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3. La BnF et ses métiers

Le métier d’Assistante documentaliste… par Angélique Carle

23 septembre 2014

Tous les agents de la BnF passent devant le CDIP : en allant au restaurant du personnel ou à la salle de sports par exemple… Nous vous proposons d’y entrer et de découvrir le métier d’assistante documentaliste avec Angélique Carle…

Angélique Carle ©C.Gaspard)

Angélique Carle ©C.Gaspard

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Je suis Assistante documentaliste. Je travaille sur le site François Mitterrand, au CDIP, Centre de Documentation et d’Information Professionnelles, Service des qualifications et de la formation (SQF), au sein de la Direction déléguée aux ressources humaines.

2. En quoi consiste votre travail ?
Le CDIP est ouvert à tous les agents de la BnF. L’offre documentaire est large : environnement professionnel, fonction publique, culture générale, préparation aux concours, méthodologie, bibliothéconomie, informatique, histoire de l’art, langues, littérature sur le livre, catalogues des expositions de la BnF …
Mon travail consiste avant tout à accueillir et renseigner les usagers qui fréquentent le centre. Je suis également chargée des acquisitions, du traitement (catalogage) des documents, de l’équipement (cotation, code à barres), des petites réparations et du désherbage.
Je m’occupe aussi des abonnements de périodiques, de veille documentaire et des ressources en ligne sur notre portail.
J’élabore aussi des bibliographies en collaboration avec les responsables de développement de compétences (RDC) qui organisent les formations au sein du SQF.

3. Comment devient-on Assistante documentaliste ? Quelle formation est nécessaire ?
J’ai préparé un CAP de brochure, reliure, papeterie industrielle au lycée Tolbiac. Je suis entrée à la BnF, à la Direction des services et réseaux en 2001. J’ai travaillé pendant 2 ans à l’atelier de reliure semi-mécanisée puis 4 ans à l’atelier de conditionnement et équipement léger. J’ai intégré le corps des magasiniers de bibliothèques en 2005 dans le cadre du plan de titularisation Sapin. Suite à un mouvement interne j’ai postulé en tant qu’Agent du circuit des entrées au Dépôt légal livres où je saisissais les pré-notices de catalogage des ouvrages qui sont déposés à la BnF.
En 2011, par le biais d’une demande de mutation interne, j’ai intégré le CDIP.

Les travaux du CDIP en 2013 ©A.Carle)

Les travaux du CDIP en 2013 ©A.Carle

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuelle ?
Je suis fonctionnaire, magasinier des bibliothèques.


5. Comment avez-vous choisi ce métier ?

J’ai d’abord fréquenté le CDIP, dès son ouverture. J’étais une grande « emprunteuse » pour ma formation professionnelle et personnelle ! Dès qu’un poste s’est libéré j’ai postulé ! J’ai toujours été bien accueillie et renseignée quand je venais au CDIP et aujourd’hui, j’ai envie que les usagers ressentent la même chose.

6. Pour vous quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Il faut bien sûr aimer le contact, avoir le goût du service et être disponible pour les usagers.
Il faut aussi aimer le travail en équipe. Les réunions de service avec nos collègues qui sont « géographiquement éloignés », dans des bureaux en tour, se déroulent au CDIP, ce qui favorise la circulation de l’information.

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
On a ici une vision complète de la chaîne documentaire : des acquisitions au service public et à la réalisation de produits documentaires… J’ai découvert : la veille documentaire pour les acquisitions, la diffusion de l’information sur notre portail web et surtout le service public.
J’ai pu aussi me former à de nouveaux outils de communication : Scoop.It !, Twitter & Netvibes.

Le CDIP ©C.Gaspard)

Le CDIP ©C.Gaspard

8. Ses inconvénients ?
Je dirais les contraintes horaires liées à l’ouverture du CDIP. Nous ne sommes que 2 et nous essayons de déjeuner en général avant l’ouverture du centre à 12h30 pour pouvoir accueillir les agents.
Bien que le centre soit suffisamment grand et accueillant, il y manque tout de même la lumière naturelle. En revanche nous sommes bien identifiés et les agents nous connaissent. Les retours sont positifs sur l’accueil et la qualité du service.

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
Je passe les concours d’accès à la catégorie B : concours de bibliothécaire assistant spécialisé, concours d’Assistant qualifié de conservation, concours de la ville de Paris pour lesquels je suis les préparations proposées à la BnF.

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Le métier d’expert fonctionnel… par Catherine Lerouge

1 juillet 2014

Sans eux, pas d’applications informatiques, donc impossible de travailler ! L’expert fonctionnel est pour nous l’informaticien à qui l’on décrit ce dont on a besoin et qui va se charger de la conception puis suivre l’utilisation que l’on fait de l’application développée pour éventuellement la corriger ou l’améliorer… Rencontre avec Catherine Lerouge…

Catherine Lerouge ©Gaspard/BnF)

Catherine Lerouge ©Gaspard/BnF

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Je suis Expert fonctionnel. Je travaille sur le site François Mitterrand, au Département des systèmes d’information (DSI), Service études et développements, au sein du bureau études et accompagnement. L’expert fonctionnel recueille et analyse les besoins des utilisateurs puis les soumet sous forme de spécifications à l’équipe de développement informatique. Il est donc l’interface entre la technique et le métier.

2. En quoi consiste votre travail ?
Le nom lui-même du bureau auquel je suis rattachée « Bureau Études et Accompagnement » donne une première réponse à cette question : la mission d’un expert fonctionnel sera composée d’études pour satisfaire les besoins des utilisateurs de la bibliothèque (quels que soient la direction, ou le département auxquels ils sont rattachés) et d’un accompagnement au quotidien dans l’utilisation qu’ils feront des applications/logiciels qui auront été mis en place pour répondre à ces besoins.
Mon domaine d’intervention est celui du circuit du document numérique : plus précisément, en amont, les applications de sélection des documents physiques pour alimenter les prestataires internes ou externes de numérisation, mais aussi désormais les partenaires dans le cadre de la filiale ; et en aval, la chaîne de réception et de contrôles des documents numériques produits.
Maintenir cette chaîne, plus connue sous le terme « chaîne d’entrée », c’est entre autres assurer l’alimentation de Gallica (la bibliothèque numérique) et comptabiliser ce qui doit être payé aux prestataires externes : un dysfonctionnement est donc rapidement remarqué !
Si la réactivité en termes de maintenance doit être assurée, elle doit également l’être de plus en plus pour les demandes d’évolutions des applications : il faut répondre aux contraintes des marchés de numérisation ou des partenariats.
Notre domaine, pour l’année 2014, doit définir et lancer les développements informatiques pour accueillir le nouveau marché de numérisation en masse, ses nouveaux critères de comptage des pages numérisées, le nouveau format des images numériques, la nouvelle version du format « epub », l’intégration du département de l’Audiovisuel dans le circuit du document numérique….
L’expert fonctionnel n’est bien sûr qu’un maillon dans le cycle de réalisation des évolutions des applications: il fait partie d’une équipe à la fois technique (conception, intégration, production) mais aussi métier et s’attache donc à respecter la demande initiale de l’utilisateur.

