2. Récits d'expériences

Formation de bénévoles des Espaces livres des Restos du coeur

2 janvier 2013

Jeudi 20 décembre 2012, la mission Diversification des publics de la BnF s’est rendue au siège des Restos du coeur à Paris pour former des bénévoles des Espaces livres. Au programme : circuit du livre, inventaire, cotation, catalogage, désherbage, animation… Un belle journée d’échanges et de partage d’expérience !

Les bénévoles des Espaces livres ©BnF

Les bénévoles des Espaces livres ©BnF

3. La BnF et ses métiers

Le métier de gestionnaire de collections… par Céline Piétrois

19 décembre 2012
Céline Piétrois ©BnF)

Céline Piétrois ©BnF

Le département de l’Audiovisuel conserve une collection d’environ un million d’enregistrements sonores, qui remonte aux origines de l’enregistrement (1877). Produit de l’édition phonographique, le « disque » (terme couramment employé pour tous les supports d’enregistrement) représente la majeure partie de cet ensemble… Nous vous proposons de faire connaissance avec Céline Pietrois spécialiste des 78 tours et des catalogues de marques…

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
L’intitulé de mon poste est : gestionnaire de collections, au service des documents sonores, dans la section fonds anciens du département Audiovisuel du site François Mitterrand.

2. En quoi consiste votre travail ?
Je catalogue des 78 tours. Je fais aussi un travail d’inventaire sur les catalogues de marques phonographiques, (c’est-à-dire les marques de disques). La bibliothèque conserve des catalogues de marques phonographiques français et étrangers comme Pathé, Voix de son maître, Odéon… Ces catalogues ont été regroupés au département audiovisuel mais n’ont pas vraiment été gérés. A mon arrivée sur ce poste en 2003, on m’a proposé d’inventorier, de récoler ce fonds afin qu’il soit plus visible pour les chercheurs, qu’il soit mieux conservé, et communicable. Un projet de numérisation de ces catalogues a permis d’accélérer le traitement de ce fonds et certains documents apparaissent maintenant dans le catalogue et sont consultables en ligne.
Pour les catalogueurs, ces catalogues de marques permettent de dater les disques qu’ils cataloguent. Pour les chercheurs ou pour toute personne travaillant sur l’histoire de l’enregistrement sonore, ces catalogues de marques permettent de rendre compte des genres de musique que les éditeurs publiaient. (ex : publication sur le folklore, les musiques traditionnelles, les musiques de genre, avant le jazz, etc…). Ces catalogues de marques reflètent l’histoire de l’évolution de l’enregistrement. Ils sont utilisés également par celles et ceux qui cherchent à faire des rééditions, comme les maisons de disque.
Je fais également du service public, c’est-à-dire des permanences dans les salles de lecture B et P, qui sont rattachées au département audiovisuel ainsi que des permanences d’accueil en pied de tour, c’est comme cela que l’on désigne le point d’accueil des chercheurs du Rez de jardin. On y fait également du renseignement téléphonique, des réservations de places et de documents pour les lecteurs.
Enfin, depuis 1998, je suis formateur relais au système d’information pour la formation au circuit de communication des documents. Je forme les collègues qui assureront la communication des documents aux lecteurs du Rez de jardin : on explique, par la pratique informatique, le circuit, depuis la demande du lecteur jusqu’à la réception du document et inversement.

78 tours ©BnF)

78 tours ©BnF

3. Comment devient-on gestionnaire de collections ? Quelle formation est nécessaire ?
J’ai fait des études d’histoire durant lesquelles j’étais moniteur étudiant à la bibliothèque universitaire et je travaillais aussi en librairie… Ça m’a donné envie de travailler en bibliothèque. J’ai passé le concours de magasinier de bibliothèque. Je suis arrivée ici en 1996, c’était l’ouverture du site François Mitterrand, c’était une belle aventure, on arrivait nombreux à cette époque !
J’ai d’abord travaillé au département Philosophie histoire sciences de l’homme. A l’ouverture des salles de lecture du Rez de jardin en 1998, je suis devenue responsable de salle. J’ai alors passé le concours de magasinier en chef afin que mes fonctions correspondent à mon statut.
J’ai ensuite passé le concours d’assistant de bibliothèque et je suis arrivée au service conservation du département audiovisuel où je m’occupais des commandes de matériels et du suivi des chantiers de reconditionnement et marquage (estampillage : on grave avec une machine, le cachet de la BnF sur les CD et les DVD).
En 2006, un poste de catalogueur aux fonds anciens s’est libéré : ce qui m’intéresse, ce sont les vieux documents, et je voulais découvrir le catalogage alors j’ai foncé !


