2. Récits d'expériences

Mémoire intime, patrimoine commun

10 février 2014

Un projet mené par la BnF, le Louvre avec l’association “Savoirs pour réussir”…

En France, plus de 7% de la population se trouve en situation d’illettrisme.
En 2013, la lutte contre l’illettrisme est déclarée Grande Cause nationale.
Convaincus que la culture est un levier pour sortir de l’illettrisme, le Musée du Louvre et la Bibliothèque nationale de France se sont associés à Savoirs pour réussir Paris sous l’égide de la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France (DGLFLF) du Ministère de la Culture pour permettre à des jeunes en situation d’illettrisme de se réconcilier avec l’écriture à travers la découverte du patrimoine culturel et la réalisation d’un petit livret qui témoigne de ce travail d’écriture.

Savoirs pour réussir Paris travaille régulièrement avec la Mission de diversification des publics de la Bnf. Beaucoup de jeunes ré-apprivoisent les mots, le stylo, grâce à la découverte de notre établissement, très valorisante pour eux.

En 2013, cette association s’est rapprochée de la Bibliothèque nationale de France et du musée du Louvre pour proposer aux jeunes gens , victimes d’illettrisme de mettre en mots, de manière à les partager, leurs émotions, leurs ressentis provoqués par la découverte d’œuvres du patrimoine commun, en les faisant résonner avec leur monde intime, réel ou imaginaire.
A la BnF, ils ont été accueillis entre autres par le Département des Manuscrits… Un mécénat de compétence a été obtenu avec la Fondation SNCF qui s’est associée à la réalisation du livret, en détachant une graphiste qui a participé à la fabrication de ce livret.

Pendant 4 mois, les jeunes gens ont appris à regarder les œuvres, mais aussi à les écouter, à dialoguer avec elles. Ils ont renoué avec l’écriture et la maîtrise de la langue française en tissant l’histoire des hommes avec leurs souvenirs personnels. Reprenant confiance, ils ont accepté de compliquer l’exercice en tentant d’intégrer à leurs textes un ou plusieurs mots de la sélection 2014 des « Dis-moi dix mots » lancés par la DGLFLF.
Voici le livret livret qu’ils ont réalisé : téléchargez-le ici

1. Vous accueillir à la BnF

Construire une culture partagée : 3 projets financés par le Fonds européen d’intégration

6 janvier 2014

La Mission de diversification des publics se donne comme objectif d’ouvrir grand les portes de la Bibliothèque nationale de France aux publics qui ne s’autorisent pas à fréquenter les lieux de culture, pour les accompagner dans la découverte des collections patrimoniales de la bibliothèque.

Grâce à des formes de médiation appropriées, la Mission de diversification des publics s’adresse à des publics comme les décrocheurs, les personnes non qualifiées en recherche d’emploi, celles qui sont en situation d’illettrisme, les usagers des centres sociaux, les personnes âgées isolées, les étrangers fragilisés socialement…

Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen ©Gallica BnF)

Déclaration des droits de l Homme et du citoyen ©Gallica BnF

Le Fonds européen d’intégration soutient des projets qui favorisent l’accueil des communautés étrangères dans notre pays. Ce fonds a décidé d’apporter un financement à 3 projets proposés par la BnF.

C’est la DAAEN (Direction de l’accueil, de l’accompagnement des étrangers et de la nationalité) qui dépend de la Direction générale des étrangers en France qui pilote ces projets pour le FEI .
La DAAEN est chargée de concevoir et de mettre en oeuvre la politique publique d’accueil, d’accompagnement et d’accès à la nationalité française des étrangers.

La Mission de diversification des publics a conçu ces 3 projets avec des associations qui s’adressent à des publics fragilisés, d’origine étrangère :

Monnaies royales françaises Henri IV ©Gallica BnF)

Monnaies royales françaises Henri IV ©Gallica BnF

- 2 expositions “Hors les murs” seront respectivement réalisées avec la participation de jeunes gens : l’une à Grigny, autour du thème de la citoyenneté, avec l’association Décider qui travaille de longue date avec la BnF, l’autre dans le 10ème arrondissement de Paris, avec l’association Le Pari’s des Faubourgs, autour d thème de la Monnaie et de son histoire.