Organisation du travail...au mur ©Gaspard/BnF )

Organisation du travail...au mur ©Gaspard/BnF

3. Comment devient-on Expert fonctionnel ? Quelle formation est nécessaire ?
Après un parcours purement universitaire et lillois (DEUG de mathématiques, puis maîtrise de sciences économiques), j’ai enchaîné sur un Master spécialité administration des entreprises et comme la sortie du monde universitaire ne me tentait toujours pas, j’ai démarré un Master d’analyse financière (ex DEA, diplôme d’études approfondies). Là, je dois dire que cette dernière année m’a permis de connaître un peu mieux ce à quoi je n’étais pas destinée !
Après diverses expériences sur le marché du travail français et un peu britannique, mes finances (là, même le DEA était superflu pour les analyser) m’ont amenée à considérer une reconversion dans le domaine informatique, bien mieux représenté dans les annonces d’offres d’emplois. L’AFCEPF de Paris a considéré que j’avais les capacités pour devenir analyste développeur en 6 mois ; j’ai alors fait une infidélité à mon cursus lillois et le premier pas vers le monde de l’informatique a donc été fait.

4. Etes-vous titulaire ou contractuelle ?
Je suis contractuelle, après 2 contrats à durée déterminée de 3 ans, on m’a proposé un contrat à durée indéterminée…

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?
A mon arrivée à la BnF en octobre 2001, j’ai d’abord travaillé au Bureau Conception et Développement du DSI en tant qu’ingénieur développement, pendant 6 ans. Arrivant d’une petite société informatique, où la frontière métier/technique était moins marquée, j’ai finalement constaté que le contact avec l’utilisateur me manquait. J’ai donc demandé à basculer au Bureau Études et Accompagnement. Il me serait difficile, aujourd’hui, de repartir dans le domaine technique….à moins de me relancer dans un cursus d’études !

6. Pour vous, quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Outre un bon esprit d’analyse et de synthèse, les qualités relationnelles sont importantes.
L’expert fonctionnel est censé être force de proposition et avancer des solutions adaptées aux besoins : pour dialoguer avec l’équipe métier et l’équipe technique, il doit posséder une culture technique et fonctionnelle.
Il doit faire preuve d’adaptabilité : les besoins et les solutions techniques sont variés et évoluent parfois rapidement….et parfois au même moment.

C. Lerouge, M. Bourgeois, C. Gallos, T. Malecki, C. Fauvel ©Gaspard/BnF)

C. Lerouge, M. Bourgeois, C. Gallos, T. Malecki, C. Fauvel ©Gaspard/BnF

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
La diversité du travail : on est en contact permanent avec les utilisateurs que ce soit les ateliers de numérisation, les départements de collections, et bien sur les collègues du DSI.
La possibilité, en tout cas à la BnF, de se former régulièrement : le besoin d’adaptabilité du métier évoquée un peu plus haut est donc bien identifié.
Les conditions de travail : heureusement, l’équipe est soudée : ça ne diminue pas la charge de travail mais cela permet de l’affronter un peu plus sereinement.

8. Ses inconvénients ?
Plutôt que d’inconvénients, je parlerais de “difficultés”, et ce n’est certainement pas spécifique au métier d’expert fonctionnel.
Le domaine de la numérisation est fortement évolutif, il faut donc être réactif pour répondre aux besoins des marchés et des clients. C’est un élément positif du domaine puisqu’il est intéressant d’acquérir et tenter de maîtriser de nouvelles connaissances: mais il faut bien souvent faire évoluer une application pour répondre à cette nouveauté, tout en maintenant le comportement précédent. Si on décide par exemple de recevoir désormais des images numérisées au format « jpeg2000 » sur les nouveaux marchés, on doit néanmoins continuer à recevoir des images numériques au format « tiff » sur les marchés en cours. Une évolution amène bien souvent une augmentation des lignes de codes écrites et donc une augmentation du périmètre de maintenance.
Et puis bien sûr, même si ce n’est pas agréable d’en parler : faire évoluer une application, c’est potentiellement y amener une régression. Même si on s’attache à réaliser des tests de non régression (automatisés ou humains), en supplément des tests des nouvelles fonctionnalités, on peut laisser passer un bug. Il faut alors faire face au mécontentement légitime de l’utilisateur et au surcroit de travail que le dysfonctionnement induit : réparation de données, recherche d’une solution de contournement, préparation d’un correctif en urgence, nouvelle phase de tests et nouvelle mise en production.

9.Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
Les possibilités de mobilité en dehors du DSI sont réduites. Le contenu de mon poste, le domaine sur lequel je travaille et l’équipe à laquelle j’appartiens me conviennent : la question de la mobilité n’est donc pas un problème. Je vais apparemment avoir un parcours moins diversifié que pendant mon cursus d’étudiante !

Pour aller plus loin :

- sur les formats numériques

- sur les métiers de l’informatique

3. La BnF et ses métiers

Le métier de responsable d’atelier de reproduction numérisation… par Franck Bardon

29 avril 2014

Numériser pour donner accès au plus grand nombre aux collections de la BnF. La Bibliothèque nationale a pour mission à la fois de conserver et de communiquer les documents. Afin de les préserver des nombreuses manipulations, la bibliothèque conduit depuis de nombreuses années des programmes de numérisation de ses collections. Ces campagnes de numérisation sont en partie réalisées dans les ateliers de la bibliothèque… Franck Bardon nous présente le métier de responsable d’atelier de reproduction numérisation…

Franck Bardon ©BnF)

Franck Bardon ©BnF

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Je suis responsable de l’atelier de reproduction numérisation au Service restauration – Richelieu, Département de la Conservation, Direction des services et réseaux, sur le site François Mitterrand. A la Bibliothèque nationale de France, il y a trois sites de numérisation : à Sablé, à Richelieu et à Bussy Saint Georges. En raison des travaux sur le site de Richelieu, notre service est installé à Tolbiac mais nous numérisons principalement les collections des départements spécialisés (Manuscrits, Musique, Cartes et plans, Arts du spectacle, Bibliothèque musée de l’opéra, Arsenal et ponctuellement des collections de la Réserve des livres rares et la presse pour le département Droit économie politique)

