Témoignages

Une élève raconte la visite avec Pierre Assouline

1 juin 2012

Nous vous avions proposé un article sur la visite guidée par Pierre Assouline autour de Fantômes avec les élèves du collège Clémenceau. Voici maintenant le récit rédigé par Sabrina Larbi… 

Pierre Assouline © BnF)

Pierre Assouline © BnF

“L’endroit le plus froid de Paris, mais notamment le plus fréquenté par les chercheurs : voilà où nous sommes, face à quatre grands immeubles formant de hauts livres ouverts. Tout en verre, les bâtiments se distinguent les uns des autres par leurs différents domaines : Lettres, Lois, Temps et Nombres.
Pierre Assouline nous parle, nous raconte l’histoire de cet endroit qu’il semble si bien connaître. Nous apprenons que la plus grande menace qui pèse sur la BnF est le risque de crue de la Seine. Étant proche de celle-ci, la bibliothèque, bien qu’elle soit conçue pour y résister, pourrait perdre de nombreux ouvrages.

Nous suivons alors Pierre Assouline jusqu’au bâtiment principal. Celui-ci nous explique que la BnF dispose de deux espaces distincts : le premier est ouvert au public, tandis que le second est exclusivement réservé aux chercheurs. Pour y accéder, il faut faire une demande au préalable avec des conditions spéciales (comme une recherche d’ordre universitaire, professionnel, ou personnel).
Grâce à Pierre Assouline, nous pouvons aujourd’hui accéder à ces salles de lecture et nous y retrouvons le silence d’abbaye si bien décrit dans « Fantômes ». Chacun tente du mieux qu’il peut de se fondre dans le décor en minimisant au maximum ses bruits de pas. Car rien ne doit perturber le silence de la salle de lecture : c’est l’une des règles primordiales à respecter, et tout le monde s’y soumet.

Alors, tout en chuchotis, Pierre Assouline tente de nous expliquer l’agencement du lieu. Formant un attroupement autour de lui, nous tendons les oreilles pour ne pas perdre une miette de ses paroles. Certains fascinés, d’autres intrigués, surpris parfois, tous, nous sommes à l’affût du moindre détail nous permettant de relier les salles que nous visitons au roman que nous avons lu. La description du lieu faite par Assouline dans « Fantômes » et l’image que nous avons face à nous relient la fiction à la réalité.
Puis, comme nous sommes venus, nous repartons, toujours dans ce « silence ouaté » qu’a si bien su décrire Pierre Assouline. L’écrivain nous guide alors vers un magasin. Plusieurs compactus y ont été installés : c’est la fameuse arme du crime dans “Fantômes” ! Et nous regardons Pierre Assouline manier la machine sous nos yeux fascinés. La façon dont a procédé le meurtrier prend alors un tout nouvel aspect.
L’image se forme dans nos têtes et peu à peu nous parvenons à reconstituer l’histoire, dotés cette fois de vrais souvenirs des lieux à la place de notre imaginaire parfois peu fiable. Cela s’avère beaucoup plus intéressant car de cette manière nous comprenons mieux le déroulement de l’histoire.
Nous apprenons ainsi grâce à l’intermédiaire de Pierre Assouline que les informations sur les compactus dans « Fantômes » sont bien véridiques. Parmi ces étranges machines, nous en observons certaines plus anciennes qui sont dépourvues de tout système quelconque de sécurité. L’écrivain nous raconte alors que le test de la feuille de papier cité dans l’histoire a bien eu lieu, réalisé par ses soins et qu’il s’était avéré positif !