- Le 2ème projet “Mémoires de Chibanis” invite les travailleurs immigrés âgés à s’engager dans un travail d’écriture pour témoigner de leur vie passé en France. Les collections de la BnF relieront ces histoires individuelles avec les pans de l’histoire collective de la France des 30 glorieuses, pour donner toute sa place à l’histoire de ces immigrés qui ont participé à la reconstruction de notre pays. Ce projet est mené de concert avec Le Café social et Les Ateliers Elisabeth Bing.

Travailleurs français immigrés unis ©Gallica BnF)

Travailleurs français immigrés unis ©Gallica BnF

- Le 3ème projet “Sortir de l’isolement par la culture” est mené avec l’association ADAGE qui accompagne vers la recherche d’un emploi des femmes isolées d’origine étrangère. Pour s’intégrer dans une société, la compréhension des codes culturels qui guide les usages sociaux est essentielle. Comment manier ces codes sans renier ses propres valeurs constituera le fil conducteur d’un manuel qui proposera une sélection d’entretiens avec des sociologues, des formateurs, et de textes écrits par les femmes accueillies par ADAGE qui témoigneront de leur propre regard sur la société française.

Des conventions de partenariat ont été signées entre le FEI, la BnF et les associations parties prenantes de ces projets qui se dérouleront pendant 1 an. Nous reviendrons plus longuement sur chacun de ces projets.

©BnF)

©BnF

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©FEI


3. La BnF et ses métiers

Le métier de chargé d’action pédagogique… par Anne Sophie Lambert

31 décembre 2013

Si les salles de lecture du Haut de jardin sont ouvertes à tout lecteur âgé de 16 ans et plus, la Bibliothèque nationale reçoit régulièrement le public scolaire pour des ateliers et des visites… Ce public est accueilli par les chargés d’action pédagogique du département des Publics et de la médiation…

Anne-Sophie Lambert ©BnF)

Anne-Sophie Lambert ©BnF

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Je suis chargée d’action pédagogique, au Département des publics et de la médiation, à la Direction de la diffusion culturelle, site François Mitterrand. Je suis chargée de la conception, de l’animation de visites et d’ateliers autour des expositions, des collections et du bâtiment pour le public scolaire, du CP aux BTS et classes préparatoires. En 2012, nous avons accueilli 19 000 élèves environ…
Je suis également chargée d’organiser des visites des expositions pour les enseignants. Enfin, je rédige des fiches pédagogiques autour des expositions ainsi que des dossiers thématiques « permanents », par exemple sur l’histoire du livre.

2. En quoi consiste votre travail ?
Les mardis, jeudi et vendredi sont consacrés à l’accueil de classes pour des visites et ateliers. Les ateliers (Histoire du livre, Les unes de presse) ont lieu dans la Galerie Jules Verne. Les ateliers autour d’une exposition se déroulent en 2 temps : une heure de visite puis 1 heure d’atelier en salle des commissions près du Hall Est.
Le mercredi après-midi est dédié aux visites pour les enseignants, à la rédaction de fiches ou dossiers pédagogiques ou à la préparation des ateliers.
Tous les lundis matin, nous commençons par une réunion de service où nous nous répartissons les visites de la semaine. Le lundi après-midi, je m’occupe du suivi budgétaire du service : paiement des conférenciers extérieurs, commandes de fournitures pour la confection des dossiers pédagogiques et petit matériel pour les ateliers, achat de documents et livres pour le service et aussi établissement des contrats d’intervenants extérieurs pour les formations d’enseignants.

3. Comment devient-on chargée d’action pédagogique ? Quelle formation est nécessaire ?

J’ai fait des études d’histoire et d’histoire de l’art à Nanterre. A partir de la maîtrise et pendant 5 ans, j’ai travaillé en tant qu’animateur socio-culturel au Service éducatif des Archives nationales. Nous organisions des visites et des ateliers. Pendant mes études, j’étais également chargée de TD en historiographie à la faculté de Marne la Vallée.
Ensuite, j’ai passé un examen professionnel de guide interprète régional pour les visites commentées des monuments nationaux ce qui m’a permis d’exercer quelques temps cette profession de manière indépendante. En juin 2005, j’ai postulé au service de l’action pédagogique de la Bibliothèque nationale de France et j’ai été recrutée d’abord à temps incomplet. Depuis 2012, j’ai un contrat à durée indéterminée et travaille à temps complet.