2. En quoi consiste votre travail ?

Il n’y a pas de journée type… Je peux faire de la prise de vue ou de la post-production c’est-à-dire corriger des images refusées par les départements parce qu’il manque une légende par exemple. Je participe aux réunions de programmation de chantiers de numérisation : on établit un planning annuel avec le nombre d’images pour chaque département. Ce planning est souvent modifié en fonction de la disponibilité des départements pour préparer les lots (de documents) à numériser.
A la réception des lots, je choisis le matériel adapté qui sera utilisé par le photographe et j’établis, pour chaque document, une feuille de travail qui comporte l’identifiant numérique, la cote et le titre du document ainsi que des consignes de manipulation et d’ouverture. Le photographe pourra y reporter les difficultés rencontrées lors des prises de vue. J’entrepose dans une armoire forte les documents en attente de numérisation où les photographes viendront ensuite se servir…

L équipe de l atelier numérisation ©BnF)

L équipe de l atelier numérisation ©BnF

3. Comment devient-on responsable d’atelier de reproduction numérisation ? Quelle formation est nécessaire ?
Je suis photographe de formation. J’ai préparé un Bac A3, lettres et art, option théâtre que je n’ai pas passé : j’étais nul en dessin ! J’ai repris un CAP photographique en alternance, au CIFAP (Centre international de formation à l’audiovisuelle production) de Pantin, pendant 3 ans. Je travaillais dans un labo professionnel qui faisait également studio photo (Dephti Ouest à Bois d’arcy, Dephti pour développement, photo, tirage). A la fin de mon CAP, vers 20 ans, je me suis rendu compte que ce qui me plaisais vraiment ce n’était pas la photo, c’est-à-dire l’aspect créatif, mais le travail sur les photos des autres… Après le CAP, j’ai préparé un bac professionnel en 3 ans au Lycée Brassaï, dans le 15e arrondissement de Paris. Ensuite, j’ai travaillé un an chez Fuji à Bois D’Arcy : je faisais des tirages d’après ektas (grandes diapositives). Puis j’ai passé 3 fois 3 mois en Irlande pour une association qui organisait des séjours linguistiques pour des écoles et avait besoin de photos pour une plaquette publicitaire… Le 2 novembre 1997, je suis entré à la Bibliothèque nationale de France, au service reproduction suite à une candidature spontanée… Depuis 2006, je travaille au département de la Conservation et je suis responsable d’atelier depuis 2007.

4. Etes-vous titulaire ou contractuel ?
Je suis contractuel mais il existe dans la fonction publique des techniciens d’art photographes. Dans mon service, nous sommes 2 contractuels et 3 titulaires à plein temps et une personne à mi-temps.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?

Depuis tout petit je rêvais d’être photographe publicitaire… J’ai eu mon premier appareil photo en CE1 : je photographiais la famille, des paysages, des natures mortes mais entre les pellicules et les flashs cubes, ça revenait cher à l’époque ! Plus tard, avec mon premier salaire de job d’été, j’ai acheté un Nikon FG que j’ai toujours… ce qui me passionnait c’était la prise de vue, le développement : les bacs, la chambre noire… L’avènement du numérique a mis fin à ma passion : je n’aime pas travailler avec photoshop !

6. Pour vous quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Il faut aimer les collections : quand je suis arrivé à la BnF, je crois bien que c’était la 3e fois de ma vie que je mettais les pieds dans une bibliothèque, j’ai du mal avec l’ambiance calme des salles de lecture, ça me donne envie de faire du bruit ! Ici j’ai découvert des trésors grâce aux collègues des départements qui nous racontent l’histoire de chacun des documents qui nous sont confiés et témoignent de leur préciosité. Nous travaillons en lien aussi avec les restaurateurs qui transmettent l’amour de leur travail ce qui ne peut pas laisser indifférent…

7. Quels sont les avantages de ce métier ?

L’autonomie dans l’organisation du travail : après la réunion avec l’expert numérisation, qui est en contact avec la coordinatrice de la conservation et de la reproduction, et la chef du service restauration, qui fixe le programme annuel de numérisation pour les départements, nous sommes autonomes dans l’organisation de notre travail.
Les collections que l’on numérise : on a dans les mains des trésors que peu de gens peuvent voir…

Scanner Metis DRS 5070 ©BnF)

Scanner Metis DRS 5070 ©BnF

8. Ses inconvénients ?
Nous faisons en permanence une veille technologique mais les budgets de l’établissement ne permettent pas de renouveler les équipements aussi régulièrement qu’il le faudrait. Nous travaillons avec un matériel vieillissant. Les machines ne sont pas adaptées à la diversité des documents que nous avons à traiter. Il faut bricoler, trouver des astuces pour répondre à la demande et ça c’est intéressant !

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolutions de carrière ?

Je suis contractuel, il y a donc peu de possibilités de mobilité…
Même si je me tiens informé, je vais être distancé par les nouveaux photographes qui maîtrisent les nouvelles techniques, j’aimerais davantage travailler sur les marchés de numérisation ou mon expérience technique serait un vrai plus : choix du prestataire, rédaction du cahier des charges, travail avec les départements sur les traitements prioritaires.

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Le métier de chargé d’action pédagogique… par Anne Sophie Lambert

31 décembre 2013

Si les salles de lecture du Haut de jardin sont ouvertes à tout lecteur âgé de 16 ans et plus, la Bibliothèque nationale reçoit régulièrement le public scolaire pour des ateliers et des visites… Ce public est accueilli par les chargés d’action pédagogique du département des Publics et de la médiation…

Anne-Sophie Lambert ©BnF)

Anne-Sophie Lambert ©BnF

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Je suis chargée d’action pédagogique, au Département des publics et de la médiation, à la Direction de la diffusion culturelle, site François Mitterrand. Je suis chargée de la conception, de l’animation de visites et d’ateliers autour des expositions, des collections et du bâtiment pour le public scolaire, du CP aux BTS et classes préparatoires. En 2012, nous avons accueilli 19 000 élèves environ…
Je suis également chargée d’organiser des visites des expositions pour les enseignants. Enfin, je rédige des fiches pédagogiques autour des expositions ainsi que des dossiers thématiques « permanents », par exemple sur l’histoire du livre.

2. En quoi consiste votre travail ?
Les mardis, jeudi et vendredi sont consacrés à l’accueil de classes pour des visites et ateliers. Les ateliers (Histoire du livre, Les unes de presse) ont lieu dans la Galerie Jules Verne. Les ateliers autour d’une exposition se déroulent en 2 temps : une heure de visite puis 1 heure d’atelier en salle des commissions près du Hall Est.
Le mercredi après-midi est dédié aux visites pour les enseignants, à la rédaction de fiches ou dossiers pédagogiques ou à la préparation des ateliers.
Tous les lundis matin, nous commençons par une réunion de service où nous nous répartissons les visites de la semaine. Le lundi après-midi, je m’occupe du suivi budgétaire du service : paiement des conférenciers extérieurs, commandes de fournitures pour la confection des dossiers pédagogiques et petit matériel pour les ateliers, achat de documents et livres pour le service et aussi établissement des contrats d’intervenants extérieurs pour les formations d’enseignants.

