Archives pour le mois : août 2011

1. Vous accueillir à la BnF, Expositions, Pour découvrir les collections

À l’initiative des “Estivales africaines” : le département des Cartes et plans

24 août 2011

Demain, mardi 30 août, à 17h30, espace Jules Verne, site de Tolbiac de la Bnf nous aurons le plaisir d’accueillir Jean-Yves Sarazin, Directeur du Département des Cartes et plans de la BnF,  co-commissaire de l’exposition “Estivales africaines”. Ce dernier,  à partir de la présentation de multiples documents  patrimoniaux nous invitera  à réfléchir à la perception de l’ Afrique par les européens, des débuts de la découverte de ce monde  jusqu’à aujourd’hui : images révées , images réelles et bien documentées, comment s’est constitué et se perpétue un imaginaire au sujet de l’ Afrique,que la modernité n’a pas fini de questionner ?


Globe terrestre, copie d un Globe terrestre de Martin Behaïm de 1492 : détail : Europe, Afrique, 1847, BnF, Département des Cartes et Plans)

Copie d un Globe terrestre de Martin Behaïm de 1492 : détail : Europe, Afrique, 1847, Bnf, Département des Cartes et plans

Jean-Yves Sarrazin, nous présente les collections du  Département des Cartes et plans, à partir desquelles a été conçue l’exposition ” Estivales africaines” que vous pouvez découvrir sur le site de Tolbiac, jsqu’au 4 septembre prochain

Que trouve-t-on au département des Cartes et plans ?
Le département est consacré à la conservation des atlas, cartes, plans, globes terrestres et célestes et à l’étude des sciences géographiques. Ses collections sont très vastes et couvrent différentes ères géographiques. Pour comprendre la diversité de ces collections, il faut savoir comment la bibliothèque acquiert ces documents.

Le département des Cartes et plans s’enrichit d’abord grâce au dépôt légal : chaque année, un exemplaire de chaque document cartographique imprimé en France est envoyé à la BnF, pour être conservé, et ce depuis 1648 ! Ainsi, tous les ans, le département reçoit de cette manière entre 2500 et 3000 nouvelles cartes.

Grâce à ce dépôt légal, le département possède donc des centaines de milliers de cartes de France, mais aussi du monde entier, pour deux raisons :
- Au 18ème et 19ème siècle, la cartographie française a connu un âge d’or, et a donc fourni beaucoup de documents sur toutes les zones géographiques alors connues.
- Au 19ème siècle, ce sont également des ingénieurs français qui cartographient les territoires des colonies françaises, en Afrique et en Asie, ce qui enrichit les collections de cartes précieuses.

Le dépôt légal est donc la principale source d’entrée des documents de langue française dans le département, mais il faut aussi savoir que chaque année, la bibliothèque achète un nombre important de documents étrangers pour compléter ses fonds.
Aujourd’hui, le département des Cartes et plans de la BnF est la 5ème cartothèque au monde. Le département des cartes et plans de la BnF et la British Library accueillent les plus vastes collections de cartographie antérieure à 1800.

Partie Méridionale de l Afrique depuis le Tropique du Capricorne jusqu'au Cap de Bonne Espérance (...), 1790, Département des Cartes et plans, BnF)

Partie Méridionale de l Afrique depuis le Tropique du Capricorne jusqu au Cap de Bonne Espérance (...), 1790, Département des Cartes et plans, BnF


Pourquoi une exposition sur les cartes africaines ?

Depuis quelques années, nous assistons à un regain d’intérêt pour ce continent. De nombreux programmes de recherche s’intéressent à la connaissance qu’avaient les européens de l’Afrique à différents moments de l’histoire de l’humanité. L’étude des documents cartographiques trouve tout à fait sa place dans de telles études. Par exemple, on se rend compte qu’à l’époque coloniale, on ne connaissait de l’Afrique que ses côtes, là où les pays colonisateurs avaient installé leurs comptoirs pour commercer.
Cette exposition permet de répondre à la question « quelles connaissances les européens avaient de l’Afrique avant les grandes expéditions terrestres du 19ème siècle ? »

Que trouve-t-on dans cette exposition ?
Les documents présentés sont répartis dans trois lieux différents.
Dans l’espace de l’abécédaire des collections, qui se situe dans le hall Ouest, derrière le Labo, le public trouve de très précieux documents originaux, notamment des manuscrits, des notes de voyages, des croquis faits sur place par les explorateurs. Ces documents permettent de se rendre compte de la lente découverte de l’Afrique par les européens.
Dans l’allée Julien Cain, sont présentés douze grands fac-similés de cartes continentales de l’Afrique, de la Renaissance au 20ème siècle.
Enfin, dans le Labo est proposée une carte topographique en série de l’Afrique datant du 19ème siècle, qui est en fait composée de 63 feuilles. La numérisation et l’installation sur mur de sélection du Labo, permet une lecture optimale de la carte par le public. De plus, celui-ci peut également télécharger des images issues des collections de la bibliothèque grâce à son téléphone portable.