Le service de l action pédagogique ©BnF)

Le service de l action pédagogique ©BnF

4. Etes-vous titulaire ou contractuelle ?
Je suis contractuelle, le métier de chargé d’action pédagogique n’existe pas dans la fonction publique. Dans notre service nous sommes presque tous contractuels, certains sont professeurs en position de détachement.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?

J’ai eu une « révélation » en CM2 alors que notre classe visitait le château de Vaux le Vicomte ! Je me suis dit alors que le métier de guide était exceptionnel…
Puis quand j’ai commencé mes études, je voulais être chercheur mais il y a peu de postes en histoire contemporaine et, à ce moment-là, je ne voulais pas vraiment enseigner (ce qui signifiait passer le CAPES ou l’agrégation). A partir de mon expérience aux Archives nationales, j’ai eu du plaisir à travailler dans la médiation culturelle. Je trouve valorisant le contact avec les enfants : éveiller leur curiosité, voir leur émerveillement… ça m’a donné envie de continuer vers ces métiers là…

6. Pour vous, quelles sont les qualités essentielles, nécessaire pour exercer ce métier ?

Il faut de la curiosité, de l’envie et du dynamisme : il faut parfois « aller chercher » les élèves… La volonté de transmettre et donc de la pédagogie.
Il faut également des qualités rédactionnelles, savoir dessiner et peindre pour réaliser les fiches et dossiers pédagogiques et pour animer les ateliers.
Il faut le sens du contact pour s’adapter aux publics du CP à la terminale…
Enfin, il faut une bonne mémoire bien organisée pour mener une « visite du bâtiment » le matin et un atelier « Unes de presse » l’après midi !

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
Le plaisir que l’on retire du contact avec le public, en particulier avec les enfants. Les entendre dire : « c’était génial », voir une petite étincelle dans leurs yeux… les petits qui ne veulent plus partir ou souhaitent absolument « faire un bisou » pour remercier…
La préparation des dossiers et fiches pédagogiques qui satisfait ma curiosité intellectuelle…

Accueil d une classe espace Jules Verne ©BnF)

Accueil d une classe, espace Jules Verne ©BnF

8. Ses inconvénients ?
Le grand écart que l’on fait entre 2 visites complètement différentes dans une même journée.
Le fait que l’on n’ait pas d’espace dédié pour laisser en place notre matériel, nos fournitures mais aussi pour pouvoir exposer les réalisations des élèves. Et puis les locaux n’ont pas été conçus au départ pour l’accueil du jeune public. Les espaces dévolus aux ateliers sont bruyants ou sombres…

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
La mobilité vers d’autres établissements est compliquée voire impossible pour les contractuels. Je n’envisage pas de changer de poste en interne. Notre service est transverse, nous contribuons au rayonnement de la bibliothèque et mon métier me plait.
A plus ou moins longue échéance, j’envisagerai peut être un retour à l’enseignement…

4. La mission Vivre Ensemble

Actualités de la mission Vivvre ensemble

16 décembre 2013

Comme chaque trimestre, voici la nouvelle lettre aux relais du champs social éditée par la mission Vivre ensemble. Comme à chaque fois, vous y trouverez les propositions d’accueil, pour les mois de janvier à mars 2014, pour vous et vos publics dans les établissements culturels membres de la mission.

Téléchargez-la ici

A vos agendas : le forum des relais aura lieu le jeudi 9 janvier, de 10h à 16h au Palais de Tokyo

1. Vous accueillir à la BnF

Les pauvres ont-ils des droits ?