3. Comment devient-on chargée d’action pédagogique ? Quelle formation est nécessaire ?

J’ai fait des études d’histoire et d’histoire de l’art à Nanterre. A partir de la maîtrise et pendant 5 ans, j’ai travaillé en tant qu’animateur socio-culturel au Service éducatif des Archives nationales. Nous organisions des visites et des ateliers. Pendant mes études, j’étais également chargée de TD en historiographie à la faculté de Marne la Vallée.
Ensuite, j’ai passé un examen professionnel de guide interprète régional pour les visites commentées des monuments nationaux ce qui m’a permis d’exercer quelques temps cette profession de manière indépendante. En juin 2005, j’ai postulé au service de l’action pédagogique de la Bibliothèque nationale de France et j’ai été recrutée d’abord à temps incomplet. Depuis 2012, j’ai un contrat à durée indéterminée et travaille à temps complet.

Le service de l action pédagogique ©BnF)

Le service de l action pédagogique ©BnF

4. Etes-vous titulaire ou contractuelle ?
Je suis contractuelle, le métier de chargé d’action pédagogique n’existe pas dans la fonction publique. Dans notre service nous sommes presque tous contractuels, certains sont professeurs en position de détachement.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?

J’ai eu une « révélation » en CM2 alors que notre classe visitait le château de Vaux le Vicomte ! Je me suis dit alors que le métier de guide était exceptionnel…
Puis quand j’ai commencé mes études, je voulais être chercheur mais il y a peu de postes en histoire contemporaine et, à ce moment-là, je ne voulais pas vraiment enseigner (ce qui signifiait passer le CAPES ou l’agrégation). A partir de mon expérience aux Archives nationales, j’ai eu du plaisir à travailler dans la médiation culturelle. Je trouve valorisant le contact avec les enfants : éveiller leur curiosité, voir leur émerveillement… ça m’a donné envie de continuer vers ces métiers là…

6. Pour vous, quelles sont les qualités essentielles, nécessaire pour exercer ce métier ?

Il faut de la curiosité, de l’envie et du dynamisme : il faut parfois « aller chercher » les élèves… La volonté de transmettre et donc de la pédagogie.
Il faut également des qualités rédactionnelles, savoir dessiner et peindre pour réaliser les fiches et dossiers pédagogiques et pour animer les ateliers.
Il faut le sens du contact pour s’adapter aux publics du CP à la terminale…
Enfin, il faut une bonne mémoire bien organisée pour mener une « visite du bâtiment » le matin et un atelier « Unes de presse » l’après midi !

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
Le plaisir que l’on retire du contact avec le public, en particulier avec les enfants. Les entendre dire : « c’était génial », voir une petite étincelle dans leurs yeux… les petits qui ne veulent plus partir ou souhaitent absolument « faire un bisou » pour remercier…
La préparation des dossiers et fiches pédagogiques qui satisfait ma curiosité intellectuelle…

Accueil d une classe espace Jules Verne ©BnF)

Accueil d une classe, espace Jules Verne ©BnF

8. Ses inconvénients ?
Le grand écart que l’on fait entre 2 visites complètement différentes dans une même journée.
Le fait que l’on n’ait pas d’espace dédié pour laisser en place notre matériel, nos fournitures mais aussi pour pouvoir exposer les réalisations des élèves. Et puis les locaux n’ont pas été conçus au départ pour l’accueil du jeune public. Les espaces dévolus aux ateliers sont bruyants ou sombres…

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
La mobilité vers d’autres établissements est compliquée voire impossible pour les contractuels. Je n’envisage pas de changer de poste en interne. Notre service est transverse, nous contribuons au rayonnement de la bibliothèque et mon métier me plait.
A plus ou moins longue échéance, j’envisagerai peut être un retour à l’enseignement…

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Le métier de conducteur chauffeur livreur… par Laurent Reyes

10 octobre 2013

Nous l’avons d’abord connu en uniforme, arpentant les couloirs du site François Mitterrand. Aujourd’hui, c’est au volant d’un utilitaire que l’on peut l’apercevoir car dorénavant, il circule entre les différents sites de la bibliothèque et parfois bien au délà… Rencontre avec Laurent Reyes, conducteur chauffeur livreur…

Laurent Reyes ©BnF)

Laurent Reyes ©BnF

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Je suis conducteur chauffeur livreur, en poste au Département des moyens techniques, Service logistique et moyens généraux, sur le site François-Mitterrand.

2. En quoi consiste votre travail ?
Il y a d’abord le transfert de collections, c’est-à-dire le transport de documents d’un site à l’autre soit parce que le document doit être restauré, soit pour des communications en salle de lecture. Toutes les opérations de transport de collections sont enregistrées dans un logiciel spécifique « suivi colis ». Ces informations sont transférées dans notre PDA (Personal digital assistant). Cet outil nous permet de visualiser tous les transferts à effectuer par rapport à notre mission. Il permet aussi d’informer les expéditeurs et les destinataires que nous avons enlevé et livré leurs colis. Il y a aussi des missions spécifiques dont la durée varie entre une demie journée et 3 jours, en France ou parfois dans les pays limitrophes, pour récupérer des dons, des legs, ou pour transporter des documents que la bibliothèque prête ou se fait prêter pour des expositions. Pour ces missions longues, avec escale pour la nuit, l’itinéraire est construit en fonction du lieu, c’est-à-dire de l’établissement (musée ou bibliothèque) qui conservera les œuvres pendant la nuit. Pour les missions spécifiques, on parle de convoiement car on est toujours accompagné d’un conservateur ou d’un régisseur d’œuvres qui veille sur ces documents précieux… Il arrive même que l’artiste ou l’auteur de l’œuvre nous accompagne… Comme Georges Wolinski lors de l’exposition qui avait été organisée en 2012.
On assure aussi la livraison des fournitures : papier, filtres de climatisation, boîtes de conservation, petit mobilier… entre les différents sites de la bibliothèque. Enfin, on se charge de l’entretien (niveaux, pression…) et du nettoyage du parc automobile de la Bibliothèque nationale France.

Sur la route ©L Reyes)

Sur la route ©L Reyes

3. Comment devient-on conducteur chauffeur livreur? Quelle formation est nécessaire ?
Il faut être titulaire d’un permis B depuis plus de 3 ans. Il faut avoir une bonne connaissance des règles de sécurité à la conduite. Pour cela j’ai suivi un stage de sensibilisation aux risques routiers et à l’éco conduite dans un centre agréé ainsi qu’un stage sur les gestes et postures.