Africae nova descriptio, Guillaume Blaeu, 1663, BnF, Département des Cartes et plans)

Africae nova descriptio, Guillaume Blaeu, 1663, Bnf, Département des Cartes et plans

Cette exposition permet-elle de comprendre des enjeux encore actuels ?
Bien sûr. Une séquence de l’exposition montre la construction des frontières, dont les tracés ont encore de grandes conséquences de nos jours. Il faut savoir que la conception européenne des frontières, qui montre une possession, est étrangère à la conception africaine du territoire. Ainsi, la délimitation des territoires africains est souvent un héritage des colonisateurs européens, et cette délimitation souvent arbitraire est encore aujourd’hui la cause de conflits. Deux documents illustreront particulièrement la construction des frontières (à F comme Frontières) : une carte qui montre un tracé tout à fait arbitraire réalisé par les européens, et un second document qui montre qu’une frontière a été mise en place à l’endroit où se sont rencontrés deux pays colonisateurs différents. Ces cartes montrent donc que les délimitations ne prenaient pas en compte la notion de territoire des ethnies installées de temps immémoriaux.
________

mardi 30 août à 17h30, dans le cadre du cycle de rencontres des estivales africaines, dans la galerie Jules Verne (anciennement appelée “espace pédagogique”)

Pour en savoir plus :
- des informations sur le dépôt légal en général…
- … et sur le dépôt légal des documents cartographiques

1. Vous accueillir à la BnF, Expositions, Pour découvrir les collections

Le conte en Afrique : à la rencontre de Lamine Kouyaté et de Malvina

17 août 2011

Le 23 août prochain, à partir de 17h30, dans la galerie Jules Verne, le griot Lamine Kouyaté et la conteuse Malvina nous feront découvrir le monde des contes africains. En organisant les Estivales africaines, nous avons souhaité les inviter à la BnF pour faire découvrir la richesse de la tradition orale africaine, qui grâce à ces deux conteurs a voyagé jusqu’à Paris.

Comment devient-on griot ?

Le Griot, CC by Alexbip  )

Le Griot, CC by Alexbip

La caste des griots est née puis s’est développée dans un contexte où n’existaient historiquement ni l’écriture (sauf pour les religieux), encore moins la radio et la télévision. Le griot est ainsi considéré comme étant notamment le dépositaire de la tradition orale. Les familles griotiques sont spécialisées soit en histoire du pays et en généalogie, soit en art oratoire, soit en pratique musicale.
Le “djéliya”, l’art que pratiquent les griots, consiste à raconter des histoires relatives à des familles. Les griots sont présents à chaque grande occasion (mariage, baptême, fêtes religieuses…) c’est pourquoi ils sont très au fait de l’histoire des familles auxquelles ils sont liés. Quand ils sont appelés les griots rappellent donc aux familles leur passé, celui de leurs ancêtres. Les griots sont donc des conteurs véhicules de la mémoire et de la tradition orale, très forte en Afrique. C’est pourquoi ces personnes sont considérées comme des puits de connaissance, des livres d’histoires vivants.
Pour beaucoup les griots sont les ancêtres des rappeurs et donc le “djéliya” l’ancêtre du rap. En effet, les griots, quand ils font des éloges, chantent de manière très spéciale. Leurs paroles sont telles un flux qui suit une instrumentale assez répétitive rythmée par des percussions.

Lamine Kouyaté et Malvina

Lamine Kouyaté et Malvina

Ibrahima Kouyaté, comment avez-vous commencé à conter en France ?
Lire le reste de cet article »

1. Vous accueillir à la BnF, Expositions, Pour découvrir les collections

À la découverte des collections de la BnF autour de la colonisation

9 août 2011

Nous avons eu le plaisir de rencontrer Frédéric Manfrin, chef du service Histoire au sein du département Philosophie, histoire, sciences de l’homme, avant de le retrouver le 16 août, à partir de 17h30, dans la galerie Jules Verne, pour nous introduire sa conférence « Coloniser ? Les collections de la BnF témoins de leur temps ».

