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3. La BnF et ses métiers

Le métier de conservateur des bibliothèques… par Mathias Auclair

6 septembre 2012

Nous nous rendons cette fois à l’Opéra Garnier, ce très bel édifice qui attire chaque jour de nombreux touristes qui viennent admirer le plafond de la salle de spectacles peint par Marc Chagall.

Mathias Auclair, conservateur ©BnF)

Mathias Auclair, conservateur ©BnF

Nous avons rendez-vous, à la Bibliothèque-musée de l’Opéra, avec Mathias Auclair qui nous parle du métier de conservateur des bibliothèques…

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Officiellement, je suis conservateur en chef et chargé de collections, mais dans les faits, je suis adjoint au directeur de la Bibliothèque-musée de l’Opéra, Pierre Vidal. Je suis aussi responsable de la conservation et commissaire des expositions qui sont organisées à l’Opéra. Je participe également au catalogage des documents iconographiques, c’est-à-dire des esquisses de décors, des projets de costumes, des dessins, etc.

2. En quoi consiste votre travail ?
Je ne peux pas décrire de journée type : mes fonctions sont très variées, à la fois techniques, scientifiques et administratives. Je collabore avec le directeur de la bibliothèque à la bonne marche du service. Je participe à la valorisation des collections à travers l’organisation des expositions, la rédaction des catalogues qui accompagnent ces manifestations, les relations avec les médias, la collaboration avec d’autres établissements culturels (en particulier les musées)… Je catalogue les nouvelles acquisitions ou participe au signalement de collections plus anciennes mais qui ne sont pas encore décrites dans le catalogue de la bibliothèque. Je définis avec le directeur et mets en œuvre la politique de conservation de la Bibliothèque-musée de l’Opéra : préserver les collections pour les transmettre aux générations futures est une mission essentielle de la Bibliothèque nationale de France.

Plafond de l opéra, M. Chagall ©Wikimedia commons)

Plafond de l’Opéra, Marc Chagall ©Wikimedia commons

3. Comment devient-on conservateur ?
Parallèlement à des études d’histoire, j’ai préparé le concours d’entrée puis j’ai intégré l’École nationale des Chartes. J’ai ensuite passé le concours de conservateur des bibliothèques. Après ma scolarité à l’ENSSIB, j’ai d’abord travaillé au département de la Musique puis à la Bibliothèque-musée de l’Opéra. J’avais déjà des connaissances en musique grâce à mes études au Conservatoire de musique de Nancy mais j’ai beaucoup appris en travaillant ici. J’ai découvert le monde de la scène, du spectacle.

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuel ?
Je suis fonctionnaire, j’ai passé le concours d’État de conservateur des bibliothèques.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?
Très tôt j’ai eu le goût de l’histoire et du latin. Après un bac scientifique, j’ai préféré m’orienter vers les sciences humaines. Petit à petit, en travaillant à la Bibliothèque-musée de l’Opéra, je me suis spécialisé dans le domaine de l’iconographie théâtrale. Je suis heureux d’être là où je suis. Mon métier me plait beaucoup.

6. Pour vous, quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Il faut : être curieux et ouvert, prêt à apprendre ; avoir le goût du contact pour travailler en équipe ; avoir le sens de l’organisation pour encadrer une équipe ; être rigoureux et soigneux dans la manipulation des collections qui sont précieuses et fragiles. Il faut aimer ce que l’on fait pour bien le faire.

Fernand léger, costume du Roi pour David triomphant, Ballet Serge Lifar,1937, Collection BMO ©BnF)

Fernand léger, costume du Roi pour David triomphant, Ballet Serge Lifar,1937, Collection BMO ©BnF

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
Le contact avec des collections merveilleuses et la multiplicité des tâches : je ne connais pas la routine ! J’ai aussi une relative liberté dans l’organisation de mon travail, tout en devant me plier aux contraintes de temps qu’imposent l’année budgétaire ou le calendrier des expositions… Ce que j’aime aussi, et qui est particulier à la Bibliothèque-musée de l’Opéra, c’est le rapport au théâtre.