4. Êtes-vous fonctionnaire ou contractuel ?

Je suis fonctionnaire, je suis bibliothécaire assistant spécialisé.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?

Quand j’étais étudiante à Paris 1, je voyais cette bibliothèque en construction et je me disais que j’aimerais y travailler. Je voulais devenir archéologue, ce qui m’intéresse ce sont les « vieux trucs », la poussière…c’est pour cela que j’ai choisi de travailler sur les fonds anciens…

catalogue de marque ©BnF)

catalogue de marque ©BnF

6. Pour vous quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Pour le travail sur les catalogues de marques, il faut être organisé, rigoureux, avoir le sens des relations pour établir des liens entre les services. Pour le catalogage, la section fonds ancien est petite, et j’aurais davantage besoin de travailler en équipe pour les questions liées au traitement des documents.
Pour les formations, il faut avoir le goût du contact : on forme les collègues, on rencontre donc des agents de tous les départements. Il faut bien sûr être pédagogue.
J’aime le service public y compris en pied de tour. Je trouve inconcevable de travailler en bibliothèque sans voir les lecteurs…

7. Quels sont les avantages de ce métier ?

Comme on travaille dans un grand établissement il y a des possibilités de mobilité interne : on peut voir plusieurs aspects du métier tout en restant à la bibliothèque.
Ce qui compte aussi pour moi, c’est le plaisir de travailler sur des documents anciens, des collections uniques…voyager dans le temps, l’Histoire
Et puis ce qui m’intéresse bien sûr, c’est la diversité des collègues et des publics…

8. Ses inconvénients ?
Le catalogage est un travail solitaire, sur écran qui peut s’avérer monotone et répétitif. En tant que bibliothécaire assistant spécialisé la mobilité vers des postes autres que des postes de catalogueur est limitée, le catalogage étant leur principale mission que ce soit à la Bibliothèque nationale ou dans les bibliothèques universitaires…Or je ne souhaite pas être affectée sur poste où je ne ferais que du catalogage…

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
Je vais changer de poste en janvier 2013. Je vais rejoindre l’unité de formation du Département de la conservation au sein de la Direction des services et réseaux. Je programmerai, organiserai toutes les formations à la conservation pour le personnel de la bibliothèque et d’autres bibliothèques. Je travaillerai essentiellement ici mais également sur le site de Bussy St Georges. Je vais ainsi développer mes compétences autour de la formation : les contenus, la logistique, la recherche de formateurs.
En prenant ce poste, je vais me spécialiser sur des fonctions qui m’éloignent du « cœur de métier », de tout ce qui est en lien avec la bibliothéconomie et en particulier du catalogage. Je suis consciente que malheureusement, ce choix peut constituer un frein à mon évolution de carrière ou pour préparer les examens professionnels

3. La BnF et ses métiers

Le métier de responsable de l’édition adaptée aux personnes handicapées… par Hélène Leblois

17 décembre 2012

Depuis 2006, la Bibliothèque nationale de France a pour mission d’être “l’organisme dépositaire des fichiers numériques” transmis par les éditeurs aux organismes agréés réalisant des éditions adaptées destinées aux personnes handicapées. Nous rencontrons pour vous Hélène Leblois, responsable de l’édition adaptée aux personnes handicapées…

Hélène Leblois ©BnF)

Hélène Leblois ©BnF

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Je suis responsable du centre Exception handicap, au sein du département de l’Information bibliographique et numérique, à la BnF. Ma mission consiste à améliorer l’accès à la lecture des personnes handicapées, dans le cadre de l’exception au droit d’auteur institué par la loi DADVSI de 2006.
Ce dispositif législatif permet aux centres de transcription agréés par l’Etat d’obtenir les fichiers numériques des éditeurs, de façon à pouvoir produire une version accessible (en braille, audio, etc.) ; ce sont ces centres qui mettent à disposition de leurs publics handicapés les œuvres adaptées. La BnF a pour rôle de centraliser les demandes de documents numériques aux éditeurs, et de sécuriser les transferts et le stockage des œuvres ainsi déposées.
Par exemple, dès la présélection du prix Goncourt 2012, les organismes de transcription agréés ont demandé les fichiers des titres en lice ; en quelques jours, les documents ont pu être adaptés et mis à disposition des publics handicapés. C’est la deuxième année que les livres primés sont lisibles par tous dans des délais très courts.