Comment était perçue la colonisation au 19ème siècle ?

Paysages et types de mœurs du Sénégal : Don de Mr Delor, 1885; source: Gallica; BnF )

Paysages et types de mœurs du Sénégal : Don de Mr Delor, 1885; source: Gallica; BnF

Si l’opinion y était largement favorable, il existait un débat à cette époque, la colonisation ne faisait pas consensus. Pour illustrer les divergences d’opinions, on peut citer deux textes, qui avaient déjà été proposés à ce sujet lors d’une rencontre avec l’histoire. Le premier de ces textes est de Jules Ferry : Discours à la chambre des députés, 28 juillet 1885. Dans ce texte, Ferry, se fait le promoteur de la colonisation, qu’il défend en trois points : des raisons économiques, des idées de civilisation, et des idées d’ordre patriotiques. En dehors des motivations économiques, Ferry est persuadé du bienfait de la colonisation pour les peuples colonisés et vante « le côté humanitaire et civilisateur de la Question ».
À ces opinions s’opposent celles de Clémenceau qui, deux jours après, répond à Jules Ferry dans son Discours à la chambre des Députés, 30 juillet 1885. Il s’oppose à la théorie des races dans cette réponse, qui validait la colonisation selon Jules Ferry.
Ces deux textes illustrent bien qu’un questionnement autour de la colonisation existait dès le 19ème siècle.

Comment se passe le processus de colonisation française ?

Lire le reste de cet article »

1. Vous accueillir à la BnF, Expositions, Pour découvrir les collections

À la découverte des territoires du cinéma africain

2 août 2011

Nous avons rencontré Julien Farenc, chargé de collections au département de l’Audiovisuel, avant d’avoir le plaisir de le retrouver mardi 9 août, à partir de 17h30, pour une conférence sur les territoires du cinéma africain, galerie Jules Verne.

Qu’est ce que le cinéma africain ?

Borom Sarret, d'Ousmane Sembène, est considéré comme le première film africain © Médiathèque des Trois Mondes )

Borom Sarret, d Ousmane Sembène, est considéré comme le première film africain © Médiathèque des Trois Mondes

Il est difficile de considérer le cinéma africain comme une entité et il serait donc préférable de parler des cinémas africains. Une des raisons à ce pluriel est la multitude des langues, vernaculaires ou européennes. Une autre est l’histoire contemporaine du continent façonné par la colonisation et les décolonisations. Cette histoire a pesé de tout son poids sur les conditions de production et de distribution dans ses pays. En tous les cas, les pays francophones du sud et du nord du Sahara constituent un territoire commun pour le cinéma qui le distingue nettement de l’Afrique anglophone par exemple.

Je voulais également réfléchir au cinéma que je ne voulais pas considérer comme « cinéma d’Afrique ». En effet, on ne saurait considérer les films coloniaux comme du cinéma africain, bien que tournés en Afrique : la question de l’observateur est ici primordiale. De même, le cinéma animalier réalisé en Afrique ne pourrait être considéré comme « cinéma d’Afrique ». Enfin, on ne peut pas non plus considérer comme cinéma africain des films tournés par des Européens sans les Africains ou des films sur des Africains vivant sur d’autres continents.

Par conséquent, j’ai choisi de considérer comme cinéma africain, le cinéma documentaire ou de fiction réalisé par des Africains, et plus généralement le cinéma qui donne la parole aux Africains vivant en Afrique.

L’histoire du cinéma en Afrique démarre sans doute avec la première projection commerciale au Mali en 1908. Le premier film réalisé par des africains est Afrique sur Seine (1955), tourné à Paris, faute d’autorisation de tournage au Sénégal ! Du coup, on peut considérer que le premier film africain au sens plein du terme est Borom Sarret, d’Ousmane Sembène, en 1962 et récompensé en France l’année suivante

Enfin, dans cette approche du cinéma africain, on peut se poser la question d’inclure certains réalisateurs européens, passionnés par le continent noir et qui ont beaucoup contribué à faire connaître l’Afrique. On pense immédiatement à Jean Rouch pour le Mali ou le Niger (exemple : Initiation à la danse des possédés), Thierry Michel pour le Congo (exemple : Katanga Business), ou encore Daisy Lamothe pour le Sénégal (exemple : Viens voir ma boutique).

Quels sont les principaux opérateurs en matière de production d’édition vidéo ?
Lire le reste de cet article »