8. Ses inconvénients ?
Un conservateur débutant est assez mal payé au regard des responsabilités et missions qui lui sont confiées.

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
Comme je travaille dans un domaine très spécialisé, je pourrais envisager de m’orienter vers un poste du même type mais avec davantage de responsabilités ou bien alors changer radicalement et choisir un poste totalement différent. Mais pour l’instant, comme je suis bien dans ce que je fais et que je n’ai pas le sentiment d’avoir fait le tour du sujet, je n’ai ni besoin ni envie de changer…

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Le métier de magasinier de bibliothèque… par Jorge Garcia

19 juillet 2012
Jorge Garcia, magasinier de bibliothèque ©BnF)

Jorge Garcia, magasinier de bibliothèque ©BnF

Nous vous proposons de découvrir, avec Jorge, le métier de magasinier de bibliothèque. C’est un métier essentiel dans une bibliothèque : ce sont les magasiniers qui prennent soin des ouvrages et les communiquent aux lecteurs.

Dans les salles de lecture, ils sont souvent les premiers interlocuteurs pour renseigner les lecteurs. Ce sont également eux qui veillent au rangement des ouvrages : un ouvrage mal rangé est un ouvrage perdu…

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Je suis magasinier des bibliothèques. Je travaille à la Biblithèque nationale de France, sur le site de Tolbiac (F. Mitterrand), au service presse du département Droit, économie, politique.

2. En quoi consiste votre travail ?
Mon travail est réparti entre le travail interne c’est-à-dire la gestion des collections de presse grand format, en particulier la presse internationale. Il s’agit d’un travail de magasinage qui comprend à la fois le conditionnement (création de boîtes de stockage et de conservation des journaux), l’équipement (étiquetage des boîtes avec le titre du journal, la date et la cote qui sert au rangement), les petites réparations pour les journaux endommagés.
L’autre partie de mon travail est le service public ou service aux lecteurs : il s’agit de permanences de 5 heures 3 ou 4 fois par semaine durant lesquelles on communique les documents en salle de lecture, on peut aussi être posté en magasin pour aller chercher les documents demandés par les lecteurs. Je fais également des permanences dans la salle de lecture de la presse où je m’occupe du bulletinage des journaux, c’est à dire réceptionner et équiper, avant de les mettre en rayon à la disposition des lecteurs, les quotidiens et revues français et étrangers qui arrivent chaque jour. Dans cette salle, les journaux ne sont conservés que 3 mois, il faut donc les « désherber » c’est-à-dire retirer régulièrement les documents de plus de 3 mois.

Je participe aussi au tri du dépôt légal : tous les journaux publiés en France sont déposés à la BnF, il faut donc les répartir dans les départements qui sont organisés selon les grands domaines du savoir : histoire, philosophie, sociologie, droit, économie, politique, littérature, art, sciences…

Je fais également des permanences de service public les week end, 10 samedis et de 3 à 4 dimanches par an.

3. Comment devient-on magasinier de bibliothèque ? Quelle formation est nécessaire ?
J’ai passé le concours de magasinier de bibliothèque. C’est un concours de niveau BEP. J’ai commencé comme contractuel à la bibliothèque de l’Université de Bourgogne (bibliothèques de Langues, Droit-Lettres et IUT) puis, à la suite de la réussite au concours, j’ai été nommé à la BnF.

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuel ?
Je suis fonctionnaire

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?

J’ai fait des études de géographie que je n’ai pas terminées. J’ai enchaîné des petits boulots pendant 2 ans puis j’ai répondu à une annonce pour travailler à la bibliothèque de l’Université de Bourgogne. Ça m’a beaucoup plu, je me sentais à l’aise, je renouais avec des lieux de savoir et de connaissance et je retrouvais l’univers des campus, plutôt agréable.