2. En quoi consiste votre travail ?
Mes activités sont variées et impliquent de nombreux acteurs. Je vais les résumer en quatre points.
Mon travail comporte un volet technique. Je suis en effet chef de projet fonctionnel de la plateforme numérique PLATON développée pour automatiser le traitement des flux de demandes et sécuriser le circuit des documents numériques. Il s’agit d’identifier les besoins des usagers, et co-piloter avec le département des systèmes d’information (DSI) de la BnF la conception et la réalisation des développements informatiques effectués par un prestataire externe.

Les genres de documents adaptés©BnF)

Les genres de documents adaptés©BnF

Les activités administratives sont également importantes. Je suis en effet un référent juridique pour les usagers, appuyée par les services juridiques de la BnF et du ministère de la Culture et de la Communication (MCC) ; par ailleurs, avec le DSI, nous assurons le suivi du marché public de réalisation de la plateforme numérique.
Le management est un autre aspect de mon travail. Il consiste à encadrer les deux agents du centre Exception handicap, à coordonner les différents services impliqués, à évaluer toutes nos activités et produire des bilans.
J’assure aussi des fonctions de communication, interne et externe, et de médiation. L’objectif est de construire une relation de confiance avec les différents acteurs autour d’un objectif partagé, celui de rendre la lecture accessible à tous.

3. Comment devient-on responsable de la gestion de l’édition adaptée ? Quelle formation est nécessaire ?
Après un master 2 de philosophie, j’ai d’abord été professeur certifié en lycée et, en même temps, ai poursuivi ma formation avec un master 2 professionnel de gestion de l’information et de la documentation numériques.
Je suis arrivée à la BnF en 2009, au moment de la mise en œuvre de la loi de 2006 et la création du centre Exception handicap. C’est ici que j’ai acquis de nombreuses connaissances et compétences, en particulier relatives aux problématiques du circuit des œuvres dématérialisées, au fonctionnement des marchés publics et à l’environnement institutionnel des bibliothèques.

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuelle ?
Je suis fonctionnaire, en situation de détachement de l’Education nationale.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?
Ce poste m’a tout de suite intéressée, parce qu’il répond à ma vocation, celle de passeur du savoir et de la connaissance, et parce qu’il permet d’utiliser les technologies numériques à cette fin, le tout avec une mission de service public forte.

6. Pour vous quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Les aspects relationnels sont déterminants dans ce poste, pour construire une relation de qualité avec tous les acteurs. Il faut être disponible et à l’écoute afin de construire une position de tiers de confiance et être en mesure de sensibiliser, sur la durée, chaque partie aux besoins et aux contraintes des autres.
Il faut aussi être attiré par le numérique et ses possibilités de démocratisation de l’accès à la lecture.
Enfin, savoir faire appel aux compétences et à l’expertise des autres agents est très fructueux pour développer un projet innovant.

Lecture en braille ©Laetitia Ferrer

Lecture en braille ©Laetitia Ferrer

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
Ce poste est très valorisant, parce qu’il vise à mettre en œuvre une mission de service public nouvelle, avec des enjeux politiques forts, un travail en collaboration avec d’autres services, une variété d’activités et d’interlocuteurs.
Ce que j’apprécie beaucoup aussi est de disposer à la fois d’une grande autonomie et d’un appui de ma hiérarchie lorsque des décisions politiques doivent être prises.

8. Ses inconvénients ?
La charge de travail est importante pour répondre au mieux aux besoins de tous les acteurs.

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
Je vais demander mon intégration dans la filière bibliothèque, car je m’y sens bien ; puis je partirai à la recherche de nouveaux défis à relever pour participer aux missions des bibliothèques en cours de mutation.

4. La mission Vivre Ensemble

Actualité de la mission Vivre ensemble

14 décembre 2012

Comme chaque trimestre, voici la nouvelle lettre aux relais du champs social éditée par la mission Vivre ensemble. Comme à chaque fois, vous y trouverez les propositions d’accueil, pour les mois de janvier à mars 2013 pour vous et vos publics dans les établissements culturels membres de la mission.

Téléchargez-la ici

2. Récits d'expériences

Voyage à travers le temps au département des Manuscrits orientaux

6 novembre 2012
Le groupe Décider ©BnF)

Le groupe Décider ©BnF

Depuis plusieurs années, la Mission de diversification des publics est en relation avec l’association Décider, qui propose aux habitants de la Grande Borne, à Grigny (91) de découvrir des lieux culturels, comme la BnF, le Louvre, la Cité des Sciences ….

