliothèques…

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Officiellement, je suis conservateur en chef et chargé de collections, mais dans les faits, je suis adjoint au directeur de la Bibliothèque-musée de l’Opéra, Pierre Vidal. Je suis aussi responsable de la conservation et commissaire des expositions qui sont organisées à l’Opéra. Je participe également au catalogage des documents iconographiques, c’est-à-dire des esquisses de décors, des projets de costumes, des dessins, etc.

2. En quoi consiste votre travail ?
Je ne peux pas décrire de journée type : mes fonctions sont très variées, à la fois techniques, scientifiques et administratives. Je collabore avec le directeur de la bibliothèque à la bonne marche du service. Je participe à la valorisation des collections à travers l’organisation des expositions, la rédaction des catalogues qui accompagnent ces manifestations, les relations avec les médias, la collaboration avec d’autres établissements culturels (en particulier les musées)… Je catalogue les nouvelles acquisitions ou participe au signalement de collections plus anciennes mais qui ne sont pas encore décrites dans le catalogue de la bibliothèque. Je définis avec le directeur et mets en œuvre la politique de conservation de la Bibliothèque-musée de l’Opéra : préserver les collections pour les transmettre aux générations futures est une mission essentielle de la Bibliothèque nationale de France.

Plafond de l opéra, M. Chagall ©Wikimedia commons)

Plafond de l’Opéra, Marc Chagall ©Wikimedia commons

3. Comment devient-on conservateur ?
Parallèlement à des études d’histoire, j’ai préparé le concours d’entrée puis j’ai intégré l’École nationale des Chartes. J’ai ensuite passé le concours de conservateur des bibliothèques. Après ma scolarité à l’ENSSIB, j’ai d’abord travaillé au département de la Musique puis à la Bibliothèque-musée de l’Opéra. J’avais déjà des connaissances en musique grâce à mes études au Conservatoire de musique de Nancy mais j’ai beaucoup appris en travaillant ici. J’ai découvert le monde de la scène, du spectacle.

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuel ?
Je suis fonctionnaire, j’ai passé le concours d’État de conservateur des bibliothèques.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?
Très tôt j’ai eu le goût de l’histoire et du latin. Après un bac scientifique, j’ai préféré m’orienter vers les sciences humaines. Petit à petit, en travaillant à la Bibliothèque-musée de l’Opéra, je me suis spécialisé dans le domaine de l’iconographie théâtrale. Je suis heureux d’être là où je suis. Mon métier me plait beaucoup.

6. Pour vous, quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Il faut : être curieux et ouvert, prêt à apprendre ; avoir le goût du contact pour travailler en équipe ; avoir le sens de l’organisation pour encadrer une équipe ; être rigoureux et soigneux dans la manipulation des collections qui sont précieuses et fragiles. Il faut aimer ce que l’on fait pour bien le faire.

Fernand léger, costume du Roi pour David triomphant, Ballet Serge Lifar,1937, Collection BMO ©BnF)

Fernand léger, costume du Roi pour David triomphant, Ballet Serge Lifar,1937, Collection BMO ©BnF

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
Le contact avec des collections merveilleuses et la multiplicité des tâches : je ne connais pas la routine ! J’ai aussi une relative liberté dans l’organisation de mon travail, tout en devant me plier aux contraintes de temps qu’imposent l’année budgétaire ou le calendrier des expositions… Ce que j’aime aussi, et qui est particulier à la Bibliothèque-musée de l’Opéra, c’est le rapport au théâtre.

8. Ses inconvénients ?
Un conservateur débutant est assez mal payé au regard des responsabilités et missions qui lui sont confiées.

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
Comme je travaille dans un domaine très spécialisé, je pourrais envisager de m’orienter vers un poste du même type mais avec davantage de responsabilités ou bien alors changer radicalement et choisir un poste totalement différent. Mais pour l’instant, comme je suis bien dans ce que je fais et que je n’ai pas le sentiment d’avoir fait le tour du sujet, je n’ai ni besoin ni envie de changer…

3. La BnF et ses métiers

Le métier de magasinier de bibliothèque… par Jorge Garcia

19 juillet 2012
Jorge Garcia, magasinier de bibliothèque ©BnF)

Jorge Garcia, magasinier de bibliothèque ©BnF

Nous vous proposons de découvrir, avec Jorge, le métier de magasinier de bibliothèque. C’est un métier essentiel dans une bibliothèque : ce sont les magasiniers qui prennent soin des ouvrages et les communiquent aux lecteurs.

Dans les salles de lecture, ils sont souvent les premiers interlocuteurs pour renseigner les lecteurs. Ce sont également eux qui veillent au rangement des ouvrages : un ouvrage mal rangé est un ouvrage perdu…

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Je suis magasinier des bibliothèques. Je travaille à la Biblithèque nationale de France, sur le site de Tolbiac (F. Mitterrand), au service presse du département Droit, économie, politique.

