3. La BnF et ses métiers

Le métier de responsable d’atelier de reproduction numérisation… par Franck Bardon

29 avril 2014

Numériser pour donner accès au plus grand nombre aux collections de la BnF. La Bibliothèque nationale a pour mission à la fois de conserver et de communiquer les documents. Afin de les préserver des nombreuses manipulations, la bibliothèque conduit depuis de nombreuses années des programmes de numérisation de ses collections. Ces campagnes de numérisation sont en partie réalisées dans les ateliers de la bibliothèque… Franck Bardon nous présente le métier de responsable d’atelier de reproduction numérisation…

Franck Bardon ©BnF)

Franck Bardon ©BnF

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Je suis responsable de l’atelier de reproduction numérisation au Service restauration – Richelieu, Département de la Conservation, Direction des services et réseaux, sur le site François Mitterrand. A la Bibliothèque nationale de France, il y a trois sites de numérisation : à Sablé, à Richelieu et à Bussy Saint Georges. En raison des travaux sur le site de Richelieu, notre service est installé à Tolbiac mais nous numérisons principalement les collections des départements spécialisés (Manuscrits, Musique, Cartes et plans, Arts du spectacle, Bibliothèque musée de l’opéra, Arsenal et ponctuellement des collections de la Réserve des livres rares et la presse pour le département Droit économie politique)

2. En quoi consiste votre travail ?

Il n’y a pas de journée type… Je peux faire de la prise de vue ou de la post-production c’est-à-dire corriger des images refusées par les départements parce qu’il manque une légende par exemple. Je participe aux réunions de programmation de chantiers de numérisation : on établit un planning annuel avec le nombre d’images pour chaque département. Ce planning est souvent modifié en fonction de la disponibilité des départements pour préparer les lots (de documents) à numériser.
A la réception des lots, je choisis le matériel adapté qui sera utilisé par le photographe et j’établis, pour chaque document, une feuille de travail qui comporte l’identifiant numérique, la cote et le titre du document ainsi que des consignes de manipulation et d’ouverture. Le photographe pourra y reporter les difficultés rencontrées lors des prises de vue. J’entrepose dans une armoire forte les documents en attente de numérisation où les photographes viendront ensuite se servir…

L équipe de l atelier numérisation ©BnF)

L équipe de l atelier numérisation ©BnF

3. Comment devient-on responsable d’atelier de reproduction numérisation ? Quelle formation est nécessaire ?
Je suis photographe de formation. J’ai préparé un Bac A3, lettres et art, option théâtre que je n’ai pas passé : j’étais nul en dessin ! J’ai repris un CAP photographique en alternance, au CIFAP (Centre international de formation à l’audiovisuelle production) de Pantin, pendant 3 ans. Je travaillais dans un labo professionnel qui faisait également studio photo (Dephti Ouest à Bois d’arcy, Dephti pour développement, photo, tirage). A la fin de mon CAP, vers 20 ans, je me suis rendu compte que ce qui me plaisais vraiment ce n’était pas la photo, c’est-à-dire l’aspect créatif, mais le travail sur les photos des autres… Après le CAP, j’ai préparé un bac professionnel en 3 ans au Lycée Brassaï, dans le 15e arrondissement de Paris. Ensuite, j’ai travaillé un an chez Fuji à Bois D’Arcy : je faisais des tirages d’après ektas (grandes diapositives). Puis j’ai passé 3 fois 3 mois en Irlande pour une association qui organisait des séjours linguistiques pour des écoles et avait besoin de photos pour une plaquette publicitaire… Le 2 novembre 1997, je suis entré à la Bibliothèque nationale de France, au service reproduction suite à une candidature spontanée… Depuis 2006, je travaille au département de la Conservation et je suis responsable d’atelier depuis 2007.

4. Etes-vous titulaire ou contractuel ?
Je suis contractuel mais il existe dans la fonction publique des techniciens d’art photographes. Dans mon service, nous sommes 2 contractuels et 3 titulaires à plein temps et une personne à mi-temps.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?

Depuis tout petit je rêvais d’être photographe publicitaire… J’ai eu mon premier appareil photo en CE1 : je photographiais la famille, des paysages, des natures mortes mais entre les pellicules et les flashs cubes, ça revenait cher à l’époque ! Plus tard, avec mon premier salaire de job d’été, j’ai acheté un Nikon FG que j’ai toujours… ce qui me passionnait c’était la prise de vue, le développement : les bacs, la chambre noire… L’avènement du numérique a mis fin à ma passion : je n’aime pas travailler avec photoshop !

6. Pour vous quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Il faut aimer les collections : quand je suis arrivé à la BnF, je crois bien que c’était la 3e fois de ma vie que je mettais les pieds dans une bibliothèque, j’ai du mal avec l’ambiance calme des salles de lecture, ça me donne envie de faire du bruit ! Ici j’ai découvert des trésors grâce aux collègues des départements qui nous racontent l’histoire de chacun des documents qui nous sont confiés et témoignent de leur préciosité. Nous travaillons en lien aussi avec les restaurateurs qui transmettent l’amour de leur travail ce qui ne peut pas laisser indifférent…

7. Quels sont les avantages de ce métier ?

L’autonomie dans l’organisation du travail : après la réunion avec l’expert numérisation, qui est en contact avec la coordinatrice de la conservation et de la reproduction, et la chef du service restauration, qui fixe le programme annuel de numérisation pour les départements, nous sommes autonomes dans l’organisation de notre travail.
Les collections que l’on numérise : on a dans les mains des trésors que peu de gens peuvent voir…

Scanner Metis DRS 5070 ©BnF)

Scanner Metis DRS 5070 ©BnF

8. Ses inconvénients ?
Nous faisons en permanence une veille technologique mais les budgets de l’établissement ne permettent pas de renouveler les équipements aussi régulièrement qu’il le faudrait. Nous travaillons avec un matériel vieillissant. Les machines ne sont pas adaptées à la diversité des documents que nous avons à traiter. Il faut bricoler, trouver des astuces pour répondre à la demande et ça c’est intéressant !

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolutions de carrière ?

Je suis contractuel, il y a donc peu de possibilités de mobilité…
Même si je me tiens informé, je vais être distancé par les nouveaux photographes qui maîtrisent les nouvelles techniques, j’aimerais davantage travailler sur les marchés de numérisation ou mon expérience technique serait un vrai plus : choix du prestataire, rédaction du cahier des charges, travail avec les départements sur les traitements prioritaires.

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