Lundi 22 octobre, un groupe d’habitants du quartier de la Grande Borne, de Grigny est venu sur le site Richelieu de la BnF, pour découvrir des documents patrimoniaux d’une grande rareté, témoins de l’histoire de l’histoire et de l’origine de l’écriture.
Cette présentation a été faite par Annie Vernay-Nouri, Conservateur, chargée des manuscrits arabes qui a remonté le cours du temps, en leur montrant des documents de tous supports, témoins des aspirations de l’humanité pour maîtriser l’écriture et accéder à la connaissance

Rouleau magique éthiopien ©BnF)

Rouleau magique éthiopien ©BnF

Traité bouddhiste ©BnF)

Traité bouddhiste ©BnF


Laissons leur la parole :

Nous avons vu… un extrait de livre des morts, papyrus égyptien du 12e siècle avant J-C, un Coran du 10e siècle en écriture coufique (Irak), un rouleau magique ou talisman éthiopien en parchemin, un texte gravé sur plaque de cuivre en vieux javanais et un recueil de prières africain conservé dans plusieurs étuis de cuir, un manuscrit sur feuilles de palmier (ôles) provenant d’Asie du Sud-Est, un traité bouddhiste sur feuilles d’ivoire, un livre de recettes médico-magiques sur écorce d’agalloche (bois précieux) de Sumatra et aussi des planchettes coraniques en bois que l’on utilise encore pour l’apprentissage du Coran dans les mosquées et écoles coraniques et enfin un recueil de poésie persane du 16e siècle sur papier.

Ce que nous avons constaté c’est que si les écritures se sont transformées et sont très différentes d’un continent à l’autre, en revanche, l’apparition du papier (inventé en Chine vers 105 après J-C) puis de l’imprimerie (imprimerie xylographique en Chine à partir du 10e siècle) n’a pas fait disparaître les autres supports. Les feuilles d’ôles par exemples sont encore utilisées aujourd’hui notamment dans les campagnes…

Manuscrit arabe sur parchemin ©BnF)

Manuscrit arabe sur parchemin ©BnF

Manuscrit de poésie persane ©BnF)

Manuscrit de poésie persane ©BnF


C’était merveilleux de voir ici, à la Bibliothèque nationale de France, des livres si rares et si précieux mais qui pour certains d’entre nous sont aussi familiers (comme les tablettes coraniques)…

3. La BnF et ses métiers

Le métier de menuisier… par Joël Alain

25 octobre 2012
Joël Alain ©BnF)

Joël Alain ©BnF

Tous les agents de la BnF le connaissent ou l’ont déjà croisé dans les couloirs… Nous vous proposons de rencontrer Joël Alain qui nous fait partager sa passion pour le bois et nous présente le métier de menuisier…

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Je suis adjoint technique principal des administrations de l’État. Ici, je suis le seul menuisier de la bibliothèque, pour les sites de Tolbiac, Richelieu et Arsenal. Mon atelier se trouve sur le site de Tolbiac (F. Mitterrand), je travaille au service travaux du département des moyens techniques.

2. En quoi consiste votre travail ?
Je m’occupe de tout ce qui concerne le bois : les marches, les sols, les chaises, les tables et étagères, les lambris et les faux plafonds. Je répare le mobilier des espaces publics (c’est-à-dire dans les salles de lecture) et des espaces professionnels (c’est-à-dire dans les bureaux). Je réalise aussi des prototypes en contre-plaqué pour des aménagements d’espaces de travail par exemple pour l’accueil dans les halls Est et Ouest ou quand nous avons réaménagé les banques et arrière banques de salles en Rez-de-jardin. Lorsque le prototype est approuvé, la BNF passe un marché pour faire réaliser les travaux. Je crée du mobilier pour des besoins spécifiques pour améliorer des espaces de travail (estrades, marchepieds, consoles), je travaille en lien avec le service de médecine de prévention pour améliorer les postes et conditions de travail de certains personnels.
Je gère aussi l’atelier de métallerie serrurerie du site de Tolbiac : réparations de seuils, de chariots, soudures, équerres.
On organise des plannings de travail hebdomadaires, par demi-journées, en sachant que cette organisation est perturbée par des appels d’urgence du bureau relation utilisateur.