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuel ?
Je suis fonctionnaire : Adjoint technique des administrations de l’État

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?
Après un bac F2, électronique, j’ai dû entrer rapidement dans la vie active et j’ai choisi l’armée. Par un hasard de circonstance, en 1996 j’ai fait mon service militaire chez les Sapeurs-Pompiers de Paris puis je m’y suis engagé. J’ai été affecté à la Bibliothèque nationale de France en 2002 afin de rejoindre l’Unité de sapeurs-pompiers chargée de protéger l’établissement et les personnes y travaillant. J’ai gardé l’uniforme jusqu’en 2011 : j’ai alors mis fin à ma carrière militaire et j’ai voulu me reconvertir. Comme j’étais tombé amoureux de l’établissement au long de mon affectation, j’ai décidé de me reconvertir en son sein. J’ai donc cherché un poste à la bibliothèque qui corresponde à mes compétences et qui réponde à mon goût pour la mobilité…

J’ai d’abord été détaché par l’armée, au Ministère de la culture, en poste à la Bibliothèque nationale de France pendant un an. En 2012, j’ai demandé mon intégration dans le corps des Adjoints techniques des administrations de l’État.

6. Pour vous quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Il faut être ponctuel et savoir anticiper les impondérables (avec l’expérience on connaît mieux les difficultés de circulations dans Paris à certaines heures et sur certains trajets)…
Il faut être discret : on circule en véhicules banalisés. On ne sait jamais ce que l’on transporte, on sait simplement que ce sont des documents de grande valeur. On doit aussi respecter les accompagnants.
Pour les missions longues, il faut être disponible pour pouvoir s’absenter plusieurs jours.

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
Pour moi avant tout c’est la mobilité : on connaît tous les sites, les missions spécifiques permettent de voyager, de découvrir d’autres régions. Quand je pars en mission, j’en profite pour visiter la ville, un musée, une exposition souvent avec le conservateur ou le régisseur qui m’accompagne… Cette année, je suis allé en Haute Savoie, à Sarlat, à Angoulême, à Toulouse, à Avignon et au Havre…

Trompe l oeil à Angoulême ©L. Reyes)

Trompe l oeil à Angoulême ©L. Reyes

8. Ses inconvénients ?
Il n’y en a pas…. Enfin, la circulation parisienne dans les bouchons : difficile parfois de tenir les horaires… Heureusement, nous sommes 5 chauffeurs, on peut se remplacer en cas de problème.
Charger ou décharger les camions : on porte des charges plus ou moins lourdes…

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
Je suis à ce poste depuis seulement 2 ans et 4 mois, je découvre encore le monde du travail civil. Mon métier me plait, je n’envisage pas encore de changement. Pour progresser, je pourrais passer le concours de Technicien des services culturels…

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Le métier de chimiste… par Stéphane Bouvet

13 septembre 2013

Nous vous proposons cette fois de découvrir, avec Stéphane Bouvet, le métier de chimiste appliqué aux collections de la bibliothèque… L’occasion également pour vous de découvrir le site de Bussy Saint Georges…

Stéphane Bouvet ©BnF)

Stéphane Bouvet ©BnF

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Je suis chargé d’études en physique-chimie au Service central du département de la Conservation. Je travaille au Laboratoire du site de Bussy Saint Georges.

2. En quoi consiste votre travail ?
La principale mission du laboratoire est de fournir assistance et conseils au personnel chargé de la conservation des collections mais également de répondre à la demande d’autres établissements.
Une part importante de mon activité repose sur le contrôle qualité des produits et matériaux utilisés pour la conservation ou la restauration des collections : on vérifie que ces matériaux (papiers, cartons, plastiques, boites, colles, pochettes…) sont sans risques pour les collections.
Nous nous impliquons également dans des programmes de recherche, en général sur 3 ans, soit internes à la bibliothèque soit nationaux en partenariat avec d’autres laboratoires. Ces programmes de recherche sont variés… toujours liés à des problématiques de conservation. Nous travaillons par exemple sur le programme soutenu par le Ministère de la culture : “Programme national de recherche sur la connaissance et la conservation des matériaux du patrimoine culturel (PNRCC)” et nous participons également au LabEx Patrima (Laboratoire d’excellence Patrimoines, matériels, savoirs, patrimonialisation, médiation) en collaboration avec les universités de Cergy-Pontoise et de Versailles Saint-Quentin en Yvelines dans le cadre du projet CoMPresSil (Conservation matérielle et traitement des papiers de presse modernes)…
Le dernier aspect de mon travail concerne la formation. Il s’agit de former les collègues de la bibliothèque ou d’autres établissements (élèves de l’ENSSIB par exemple) sur les facteurs de dégradations des collections et les précautions à prendre (environnement, manipulations, choix des matériaux…). Je m’occupe également de l’alimentation et de la mise à jour des informations concernant la conservation sur le site internet de la BnF ainsi que de la mise en ligne de la lettre interne d’information “Actualités de la conservation“.

Evaporateur rotatif ©BnF)

Evaporateur rotatif ©BnF

3. Comment devient-on chimiste ? Quelle formation est nécessaire ?
J’ai préparé un DUT (diplôme universitaire de technologie) agro-alimentaire dans le but de travailler dans le domaine du contrôle alimentaire (par exemple : vérifier le pourcentage de matières grasses dans les aliments ou l’oxydation des huiles etc )… Après mon service militaire, j’ai cherché du travail et suis arrivé en région parisienne. J’ai travaillé en intérim pendant 6 mois dans le domaine de la gestion des déchets urbains (combustion, recyclage…) pour une étude menée par l’ADEME. Un de mes collègues a passé un concours pour travailler dans un laboratoire des Monuments historiques. Je me suis alors intéressé à cette filière scientifique au sein de la fonction publique. Quelques mois plus tard, je postulais et étais recruté pour un contrat de 3 ans (1993-1996) au laboratoire de la Bibliothèque nationale, site Richelieu, plutôt spécialisé en microbiologie (étude des micro-organismes responsables des dégradations des collections). En 1996, on m’a proposé de travailler sur le site nouvellement construit de Bussy Saint Georges et de participer à la mise en place de la nouvelle entité du laboratoire plus axée sur les analyses en physico-chimie, domaine qui correspondait mieux à mon profil. Il y avait tout à faire : achat et prise en main des matériels analytiques et développement des protocoles d’analyse : c’était une expérience très enrichissante.

