3. La BnF et ses métiers

Le métier d’opérateur technique de régie … par Anita Karlik-Ribeyrol

2 février 2016

Un parcours, un métier

Anita

Anita Karlik-Ribeyrol©BnF

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Suite à ma candidature pour un poste de magasinier des bibliothèques sans concours, j’ai été affectée au département de l’Audiovisuel à la section Régie / Travaux du site Tolbiac où j’exerce la fonction d’opérateur technique de régie. C’est un poste que j’exerce depuis 5 mois. C’est donc nouveau pour moi !

2. En quoi consiste votre travail ?
Mon travail consiste à prélever, en fonction des demandes des lecteurs du Rez-de-jardin – le niveau chercheur de la bibliothèque - des documents issus des collections audiovisuelles patrimoniales de la BnF. C’est une activité typique de magasinier.
Dans un même temps, nous numérisons ces documents pour les communiquer aux lecteurs et ainsi les conserver dans les meilleures conditions possibles. A la régie, toute communication est un acte de conservation.
Nous exerçons des activités liées au service public mais la spécificité de la section Régie / Travaux est d’apporter une assistance technique aux lecteurs. Nous intervenons en salle de lecture pour installer des documents de nature diverse.
Nous manipulons donc des documents fixés sur des supports très variés, qu’ils soient sonores : CD, disques vinyles microsillons, audiovisuels : DVD, BLURAYS ou multimédias : CDROM, DVDROM, mais aussi des jeux vidéos sur PC et consoles.
Nous participons aussi à des activités internes : Il existe au sein du département de l’Audiovisuel des missions de numérisation par lot. Lorsque les moyens techniques engagés sont déficitaires, nous prenons le relais pour numériser ce qui n’a pas été concluant de manière robotisée.

3. Etes-vous fonctionnaire, contractuelle ?
Je suis aujourd’hui dans ma période de stage dans l’optique de devenir fonctionnaire.

4. Comment avez-vous choisi ce métier ?
Avant d’entrer à la BnF, j’ai exercé des métiers différents mais qui avaient tous pour dénominateur commun le domaine audiovisuel.
J’ai d’abord débuté par des études d’art du spectacle mention études cinématographiques. Au cours de ma maîtrise, j’ai décidé de me former par le CNED au métier de projectionniste. C’est une activité qui répondait à ma curiosité de cinéphile tout en me permettant d’entrer rapidement dans la vie active.
J’ai exercé ce métier un an et demi aux Laboratoires Eclair, puis j’ai décidé de reprendre mes études pour me spécialiser davantage. J’ai donc entrepris un BTS audiovisuel en montage postproduction tout en continuant à travailler en alternance dans ce laboratoire.
A l’issue de cette formation, j’ai travaillé 8 ans comme technicienne audiovisuel puis monteuse pour diverses structures audiovisuelles : sociétés de post-production, prestataires techniques, chaînes de télévision pour des programmes divers (animation, documentaires, restauration de film de patrimoine…). Tout cela en tant qu’intermittente du spectacle.
C’est une activité qui m’a beaucoup appris mais j’ai ressenti le besoin de sortir de l’intermittence, malheureusement incontournable dans le métier que j’exerçais, et qui rendait mon activité discontinue.
Cela faisait un long moment que je pensais de manière de plus en plus récurrente à m’orienter vers les métiers des bibliothèques. J’ai alors constaté que mon parcours professionnel m’avait souvent amené à accomplir des tâches similaires à celles d’un magasinier. Mes compétences me paraissaient tout à fait transférables.
Par exemple, j’avais participé à des travaux de conservation de supports patrimoniaux. J’avais également exercé des activités de transferts de documents physiques vers des supports numériques. J’avais aussi l’habitude de travailler en équipe.
Il était évident que les questions de communication de produits culturels, de conservation et de numérisation de documents physiques patrimoniaux m’accompagnaient déjà régulièrement dans mon parcours professionnel. Et plus important : j’avais plaisir à travailler autour de ces thématiques.

5. Pour vous, quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Nous sommes 6 à travailler à la régie, il est donc nécessaire de savoir travailler en équipe et d’être organisé.
Nous manipulons des documents issus des collections audiovisuelles patrimoniales de la bibliothèque, ce sont des supports fragiles, parfois rares, il est donc indispensable d’être soigneux et sensible aux questions de conservation des documents.
De plus, une appétence pour les collections du département est particulièrement souhaitable ainsi qu’une certaine curiosité pour les techniques audiovisuelles et multimédia.

Le robot pour les copies©BnF)

Le robot pour les copies©BnF

6. Pour vous, quels sont les avantages de ce métier ?
J ‘ai la chance de travailler dans un département en adéquation avec mes centres d’intérêt et mon expérience professionnelle.
Le statut de fonctionnaire offre la stabilité de l’emploi, ce qui est inestimable dans notre société actuelle et à notre époque.
D’autre part, je me sens concernée par les missions de la BnF : nous travaillons pour l’intérêt général, ce qui est valorisant surtout dans une institution culturelle telle que la BnF puisque c’est une bibliothèque patrimoniale qui conserve et communique des documents d’une grande richesse et cela sur des supports variés et originaux.
Je suis en particulier sensible aux enjeux liés à l’accès des collections au plus grand nombre. On m’a d’ailleurs déjà donné la possibilité d’intervenir dans le cadre de la Mission Diversification des publics de la BnF, notamment pour parler de mon parcours professionnel et de ma préparation aux concours de magasinier auprès de femmes accompagnées par une association qui favorise l’insertion sociale et professionnelle. Je trouve cela stimulant de contribuer - à mon niveau bien sûr - à la découverte de la bibliothèque.
D’autre part, la BnF encourage et aide ses agents à se former en leur donnant accès à des formations de qualité telles que des préparations aux concours, des cours du soir en Histoire de l’art. Les agents bénéficient également de l’environnement culturel, riche et dynamique de la bibliothèque : des expositions, des conférences ou des projections. C’est un département intéressant qui évolue en fonction des mutations techniques et des besoins des publics.

7. Ses inconvénients ?
Nous travaillons dans des locaux aveugles : notre salle de travail se trouve au niveau le plus bas de la BnF, à l’abri de la lumière naturelle pour des questions évidentes de conservation des collections. C’est une contrainte liée à notre activité : nous devons nous trouver physiquement à proximité des magasins et de la salle de lecture de recherche audiovisuelle. C’est un peu dur l’hiver, lorsque nous apercevons seulement la lumière du jour, cela ne doit pas être sans risque pour la santé !

Les horaires liés à l’astreinte au service public peuvent être un inconvénient pour certaines personnes. A titre personnel, cela ne me pose pas vraiment problème, moi qui ait longuement été habituée à des conditions de travail autrement plus contraignantes, comme le travail de nuit par exemple.

Un autre point, nous sommes une équipe avec des personnalités, des sensibilités et des âges différents, et si cela nous rend complémentaires, on peut aussi regretter un manque de parité homme/femme dans mon service, disons que c’est dommage !

8. Comment envisagez vous votre avenir dans ce métier ? Les évolutions techniques et les évolutions de carrière ?

une platine disque de la régie©BnF)

Une platine disque de la régie©BnF

C’est un peu tôt pour avoir une idée précise de mon avenir à la BnF dans la mesure où je viens d’arriver… Quoiqu’il en soit, j’ai toujours eu pour habitude de me former tout au long de mon parcours professionnel et j’entends bien continuer ainsi. Idéalement, j’aimerais pouvoir le faire au sein du département de l’Audiovisuel, c’est cela qui me plait, poursuivre la cohérence de mon parcours.

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