Combinée et toupie ©BnF)

Combinée et toupie ©BnF

3. Comment devient-on menuisier ? Quelle formation est nécessaire ?
J
’ai un CAP d’ébénisterie et un brevet de technicien en ébénisterie. Lorsque l’on prépare un CAP, on apprend à fabriquer à l’unité et quand on prépare le brevet de technicien, on apprend à produire en série. J’ai ensuite travaillé dans différentes sociétés, où je faisais essentiellement de la copie de meubles anciens.

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuel ?
Je suis fonctionnaire. Je suis arrivé à la BnF en 1999, à la suite de ma réussite au concours de maître ouvrier menuisier, aujourd’hui adjoint technique des administrations de l’État.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?
L’ébénisterie, c’était un hasard… Lorsque j’étais au collège, lors d’une heure de permanence, je suis allé dans une classe de CPPN, classe pré professionnelle de niveau, aujourd’hui remplacée par la SEGPA, section d’enseignement général et professionnel adapté. J’ai vu que des élèves avaient fabriqué un buffet en contre-plaqué, j’ai trouvé ça beau et j’ai eu envie de faire pareil…
Après la classe de 5e, j’ai intégré un collège d’enseignement technique pour préparer un CAP en 3 ans. Puis au lycée technique de Vichy, j’ai préparé mon brevet de technicien également en 3 ans. Je travaillais bien, j’aurais pu continuer et intégrer l’école Boulle mais à l’époque, j’habitais dans la Nièvre et mes parents n’avaient pas les moyens de financer mes études sur Paris.
C’est plus tard, grâce à des stages professionnels de « finition moderne » et de marqueterie, que j’ai réalisé mon rêve de me former à l’école Boulle

Scie à ruban ©BnF)

Scie à ruban ©BnF

6. Pour vous, quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Le travail est varié, il faut donc connaître et maîtriser beaucoup de techniques (mobilier moderne à Tolbiac et à Bussy St Georges, mobilier ancien à Richelieu ou à l’Arsenal). Il faut être patient, méthodique, méticuleux, attentif car il y a des risques d’accident lors des manipulations des machines outils. Il faut aimer la matière.
Il faut également avoir le sens des relations, être psychologue pour répondre aux demandes en particulier sur l’amélioration des postes de travail. Il faut aussi être discret car curieusement, les personnels se confient parfois à nous.
Enfin, il faut aussi être pédagogue… j’accueille des stagiaires : des élèves de 3e en stage découverte d’entreprise et aussi des élèves de bac pro. Je suis aussi amené à former des collègues.

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
J’ai une grande autonomie dans l’organisation de mon travail de la conception à la réalisation ; un peu comme un gérant d’entreprise à la différence que moi, je n’ai pas à prospecter pour trouver des clients ! Je me déplace sur les différents sites de la bibliothèque, je connais bien l’établissement et les gens qui y travaillent et eux aussi me connaissent.
Je me sens reconnu professionnellement. Je me sens un devoir de prévention : j’essaye d’être entendu sur le manque d’entretien du mobilier. J’aime que mon travail soit bien fait.

8. Ses inconvénients ?

La charge de travail est trop importante par manque de moyens humains. Je dois faire avec un manque d’approvisionnement en matériel : les projets sont parfois en attente faute de budget.
Trop de choses à gérer en même temps : je ne peux pas traverser un couloir sans être arrêté !
Il y a aussi les contraintes liées au bâtiment : ici à Tolbiac, les distances sont longues alors je me suis constitué une sorte de trousse d’urgence que je “promène” sur un chariot car il n’est pas question de retourner chercher un outil manquant à l’atelier !
Je n’ai pas toujours suffisamment le temps de me former sur les nouvelles réglementations : ERP (établissement recevant du public), IGH (immeuble de grande hauteur), parties classées… etc.

Joël Alain ©BnF)

Joël Alain ©BnF

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
Dans ma spécialité, la menuiserie, il n’y a pas de concours de catégorie technicien. La progression de carrière se fait lentement, à l’ancienneté, sans réel espoir de promotion. Il y a peu de mobilité car c’est une petite filière.

3. La BnF et ses métiers

Le métier de restaurateur de livres… par Aurélie Massot

11 octobre 2012

Nous vous proposons cette fois de découvrir, avec Aurélie Massot, le métier de restaurateur de livres. C’est aussi l’occasion de faire connaître l’atelier de restauration, à la Bibliothèque nationale de France, site de Tolbiac (F. Mitterrand), un endroit et une équipe un peu à l’écart et pourtant essentiels dans la vie de la bibliothèque…

Aurélie Massot, restaurateur de livres ©BnF)

Aurélie Massot, restaurateur de livres ©BnF

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?