4. Etes-vous titulaire ou contractuel ?
Je suis titulaire, j’ai passé un concours sur dossier dans le cadre du dispositif Sapin.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?
C’est un peu le hasard, je cherchais un travail de technicien de laboratoire. L’annonce du premier emploi que j’ai occupé à la bibliothèque répondait à mes souhaits avec une partie analyse, qui correspondait à ma formation et une partir désinfection. Le travail était varié, tout ce que je voulais… ça m’a permis de découvrir le domaine de la conservation en bibliothèque. Je me suis formé auprès de mes collègues. J’avais appris les techniques, c’est juste “le sujet” qui change (les livres, les films, les disques…). J’ai appris “sur le tas”…

L équipe du laboratoire ©BnF)

L équipe du laboratoire ©BnF

6. Pour vous, quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Il faut avoir l’esprit scientifique, c’est à dire rigoureux et précis : on travaille sur des mirco-échantillons donc on n’a pas le droit à l’erreur… Il faut aussi être curieux pour s’intéresser à tous les domaines : papiers, plastiques, textiles, maquettes, vinyles… c’est ce qui rend d’ailleurs le métier passionnant. C’est un travail d’enquête, on est amené à trouver de nouvelles techniques d’analyse. C’est un travail à la fois solitaire pour les analyses et d’équipe pour les échanges d’informations, d’idées et pour les projets de recherche. Nous sommes 3 au laboratoire : 2 chimistes et 1 microbiologiste. Ponctuellement, un stagiaire ou un contractuel vient renforcer l’équipe.

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
Il n’y a pas de routine : les analyses sont les mêmes mais on travaille à chaque fois sur des matériaux différents donc on se remet constamment en questions. On découvre aussi de nouvelles collections, souvent anciennes et précieuses…
On travaille en lien avec de nombreux interlocuteurs : les responsables de collections et les collègues chargés de la conservation principalement mais aussi avec le service des expositions (sur les questions de climatisation et d’éclairage des vitrines par exemple) ou avec les agents du Département des moyens techniques lors de travaux dans les magasins (par exemple sur les armoires de climatisation, sur les choix de matériaux : peintures, résines pour les sols…)

8. Ses inconvénients ?
On est souvent pris par le temps : on n’a pas toujours la possibilité de pousser suffisamment loin nos recherches pour faire vraiment le tour d’une problématique et ça génère une sorte de frustration ou un goût d’inachevé…

Petit matériel ©BnF)

Petit matériel ©BnF

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
Notre laboratoire est référent en matière de conservation. Même si l’équipe est réduite, je souhaite continuer à développer les activités et les compétences du laboratoire. Je n’envisage pas de changement de carrière pour l’instant.

3. La BnF et ses métiers

Le métier de directeur des ressources humaines… par Bertrand Wallon

15 juillet 2013

Avant qu’il ne prenne le large pour de nouvelles aventures, nous souhaitions que Bertrand Wallon nous parle de son expérience de Directeur des ressources humaines à la Bibliothèque nationale de France.
Il n’est pas un agent ici qui ne le connaisse ce qui montre combien cette fonction est essentielle…

Bertrand Wallon ©S. Rabany)

Bertrand Wallon ©S. Rabany

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Directeur délégué aux ressources humaines souvent appelé par raccourci Directeur des ressources humaines

2. En quoi consiste votre travail ?

Le Directeur délégué aux ressources humaines est un encadrant, responsable des équipes qui assurent la gestion des personnels et leur formation, ainsi que l’action médicale et sociale à la Bibliothèque nationale de France.
Il est l’interlocuteur au quotidien de la direction pour les organisations syndicales de l’établissement et les services extérieurs qui interviennent en matière de gestion des personnels (essentiellement le Ministère de la culture et le Ministère de l’enseignement supérieur de la recherche).
Il est enfin l’interlocuteur de tout agent pour toute question relative à sa vie professionnelle et, de tout encadrant, pour toute question relative à la gestion des ressources humaines de leurs unités.

3. Comment devient-on Directeur des ressources humaines ? Quelle formation est nécessaire ?
Lorsque je suis devenu DRH, il y a de cela plus de 25 ans, il n’existait pas de formation spécifique à cette fonction. Les DRH avaient le plus souvent fait des études de droit, j’avais pour ma part choisi des études de droit public, et au sortir de mes études, j’ignorais tout du droit du travail qui était alors un enseignement optionnel du droit privé.
J’ai pu combler plus tard cette lacune lorsque j’ai préparé le concours de l’inspection du travail.
Aujourd’hui il existe de nombreuses formations, mais une bonne dose d’expérience professionnelle, pas nécessairement en ressources humaines, est toujours très utile. On peut par exemple, en cours de carrière, évoluer vers des fonctions RH, en particulier à partir d’une expérience d’encadrement opérationnel et d’un complément de formation.

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuel ?
J’ai commencé comme contractuel, pendant 7 ans au Ministère de l’équipement, dans un service d’études économiques. J’ai alors eu l’occasion de participer à la vie syndicale du service dont je relevais. Cette première expérience, ainsi que les conseils de mon ami Antoine Lyon-Caen avec qui j’avais fait mes études et qui était devenu un spécialiste du droit du travail, m’ont encouragé à tenter le concours de l’inspection du travail à un moment où je souhaitais prendre plus de responsabilités. C’était une période où l’inspection du travail, à travers l’autorisation administrative des licenciements économiques et les réformes des lois Auroux (1981-1982) était très directement impliquée dans la vie des entreprises, la gestion de l’emploi et la gestion des relations sociales. C’était la fin des grandes entreprises industrielles en région parisienne, et comme jeune inspecteur, j’ai été confronté à de nombreux licenciements collectifs et plans sociaux.
J’ai également découvert les questions « hygiène et sécurité » à travers les grands chantiers de construction dans le secteur dans lequel j’étais affecté.
Mon passage à la fonction de DRH a été en partie le fait du hasard… Comme inspecteur du travail, j’écrivais des chroniques juridiques de droit du travail et l’ANPE qui cherchait un chef du service juridique pour sa direction générale m’a proposé cette fonction. Deux ans après mon arrivée l’ANPE a décidé de réunir ses départements gestion du personnel et formation en une direction dont la responsabilité m’a été confiée.
Après l’ANPE, j’ai rejoint le ministère de la Justice, à la Direction de l’administration pénitentiaire, avec la responsabilité de l’emploi, de la formation et de l’enseignement des détenus et probationnaires. J’ai eu également à mettre en place les emplois jeunes au sein du ministère de la Justice. Responsabilité qui me rend très réceptif à la mise en place des emplois d’avenir à la BnF, à une échelle bien sûr beaucoup plus réduite.

Code du travail ©Gallica)

Code du travail ©Gallica

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?
J’ai découvert à l’inspection du travail le contenu de la fonction des DRH, fonction qui était loin d’être généralisée au début des années 80 où ces questions étaient souvent gérées par les directions administratives ou les secrétariats généraux. Plusieurs DRH que j’ai alors rencontrés étaient de vrais relais pour l’inspection du travail dans la mise en œuvre des droits nouveaux que prévoyaient les lois Auroux. C’est ainsi que j’ai découvert qu’un DRH n’était pas uniquement chargé d’appliquer la politique d’une direction mais qu’il pouvait aussi contribuer au juste exercice des droits, et à la qualité du climat social dans l’entreprise.

