Archives pour le mois : décembre 2012

3. La BnF et ses métiers

Le métier de gestionnaire de collections… par Céline Piétrois

19 décembre 2012
Céline Piétrois ©BnF)

Céline Piétrois ©BnF

Le département de l’Audiovisuel conserve une collection d’environ un million d’enregistrements sonores, qui remonte aux origines de l’enregistrement (1877). Produit de l’édition phonographique, le « disque » (terme couramment employé pour tous les supports d’enregistrement) représente la majeure partie de cet ensemble… Nous vous proposons de faire connaissance avec Céline Pietrois spécialiste des 78 tours et des catalogues de marques…

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
L’intitulé de mon poste est : gestionnaire de collections, au service des documents sonores, dans la section fonds anciens du département Audiovisuel du site François Mitterrand.

2. En quoi consiste votre travail ?
Je catalogue des 78 tours. Je fais aussi un travail d’inventaire sur les catalogues de marques phonographiques, (c’est-à-dire les marques de disques). La bibliothèque conserve des catalogues de marques phonographiques français et étrangers comme Pathé, Voix de son maître, Odéon… Ces catalogues ont été regroupés au département audiovisuel mais n’ont pas vraiment été gérés. A mon arrivée sur ce poste en 2003, on m’a proposé d’inventorier, de récoler ce fonds afin qu’il soit plus visible pour les chercheurs, qu’il soit mieux conservé, et communicable. Un projet de numérisation de ces catalogues a permis d’accélérer le traitement de ce fonds et certains documents apparaissent maintenant dans le catalogue et sont consultables en ligne.
Pour les catalogueurs, ces catalogues de marques permettent de dater les disques qu’ils cataloguent. Pour les chercheurs ou pour toute personne travaillant sur l’histoire de l’enregistrement sonore, ces catalogues de marques permettent de rendre compte des genres de musique que les éditeurs publiaient. (ex : publication sur le folklore, les musiques traditionnelles, les musiques de genre, avant le jazz, etc…). Ces catalogues de marques reflètent l’histoire de l’évolution de l’enregistrement. Ils sont utilisés également par celles et ceux qui cherchent à faire des rééditions, comme les maisons de disque.
Je fais également du service public, c’est-à-dire des permanences dans les salles de lecture B et P, qui sont rattachées au département audiovisuel ainsi que des permanences d’accueil en pied de tour, c’est comme cela que l’on désigne le point d’accueil des chercheurs du Rez de jardin. On y fait également du renseignement téléphonique, des réservations de places et de documents pour les lecteurs.
Enfin, depuis 1998, je suis formateur relais au système d’information pour la formation au circuit de communication des documents. Je forme les collègues qui assureront la communication des documents aux lecteurs du Rez de jardin : on explique, par la pratique informatique, le circuit, depuis la demande du lecteur jusqu’à la réception du document et inversement.

78 tours ©BnF)

78 tours ©BnF

3. Comment devient-on gestionnaire de collections ? Quelle formation est nécessaire ?
J’ai fait des études d’histoire durant lesquelles j’étais moniteur étudiant à la bibliothèque universitaire et je travaillais aussi en librairie… Ça m’a donné envie de travailler en bibliothèque. J’ai passé le concours de magasinier de bibliothèque. Je suis arrivée ici en 1996, c’était l’ouverture du site François Mitterrand, c’était une belle aventure, on arrivait nombreux à cette époque !
J’ai d’abord travaillé au département Philosophie histoire sciences de l’homme. A l’ouverture des salles de lecture du Rez de jardin en 1998, je suis devenue responsable de salle. J’ai alors passé le concours de magasinier en chef afin que mes fonctions correspondent à mon statut.
J’ai ensuite passé le concours d’assistant de bibliothèque et je suis arrivée au service conservation du département audiovisuel où je m’occupais des commandes de matériels et du suivi des chantiers de reconditionnement et marquage (estampillage : on grave avec une machine, le cachet de la BnF sur les CD et les DVD).
En 2006, un poste de catalogueur aux fonds anciens s’est libéré : ce qui m’intéresse, ce sont les vieux documents, et je voulais découvrir le catalogage alors j’ai foncé !


4. Êtes-vous fonctionnaire ou contractuel ?

