1. Vous accueillir à la BnF, Expositions

Cet été, voyagez également en Asie à la Bibliothèque, avec Paul Jacoulet

25 juillet 2011

Nous vous avons largement présenté dans ce blog les Estivales africaines de la BnF, mais, si vous souhaitez encore vous dépayser, vous pouvez également vous transporter en Asie avec une exposition des œuvres de Paul Jacoulet, dans la galerie des donateurs, en entrée libre. Nous avons eu le plaisir de rencontrer Céline Chicha, commissaire de l’exposition, chargée de collections Estampes XXème et XXIème siècle au sein du département des Estampes et de la photographie, pour nous parler de cet artiste.

Qui est Paul Jacoulet?

Le Nautilus, Paul Jacoulet, © ADAGP, 2011, BnF, dpt des Estampes et de la photographie )

Le Nautilus, Paul Jacoulet, © ADAGP, 2011, BnF, dpt des Estampes et de la photographie

Paul Jacoulet est un artiste français, puisque né en France en 1896, mais qui a passé toute sa vie au Japon jusqu’à sa mort en 1960, et a adopté la culture nippone. Il a été scolarisé dans une école japonaise, et, du fait de sa santé fragile, suivait également des cours particuliers, notamment de dessin. Il se passionne donc très tôt pour cet art, et en particulier pour la gravure sur bois, qui fait partie des techniques traditionnelles japonaises.
Deux donations à la Bibliothèque nationale de France, la première en 1961 par ses assistants, puis en 2011 par sa fille adoptive permettent à la bibliothèque de conserver l’œuvre complet de l’artiste, soit 162 planches.

Pouvez-vous nous parler de cette technique de la gravure sur bois?

Danse d’Okesa, Sado, Japon, Paul Jacoulet © ADAGP, 2011, BnF, dpt des Estampes et de la photographie  )

Danse d’Okesa, Sado, Japon, Paul Jacoulet © ADAGP, 2011, BnF, dpt des Estampes et de la photographie

Paul Jacoulet s’inscrit dans la tradition de l’ukioy-e, la gravure sur bois polychrome japonaise. En fait, Jacoulet réalise des aquarelles, puis s’adresse dans un premier temps à des artisans graveurs sur bois pour réaliser les gravures sous son contrôle. Une vitrine, au sein de l’exposition, montre bien les différentes étapes de cette réalisation : une matrice en bois est d’abord réalisée, les graveurs respectent avec précision les dessins de Jacoulet. Ensuite, pour colorer la gravure, une matrice de bois pour chaque couleur est réalisée, ce qui garantit sur l’œuvre une parfaite disposition des couleurs. Cette technique traditionnelle, à l’époque de Jacoulet, était un peu en déclin au Japon. C’est donc une démarche volontariste de Jacoulet de précisément utiliser cette technique ancestrale.

Quels étaient les sujets chers à Paul Jacoulet?
Dans cette exposition, ce sont des portraits que nous retrouvons. Dans chacune de ses gravures, il s’attache à reproduire avec la plus grande précision chacun des traits du personnage représenté : les lignes du visage, les costumes, la gestuelle. Paul Jacoulet s’inspire avant tout de son pays d’adoption : le Japon. Nous retrouvons donc des portraits de geishas, des acteurs, et d’autres personnages du quotidien, comme des vendeuses.
La Chine a également beaucoup inspiré Jacoulet, qui se faisait notamment envoyer des revues photographiques, et qui assistait aussi à des représentations de l’Opéra de Pékin. C’est une Chine plutôt rêvée, fantasmagorique, alors que le climat politique entre le Japon et la Chine n’était pas favorable à ce moment-là.
La Corée est aussi très importante pour Jacoulet, car c’est le pays de sa famille d’adoption, de par son compagnon, et également par le second mari de sa mère. Il se rend donc souvent en Corée, et représente des personnages différents, souvent en costume traditionnel blanc, ce qui représente une grande difficulté dans la technique de gravure sur bois, il représente aussi un enfant en costume de cérémonie, ou encore des mariés.
Enfin, à cause de sa santé fragile, Jacoulet sur rend à plusieurs reprises sur les îles qui composent la Micronésie, et peint donc de nombreux personnages de ce pays. On retrouve donc toujours des expressions précises, des regards vifs notamment, et des costumes traditionnels.
Outre ces portraits exposés, Jacoulet a réalisé beaucoup de gravures à partir de ses observations sur la faune, la flore, etc… Il a également beaucoup dessiné ce qu’il voyait, croquant notamment les costumes, les coiffes, tatouages des personnages rencontrés : ces dessins, qui ont plus une valeur ethnographique qu’artistique, vont prochainement rejoindre le fonds du musée du Quai Branly.

Quel est le statut de l’œuvre de Paul Jacoulet dans le paysage artistique nippon ?

Les Graines de camélia, Oshima, Izu, Paul Jacoulet, © ADAGP, 2011, BnF, dpt des Estampes et de la photographie )

Les Graines de camélia, Oshima, Izu, Paul Jacoulet, © ADAGP, 2011, BnF, dpt des Estampes et de la photographie

L’oeuvre de Paul Jacoulet est intéressante parce qu’elle reprend à la fois les codes de l’art traditionnel japonais, mais s’en détache également par différents aspects.
Au niveau des thèmes tout d’abord, Jacoulet peint des geishas et des acteurs, très représentés dans la tradition japonaise, dont il se démarque par ailleurs en croquant également des personnages du quotidien : enfants, commerçants, marionnettistes, des personnages religieux, etc…
Dans la composition, on retrouve aussi la tradition japonaise, notamment avec les compositions étagées. De même, on voit dans beaucoup de ses gravures des teintes douces, traditionnelles. Cependant, il se démarque de cette tradition, notamment sur les planches de Micronésie, avec des teintes plus vives, sans doutes inspirées de la passion de Jacoulet pour les papillons.

N’hésitez pas à venir découvrir l’univers de cet artiste, dans la Galerie des donateurs, site François Mitterrand. Entrée libre. Jusqu’au 4 septembre 2011

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Pour en savoir plus :
- Article de Chroniques présentant l’exposition
- Exposition virtuelle : L’estampe japonaise, images d’un monde éphémère

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