6. Pour vous, quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?

Sur le plan intellectuel, il faut avoir de l’intérêt pour les questions juridiques, partout présentes dans ce métier et qui évoluent continument. Il faut également s’intéresser aux métiers, si divers soient-ils, qui s’exercent dans l’entreprise où l’on travaille. Il faut savoir écouter et apprécier les temps de dialogue. Il ne faut pas redouter les phases de tension mais être capable d’identifier les solutions qui y mettent fin.
Il faut enfin être convaincu que chacun, y compris soi-même, peut progresser professionnellement.

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
Ce métier m’a permis de connaître des univers professionnels variés avec toutefois un trait commun : des agents publics qui, à l’ANPE, comme au ministère de la Justice, puis à la BnF, considèrent qu’ils ont la mission la plus importante et la plus exigeante qui soit.
Je n’imaginais pas, en commençant ma vie professionnelle, qu’une profession pourrait répondre aussi bien à mes attentes intellectuelles et humaines.
Enfin, l’emploi du temps réserve toujours des surprises ! Les journées peuvent être longues et on emporte souvent du travail à la maison, le soir ou en fin de semaine…

8. Ses inconvénients ?

Tout n’est pas toujours drôle… Si le DRH peut être un conseil sur un parcours professionnel, il a aussi, dans certains cas, à appliquer les règles disciplinaires à l’égard de certains agents. Si l’on a la responsabilité du recrutement, on doit aussi signifier des fins de contrats.
Les périodes de conflit social peuvent également comporter des moments délicats.
Pour que le DRH soit un interlocuteur crédible, il faut que son engagement s’inscrive dans la durée, à moyen ou long terme.

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?

Je suis arrivé au terme de ma carrière, et donc de ce métier.

Des projets... dans la pâtisserie ©Wikimediacommons)

Des projets... dans la pâtisserie ©Wikimediacommons

Il m’en restera le goût et l’habitude d’aider des personnes confrontées à des difficultés juridiques ou sociales, ou en recherche d’emploi. Sans envisager aucunement que cela soit un nouveau métier, j’apprécierai, à titre bénévole, d’être un conseiller occasionnel dans ce domaine…

3. La BnF et ses métiers

Le métier de restaurateur de chartes scellées… par Cécile Sarrion

21 mai 2013

Pour mettre en lumière une nouvelle fois les métiers d’art, après les cartes et les livres, nous vous proposons cette fois de rencontrer Cécile Sarrion, restauratrice de chartes scellées…

Cécile Sarrion ©BnF)

Cécile Sarrion ©BnF

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
Je suis restauratrice de livres, au service restauration, sur le site Richelieu. Je m’occupe plus particulièrement depuis peu de la restauration de chartes scellées du département des Manuscrits.
Pour pouvoir restaurer ces chartes, j’ai suivi une formation spécifique d’une semaine aux Archives nationales à l’atelier de restauration des sceaux.
Pour ce chantier, je travaille en collaboration avec Tamara Couval et Solène Serra-de La Forest D’Armaillé pour la restauration ainsi qu’avec Delphine Lantz et Catherine Luscinski pour le conditionnement.
Tamara Couval est restauratrice sur le site de Bussy-st-Georges, elle est venue en formation à l’atelier car la grande majorité de ce fonds ce trouve sur ce site.
Solène Serra-de La Forest D’Armaillé est étudiante en master II de recherche « patrimoine restauration conservation (Sorbonne –paris I) et a préalablement fait un stage de 2 mois à l’atelier des sceaux des Archives Nationales.
Delphine Lantz et Catherine Luscinski travaillent à l’atelier conditionnement équipement léger du site François Mitterrand. Leur rôle consiste à fabriquer les boites de conservation adaptées, sachant que certaines chartes multi-scellées comportent 27 sceaux !

Charte scellée ©BnF)

Charte scellée ©BnF

2. En quoi consiste votre travail ?
C’est le responsable de la conservation du département des Manuscrits qui apporte les chartes à restaurer.
On dresse un constat d’état avec description et localisation des altérations qu’on a observées ; on indique les matériaux constitutifs, l’époque et les restaurations antérieures puis on réalise une proposition des traitements envisagés.
Une fois que le conservateur a validé le constat d’état, le travail peut commencer.
On suit un protocole d’intervention :
Nettoyage des sceaux : ceux-ci étant hydrophobes on utilise de l’eau osmosée, consolidation des fissures, assemblage des fragments avec une colle d’esturgeon, préparation de la cire de comblement, préparation de la cire colorée à l’aide de pigments purs, comblement des lacunes, grattage des parties restaurées, traitement des cires altérées à la propolis (c’est une gomme rougeâtre que les abeilles recueillent sur les bourgeons des marronniers), nettoyage des lacs et leur consolidation. Enfin je restaure la charte parchemin à l’aide de parchemin dédoublé et d’une colle végétale, après l’avoir nettoyée et gommée.
Ensuite, je transmets les dimensions de la charte scellée aux collègues de l’atelier de conditionnement qui fabriquent des boîtes de conservation sur mesure. Le travail terminé, la charte est restituée au Département des manuscrits.
Durant tout le travail de restauration un dossier (papier et électronique) est constitué : il précise les étapes de traitement (les techniques employées) et est illustré des photos du document à différents stades du travail de restauration. Ces dossiers constituent une documentation professionnelle utile aux collègues des ateliers de la bibliothèque.

Sceau d Edouard 3 ©BnF)

Sceau d Edouard 3 ©BnF

3. Comment devient-on restaurateur de chartes scellées ?
En vue des travaux prévus à la BnF, les collections de chartes scellées du département des Manuscrits (entre 30 000 et 40 000) ont été transférées vers les magasins de Bussy-Saint-Georges , elles sont régulièrement communiquées, à l’exception d’une quarantaine de pièces prestigieuses du fond Colbert qui avaient été encadrées au 19e siècle pour être exposées dans une des galerie de la bibliothèque. C’est la demande de restauration et de conditionnement de ce fond qui est à l’origine du chantier et donc de ma formation aux Archives nationales. Pour ce qui est de ma formation initiale, j’ai passé un CAP de reliure au Lycée Tolbiac (en 3 ans). Puis en 1976, je suis entrée sur concours à l’atelier de restauration de la Bibliothèque nationale. Il y avait à l’époque des épreuves pratiques : couture (des cahiers et des reliures), tranchefiles (broderies en soie ou coton exécutées en tête et queue du dos construites sur une âme). Lavage et encollage. Montage sur onglets (technique de montage des documents pour faciliter l’ouverture et la lecture). J’ai travaillé à l’atelier pendant 5 ans puis j’ai passé le concours de restaurateur spécialiste (aujourd’hui, technicien d’art spécialité relieur).