Il faut être minutieux  ©BnF)

Il faut être minutieux ©BnF

6. Pour vous quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Il faut avoir l’esprit d’équipe : on se répartit le travail sur les collections : par exemple le dépouillement des journaux ou pour le micro filmage : il faut vérifier que l’on a bien tous les journaux avant de les faire reproduire en microfilm ou lorsqu’il faut reprendre le travail d’un collègue qui s’en va ou qui est absent.
Il faut un grand sens de l’organisation et de la méthode pour gérer les collections dont on est chargé : je m’occupe d’une soixantaine de titres et quand je pars en vacances, les journaux continuent quand même à arriver…
Il faut aussi être soigneux et ordonné pour le travail de magasinage.
Enfin, il faut être curieux et se tenir informé sur les normes de conservation , en particulier sur la numérisation.

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
On travaille sur des collections intéressantes, parfois des journaux anciens. Les conditions de travail sont bonnes : on a des horaires variés (chacun peut aménager son emploi du temps comme il le souhaite en dehors des contraintes de service public). On peut faire des heures supplémentaires. On a un espace de travail personnel et des moyens techniques, informatiques performants (TAD, applications informatiques pour la communication).
On peut bénéficier de formations professionnelles d’un excellent niveau et il y a l’environnement culturel propre à la BnF riche et dynamique : expositions, conférences, vie associative…

8. Ses inconvénients ?
Il y a un manque d’effectifs flagrant qui engendre un surcroît de travail et parfois des tensions au sein des équipes. La charge de travail fluctue aussi au cours de l’année : l’été est toujours une période critique : il y a beaucoup de lecteurs, les personnels partent en vacances et du coup ceux qui restent font plus de permanences en salles de lecture ce qui laisse moins de temps pour le travail interne sur les collections.
Il y a aussi des contraintes liées au bâtiment : les distances sont longues à parcourir pour la communication des documents, on utilise aussi les ascenseurs pour descendre les journaux de grands formats jusqu’aux salles de lecture.
Mon bureau est situé dans une tour, au 16e étage, ce qui n’est pas toujours le cas. Certains de mes collègues ont des bureaux sans lumière du jour dans les sous-sols.
Enfin, depuis mon arrivée en 2008, mon salaire n’a pas été augmenté…

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?

J’envisage de passer le concours de Bibliothécaire assistant spécialisé car je suis très intéressé par le catalogage. J’aimerais aussi faire de la formation et me perfectionner dans le domaine de la conservation.

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Le métier de responsable d’équipe… par Juliette André

19 juillet 2012

Nous poursuivons la découverte des métiers de la Bibliothèque en allant à la rencontre de Juliette qui nous présente le métier de Responsable d’équipe. Juliette encadre une équipe de magasiniers de bibliothèque au Département histoire sur le site de Tolbiac (F. Mitterrand).

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Je suis Responsable d’équipe au service Philosophie et religion, au département Histoire, philosophie, sciences de l’homme, à Tolbiac.

Juliette André, Responsable d équipe ©BnF)

Juliette André, Responsable d équipe ©BnF

2. En quoi consiste votre travail ?
Je supervise, sous l’autorité du chef de service, une équipe de magasiniers, titulaires et contractuels, composée d’environ 25 personnes.
Ce travail consiste en la gestion quotidienne des présences et absences, en l’élaboration des plannings de service public hebdomadaires et annuels (pour les week-end et soirées). J’élabore aussi des plannings différents pour les périodes de vacances.
Je m’occupe également de l’accueil et de la formation des nouveaux arrivants : prélèvements en magasins, service public en banque et arrière banque de salle. J’organise et supervise en collaboration avec les responsables de salles et de magasins du service le travail interne : traitement de conservation, remagasinage c’est-à-dire déplacements de collections, nettoyage des documents par exemple. J’organise des réunions avec les responsables de salles de lecture et les responsables des magasins pour prévoir et organiser des chantiers.
Je suis également correspondante formation pour les magasiniers de mon équipe, en relation avec le responsable formation du département : je participe à la mise en place d’un cursus de formation initiale pour les nouveaux arrivants et je recense les besoins en formation continue.
Je fais du service public : 3 demi-journées par semaine en tant que responsable d’équipe c’est à dire que je veille à la bonne organisation des services au lecteurs (communication des documents depuis les magasins jusqu’aux salles de lecture) et je suis amenée à en faire des permanences supplémentaires en salle de lecture en fonction des besoins, pendant les vacances ou en cas d’absences.
Je m’occupe également de l’application informatique qui gère à la fois les présences et les absences (congés, maladies, formation) pour l’équipe : correction des pointages et prévalidation des demandes de congés.
Je prépare avec le chef de service l’entretien professionnel annuel des magasiniers de l’équipe : bilan du travail effectué, besoins en formations, objectifs.
Je planifie et assure le suivi des heures supplémentaires et transmets au chef de service.