2. En quoi consiste votre travail ?
Mon travail est réparti entre le travail interne c’est-à-dire la gestion des collections de presse grand format, en particulier la presse internationale. Il s’agit d’un travail de magasinage qui comprend à la fois le conditionnement (création de boîtes de stockage et de conservation des journaux), l’équipement (étiquetage des boîtes avec le titre du journal, la date et la cote qui sert au rangement), les petites réparations pour les journaux endommagés.
L’autre partie de mon travail est le service public ou service aux lecteurs : il s’agit de permanences de 5 heures 3 ou 4 fois par semaine durant lesquelles on communique les documents en salle de lecture, on peut aussi être posté en magasin pour aller chercher les documents demandés par les lecteurs. Je fais également des permanences dans la salle de lecture de la presse où je m’occupe du bulletinage des journaux, c’est à dire réceptionner et équiper, avant de les mettre en rayon à la disposition des lecteurs, les quotidiens et revues français et étrangers qui arrivent chaque jour. Dans cette salle, les journaux ne sont conservés que 3 mois, il faut donc les « désherber » c’est-à-dire retirer régulièrement les documents de plus de 3 mois.

Je participe aussi au tri du dépôt légal : tous les journaux publiés en France sont déposés à la BnF, il faut donc les répartir dans les départements qui sont organisés selon les grands domaines du savoir : histoire, philosophie, sociologie, droit, économie, politique, littérature, art, sciences…

Je fais également des permanences de service public les week end, 10 samedis et de 3 à 4 dimanches par an.

3. Comment devient-on magasinier de bibliothèque ? Quelle formation est nécessaire ?
J’ai passé le concours de magasinier de bibliothèque. C’est un concours de niveau BEP. J’ai commencé comme contractuel à la bibliothèque de l’Université de Bourgogne (bibliothèques de Langues, Droit-Lettres et IUT) puis, à la suite de la réussite au concours, j’ai été nommé à la BnF.

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuel ?
Je suis fonctionnaire

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?

J’ai fait des études de géographie que je n’ai pas terminées. J’ai enchaîné des petits boulots pendant 2 ans puis j’ai répondu à une annonce pour travailler à la bibliothèque de l’Université de Bourgogne. Ça m’a beaucoup plu, je me sentais à l’aise, je renouais avec des lieux de savoir et de connaissance et je retrouvais l’univers des campus, plutôt agréable.

Il faut être minutieux  ©BnF)

Il faut être minutieux ©BnF

6. Pour vous quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Il faut avoir l’esprit d’équipe : on se répartit le travail sur les collections : par exemple le dépouillement des journaux ou pour le micro filmage : il faut vérifier que l’on a bien tous les journaux avant de les faire reproduire en microfilm ou lorsqu’il faut reprendre le travail d’un collègue qui s’en va ou qui est absent.
Il faut un grand sens de l’organisation et de la méthode pour gérer les collections dont on est chargé : je m’occupe d’une soixantaine de titres et quand je pars en vacances, les journaux continuent quand même à arriver…
Il faut aussi être soigneux et ordonné pour le travail de magasinage.
Enfin, il faut être curieux et se tenir informé sur les normes de conservation , en particulier sur la numérisation.

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
On travaille sur des collections intéressantes, parfois des journaux anciens. Les conditions de travail sont bonnes : on a des horaires variés (chacun peut aménager son emploi du temps comme il le souhaite en dehors des contraintes de service public). On peut faire des heures supplémentaires. On a un espace de travail personnel et des moyens techniques, informatiques performants (TAD, applications informatiques pour la communication).
On peut bénéficier de formations professionnelles d’un excellent niveau et il y a l’environnement culturel propre à la BnF riche et dynamique : expositions, conférences, vie associative…

8. Ses inconvénients ?
Il y a un manque d’effectifs flagrant qui engendre un surcroît de travail et parfois des tensions au sein des équipes. La charge de travail fluctue aussi au cours de l’année : l’été est toujours une période critique : il y a beaucoup de lecteurs, les personnels partent en vacances et du coup ceux qui restent font plus de permanences en salles de lecture ce qui laisse moins de temps pour le travail interne sur les collections.
Il y a aussi des contraintes liées au bâtiment : les distances sont longues à parcourir pour la communication des documents, on utilise aussi les ascenseurs pour descendre les journaux de grands formats jusqu’aux salles de lecture.
Mon bureau est situé dans une tour, au 16e étage, ce qui n’est pas toujours le cas. Certains de mes collègues ont des bureaux sans lumière du jour dans les sous-sols.
Enfin, depuis mon arrivée en 2008, mon salaire n’a pas été augmenté…

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?

J’envisage de passer le concours de Bibliothécaire assistant spécialisé car je suis très intéressé par le catalogage. J’aimerais aussi faire de la formation et me perfectionner dans le domaine de la conservation.

3. La BnF et ses métiers

Le métier de responsable d’équipe… par Juliette André

19 juillet 2012

Nous poursuivons la découverte des métiers de la Bibliothèque en allant à la rencontre de Juliette qui nous présente le métier de Responsable d’équipe. Juliette encadre une équipe de magasiniers de bibliothèque au Département histoire sur le site de Tolbiac (F. Mitterrand).

