2. Récits d'expériences

Rencontre avec l’Histoire… Paris, il y a 100 ans

7 juillet 2011

Pour cette seconde rencontre avec l’Histoire (retrouvez ici le récit de la première) dans le cycle “la France il y a 100 ans”, nous avons présenté au groupe du Pari’s des Faubourgs la vie à Paris entre 1900 et 1914 : le quotidien des habitants, la construction du métro, les métiers de Paris…

Pour cet atelier, pas de textes ni de cartes, il était proposé au groupe de découvrir et commenter une sélection de photographies appartenant au fonds le la Bibliothèque nationale de France, appuyée par un unique tableau.

C’est précisément avec ce tableau que l’atelier a commencé, on compare les revenus moyens des parisiens en 1901 selon les quartiers. Ces données nous ont permis de repérer les quartiers pauvres de l’époque, et de constater que la différence entre les revenus n’a jamais été aussi importante qu’à cette période.

 27-12-11, Cirque de Paris, arbre de Noël des Alsaciens-Lorrains, photographie de lAgence Rol,  source : Gallica, BnF )

27-12-11, Cirque de Paris, arbre de Noël des Alsaciens-Lorrains, photographie de l Agence Rol, source : Gallica, BnF

À partir de ces constatations, les questions fusent, avec des explications, notamment sur les quartiers qui accueillaient les populations migrantes. Par exemple, la proximité des gares d’arrivées à Paris jouent sur l’installation des migrants provinciaux : on trouve beaucoup de bretons à Montparnasse, et des lorrains autour de la gare de l’Est. On a appris également que beaucoup de dames allemandes venaient travailler comme domestiques à Paris, car elles avaient la réputation de travailler dur.

Après ces quelques remarques sur l’immigration parisienne du siècle dernier, nous commençons à regarder les photos. Le fonds du photographe Eugène Atget se prêtait particulièrement bien à ces découvertes. Une première image nous montre les quartiers sud de Paris, appelés “zones” car les constructions n’étaient alors pas terminées. Les 13ème, 14ème et 15ème arrondissements comprenaient beaucoup de bidonvilles.

 Intérieur de Melle Sorel, de la Comédie Française, par Eugène Atget, 1910-1911, source : Gallica, BnF )

Intérieur de Melle Sorel, de la Comédie Française, par Eugène Atget, 1910-1911, source : Gallica, BnF

Nous approfondissons la réflexion sur les logements des parisiens en comparant deux photographies d’Atget : la première représente l’intérieur aisé d’une comédienne, et la seconde un intérieur ouvrier. On imagine alors sur la première un intérieur avec tout le confort (électricité, eau courante, gaz), alors que le second n’a pas de confort. Néanmoins, le point commun entre les deux types d’appartement est la grandeur des fenêtres. Les appartements hausmanniens étaient pourvus de grandes fenêtres. Pourquoi? Parce qu’on craignait beaucoup la tuberculose, et que l’on pensait que pour la guérir, il fallait beaucoup de lumière. On construisait donc des logements assez grands et lumineux.

Notre exploration de la vie quotidienne des parisiens il y a 100 ans nous conduit ensuite vers des photographies qui montrent des  petits métiers de Paris : par exemple les chiffonniers, qui triaient les déchets pour récupérer et revendre les matériaux, les marchandes de mouron, qui servait à nourrir les oiseaux. Nous constatons alors, avec différentes images, que beaucoup d’enfants travaillent dans les rues de Paris, ce qui suscite des interrogations. En fait, parmi les enfants qui trainent dans Paris, certains ont fui la campagne, d’autres sont des enfants adultères abandonnés. Ils cherchent donc de petits travaux, comme la vente dans la rue, ou bien garder les chèvres et les vaches, que l’on trouvait encore dans Paris pour venir aux abattoirs.

 Inondation, 28/1/1910, gare Saint-Lazarre et rue, photographie de presse, agence Rol, source : Gallica, BnF )

Inondation, 28/1/1910, gare Saint-Lazarre et rue, photographie de presse, agence Rol, source : Gallica, BnF

Enfin, la séance se clôt avec une série de photographies qui montre la crue de Paris en 1910. Sur une première image, la crue place de la Concorde, puis une seconde image montre la crue dans le quartier de Saint Lazare, en enfin au niveau du canal Saint Martin. On discute alors de ces inondations, dont beaucoup ont entendu parler l’an dernier, pour le centenaire de cette crue. On en comprend alors les causes, l’eau qui ne s’infiltrait plus, on découvre qu’alors le métro a été volontairement noyé, pour ne pas que les tunnels explosent avec la pression de l’eau.

Cet atelier a été riche en découvertes, et le fait d’utiliser des images issues des collections numérisées de la BnF a permis un échange constructif.

Pour plus d’informations :
- Exposition virtuelle autour d’Eugène Atget

- Exposition Virtuelle Paris, les travaux et les jours

- le fonds numérisé de l’agence Rol dans Gallica

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