Pierre Assouline montre le jardin © BnF)

Pierre Assouline montre le jardin © BnF

Puis nous arrivons jusqu’au hall et de là nous avons une magnifique vue sur le jardin intérieur. Les arbres tout droit venus de Normandie sont maintenus grâce à des tuteurs très puissants pour leur éviter de pencher. Sur les hautes baies vitrées, nous reconnaissons les oiseaux bleus mentionnés dans « Fantômes », ceux qui transformeraient la BnF en crèche, d’après le narrateur. Voici encore un détail qui rapproche le roman du réel, et qui nous transporte directement dans l’univers de la fiction. On croirait presque avoir vécu le livre. Après être montés jusqu’au belvédère, nous quittons ce lieu riche en découvertes, impatients de retourner chez nous pour relire l’histoire avec cette fois ci les images en tête…”

2. Récits d'expériences

Des élèves de 3e sur les traces de “Fantômes”

20 avril 2012

Jeudi 5 avril, les élèves du collège Georges Clemenceau, situé dans le 18ème arrondissement de Paris, ont eu l’occasion de venir découvrir la BnF avec un guide de renom : Pierre Assouline, auteur de la nouvelle Fantômes. Il a présenté aux élèves les endroits de la bibliothèque dont il s’est inspiré pour écrire son récit, qui se déroule intégralement dans le bâtiment François Mitterrand.

Cette visite s’inscrit dans le cadre des cours de français de ces élèves de troisième, qui ont étudié deux œuvres de Pierre Assouline. Ce dernier les accompagne dans ces découvertes d’œuvres, en animant trois ateliers au cours de l’année. Quoi de mieux que de mener l’un de ces ateliers in situ, à la BnF, pour que les élèves voient tous les espaces qui ont inspiré l’auteur ?

Pierre Assouline explique le fonctionnement du TAD © BnF)

Pierre Assouline explique le fonctionnement du TAD © BnF

La visite commence par une descente au niveau rez-de-jardin, espace où l’on consulte les précieuses collections de la BnF. D’abord un détour derrière les salles de lecture, pour comprendre comment fonctionnent les TAD : Transports Automatisés des Documents. Il s’agit de curieux petits chariots bleus qui voyagent sur des rails partout dans la BnF afin d’assurer le transport des documents entre l’espace où ils sont stockés et la salle de lecture où un lecteur les a préalablement commandés pour les consulter.

Les élèves traversent ensuite la banque de salle, lieu où se trouvent les bibliothécaires qui réceptionnent les livres et les présentent aux lecteurs, ce qui leur donne l’occasion de poser quelques questions sur le fonctionnement des salles, à la bibliothécaire présente à ce moment-là. Ils la questionnent notamment sur la façon dont sont « tracés » les livres : on enregistre leur sortie des magasins grâce à la référence du livre, puis à la suite de leur périple dans les TAD, on enregistre leur arrivée dans la salle de lecture. On peut donc suivre précisément un document à partir du moment où il sort de son lieu de stockage, jusqu’au moment où il y retourne.

La place L55 © BnF)

La place L55 © BnF

Les élèves passent ensuite dans les salles de lecture, pour arriver à côté de la place L55, dont il est question dans le livre. Pierre Assouline leur présente alors l’organisation des places en salle de lecture, et les outils que les lecteurs ont à leur disposition sur les tables de travail.

Ensuite, les élèves ont le privilège d’aller visiter un magasin, lieu de stockage des livres, et apprennent à manier un compactus manuel : ces grandes étagères où est stocké un impressionnant nombre de livres, lieu du drame dont il est question dans Fantômes. On leur montre alors à ce moment-là un vrai « fantôme », qui est le nom donné par les bibliothécaires au papier que l’on dispose à la place d’un livre, lorsque l’on prend ce livre pour le consulter. Grâce à ce papier, on retrouve rapidement la place exacte du rangement du livre.

Vue de la passerelle de tous les vertiges © BnF)

Vue de la passerelle de tous les vertiges © BnF

Le groupe remonte ensuite vers le hall, en prenant soin d’observer le jardin de la BnF, et les grandes silhouettes d’oiseaux bleues apposées sur les fenêtres, afin de signaler aux oiseaux la présence de la vitre. C’est alors le moment de passer sur la fameuse « passerelle de tous les vertiges » qui conduit à l’auditorium, passerelle dont il est également question dans le livre.

La visite s’achève enfin en montant au 18ème étage d’une des tours, dans un lieu appelé le Belvédère, d’où les jeunes dominent Paris. C’est alors l’occasion pour chacun de poser quelques questions encore à Pierre Assouline.