3. La BnF et ses métiers

Le métier de régisseur audiovisuel… par Alan Barré

23 décembre 2014

Si l’on vient le plus souvent à la BnF pour ses salles de lecture, on ne saurait oublier qu’elle propose également une offre culturelle diversifiée à travers ses expositions et les différentes manifestations organisées dans les auditoriums du site de Tolbiac : journées d’études, conférences, cours de philosophie, jeudis de l’Oulipo… Pour veiller au bon déroulement de ces manifestations, une équipe de régisseurs met en oeuvre ses compétences et savoirs faire au service des intervenants en scène. Découvrez, avec Alan Barré, le métier de régisseur audiovisuel.

Alan Barré ©A.Barré)

Alan Barré ©A.Barré

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Je suis régisseur audio-visuel, je travaille au service des manifestations, à la direction de la Diffusion culturelle. Je travaille essentiellement dans les auditoriums du site de Tolbiac (François Mitterrand) mais on est amené également à faire des tournages à Richelieu, à l’Arsenal, lors des expositions par exemple.

2. En quoi consiste votre travail ?
Il y a d’abord l’installation vidéo dans les auditoriums : raccordements des ordinateurs pour les projections, installation des écrans de retour etc… Pour chaque manifestation, le régisseur général nous donne une fiche technique qui précise le lieu et les horaires de la manifestation, le nombre d’intervenants, le schéma d’installation (tables hautes ou basses, fauteuils ou chaises, micros), s’il faut prévoir une projection et ou une captation.
Ensuite, en régie, il y a la captation vidéo, c’est-à-dire l’enregistrement en direct de ce qui se déroule dans l’auditorium. Dans le grand auditorium par exemple, il y a 2 caméras pilotables depuis la régie, auxquelles on peut ajouter une caméra sur pied, qui enregistrent la manifestation On réalise ensuite le montage à partir de cet enregistrement et la mise en ligne soit sur le site Bnf.fr soit sur Biblionautes, le site intranet de la BnF. Le montage est réalisé au Nodal, notre local technique où sont centralisés tous nos raccordements vidéo. Par exemple en cas de forte affluence dans le petit auditorium, on peut faire les raccordements vidéo de l’auditorium 70 pour y installer les visiteurs en surnombre… C’est également du Nodal que l’on gère la télédistribution : les régisseurs, la direction de l’établissement, peuvent suivre à partir d’une télévision ce qui se passe dans les auditoriums.
Enfin, on s’occupe aussi de la gestion du matériel : contrôle du fonctionnement, prévision des achats et du remplacement du matériel. On assure également la maintenance de notre matériel.

Le Nodal ©C.Gaspard)

Le Nodal ©C.Gaspard

3. Comment devient-on régisseur audio-visuel ? Quelle formation est nécessaire ?
Après un bac professionnel systèmes électroniques et numériques, j’ai préparé un BTS audiovisuel, option ingénierie et exploitation des équipements à Angoulême. Mais l’essentiel du métier s’apprend ensuite sur le tas.
Je vais commencer ma 5e saison à la BnF. Je suis arrivé en 2010, juste après mon BTS. Le régisseur général de la BnF a contacté le lycée où j’étudiais. Il recherchait alors un régisseur audio-visuel pour un remplacement.

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuel ?

Ce métier n’existe pas dans la fonction publique. Je suis contractuel, actuellement au milieu de mon 2e CDD de 3 ans. J’espère signer un CDI en juin 2016…
La plupart du temps dans ce métier, on a un statut d’intermittent du spectacle, avec des contrats à durée limitée d’une journée parfois. Ici, à la BnF, on a un contrat à temps partiel, 88h par mois, avec un temps de travail réparti sur l’année car il y a des mois où l’on travaille beaucoup et d’autres en revanche où l’on travaille peu comme en juillet août.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?

En fait, je n’ai pas vraiment choisi. C’est mon parcours scolaire qui m’a peu à peu orienté vers ce métier. A la fin du collège, je n’étais pas en capacité d’intégrer le lycée général, j’ai décidé de préparer un BEP électronique en 2 ans à Nantes suivi d’un bac professionnel spécialité systèmes électro-numériques. Ensuite, j’ai intégré un BTS audiovisuel à Angoulême…

6. Pour vous, quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Il faut avoir le sens du contact avec les personnes qui interviennent dans les manifestations : savoir répondre à leurs questions et répondre à leurs besoins.
Il faut aussi de la rigueur : lorsque l’on est en régie, il faut être concentré et attentif à ce qui se passe sur scène. On repère les éléments de langage qui nous indiquent que l’on doit ajuster la lumière, que l’enregistrement va s’arrêter etc…

Les éclairages dans le grand auditorium ©C.Gaspard)

Les éclairages dans le grand auditorium ©C.Gaspard


7. Quels sont les avantages de ce métier ?

A la BnF, on touche à tout : comme on est 2 régisseurs vidéo, on fait à la fois la captation et le montage. Les régisseurs qui travaillent pour la télévision font souvent l’un ou l’autre.
Comme on travaille sur toutes les manifestations organisées ici, on découvre et on apprend beaucoup.

8. Ses inconvénients ?
On a un planning mensuel mais on ne fait jamais les même horaires : on peut un jour travailler de 14h à 20h30, le lendemain de 7h à 20h30 et ensuite de 12h30 à 16h30. C’est bien parce qu’il n’y a pas de routine mais ça peut compliquer la vie personnelle.

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
Le matériel vidéo est en constante évolution, on doit donc savoir s’adapter.
En ce qui concerne l’avenir, j’aimerais travailler pour une télévision régionale ou pour la production vidéo sur le web.

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