Je suis fonctionnaire, je suis bibliothécaire assistant spécialisé.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?

Quand j’étais étudiante à Paris 1, je voyais cette bibliothèque en construction et je me disais que j’aimerais y travailler. Je voulais devenir archéologue, ce qui m’intéresse ce sont les « vieux trucs », la poussière…c’est pour cela que j’ai choisi de travailler sur les fonds anciens…

catalogue de marque ©BnF)

catalogue de marque ©BnF

6. Pour vous quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Pour le travail sur les catalogues de marques, il faut être organisé, rigoureux, avoir le sens des relations pour établir des liens entre les services. Pour le catalogage, la section fonds ancien est petite, et j’aurais davantage besoin de travailler en équipe pour les questions liées au traitement des documents.
Pour les formations, il faut avoir le goût du contact : on forme les collègues, on rencontre donc des agents de tous les départements. Il faut bien sûr être pédagogue.
J’aime le service public y compris en pied de tour. Je trouve inconcevable de travailler en bibliothèque sans voir les lecteurs…

7. Quels sont les avantages de ce métier ?

Comme on travaille dans un grand établissement il y a des possibilités de mobilité interne : on peut voir plusieurs aspects du métier tout en restant à la bibliothèque.
Ce qui compte aussi pour moi, c’est le plaisir de travailler sur des documents anciens, des collections uniques…voyager dans le temps, l’Histoire
Et puis ce qui m’intéresse bien sûr, c’est la diversité des collègues et des publics…

8. Ses inconvénients ?
Le catalogage est un travail solitaire, sur écran qui peut s’avérer monotone et répétitif. En tant que bibliothécaire assistant spécialisé la mobilité vers des postes autres que des postes de catalogueur est limitée, le catalogage étant leur principale mission que ce soit à la Bibliothèque nationale ou dans les bibliothèques universitaires…Or je ne souhaite pas être affectée sur poste où je ne ferais que du catalogage…

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
Je vais changer de poste en janvier 2013. Je vais rejoindre l’unité de formation du Département de la conservation au sein de la Direction des services et réseaux. Je programmerai, organiserai toutes les formations à la conservation pour le personnel de la bibliothèque et d’autres bibliothèques. Je travaillerai essentiellement ici mais également sur le site de Bussy St Georges. Je vais ainsi développer mes compétences autour de la formation : les contenus, la logistique, la recherche de formateurs.
En prenant ce poste, je vais me spécialiser sur des fonctions qui m’éloignent du « cœur de métier », de tout ce qui est en lien avec la bibliothéconomie et en particulier du catalogage. Je suis consciente que malheureusement, ce choix peut constituer un frein à mon évolution de carrière ou pour préparer les examens professionnels

3. La BnF et ses métiers

Le métier de responsable de l’édition adaptée aux personnes handicapées… par Hélène Leblois

17 décembre 2012

Depuis 2006, la Bibliothèque nationale de France a pour mission d’être “l’organisme dépositaire des fichiers numériques” transmis par les éditeurs aux organismes agréés réalisant des éditions adaptées destinées aux personnes handicapées. Nous rencontrons pour vous Hélène Leblois, responsable de l’édition adaptée aux personnes handicapées…

Hélène Leblois ©BnF)

Hélène Leblois ©BnF

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Je suis responsable du centre Exception handicap, au sein du département de l’Information bibliographique et numérique, à la BnF. Ma mission consiste à améliorer l’accès à la lecture des personnes handicapées, dans le cadre de l’exception au droit d’auteur institué par la loi DADVSI de 2006.
Ce dispositif législatif permet aux centres de transcription agréés par l’Etat d’obtenir les fichiers numériques des éditeurs, de façon à pouvoir produire une version accessible (en braille, audio, etc.) ; ce sont ces centres qui mettent à disposition de leurs publics handicapés les œuvres adaptées. La BnF a pour rôle de centraliser les demandes de documents numériques aux éditeurs, et de sécuriser les transferts et le stockage des œuvres ainsi déposées.
Par exemple, dès la présélection du prix Goncourt 2012, les organismes de transcription agréés ont demandé les fichiers des titres en lice ; en quelques jours, les documents ont pu être adaptés et mis à disposition des publics handicapés. C’est la deuxième année que les livres primés sont lisibles par tous dans des délais très courts.

