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Le conte en Afrique : à la rencontre de Lamine Kouyaté et de Malvina

17 août 2011

Le 23 août prochain, à partir de 17h30, dans la galerie Jules Verne, le griot Lamine Kouyaté et la conteuse Malvina nous feront découvrir le monde des contes africains. En organisant les Estivales africaines, nous avons souhaité les inviter à la BnF pour faire découvrir la richesse de la tradition orale africaine, qui grâce à ces deux conteurs a voyagé jusqu’à Paris.

Comment devient-on griot ?

Le Griot, CC by Alexbip  )

Le Griot, CC by Alexbip

La caste des griots est née puis s’est développée dans un contexte où n’existaient historiquement ni l’écriture (sauf pour les religieux), encore moins la radio et la télévision. Le griot est ainsi considéré comme étant notamment le dépositaire de la tradition orale. Les familles griotiques sont spécialisées soit en histoire du pays et en généalogie, soit en art oratoire, soit en pratique musicale.
Le “djéliya”, l’art que pratiquent les griots, consiste à raconter des histoires relatives à des familles. Les griots sont présents à chaque grande occasion (mariage, baptême, fêtes religieuses…) c’est pourquoi ils sont très au fait de l’histoire des familles auxquelles ils sont liés. Quand ils sont appelés les griots rappellent donc aux familles leur passé, celui de leurs ancêtres. Les griots sont donc des conteurs véhicules de la mémoire et de la tradition orale, très forte en Afrique. C’est pourquoi ces personnes sont considérées comme des puits de connaissance, des livres d’histoires vivants.
Pour beaucoup les griots sont les ancêtres des rappeurs et donc le “djéliya” l’ancêtre du rap. En effet, les griots, quand ils font des éloges, chantent de manière très spéciale. Leurs paroles sont telles un flux qui suit une instrumentale assez répétitive rythmée par des percussions.

Lamine Kouyaté et Malvina

Lamine Kouyaté et Malvina

Ibrahima Kouyaté, comment avez-vous commencé à conter en France ?
En arrivant en France à la fin années quatre-vingt, j’ai fondé, avec Benoît Roques une association dans le quartier de la Goutte d’ Or : Partageons nos différences.
Benoît est poète, j’étais griot. Le poète déclame, le griot chante. Nous avons voulu présenter de manière croisée notre vision du monde, à partir des fables de la Fontaine. De ce voyage poétique, nous avons voulu faire naître une réflexion humaniste : nos différences culturelles nous opposent-elles vraiment ? Pourquoi ne pourraient-elles pas nous enrichir mutuellement, car finalement nous parlons d’un même monde.

Malvina, comment avez-vous rencontré Ibrahima Kouyaté ?
Je suis originaire d’Équateur et suis née dans le village de Mira. Quand j’étais petite, depuis j’aimais raconter des histoires à mes poupées, que je fabriquais avec des épis de mais. Depuis ma plus tendre enfance, je suis fascinée par l’Afrique, je me sens véritablement habitée par un être africain…
En arrivant en France j’ai créé une association Bouki, qui en langue wolof signifie la hyène, héroïne des contes africains. C’est un animal très méchant mais toujours victime de Leuk le lièvre, petit animal très malin qui triomphe à tous les coups.

Avec Ibrahima, nous avons fusionné nos associations. Nous contons dans les maisons de retraite, les hôpitaux, les collèges, dans les 18ème et 19ème arrondissements, en banlieue, à Grigny par exemple…

Ibrahima, comment choisissez-vous les contes que vous racontez ?
Je choisis mes contes en fonction du public que je rencontre. Nous espérons que le public sortira différent de l’état dans lequel il était, après nous avoir entendu. Nous souhaitons qu’il reparte plus sage, plus en accord avec le monde…

A sa façon le griot joue un rôle de médiateur social. Dans mon quartier, on me connaît, je suis disponible 24 heures sur 24…

Nous serons heureux de vous accueillir pour cette séance exceptionnelle, le mardi 23 août à partir de 17h30, dans la galerie Jules Verne. Entrée libre.

Vous pouvez par ailleurs retrouver le spectacle de Lamine Kouyaté et Malvina tous les samedis et dimanches à 15h30 au Popul’air, 36 rue Henri Chavreau, Paris XXème.

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Source des images :
- Creatice Commons, galerie Flickr de Alexbip

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