19 novembre 2013

La BnF et ATD Quart monde vous convient à une conférence : jeudi 5 décembre 2013 de 18h à 20h au Petit auditorium de la Bibliothèque nationale de France…

La table ronde sera animée par Sylvie Hazebroucq, journaliste à RFI, avec : Gwenaële Calvès, spécialiste du droit des minorités ; Michèle Grenot, historienne ; Maryvonne Lyazid, adjointe au défenseur des droits et Bruno Tardieu, délégué national d’ATD Quart monde

Sans abris à Paris ©Wikimediacommons)

Sans abris à Paris ©Wikimediacommons

Un des aspects les plus violents de la misère est le mépris que subissent les personnes en situation de grande pauvreté. L’extrême violence est celle qui réduit sa victime au silence, elle n’ose pas réagir. Ainsi tout le monde en ignore l’existence. Les personnes en situation de pauvreté et de grande précarité subissent une double peine. Celle, évidente, de leur condition économique. Et celle, plus insidieuse, de la stigmatisation permanente qui parfois conduit à des traitements discriminants, privant ces personnes de leurs droits. C’est pour réagir à cet état de fait que la mission de diversification des publics de la BnF mène en permanence des actions en faveur des publics les plus défavorisés.

Lors de cette rencontre, ces situations de discriminations seront nommées, reconnues, dénoncées, pour que l’on ne puisse plus les ignorer. Les intervenants illustreront ce thème de la discrimination dans l’histoire et dans la réalité d’aujourd’hui, évoqueront des moyens de lutter contre les préjugés et de rendre effectif l’accès de tous aux droits fondamentaux.

Un détour historique permettra de mettre en perspective ce sujet. En effet, au moment de la Révolution française, l’institution du régime censitaire et donc l’exclusion des droits politiques pour les personnes les plus pauvres est symptomatique.

Zonier à Ivry ©Gallica)

Zonier à Ivry ©Gallica

Les fonds de la BnF recèlent un ouvrage d’une grande importance : Les Cahiers du Quatrième Ordre. L’ordre sacré des infortunés écrit par Dufourny de Villiers. Dans ce texte de 1789, cruel d’actualité, l’auteur s’indigne que les plus pauvres ne soient pas consultés, qu’ils soient considérés comme incapables de penser. Il demande que leurs droits soient reconnus pour que ceux qui les représenteront à la future assemblée nationale tiennent compte de ce qu’ils vivent et pensent. C’est en s’inspirant de ces cahiers que Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart Monde, inventa le terme « Quart monde » en lien avec ce Quatrième Ordre et la notion de Tiers monde.

1. Vous accueillir à la BnF

Les biens communs de la connaissance

8 novembre 2013

3ème journée : Lundi 18 novembre, 10h00 – 19h00 : Les biens communs de la connaissance

Première partie : Atelier Arpentage de 10h00 à 16h30, salle J
Sur inscription dans la limite des places disponibles : Céline Gaspard 01 53 79 85 30, celine.gaspard@bnf.fr
Rendez-vous Atelier Arpentage : 9h45, BnF, Site François Mitterrand, hall Ouest (près du métro Quai de la Gare)

Libres savoirs, les biens communs de la connaissance / ouvrage coordonné par l’Association VECAM. Ed. C&F, 2011.
Intervenants : Jean-Claude Lucien et Alexane Brochard, Peuple et Culture.

Coupe du cénotaphe, Boullée ©Gallica)

Coupe du cénotaphe, Boullée ©Gallica

Deuxième partie : Restitution publique de l’atelier Arpentage : 16h30 – 17h30
Auditorium 70

Ouvert à tous, renseignements auprès de :
Sylvie Dreyfus 01 53 79 53 17, sylvie.dreyfus@bnf.fr
Céline Gaspard 01 53 79 85 30, celine.gaspard@bnf.fr
Adrien Toreau 01 49 29 42 80, toreau@peuple-et-culture.org

Projection débat, 17h30 – 19h00 : REMIX Biens communs : une sélection d’entretiens de www.remixthecommons.org

Remix Biens communs est un espace interculturel de partage et de co-création de documents multimédias sur les biens communs. Le projet est porté par un collectif interculturel, composé de personnes et d’organisations qui pensent que le recueil, l’échange et le remix des récits, des définitions et des images des biens communs sont une manière active et conviviale de s’approprier cette notion et de la diffuser dans la société.