2. En quoi consiste votre travail ?
Mes activités sont variées et impliquent de nombreux acteurs. Je vais les résumer en quatre points.
Mon travail comporte un volet technique. Je suis en effet chef de projet fonctionnel de la plateforme numérique PLATON développée pour automatiser le traitement des flux de demandes et sécuriser le circuit des documents numériques. Il s’agit d’identifier les besoins des usagers, et co-piloter avec le département des systèmes d’information (DSI) de la BnF la conception et la réalisation des développements informatiques effectués par un prestataire externe.

Les genres de documents adaptés©BnF)

Les genres de documents adaptés©BnF

Les activités administratives sont également importantes. Je suis en effet un référent juridique pour les usagers, appuyée par les services juridiques de la BnF et du ministère de la Culture et de la Communication (MCC) ; par ailleurs, avec le DSI, nous assurons le suivi du marché public de réalisation de la plateforme numérique.
Le management est un autre aspect de mon travail. Il consiste à encadrer les deux agents du centre Exception handicap, à coordonner les différents services impliqués, à évaluer toutes nos activités et produire des bilans.
J’assure aussi des fonctions de communication, interne et externe, et de médiation. L’objectif est de construire une relation de confiance avec les différents acteurs autour d’un objectif partagé, celui de rendre la lecture accessible à tous.

3. Comment devient-on responsable de la gestion de l’édition adaptée ? Quelle formation est nécessaire ?
Après un master 2 de philosophie, j’ai d’abord été professeur certifié en lycée et, en même temps, ai poursuivi ma formation avec un master 2 professionnel de gestion de l’information et de la documentation numériques.
Je suis arrivée à la BnF en 2009, au moment de la mise en œuvre de la loi de 2006 et la création du centre Exception handicap. C’est ici que j’ai acquis de nombreuses connaissances et compétences, en particulier relatives aux problématiques du circuit des œuvres dématérialisées, au fonctionnement des marchés publics et à l’environnement institutionnel des bibliothèques.

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuelle ?
Je suis fonctionnaire, en situation de détachement de l’Education nationale.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?
Ce poste m’a tout de suite intéressée, parce qu’il répond à ma vocation, celle de passeur du savoir et de la connaissance, et parce qu’il permet d’utiliser les technologies numériques à cette fin, le tout avec une mission de service public forte.

6. Pour vous quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Les aspects relationnels sont déterminants dans ce poste, pour construire une relation de qualité avec tous les acteurs. Il faut être disponible et à l’écoute afin de construire une position de tiers de confiance et être en mesure de sensibiliser, sur la durée, chaque partie aux besoins et aux contraintes des autres.
Il faut aussi être attiré par le numérique et ses possibilités de démocratisation de l’accès à la lecture.
Enfin, savoir faire appel aux compétences et à l’expertise des autres agents est très fructueux pour développer un projet innovant.

Lecture en braille ©Laetitia Ferrer

Lecture en braille ©Laetitia Ferrer

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
Ce poste est très valorisant, parce qu’il vise à mettre en œuvre une mission de service public nouvelle, avec des enjeux politiques forts, un travail en collaboration avec d’autres services, une variété d’activités et d’interlocuteurs.
Ce que j’apprécie beaucoup aussi est de disposer à la fois d’une grande autonomie et d’un appui de ma hiérarchie lorsque des décisions politiques doivent être prises.

8. Ses inconvénients ?
La charge de travail est importante pour répondre au mieux aux besoins de tous les acteurs.

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
Je vais demander mon intégration dans la filière bibliothèque, car je m’y sens bien ; puis je partirai à la recherche de nouveaux défis à relever pour participer aux missions des bibliothèques en cours de mutation.

La mission Vivre Ensemble

Actualité de la mission Vivre ensemble

14 décembre 2012

Comme chaque trimestre, voici la nouvelle lettre aux relais du champs social éditée par la mission Vivre ensemble. Comme à chaque fois, vous y trouverez les propositions d’accueil, pour les mois de janvier à mars 2013 pour vous et vos publics dans les établissements culturels membres de la mission.

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