3. Comment devient-on Responsable d’équipe ? Quelle formation est nécessaire ?

Je suis entrée à la Bibliothèque nationale de France en tant qu’agent d’accueil alors que j’étais étudiante en histoire à Paris 1. Après mon DEA d’histoire de l’Afrique noire, j’ai préparé les concours de l’enseignement et me suis présentée également au recrutement sans concours de magasiniers de bibliothèques en 2007. J’étais sur la liste complémentaire et j’ai finalement été appelée en 2008 en tant que magasinier, affectée au service des sciences sociales. En octobre 2009, j’ai obtenu un poste de responsable de magasins puis je suis devenue responsable d’équipe en juin 2010.

Juliette dans un magasin ©BnF)

Juliette dans un magasin ©BnF

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuelle ?
Je suis fonctionnaire, magasinier 2e classe.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?
Comme je l’ai dit précédemment, j’ai passé les épreuves du recrutement sans concours de magasinier de bibliothèque en même temps que je préparais les concours de l’enseignement. Je suis arrivée dans ce métier par hasard et je ne regrette pas car le travail de responsable d’équipe me plaît, en particulier pour le contact humain.

6. Pour vous quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Il faut de l’organisation et de la méthode pour l’élaboration des plannings mais il faut surtout un bon relationnel pour encadrer l’équipe : savoir communiquer, entretenir du lien entre les magasiniers (cela passe aussi par l’organisation de temps de détente pour se retrouver). Il faut aussi faire preuve d’autorité pour faire respecter les règles pour travailler en bonne intelligence.

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
C’est un travail transverse qui me permet d’être en lien avec les magasiniers mais aussi avec d’autres interlocuteurs : chef de service, responsable formation, responsables de magasins ou salles de lectures et responsables d’équipes des autres services du département.
Les tâches sont variées, on mène également une réflexion sur l’organisation et le travail de magasinage.

8. Ses inconvénients ?
Il faut être très disponible pour les magasiniers de l’équipe ce qui me laisse parfois peu de temps pour mon propre travail. Il y a des contraintes de service public : veille permanente sur les magasins, la communication, les agents postés…
Il y a des contraintes horaires : arrivée à l’ouverture à 8h ou fermeture à 20h, travail le week-end à raison de 10 samedis et un dimanche par an (le nombre de dimanches varie d’un département à l’autre, en fonction des effectifs).
La progression de carrière est quasiment inexistante : il y a trop peu de possibilités de promotion et la progression est lente, liée à l’ancienneté.
Enfin, le niveau de rémunération est bas au regard du travail effectué.

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
La seule manière de progresser est de passer des concours : j’ai préparé cette année le concours de Bibliothécaire assistant spécialisé. J’envisage de le présenter à nouveau l’an prochain ainsi que le concours de Conservateur.