Je suis restaurateur de livres au sein du service technique du département de la Conservation, sur le site de Tolbiac. Je travaille à l’atelier MCR : maintenance, consolidation, restauration. Je fais partie de la filière métiers d’art, au sein du Ministère de la Culture.

2. En quoi consiste votre travail ?

Le travail des ateliers de la Conservation contribue à remplir une des missions fondamentale de la Bibliothèque nationale de France, à savoir la conservation de ses collections.
A l’atelier, il n’y a pas de journée type mais on distingue trois catégories principales de traitements, qui vont de l’intervention légère à la restauration qui consiste à réparer un livre en conservant le matériau d’origine (cuir, parchemin, cartonnage) en passant par la consolidation avec du papier japonais :
- la maintenance, traitement dont la durée ne dépasse pas 3 heures : il peut s’agir de rattacher un dos, de réparer des déchirures, de réencoller des coins ou encore de réparer une charnière.
- la consolidation, intervention dont la durée ne dépasse pas 10 heures : il s’agit de réparer les feuillets et les couvertures à l’aide le plus souvent de papier japonais ; ce papier se compose de fibres de mûrier.

Réparation d'une couverture de livre  ©BnF)

Réparation d une couverture de livre ©BnF

- enfin, le travail de plus de 10 h est une restauration d’ouvrage très abîmé : demi cuir …
Le choix des livres et des niveaux de traitements est fait par les responsables de conservation des départements de collections du site François-Mitterrand où est conservé l’ouvrage selon plusieurs critères qui se combinent : état de l’ouvrage, valeur, rareté, contenu, communication etc. Une des buts de ces traitements est de « remettre en circulation » les livres, signalés comme incommunicables dans le catalogue de la bibliothèque, pour les lecteurs.
Le travail s’organise plutôt par mois en fonction des ouvrages arrivés qui sont répartis par le chef d’atelier entre tous les collègues de l’atelier. Le chef d’atelier est aussi notre référent technique : il nous conseille et nous guide dans notre travail.

3. Comment devient-on restaurateur de livres ? Quelle formation est nécessaire ?

J’ai passé le concours de maître ouvrier, ouvert aux titulaires d’un CAP de reliure. Ce corps de la fonction publique est devenu par la suite celui d’adjoint technique des administrations de l’Etat. Un fois affecté dans un atelier, on est entièrement formé aux techniques de restauration pendant toute la première année par un tuteur.
Puis, par le biais de stages, on continue à se former dans les ateliers d’autres établissements (par exemple aux Archives nationales) pour acquérir d’autres savoir-faire et pour perfectionner des techniques (comme la reliure Espinoza).

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuel ?
Je suis fonctionnaire, je suis entrée à la BnF en 2001.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?

Un peu par hasard… Après des études en arts plastiques à l’université, je me suis orientée vers une formation de reliure pour adultes aux AAAV, Ateliers d’arts appliqués du Vésinet. J’ai passé le CAP de reliure en candidat libre. Je suis ensuite entrée au département de la Conservation de la Bibliothèque nationale de France d’abord pour une vacation à l’atelier de reliure semi-mécanisée. Puis tout en travaillant, j’ai préparé et réussi en 2003 le concours d’adjoint technique des administrations de l’Etat. L’atelier de reliure semi-mécanisée a fermé en 2006, ce type de traitement ayant été complètement sous-traité et je suis donc arrivée à l’atelier de maintenance, consolidation et restauration.

Fouettage ©BnF)

Fouettage ©BnF

6. Pour vous, quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?

Évidemment, il faut être manuel, mais aussi patient car le travail de restauration peut être long. Il faut aussi aimer les matières : papiers, cuirs, parchemins, toiles, fils, pigments… et avoir l’œil exercé aux détails. Il faut être minutieux et avoir le goût de l’esthétisme.
Il faut également être pédagogue et avoir le goût de transmettre : on est amené à former les magasiniers des départements aux petites réparations (déchirures, coins…) à raison de 6 séances par semaine, ainsi que des stagiaires (élèves d’écoles mais aussi restaurateurs étrangers).