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Je suis Responsable d’équipe au service Philosophie et religion, au département Histoire, philosophie, sciences de l’homme, à Tolbiac.

Juliette André, Responsable d équipe ©BnF)

Juliette André, Responsable d équipe ©BnF

2. En quoi consiste votre travail ?
Je supervise, sous l’autorité du chef de service, une équipe de magasiniers, titulaires et contractuels, composée d’environ 25 personnes.
Ce travail consiste en la gestion quotidienne des présences et absences, en l’élaboration des plannings de service public hebdomadaires et annuels (pour les week-end et soirées). J’élabore aussi des plannings différents pour les périodes de vacances.
Je m’occupe également de l’accueil et de la formation des nouveaux arrivants : prélèvements en magasins, service public en banque et arrière banque de salle. J’organise et supervise en collaboration avec les responsables de salles et de magasins du service le travail interne : traitement de conservation, remagasinage c’est-à-dire déplacements de collections, nettoyage des documents par exemple. J’organise des réunions avec les responsables de salles de lecture et les responsables des magasins pour prévoir et organiser des chantiers.
Je suis également correspondante formation pour les magasiniers de mon équipe, en relation avec le responsable formation du département : je participe à la mise en place d’un cursus de formation initiale pour les nouveaux arrivants et je recense les besoins en formation continue.
Je fais du service public : 3 demi-journées par semaine en tant que responsable d’équipe c’est à dire que je veille à la bonne organisation des services au lecteurs (communication des documents depuis les magasins jusqu’aux salles de lecture) et je suis amenée à en faire des permanences supplémentaires en salle de lecture en fonction des besoins, pendant les vacances ou en cas d’absences.
Je m’occupe également de l’application informatique qui gère à la fois les présences et les absences (congés, maladies, formation) pour l’équipe : correction des pointages et prévalidation des demandes de congés.
Je prépare avec le chef de service l’entretien professionnel annuel des magasiniers de l’équipe : bilan du travail effectué, besoins en formations, objectifs.
Je planifie et assure le suivi des heures supplémentaires et transmets au chef de service.

3. Comment devient-on Responsable d’équipe ? Quelle formation est nécessaire ?

Je suis entrée à la Bibliothèque nationale de France en tant qu’agent d’accueil alors que j’étais étudiante en histoire à Paris 1. Après mon DEA d’histoire de l’Afrique noire, j’ai préparé les concours de l’enseignement et me suis présentée également au recrutement sans concours de magasiniers de bibliothèques en 2007. J’étais sur la liste complémentaire et j’ai finalement été appelée en 2008 en tant que magasinier, affectée au service des sciences sociales. En octobre 2009, j’ai obtenu un poste de responsable de magasins puis je suis devenue responsable d’équipe en juin 2010.

Juliette dans un magasin ©BnF)

Juliette dans un magasin ©BnF

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuelle ?
Je suis fonctionnaire, magasinier 2e classe.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?
Comme je l’ai dit précédemment, j’ai passé les épreuves du recrutement sans concours de magasinier de bibliothèque en même temps que je préparais les concours de l’enseignement. Je suis arrivée dans ce métier par hasard et je ne regrette pas car le travail de responsable d’équipe me plaît, en particulier pour le contact humain.

6. Pour vous quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Il faut de l’organisation et de la méthode pour l’élaboration des plannings mais il faut surtout un bon relationnel pour encadrer l’équipe : savoir communiquer, entretenir du lien entre les magasiniers (cela passe aussi par l’organisation de temps de détente pour se retrouver). Il faut aussi faire preuve d’autorité pour faire respecter les règles pour travailler en bonne intelligence.

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
C’est un travail transverse qui me permet d’être en lien avec les magasiniers mais aussi avec d’autres interlocuteurs : chef de service, responsable formation, responsables de magasins ou salles de lectures et responsables d’équipes des autres services du département.
Les tâches sont variées, on mène également une réflexion sur l’organisation et le travail de magasinage.

8. Ses inconvénients ?
Il faut être très disponible pour les magasiniers de l’équipe ce qui me laisse parfois peu de temps pour mon propre travail. Il y a des contraintes de service public : veille permanente sur les magasins, la communication, les agents postés…
Il y a des contraintes horaires : arrivée à l’ouverture à 8h ou fermeture à 20h, travail le week-end à raison de 10 samedis et un dimanche par an (le nombre de dimanches varie d’un département à l’autre, en fonction des effectifs).
La progression de carrière est quasiment inexistante : il y a trop peu de possibilités de promotion et la progression est lente, liée à l’ancienneté.
Enfin, le niveau de rémunération est bas au regard du travail effectué.

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
La seule manière de progresser est de passer des concours : j’ai préparé cette année le concours de Bibliothécaire assistant spécialisé. J’envisage de le présenter à nouveau l’an prochain ainsi que le concours de Conservateur.

- pour aller plus loin : le métier de magasiniers de bibliothèques