- pour aller plus loin : le métier de magasiniers de bibliothèques

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Le métier de technicien d’art… par Isabelle Suire

15 juin 2012

Nous vous invitons cette fois à découvrir un univers un peu à part à la bibliothèque : l’atelier de restauration, au département des Cartes et plans sur le site de Richelieu. Cet atelier a acquis une renommée internationale grâce au développement de techniques innovantes en matière de restauration. Allons à la rencontre d’Isabelle Suire, technicien d’art spécialisée qui nous décrit son métier…

Isabelle Suire, technicien d art ©BnF)

Isabelle Suire, technicien d art ©BnF

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Je suis technicien d’art spécialisé, à la restauration des grands formats, au département des Cartes et plans sur le site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France.

2. En quoi consiste votre travail ?

C’est avant tout un travail d’équipe, vu la taille des documents traités. Nous appliquons la technique de l’entoilage, qui consiste à doubler les documents de toile avec un intermédiaire papier, avant restauration. Nous sommes amenés à traiter, pour le département des Cartes et plans, des documents aussi divers que précieux, notamment la carte Pisane de 1290, la mappemonde de Sébastien Cabot de 1544 (la restauration de cette carte de 3 m x 4 m a fait l’objet d’un film pour l’émission Faut pas rêver en 1999).
Nous restaurons également des globes : par exemples les globes de Coronelli de 4 m de diamètre et pesant 2,5 tonnes, restaurés en 2005 et exposés dans le hall Ouest du site de Tolbiac.
Du fait de notre spécialité, nous traitons également les collections des autres départements abritant de très grands formats : par exemple dernièrement, pour le département des Manuscrits à l’occasion de l’exposition Prisse d’Avennes, 56 calques aquarellés de très grandes dimensions ; pour le département des Estampes, une affiche, arrivée en lambeaux, de Franck Wolhfart, mesurant 4 m x 3 m et ;  pour le département des Arts du spectacle, des maquettes d’affiche.
Nous travaillons aussi pour d’autres institutions nationales et internationales : restauration d’une paire de globes de Coronelli datant de 1688 pour le musée des beaux arts de Lille, un globe en relief de Thury datant de 1751 pour la bibliothèque municipale de Dijon.
Actuellement, je travaille sur un portulan d’Hessel Gerritsz datant de 1622, qui sera exposé lors de l’exposition L’âge d’or des cartes marines, quand l’Europe découvrait le monde, à partir d’octobre 2012 sur le site de Richelieu. Dans le même temps, je restaure un globe de Blaeu datant de 1622 appartenant à la bibliothèque inguimbertine de Carpentras.

3. Comment devient-on technicien d’art ? Quelle formation est nécessaire ?

Je suis diplômée de l’école des arts et industries graphiques Estienne : j’ai obtenu un CAP de reliure dorure et j’ai appris la restauration au sein de l’atelier. Aujourd’hui, les formations ont considérablement évolué et tendent à s’intellectualiser : pour entrer à la BnF, il faut être titulaire d’un BMA (brevet des métiers d’art), d’un diplôme de l’INP (Institut national du patrimoine) niveau 2 ou d’un diplôme de l’École de Condé niveau 2.

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuel ?

Je suis fonctionnaire depuis 1985, je suis entrée à la BnF en tant que chargée des fonctions et j’ai passé le concours de restaurateur 6 mois plus tard. Après 5 ans d’expérience, j’ai passé un autre concours pour devenir restaurateur spécialisé.

Isabelle Suire et le portulan de  Gerritsz ©BnF)

Isabelle Suire et le portulan de Gerritsz ©BnF

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?

C’est après une visite avec des camarades de 3ème que j’ai choisi de faire ce métier. J’aimais le dessin et les métiers manuels. J’ai donc fait mes études en fonction pour revenir dans cet atelier. A l’époque, on pouvait entrer à la Bibliothèque nationale avec un CAP ou un diplôme équivalent.

6. Pour vous, quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour ce métier ?

Il faut être patient, minutieux, avoir une grande dextérité, être réactif aux problèmes et situations posés, être consciencieux et surtout curieux, à l’affût des nouvelles technologies et nouvelles techniques.