7. Quels sont les avantages de ce métier ?

La variété : chaque ouvrage a ses spécificités. A chaque fois c’est un challenge et à la fin, il y a la satisfaction du travail accompli, savoir que l’ouvrage va pouvoir être de nouveau consulté. On se sent utile à la fois pour l’ouvrage et aussi pour le lecteur. On redonne vie au document.
Par ailleurs, travailler dans les ateliers de la BnF, c’est une référence : on a la chance de travailler sur des collections précieuses. Les conditions de travail sont bonnes et il y a moins de pression sur les délais qu’il n’y en a dans une entreprise privée. De plus, on est souvent sollicité pour accueillir des stagiaires français et étrangers…

8. Ses inconvénients ?

Les ateliers sont un peu à part dans l’établissement : en dehors des visites organisées du service ou des journées exceptionnelles d’ouverture au public, comme la Journée du patrimoine, je n’ai que peu de contact avec le public ou même les autres collègues de la bibliothèque. L’atelier n’est accessible qu’à ceux qui y travaillent car on y abrite les collections précieuses.
Par ailleurs, dans la filière métiers d’art dont je fais partie, il y a peu de mobilité car il existe peu d’ateliers de restauration comme celui-ci en France : il est difficile d’envisager une mutation en province par exemple. La filière technique du Ministère de la Culture étant petite, nous sommes peu nombreux à exercer ce genre de métier et du coup, les postes vacants sont rares…

L équipe de l atelier MCR ©BnF)

L équipe de l atelier MCR ©BnF

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?

Le débouché « naturel » est le concours de technicien d’art ou de chef de travaux d’art mais ils ne sont pas organisés tous les ans et il y a chaque fois très peu de postes : le dernier concours de technicien d’art spécialité restauration de livres a été organisé il y a 3 ans. Il n’y a pas de progression de carrière en dehors de l’ancienneté : c’est pour cela qu’il faut aimer ce que l’on fait …

4. La mission Vivre Ensemble

Actualités de la mission Vivre ensemble

20 septembre 2012

Comme chaque trimestre, voici la nouvelle lettre aux relais du champs social éditée par la mission Vivre ensemble. Comme à chaque fois, vous y trouverez les propositions d’accueil, pour les mois d’octobre à décembre 2012, pour vous et vos publics dans les établissements culturels membres de la mission.

Téléchargez-la ici.

3. La BnF et ses métiers

Le métier de conservateur des bibliothèques… par Mathias Auclair

6 septembre 2012

Nous nous rendons cette fois à l’Opéra Garnier, ce très bel édifice qui attire chaque jour de nombreux touristes qui viennent admirer le plafond de la salle de spectacles peint par Marc Chagall.

Mathias Auclair, conservateur ©BnF)

Mathias Auclair, conservateur ©BnF

Nous avons rendez-vous, à la Bibliothèque-musée de l’Opéra, avec Mathias Auclair qui nous parle du métier de conservateur des bibliothèques…

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Officiellement, je suis conservateur en chef et chargé de collections, mais dans les faits, je suis adjoint au directeur de la Bibliothèque-musée de l’Opéra, Pierre Vidal. Je suis aussi responsable de la conservation et commissaire des expositions qui sont organisées à l’Opéra. Je participe également au catalogage des documents iconographiques, c’est-à-dire des esquisses de décors, des projets de costumes, des dessins, etc.

2. En quoi consiste votre travail ?
Je ne peux pas décrire de journée type : mes fonctions sont très variées, à la fois techniques, scientifiques et administratives. Je collabore avec le directeur de la bibliothèque à la bonne marche du service. Je participe à la valorisation des collections à travers l’organisation des expositions, la rédaction des catalogues qui accompagnent ces manifestations, les relations avec les médias, la collaboration avec d’autres établissements culturels (en particulier les musées)… Je catalogue les nouvelles acquisitions ou participe au signalement de collections plus anciennes mais qui ne sont pas encore décrites dans le catalogue de la bibliothèque. Je définis avec le directeur et mets en œuvre la politique de conservation de la Bibliothèque-musée de l’Opéra : préserver les collections pour les transmettre aux générations futures est une mission essentielle de la Bibliothèque nationale de France.

Plafond de l opéra, M. Chagall ©Wikimedia commons)

Plafond de l’Opéra, Marc Chagall ©Wikimedia commons

3. Comment devient-on conservateur ?
Parallèlement à des études d’histoire, j’ai préparé le concours d’entrée puis j’ai intégré l’École nationale des Chartes. J’ai ensuite passé le concours de conservateur des bibliothèques. Après ma scolarité à l’ENSSIB, j’ai d’abord travaillé au département de la Musique puis à la Bibliothèque-musée de l’Opéra. J’avais déjà des connaissances en musique grâce à mes études au Conservatoire de musique de Nancy mais j’ai beaucoup appris en travaillant ici. J’ai découvert le monde de la scène, du spectacle.