Pour accéder à l’auditorium 70 : entrer Hall Ouest et suivre
le balisage…

3. La BnF et ses métiers

Le métier de conducteur chauffeur livreur… par Laurent Reyes

10 octobre 2013

Nous l’avons d’abord connu en uniforme, arpentant les couloirs du site François Mitterrand. Aujourd’hui, c’est au volant d’un utilitaire que l’on peut l’apercevoir car dorénavant, il circule entre les différents sites de la bibliothèque et parfois bien au délà… Rencontre avec Laurent Reyes, conducteur chauffeur livreur…

Laurent Reyes ©BnF)

Laurent Reyes ©BnF

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Je suis conducteur chauffeur livreur, en poste au Département des moyens techniques, Service logistique et moyens généraux, sur le site François-Mitterrand.

2. En quoi consiste votre travail ?
Il y a d’abord le transfert de collections, c’est-à-dire le transport de documents d’un site à l’autre soit parce que le document doit être restauré, soit pour des communications en salle de lecture. Toutes les opérations de transport de collections sont enregistrées dans un logiciel spécifique « suivi colis ». Ces informations sont transférées dans notre PDA (Personal digital assistant). Cet outil nous permet de visualiser tous les transferts à effectuer par rapport à notre mission. Il permet aussi d’informer les expéditeurs et les destinataires que nous avons enlevé et livré leurs colis. Il y a aussi des missions spécifiques dont la durée varie entre une demie journée et 3 jours, en France ou parfois dans les pays limitrophes, pour récupérer des dons, des legs, ou pour transporter des documents que la bibliothèque prête ou se fait prêter pour des expositions. Pour ces missions longues, avec escale pour la nuit, l’itinéraire est construit en fonction du lieu, c’est-à-dire de l’établissement (musée ou bibliothèque) qui conservera les œuvres pendant la nuit. Pour les missions spécifiques, on parle de convoiement car on est toujours accompagné d’un conservateur ou d’un régisseur d’œuvres qui veille sur ces documents précieux… Il arrive même que l’artiste ou l’auteur de l’œuvre nous accompagne… Comme Georges Wolinski lors de l’exposition qui avait été organisée en 2012.
On assure aussi la livraison des fournitures : papier, filtres de climatisation, boîtes de conservation, petit mobilier… entre les différents sites de la bibliothèque. Enfin, on se charge de l’entretien (niveaux, pression…) et du nettoyage du parc automobile de la Bibliothèque nationale France.

Sur la route ©L Reyes)

Sur la route ©L Reyes

3. Comment devient-on conducteur chauffeur livreur? Quelle formation est nécessaire ?
Il faut être titulaire d’un permis B depuis plus de 3 ans. Il faut avoir une bonne connaissance des règles de sécurité à la conduite. Pour cela j’ai suivi un stage de sensibilisation aux risques routiers et à l’éco conduite dans un centre agréé ainsi qu’un stage sur les gestes et postures.

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuel ?
Je suis fonctionnaire : Adjoint technique des administrations de l’État

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?
Après un bac F2, électronique, j’ai dû entrer rapidement dans la vie active et j’ai choisi l’armée. Par un hasard de circonstance, en 1996 j’ai fait mon service militaire chez les Sapeurs-Pompiers de Paris puis je m’y suis engagé. J’ai été affecté à la Bibliothèque nationale de France en 2002 afin de rejoindre l’Unité de sapeurs-pompiers chargée de protéger l’établissement et les personnes y travaillant. J’ai gardé l’uniforme jusqu’en 2011 : j’ai alors mis fin à ma carrière militaire et j’ai voulu me reconvertir. Comme j’étais tombé amoureux de l’établissement au long de mon affectation, j’ai décidé de me reconvertir en son sein. J’ai donc cherché un poste à la bibliothèque qui corresponde à mes compétences et qui réponde à mon goût pour la mobilité…

J’ai d’abord été détaché par l’armée, au Ministère de la culture, en poste à la Bibliothèque nationale de France pendant un an. En 2012, j’ai demandé mon intégration dans le corps des Adjoints techniques des administrations de l’État.