7. Quels sont les avantages de ce métier ?

L’avantage de ce métier est de travailler sur des documents graphiques différents les uns des autres (affiches, cartes, globes, maquettes…). On travaille sur différents supports : parchemin, papier… On retouche les lacunes avec un aérographe (pistolet qui projette de la couleur grâce à de l’air) et qui permet de restituer le grain original de la lithographie. Au final, on a la satisfaction de constater la renaissance du document traité tel qu’il était à l’origine.

8. Quels sont ses inconvénients ?

C’est un travail pénible et fatigant : on manipule des objets encombrants et parfois lourds et qui sont difficiles à manipuler parce qu’ils sont très fragiles. Notre atelier n’est pas fonctionnel et il est trop exigu. Nous travaillons à la lumière artificielle et nous manquons aussi de matériel. Notre situation devrait s’améliorer lors de notre déménagement en 2018 dans de nouveaux locaux, au rez-de-chaussée du département avec la lumière naturelle…
Comme nous travaillons ensemble sur les documents, les horaires de travail s’organisent en fonction des travaux : on ne peut pas prendre la pause déjeuner comme bon nous semble, mais quand on peut…

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolutions de carrière ?

Mon objectif actuellement est de passer au grade supérieur et de devenir technicien d’art de classe exceptionnelle, après on verra, chaque chose en son temps !

L equipe de l atelier ©BnF)

L équipe de l atelier ©BnF

pour aller plus loin :

- pour en savoir plus sur le concours de technicien d’art

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Le métier de chargé d’accueil spécialisé… par Bruno Collins

25 mai 2012

Pour cette deuxième rencontre autour d’un métier, nous nous sommes intéressés à la Délégation à la Diffusion Culturelle, qui s’occupe à la BnF de toute l’action culturelle : les expositions, les manifestations, l’accueil des groupes, les visites, l’action pédagogique, etc… Nous avons rencontré Bruno Collins, qui, au sein de cette délégation, fait partie du service de l’accueil général.

Bruno Collins, chargé d accueil spécialisé © BnF)

Bruno Collins, chargé d accueil spécialisé © BnF

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
L’intitulé du poste est chargé d’accueil spécialisé mais ici, à la Bibliothèque nationale de France, je suis aussi guide conférencier.

2. En quoi consiste votre travail ?
En ce qui concerne le travail d’accueil, nous sommes les premiers interlocuteurs du public. Nous renseignons les visiteurs sur la Bibliothèque, nous les orientons, nous établissons les cartes de lecteurs et nous gérons également les renouvellements de cartes. C’est aussi nous qui assurons le standard téléphonique lorsque des gens appellent pour réserver une activité.

Le travail de guide conférencier est pour moi l’essentiel de mon travail. Il s’agit d’animer les visites guidées en français ou en anglais pour les groupes ou les individuels. D’autres collègues peuvent également animer des visites en allemand, ou dans d’autres langues !
J’ai également suivi une formation pour guider les visites auprès des déficients visuels. Les visites peuvent porter sur l’établissement en général, mais également sur chacune des expositions proposées chaque année par la BnF. Chaque guide conférencier choisit, en fonction de ses goûts personnels, les expositions qu’il animera.

3. Comment devient-on guide conférencier ? Quelle formation est nécessaire ?
J’ai un parcours professionnel atypique… J’ai d’abord été chargé d’accueil au château de Versailles. Puis, entre 2000 et 2004, j’ai séjourné en Angleterre où j’ai travaillé comme caissier au Natural history museum, puis comme magasinier à la British Library et enfin comme agent d’accueil et de surveillance à la Queen’s gallery. A mon retour de disponibilité, en 2004, on m’a proposé de venir à la Bibliothèque nationale de France, au service de l’accueil général. Sans formation spécifique, j’ai appris le métier de guide conférencier « sur le tas ».
Cependant, il existe un examen professionnel qui permet d’obtenir le titre de guide conférencier. D’une manière générale, il est bon d’avoir suivi des études d’histoire ou d’histoire de l’art.