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuel ?
Je suis fonctionnaire, j’ai passé le concours d’État de conservateur des bibliothèques.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?
Très tôt j’ai eu le goût de l’histoire et du latin. Après un bac scientifique, j’ai préféré m’orienter vers les sciences humaines. Petit à petit, en travaillant à la Bibliothèque-musée de l’Opéra, je me suis spécialisé dans le domaine de l’iconographie théâtrale. Je suis heureux d’être là où je suis. Mon métier me plait beaucoup.

6. Pour vous, quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Il faut : être curieux et ouvert, prêt à apprendre ; avoir le goût du contact pour travailler en équipe ; avoir le sens de l’organisation pour encadrer une équipe ; être rigoureux et soigneux dans la manipulation des collections qui sont précieuses et fragiles. Il faut aimer ce que l’on fait pour bien le faire.

Fernand léger, costume du Roi pour David triomphant, Ballet Serge Lifar,1937, Collection BMO ©BnF)

Fernand léger, costume du Roi pour David triomphant, Ballet Serge Lifar,1937, Collection BMO ©BnF

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
Le contact avec des collections merveilleuses et la multiplicité des tâches : je ne connais pas la routine ! J’ai aussi une relative liberté dans l’organisation de mon travail, tout en devant me plier aux contraintes de temps qu’imposent l’année budgétaire ou le calendrier des expositions… Ce que j’aime aussi, et qui est particulier à la Bibliothèque-musée de l’Opéra, c’est le rapport au théâtre.

8. Ses inconvénients ?
Un conservateur débutant est assez mal payé au regard des responsabilités et missions qui lui sont confiées.

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
Comme je travaille dans un domaine très spécialisé, je pourrais envisager de m’orienter vers un poste du même type mais avec davantage de responsabilités ou bien alors changer radicalement et choisir un poste totalement différent. Mais pour l’instant, comme je suis bien dans ce que je fais et que je n’ai pas le sentiment d’avoir fait le tour du sujet, je n’ai ni besoin ni envie de changer…

1. Vous accueillir à la BnF, 4. La mission Vivre Ensemble

Parcours miroir Institut du monde arabe, BnF, jeudi 4 octobre

5 septembre 2012

Comme l’année dernière, dans le cadre de la mission “Vivre ensemble”, l’Institut du monde arabe et la Bibliothèque nationale de France proposent un parcours commun, destiné aux relais du champ social (médiateurs sociaux, éducateurs, formateurs…) pour  permettre de découvrir en une journée ces deux établissements, leurs activités et collections.

Mosquée de Soliman le magnifique, 1915, source Gallica ©BnF)

Mosquée de Soliman le magnifique, 1915, source Gallica ©BnF

Cette journée, organisée le jeudi 4 octobre 2012 aura pour thème : “Patrimoine, culture et architecture” se déroulera de la façon suivante :

- 10h - 12h : visité guidée du bâtiment de l’Institut du monde arabe, patrimoine de l’architecture contemporaine, conçu par Jean Nouvel et un collectif d’architectes et découverte de la bibliothèque

Déjeuner partage : chaque participant est invité à apporter son pique-nique lequel sera pris collectivement dans un espace vert à mi chemin entre l’IMA et la BnF ou à l’abri en cas de pluie

- 14h-16h : visite guidée de la BnF. pour découvrir l’histoire séculaire de la bibliothèque et de ses collections patrimoniales, tout en arpentant cet immense bâtiment et ses coulisses. Nous découvrirons aussi quelques jolis ouvrages sur l’architecture orientale.

Informations pratiques :

- Le nombre de participants est limité à 25 personnes, à raison d’un représentant par structure.
- Contacts :
BnF
Sylvie Dreyfus - Alphandéry : Tél. : 01 53 79 53 17, courriel : sylvie.dreyfus@bnf.fr

Céline Gaspard : Tél. : 01.53.79.85.30, courriel : celine.gaspard@bnf.fr

IMA
Fériel Saadi
Tél. : 01 40 51 34 86, courriel : fsaadi@imarabe.org
Pour vous inscrire :
Réservation obligatoire auprès de Fériel Saadi, tél. : 01 40 51 34 86, courriel : fsaadi@imarabe.org
Les modalités pratiques vous seront communiquées lors de l’inscription.