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Club des livres, avec l’historien Martin Mourre

8 novembre 2017

Le samedi 2 décembre 2017, la BnF accueillera l’historien Martin Mourre, auteur du livre ” Thiaroye 1944. Histoire et mémoire d’un massacre colonial “. Regarder l’histoire en face

Le 1er décembre 1944, les officiers coloniaux de l’armée française assassinent plusieurs dizaines de tirailleurs sénégalais qui n’ont fait que réclamer leur dû : leur solde militaire, au même titre que les  soldats “français de France” qui ont combattu l’armée nazie.

Aujourd’hui alors que certains descendants de tirailleurs sénégalais exécutés à Thiaroye réclament justice, il est temps de revenir sur ce symbole des aspects les plus abjects du colonialisme, en  faisant toute la lumière sur cette tragédie et la façon dont la société africaine s’est rappropriée son histoire.

Le massacre de Thiaroye  pose de nombreuses questions :

-          Qui a décidé de massacrer des soldats qui ne demandaient que leur dû, est-ce le haut commandement de l’armée française à Paris, ou bien l’initiative est-elle venue de subalternes coloniaux et racistes ?

-          Quoiqu’il en soit, pourquoi toute la lumière ne s’est pas faite sur cet évènement  qui est l’un des plus sanglants de toute l’Afrique de l’Ouest, entre 1940 et 1960 ?

-          Les soldats qui sont morts ou blessés au camp de Thiaroye par les balles françaises sont présentés comme des mutins, comme leurs camarades qui furent jugés et jamais réhabilités. Pourquoi ne furent-ils jamais réhabilités ?

Ce n’est qu’à partir des années 2000 que des historiens prirent des distances vis-à-vis du récit de ce massacre produit dans les archives militaires.

Mais malgré la volonté de taire de massacre,  ce crime a bouleversé la population de Dakar qui a été très vite au courant. Dès le mois de décembre 1944, Léopold Ségar Senghor écrit le poème Thiaroye qui n’est publié qu’en 1948 dans le recueil hostiesnoires.   Les autorités coloniales en 1949 interdisent les disques  produits en Afrique Occidentale française qui évoquent le massacre, comme Aube africaine de Fodeba Keita. Les générations plus jeunes, parlent  également de Thiaroye comme Boubacar Diop, qui écrit la pièce Thiaroye , terre rouge,  dans les années 70 . Le cinéaste Sembène Ousmane réalise le film Camp de Thiaroye, en 1988 qui sera très peu diffusé en  France mais connaîtra un grand succès au Sénégal. A leur tour,  dans les années 2000, les rappeurs de Wa BMG 44 ou le chanteur Mansour Seck narrent  la tragédie de Thiaroye.

Pourquoi avoir choisi d’évoquer cette tragédie ? Pour contribuer à regarder l’histoire en face, à démasquer ces zones d’ombres, c’est à cette condition qu’il sera possible de construire une histoire partagée avec tous les descendants des acteurs de cette histoire, quels qu’ils soient…

Documents consultables à la BnF, parmi lesquels, la notice en lien :

BnF site-François-Mitterrand
Samedi 2 décembre 2017, 17h-18h
à l’Aquarium - Hall Est

Entrée libre et gratuite

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