6. Pour vous quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Il faut être ponctuel et savoir anticiper les impondérables (avec l’expérience on connaît mieux les difficultés de circulations dans Paris à certaines heures et sur certains trajets)…
Il faut être discret : on circule en véhicules banalisés. On ne sait jamais ce que l’on transporte, on sait simplement que ce sont des documents de grande valeur. On doit aussi respecter les accompagnants.
Pour les missions longues, il faut être disponible pour pouvoir s’absenter plusieurs jours.

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
Pour moi avant tout c’est la mobilité : on connaît tous les sites, les missions spécifiques permettent de voyager, de découvrir d’autres régions. Quand je pars en mission, j’en profite pour visiter la ville, un musée, une exposition souvent avec le conservateur ou le régisseur qui m’accompagne… Cette année, je suis allé en Haute Savoie, à Sarlat, à Angoulême, à Toulouse, à Avignon et au Havre…

Trompe l oeil à Angoulême ©L. Reyes)

Trompe l oeil à Angoulême ©L. Reyes

8. Ses inconvénients ?
Il n’y en a pas…. Enfin, la circulation parisienne dans les bouchons : difficile parfois de tenir les horaires… Heureusement, nous sommes 5 chauffeurs, on peut se remplacer en cas de problème.
Charger ou décharger les camions : on porte des charges plus ou moins lourdes…

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
Je suis à ce poste depuis seulement 2 ans et 4 mois, je découvre encore le monde du travail civil. Mon métier me plait, je n’envisage pas encore de changement. Pour progresser, je pourrais passer le concours de Technicien des services culturels…

1. Vous accueillir à la BnF

Les ressources naturelles : des biens communs

3 octobre 2013

2ème journée Autour des biens communs : Lundi 28 octobre, 10h00 – 19h00 : « Les ressources naturelles : des biens communs »

Fresque à Choisy le roi ©C. Gaspard)

Fresque à Choisy le roi ©C. Gaspard

Première partie : Atelier Arpentage de 10h00 à 16h30, salle J

Sur inscription dans la limite des places disponibles : Céline Gaspard 01 53 79 85 30, celine.gaspard@bnf.fr
Rendez-vous Atelier Arpentage : 9h45, BnF, Site François Mitterrand, hall Ouest (près du métro Quai de la Gare)

Étude collective d’un livre grâce à la méthode de l’arpentage :
La gouvernance des biens communs : Pour une nouvelle approche des ressources naturelles / Elinor Ostrom ; révision scientifique Laurent Baechler. – Ed. de Boeck, 2010
Cet ouvrage rassemble un ensemble de données permettant d’étudier les conditions dans lesquelles des problèmes de ressources communes ont été résolus…

Intervenant : Jean-Claude Lucien, Peuple et Culture.

Fresque à Choisy le roi ©C. Gaspard)

Fresque à Choisy le roi ©C. Gaspard

Deuxième partie : Restitution publique de l’atelier Arpentage : 16h30 – 17h30
Projection débat, 17h30 – 19h00
Auditorium 70


Ouvert à tous, renseignements auprès de :
Sylvie Dreyfus 01 53 79 53 17, sylvie.dreyfus@bnf.fr
Céline Gaspard 01 53 79 85 30, celine.gaspard@bnf.fr
Adrien Toreau 01 49 29 42 80, toreau@peuple-et-culture.org

Projection-débat : No gazaran (extraits, sortie national en 2014) / un film de Doris Buttignol et Carole Menduni

L’alerte est lancée dans le Sud-Est de la France début 2011 : le gaz de schiste arrive dans nos villages, nos paysages, nos vies ! Carnet de route d’une mobilisation citoyenne imprévue, le film témoigne des soubresauts d’une société prise au piège d’un modèle économique en crise en suivant pendant deux ans l’organisation d’un mouvement de résistance historique qui va faire reculer les industriels et l’État

Pour accéder à l’auditorium 70 : entrer Hall Ouest et suivre
le balisage…

4. La mission Vivre Ensemble

Actualités de la mision Vivre ensemble

16 septembre 2013

Comme chaque trimestre, voici la nouvelle lettre aux relais du champs social éditée par la mission Vivre ensemble. Comme à chaque fois, vous y trouverez les propositions d’accueil, pour les mois d’octobre à décembre 2013, pour vous et vos publics dans les établissements culturels membres de la mission.

