3. La BnF et ses métiers

Le métier de chargé d’action pédagogique… par Anne Sophie Lambert

31 décembre 2013
Anne-Sophie Lambert ©BnF)

Anne-Sophie Lambert ©BnF

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Je suis chargée d’action pédagogique, au Département des publics et de la médiation, à la Direction de la diffusion culturelle, site François Mitterrand. Je suis chargée de la conception, de l’animation de visites et d’ateliers autour des expositions, des collections et du bâtiment pour le public scolaire, du CP aux BTS et classes préparatoires. En 2012, nous avons accueilli 19 000 élèves environ…
Je suis également chargée d’organiser des visites des expositions pour les enseignants. Enfin, je rédige des fiches pédagogiques autour des expositions ainsi que des dossiers thématiques « permanents », par exemple sur l’histoire du livre.

2. En quoi consiste votre travail ?
Les mardis, jeudi et vendredi sont consacrés à l’accueil de classes pour des visites et ateliers. Les ateliers (Histoire du livre, Les unes de presse) ont lieu dans la Galerie Jules Verne. Les ateliers autour d’une exposition se déroulent en 2 temps : une heure de visite puis 1 heure d’atelier en salle des commissions près du Hall Est.
Le mercredi après-midi est dédié aux visites pour les enseignants, à la rédaction de fiches ou dossiers pédagogiques ou à la préparation des ateliers.
Tous les lundis matin, nous commençons par une réunion de service où nous nous répartissons les visites de la semaine. Le lundi après-midi, je m’occupe du suivi budgétaire du service : paiement des conférenciers extérieurs, commandes de fournitures pour la confection des dossiers pédagogiques et petit matériel pour les ateliers, achat de documents et livres pour le service et aussi établissement des contrats d’intervenants extérieurs pour les formations d’enseignants.

3. Comment devient-on chargée d’action pédagogique ? Quelle formation est nécessaire ?

J’ai fait des études d’histoire et d’histoire de l’art à Nanterre. A partir de la maîtrise et pendant 5 ans, j’ai travaillé en tant qu’animateur socio-culturel au Service éducatif des Archives nationales. Nous organisions des visites et des ateliers. Pendant mes études, j’étais également chargée de TD en historiographie à la faculté de Marne la Vallée.
Ensuite, j’ai passé un examen professionnel de guide interprète régional pour les visites commentées des monuments nationaux ce qui m’a permis d’exercer quelques temps cette profession de manière indépendante. En juin 2005, j’ai postulé au service de l’action pédagogique de la Bibliothèque nationale de France et j’ai été recrutée d’abord à temps incomplet. Depuis 2012, j’ai un contrat à durée indéterminée et travaille à temps complet.

Le service de l action pédagogique ©BnF)

Le service de l action pédagogique ©BnF

4. Etes-vous titulaire ou contractuelle ?
Je suis contractuelle, le métier de chargé d’action pédagogique n’existe pas dans la fonction publique. Dans notre service nous sommes presque tous contractuels, certains sont professeurs en position de détachement.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?

J’ai eu une « révélation » en CM2 alors que notre classe visitait le château de Vaux le Vicomte ! Je me suis dit alors que le métier de guide était exceptionnel…
Puis quand j’ai commencé mes études, je voulais être chercheur mais il y a peu de postes en histoire contemporaine et, à ce moment-là, je ne voulais pas vraiment enseigner (ce qui signifiait passer le CAPES ou l’agrégation). A partir de mon expérience aux Archives nationales, j’ai eu du plaisir à travailler dans la médiation culturelle. Je trouve valorisant le contact avec les enfants : éveiller leur curiosité, voir leur émerveillement… ça m’a donné envie de continuer vers ces métiers là…

6. Pour vous, quelles sont les qualités essentielles, nécessaire pour exercer ce métier ?

Il faut de la curiosité, de l’envie et du dynamisme : il faut parfois « aller chercher » les élèves… La volonté de transmettre et donc de la pédagogie.
Il faut également des qualités rédactionnelles, savoir dessiner et peindre pour réaliser les fiches et dossiers pédagogiques et pour animer les ateliers.
Il faut le sens du contact pour s’adapter aux publics du CP à la terminale…
Enfin, il faut une bonne mémoire bien organisée pour mener une « visite du bâtiment » le matin et un atelier « Unes de presse » l’après midi !

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
Le plaisir que l’on retire du contact avec le public, en particulier avec les enfants. Les entendre dire : « c’était génial », voir une petite étincelle dans leurs yeux… les petits qui ne veulent plus partir ou souhaitent absolument « faire un bisou » pour remercier…
La préparation des dossiers et fiches pédagogiques qui satisfait ma curiosité intellectuelle…

Accueil d une classe espace Jules Verne ©BnF)

Accueil d une classe, espace Jules Verne ©BnF

8. Ses inconvénients ?
Le grand écart que l’on fait entre 2 visites complètement différentes dans une même journée.
Le fait que l’on n’ait pas d’espace dédié pour laisser en place notre matériel, nos fournitures mais aussi pour pouvoir exposer les réalisations des élèves. Et puis les locaux n’ont pas été conçus au départ pour l’accueil du jeune public. Les espaces dévolus aux ateliers sont bruyants ou sombres…

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
La mobilité vers d’autres établissements est compliquée voire impossible pour les contractuels. Je n’envisage pas de changer de poste en interne. Notre service est transverse, nous contribuons au rayonnement de la bibliothèque et mon métier me plait.
A plus ou moins longue échéance, j’envisagerai peut être un retour à l’enseignement…

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