Témoignages

Atelier Laïcité à la BnF avec Autremonde

8 septembre 2016

Le vendredi 8 juillet 2016, la mission diversification des publics a organisé une un atelier sur la laïcité avec l’association Autremonde. Une après-midi qui a permis à ses participants de se présenter, d’écouter, d’échanger et de dialoguer sur l’expérience des valeurs vivantes et positives de la laïcité

La Sicile, Manuscrit sur papier©BnF

La Sicile, Manuscrit sur papier©BnF

Abdoulaye CISSOKO (24 ans), apprenant sur les ateliers de français sur les métiers de la restauration à l’association Autremonde. Il est musulman d’origine sénégalaise et il est arrivé en France en juin 2015
« Moi, je pense que la laïcité est un droit parce qu’ici on dit que la France est un pays d’égalité et de fraternité, mais la France est un pays de laïcité pour moi. Dans l’atelier je me sentais puissant, j’ai eu beaucoup de courage à parler avec les gens d’autres religions, à échanger des idées avec eux. En fait, ce qu’on nous mettait dans la France avant que j’arrive en France c’était pas la vérité. Arrivé ici, on trouve la différence, la tolérance et la solidarité, ça je le sens vraiment, oui ! Et puis la France, on dit que la France est un pays d’égalité, de fraternité mais moi, je peux rajouter aussi que c’est un pays de solidarité et de tolérance. Même moi, aussi, je suis laïque car la laïcité est ma religion, ça ressemble un petit peu, il n’y a pas trop de différence. Pour conclure sur la laïcité, j’aimerais bien avoir aussi des débats de différentes religions, de changer des idées. La manière dont on a fait la laïcité, on peut faire ça avec d’autres religions pour avoir des connaissances, pour ne pas se sentir seul. »
Lavinia BOTEANU (36 ans), responsable des ateliers de français à visée professionnelle à l’association Autremonde. Elle est orthodoxe, originaire de Roumanie et elle est arrivée en France en 2007
« C’était un très riche moment de partage construit par l’articulation de deux axes : les témoignages sur les convictions spirituelles de chacun (musulmans, chrétiens, orthodoxes, athées, agnostiques) et l’accueil de leur spiritualité en France et plus précisément à Paris. Si je devais résumer cette rencontre à travers la parole de tous je dirais que Paris réussit à bâtir son identité comme un puzzle des cultures, des points de vue, des modes de vie où chacun retrouve la liberté d’être soi-même. »
Marie PICOT (26 ans), service civique sur le Pôle Insertion des Migrants à l’association Autremonde. D’origine française, elle est athée et a vécu 1 an et demi en Amérique Latine et 6 mois au Cambodge.
« Il a été très enrichissant de pouvoir échanger avec les participants sur leur vision de la laïcité en France mais aussi dans leurs pays. L’ambiance était particulièrement propice aux échanges et je pense que les participants se sentaient à l’aise et désireux de partager sur leur conception de la religion. Cela a permis à tout le monde de poser de bonnes bases de réflexion sur ce qu’est la tolérance et la place qu’elle prend dans la vie de chacun. »
Mariam SACKO (41 ans), apprenante sur les ateliers de français sur les métiers de la restauration. Elle est d’origine malienne et de confession musulmane et elle est arrivée en France en juillet 2015.
« J’ai beaucoup appris à travers cet atelier puisque chez nous au Mali, on n’organise pas ce genre d’atelier. Pour la première fois, c’est en France, sur les murs des écoles ou sur les banderoles que j’ai vu « liberté égalité fraternité et laïcité » et je me posais pas mal des questions sur la laïcité. Après l’atelier à la BNF j’ai appris que la laïcité est le caractère de neutralité religieuse. Et aussi à travers mon frère Abdoulaye Diallo du Sénégal que j’ai su que la France est un pays où le droit de l’homme est plus défendu et plus appliqué.
Par rapport aux autres pays que je ne citerai pas de nom, les noirs ont plus de liberté en France. En Afrique on ne connaissait pas la vraie réalité parce qu’on pensait que toutes les autres religions étaient méchantes.
En France, que tu sois athée, agnostique, orthodoxe ou pratiquant de religion, on a les mêmes droits. Je peux donner l’exemple sur moi-même : avant de venir en France j’étais considérée par ma belle-famille comme une esclave qui n’avait pas le droit à la parole. Ici je peux m’exprimer comme je veux, ici je suis libre quoi ! Je me sens en liberté ! L’atelier m’a vraiment beaucoup appris ! J’ai bien aimé, j’ai vraiment bien aimé, ça m’a beaucoup plu. »
Charlotte HALLAIRE (30 ans), bénévole sur les ateliers de français à visée professionnelle. Elle est catholique, d’origine française et a vécu 1an et demi au Burkina Faso.
« J’ai trouvé cet échange très riche tout d’abord entre l’animatrice et les apprenants puis entre les apprenants eux-mêmes. Chacun avait besoin de s’exprimer et avait envie de donner son point de vue, de raconter son histoire et son ressenti par rapport à la place de la laïcité en France et dans leur pays d’origine. Lorsque nous leur avons proposé cette sortie quelques jours avant, le thème de la laïcité n’était pas très clair pour tous mais l’échange leur a permis de mieux cerner ce sujet et tous ont participé à ce tour de table avec beaucoup d’intérêt.
A l’issue de cette réunion, la plupart des apprenants nous ont confirmé qu’ils étaient ravi(e)s de cette sortie et avaient apprécié de pouvoir s’exprimer ainsi et de recevoir aussi le témoignage des autres intervenants. Une légère frustration que ce soit passé aussi vite pour tout le monde. Une expérience à renouveler plus fréquemment ! »

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