Téléchargez-la ici

2. Récits d'expériences

Le contrôle social dans les salles de lecture à la BnF

16 septembre 2013

«Eh Monsieur comment ils font ce qu’ils veulent !!!…» «En termes sociologiques, Joyti ?» «Euh eh bien le contrôle social n’est pas très fort à la BNF… (rires)»

Mercredi 12 juin après midi, les 30 élèves de la 1ère ES1 du Lycée Eugène Delacroix, à Drancy (Seine-Saint-Denis), ont effectué une visite un peu spéciale de la Bibliothèque Nationale de France, dans les salles de lecture du Haut de Jardin. En effet, pour ces jeunes «banlieusards» plus habitués pour quelques uns au C.D.I du lycée qu’à la prestigieuse bibliothèque parisienne, la BNF était le théâtre d’un exercice scolaire un peu particulier.

Salle de lecture Haut de Jardin ©Fontanieu)

Salle de lecture Haut de Jardin ©Fontanieu

«Dans le cadre de l’enseignement de Sciences Economiques et Sociales en 1ère, explique M. Fontanieu qui les accompagnait, nous consacrons un chapitre de sociologie aux normes collectives, aux règles de la société, à l’ensemble des dispositifs et comportements mis en oeuvre quotidiennement qui maintiennent l’ordre social apparent. Après avoir étudié en cours le contrôle social des institutions et des individus, les lycéens sont allés étudier eux même, concrètement, la façon dont, dans un lieu aussi particulier qu’une bibliothèque, les lecteurs se «contrôlent» mutuellement.»
Répartis par groupe de 3 ou 4 par salle de lecture, les élèves se sont donc fondus dans la masse des visiteurs, inhabituels ou réguliers, de la BNF. Assis, passant dans les allées, jetant de discrets coups d’oeil : l’observation sociologique «sauvage» requiert de la discrétion. «C’était marrant, on était comme en mission» rigole David. Pas question de s’amuser pour autant : il fallait prendre des notes, et repérer toutes les façons dont le contrôle social s’exerce entre les murs.

Cartes d’usager, consignes affichées, regards désapprobateurs, «chut» répétés… Curieusement, pour des jeunes qui restent au lycée fortement encadrés par un professeur principal très à cheval sur le respect envers soi-même, envers le travail et envers l’institution scolaire, la BNF est presque apparue comme un lieu de grande liberté. «Ils s’en foutent en vrai !» «Ya des consignes, mais elles sont un peu mortes dans le film [elles ne sont pas respectées]» … Le contrôle social, de fait, n’est pas tout à fait le même entre un lieu public pour adultes et une salle de classe où cohabitent et travaillent de jeunes et ambitieux futurs citoyens de la République… mais encore âgés de 15 ou 16 ans à peine.

Elèves du lycée E Delacroix Drancy ©Fontanieu)

Elèves du lycée E Delacroix Drancy ©Fontanieu

«En tout cas c’était vraiment beau le lieu.» Plutôt excités d’avoir réalisé une telle expérience, a fortiori dans les murs d’une institution aussi renommée, les élèves échangent au soleil sur leur courte expérience de «sociologie sauvage». «Eh Nesrine, c’est vrai que t’as marché en moonwalk [à l’envers, comme Michael Jackson] à un moment ?» «Ouais !! Comment ils m’ont regardé d’ailleurs…» Etant passé dans les salles alors que les élèves enquêtaient, M. Fontanieu avait rappelé à certains d’entre eux un grand principe de sociologie de la déviance : le contrôle social ne s’exerce jamais autant qu’en réaction à une transgression. Un conseil que quelques lycéens s’étaient empressés de mettre en oeuvre ; pour des raisons scientifiques bien évidemment…

Le professeur principal, plutôt content de cette belle sortie de fin d’année, savoure. «Il y a quelques points à fignoler, sur la répartition dans les salles et les consignes pas assez précises que je leur avais données. Mais tout s’est bien passé, grâce aussi à l’aide précieuse du service «diversification des publics» de la BNF. J’espère beaucoup revenir l’an prochain, avec de nouveaux apprentis sociologues !»