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuel ?
Je suis fonctionnaire depuis 1995, j’étais en CDI à Versailles quand le corps des techniciens des services culturels y a été créé. Il y a eu à ce moment-là un dispositif de titularisation pour les personnes qui, comme moi, travaillaient en CDI depuis plusieurs années.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?
J’étais intéressé par les métiers du tourisme, j’ai commencé au Château de Versailles en tant que saisonnier, un job d’été pour juillet août… On m’a proposé de rester. Au bout de six mois, j’ai signé un CDI et en 1995 j’ai été titularisé…

6. Pour vous quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour ce métier ?
Il faut être disponible, être à l’écoute des demandes des visiteurs. Il faut savoir s’adapter aux publics, c’est à dire personnaliser la visite en fonction des centres d’intérêts des publics. Il faut maîtriser la communication orale, avoir une bonne élocution.
Il faut aussi de la curiosité et avoir envie d’apprendre et de se documenter pour préparer les visites d’expositions.
Enfin, comme nous travaillons en relation avec le public, nous devons toujours avoir une tenue vestimentaire correcte.

Bruno Collins, en banque d accueil © BnF)

Bruno Collins, en banque d accueil © BnF

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
Ce que j’aime c’est l’alternance entre accueil et visites. Egalement, on travaille un week-end sur trois, ce qui ouvre droit à une prime et à des récupérations, même s’il est vrai que du coup, c’est un week-end que l’on ne passe pas chez soi !

8. Ses inconvénients ?
C’est un métier fatigant : pour les visites, on est debout sur de longues durées. Il y a aussi un coté routinier à l’accueil et parfois aussi pendant les visites où l’on peut avoir l’impression de se répéter.
C’est un travail posté avec un enchaînement entre accueil et visite.

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
Je pourrais passer des concours de catégorie A et devenir alors ingénieur des services culturels, mais je perdrais alors le contact avec le public. Or c’est la partie de mon travail que je préfère… donc je suis plutôt heureux comme cela…

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Le métier de catalogueur relecteur… par Michel Bautier

25 mai 2012

Pour son premier anniversaire, le blog BnF pour tous inaugure une nouvelle catégorie : “la BnF et ses métiers”. Vous y trouverez, régulièrement, des interviews réalisées auprès des personnels de la bibliothèque : il s’agit de vous donner un aperçu de la diversité des métiers qui la compose. Nous avons choisi de commencer cette série de rencontres avec Michel Bautier, catalogueur, un métier souvent méconnu mais essentiel dans une bibliothèque…

Michel Bautier, catalogueur relecteur © BnF)

Michel Bautier, catalogueur relecteur © BnF

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
J’occupe un poste de catalogueur relecteur au sein du service de catalogage de livres, au Département du dépôt légal. Le catalogage s’inscrit dans la chaîne documentaire qui comporte aussi les activités d’acquisition, de conservation, de reproduction…

2. En quoi consiste votre travail ?
Il consiste dans la rédaction des notices bibliographiques d’une part et des notices d’autorités d’autre part. La description bibliographique porte à la fois sur l’aspect matériel de l’ouvrage et sur son contenu pour permettre la recherche dans le catalogue. Pour l’indexation, qui consiste à trouver des mots sujets qui rendent compte du contenu intellectuel de l’ouvrage, on utilise un répertoire de mots matière (RAMEAU) et aussi la classification Dewey. L’ensemble de l’élaboration des notices est encadré par des normes internationales qui ont leur source dans les travaux de l’IFLA. Les notices produites alimentent d’une part le catalogue public et forment d’autre part le contenu de la Bibliographie française, reflet du Dépôt légal.

3. Comment devient-on catalogueur relecteur ? Quelle formation est nécessaire ?
J’ai préparé un DUT métiers du livre dans l’optique de passer le concours de Bibliothécaire assistant spécialisé qui comporte une épreuve de catalogage.
Rappelons que le DUT permet l’accès à l’ensemble des métiers du livre : édition, librairie, documentation… Arrivé à la BnF, j’ai suivi l’ensemble des formations qui concernent la production catalographique.

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuel ?
J’ai présenté le concours de Bibliothécaire assistant spécialisé (fonction publique d’État).
Suite à la réussite au concours, j’ai demandé un poste à la Bibliothèque nationale de France, établissement de référence pour le catalogage, de par sa mission de collecte du Dépôt légal.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?
Parler du goût des livres est un truisme… Plus largement, c’est un intérêt pour la production éditoriale dans son ensemble. Qui sont les éditeurs ? Que publient-ils ? Quelles sont les collections ?…
Le travail d’indexation, à travers l’actualité éditoriale, permet en effet de voir l’évolution des questions de société et des connaissances nouvelles.
Ce travail atteste, pour les lecteurs à venir, du contexte intellectuel d’une époque. Le choix de ce métier peut être dicté par le goût des idées et la nécessité de les transmettre. Le catalogueur, à sa manière, comme l’éditeur ou le libraire est un passeur.

6. Pour vous, quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
En lien avec la question précédente, on affirmera ici une curiosité intellectuelle comme qualité première. Par exemple, le catalogueur ne choisit pas toujours le domaine de connaissances qu’il aura à traiter. Le poste que j’occupe m’a demandé de me familiariser avec les sciences de l’ingénieur. Les qualités attendues concernent bien sûr la manière de produire une notice qui est encadrée par des normes, des règles, des consignes. On attend donc du catalogueur de l’attention, de la rigueur, de la mémoire. Il s’agit d’un travail qui demande de l’autonomie (par exemple le respect des délais de production), mais c’est aussi un travail qui s’effectue en équipe. C’est le cas du travail de relecture qui consiste en la correction des notices produites par d’autres catalogueurs, ce qui demande du tact et de la pédagogie.

Michel Bautier à son poste de travail © BnF)

Michel Bautier à son poste de travail © BnF

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
Rappelons que le catalogage est un peu le cœur du métier puisqu’une bibliothèque s’organise autour d’un catalogue. Pour autant, le catalogage est en pleine évolution : en effet, la recherche documentaire depuis Internet favorise l’évolution de la présentation des catalogues. Désormais il est possible de regrouper autour d’une oeuvre ses différentes expressions que sont un livre, une pièce de théâtre, une affiche, un film, un costume… Le catalogueur est donc amené à travailler avec de nouveaux formats. C’est un métier en forte évolution dans un monde où la maîtrise de l’information et de la connaissance sont décisifs. Dans la mise à jour régulière des connaissances, la formation prend une grande part. C’est une opportunité que j’ai saisie lorsqu’il m’a été proposé de faire de la formation auprès de mes collègues.

8. Ses inconvénients ?
S’agissant d’un travail encadré par des normes, le catalogage pourrait paraître à certains monotone et peu créatif. Et n’oublions pas les difficultés d’un travail posté. Toutefois, l’organisation du travail en équipe engendre une polyvalence des agents : catalogage, relecture, tris (répartition des ouvrages par disciplines)… En outre, la politique de l’établissement implique des tâches transverses dont les permanences en salles de lecture.
Enfin, on ne surprendra personne si on rappelle que le salaire du fonctionnaire n’est pas des plus attractifs et que la progression dans la carrière est ressentie comme demandant des améliorations.

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolutions de carrière ?
L’évolution se fait principalement par les concours, un bibliothécaire assistant spécialisé peut envisager le concours de bibliothécaire ou de conservateur par exemple. Pour ma part, le goût du catalogage me porterait plutôt à m’intéresser à d’autres formats (EAD). Mais la palette des postes qui s’offrent à un Bibliothécaire assistant spécialisé est variée : qu’il s’agisse de conservation, de formation ou de services aux publics.

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Pour aller plus loin :
- plus d’info sur les métiers des bibliothèques
- pour en savoir plus sur le catalogage