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuelle ?
Je suis fonctionnaire, la filière des métiers d’art est gérée par le Ministère de la culture.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?
Je rêvais d’entrer aux Beaux-arts mais je n’avais pas le niveau requis… J’ai choisi le CAP de reliure en pensant à la reliure d’art. Au début, au lycée, j’étais déçue : j’avais les mains dans la colle, il y avait de grosses machines, j’avais l’impression d’être à l’usine ! Heureusement, les enseignants dont le professeur de dessin m’ont donné l’envie de persévérer. En fin d’année, on pouvait créer une reliure à décor sur un livre que l’on avait choisi et lu…

6. Pour vous quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour ce métier ?

Essentiellement patience et minutie : on passe plusieurs heures à dépoussiérer un sceau… le travail de restauration est un travail de longue haleine. Les gestes doivent être précis, sûrs. Il faut évidemment être soigneux car les documents sont très précieux. Pour la restauration des chartes scellées, il faut s’intéresser à l’histoire cela vient naturellement car c’est passionnant…

L équipe de l atelier©BnF)

L équipe de l atelier©BnF

7. Quels sont les avantages de ce métier ?
La variété : à chaque document c’est une découverte. Chaque charte est différente, on découvre des personnages importants, des rois (François 1er, Édouard III, Blanche de Castille…). Au début, j’étais interloquée par le savoir des conservateurs, je ne connaissais rien à la sigillographie… mais en réalité nous sommes complémentaires, j’apporte mes compétences techniques, mon savoir-faire et j’essaye d’approfondir mes connaissances …
Et puis il y a l’équipe, avec certains collègues, ça fait plus de 30 ans que l’on travaille ensemble, il y a une grande complicité…

8. Ses inconvénients ?
Les départs en retraite ne sont pas remplacés. Du coup, il n’y a pas de transmission des savoirs et des techniques à des jeunes. Je crains pour l’extinction de nos métiers…
Dans le cadre du projet Richelieu, nous avons l’espoir d’avoir des locaux plus spacieux avec des espaces de travail adaptés.
8. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
J’aimerais vraiment transmettre mon savoir-faire, mes compétences à des jeunes avant de partir… En dehors de mon travail, j’ai également suivi des cours de peinture dans un atelier d’artiste… J’expose à l’année dans la galerie Art et culture à Saint-Marcel, dans l’Indre

Pour information : La Bibliothèque nationale et le Ministère de la culture et de la communication cofinancent le programme “DSC sceaux”, dans le cadre du plan triennal de la recherche 2013-2015, pour lequel Solène Serra-de La Forest D’Armaillé devrait être recrutée prochainement…

3. La BnF et ses métiers

Le métier de chef de projet climatisation… par Serge Mathé

5 février 2013
Serge Mathé ©BnF)

Serge Mathé ©BnF

Nous choisissons à nouveau d’aller à la rencontre “d’un travailleur de l’ombre”… En poste au Département des moyens techniques, Serge Mathé vous présente le métier de chef de projet climatisation…

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?

Je suis chef de projet climatisation, au sein du service CVCD (climatisation, ventilation, chauffage, désenfumage mais aussi protection incendie et plomberie), au Département des moyens techniques, site François Mitterrand.

Ce poste comporte 2 facettes : d’une part réaliser des travaux d’amélioration, de réparation ou de remplacement des installations et d’autre part veiller au bon fonctionnement des installations pour le bien être des agents qui travaillent à la bibliothèque mais aussi des lecteurs.

La bibliothèque nationale est engagée dans la démarche de développement durable et, dans mon service, on cherche à faire diminuer la consommation d’énergie en faisant fonctionner les installations de climatisation de manière plus économique.

2. En quoi consiste votre travail ?

Pour la partie maintenance j’ai en charge en particulier le système de désenfumage, c’est-à-dire du système d’évacuation des fumées et de la chaleur en cas d’incendie. Le système est testé, par partie, au moins une fois par an (tôt le matin ou la nuit).

Pour la partie projets, mon travail consiste à conduire des projets de travaux, à l’initiative de la bibliothèque, comme, par exemple, le remplacement de groupes frigorifiques. J’en ai profité pour proposer la refonte du système de production d’eau glacée sur le site de Bussy Saint Georges. Il s’agit d’établir un cahier des charges, en lien avec le service des marchés, de consulter les entreprises, de proposer le choix de l’entreprise (validé par le Département des moyens techniques), enfin de suivre le chantier et de réceptionner les travaux. Dans le passé, j’ai eu en charge le renouvellement du système de ventilation des doubles vitrages des tours. Inédit au moment du chantier de construction, ce système novateur, réalisation de Rinaldi, n’a cependant pas résisté dans le temps et nous avons dû le repenser entièrement. Il fonctionne aujourd’hui sans réel problème.

Local des compresseurs d'air ©BnF)

Local des compresseurs d air ©BnF

Je suis également amené à rédiger des notices de fonctionnement par exemple du système de désenfumage. La notice sert notamment aux pompiers qui seront en première ligne en cas de sinistre. Elle décrit les caractéristiques techniques, le dimensionnement du système et contient les dérogations aux normes en vigueur dues aux contraintes spécifiques du bâtiment.

Enfin, j’assure le suivi de l’exploitation au quotidien… Vue la taille de bâtiment, il y a toujours des dysfonctionnements ici ou là… par exemple une fuite de chaleur à colmater…

3. Comment devient-on chef de projet climatisation ? Quelle formation est nécessaire ?

Après mon DUT (diplôme universitaire de technologie) de génie thermique à Poitiers, je suis venu à Paris où j’ai rapidement trouvé du travail. Par la suite, pour progresser, j’ai pris des cours du soir au CNAM (Conservatoire national des arts et métiers) pendant 4 ans. J’ai obtenu un DEST (diplôme d’études supérieures techniques) énergétique (aujourd’hui un Master 1). J’ai décidé de poursuivre pour obtenir un diplôme d’ingénieur, spécialité génie climatique, par la filière ingénieur diplômé par l’État (IDPE).

4. Etes-vous fonctionnaire ou contractuel ?

Je suis contractuel, en CDI (contrat à durée indéterminée). Je suis arrivé à la Bibliothèque nationale en janvier 1991, pour le chantier de construction du site François Mitterrand. J’avais travaillé auparavant pendant 4 ans au Centre Pompidou, sur le système de climatisation.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?

J’ai obtenu mon bac électrotechnique en 1975. C’était juste après le choc pétrolier. Le président de la République d’alors, Valéry Giscard d’Estaing, avait lancé « la chasse au gaspi ». Les métiers liés à l’énergie ont alors pris de l’importance, il fallait rechercher aussi de nouvelles énergies, de nouveaux métiers sont apparus.

Par ailleurs, je suis originaire de Vendée, j’aime la nature et suis attaché au respect de l’environnement et à la protection de ressources naturelles…

Groupe frigorifique à récupération de chaleur ©BnF)

Groupe frigorifique à récupération de chaleur ©BnF

6. Pour vous quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?

Il faut avoir une bonne vue d’ensemble de la technique dont on a la charge : on travaille en équipe chacun ayant en charge un domaine.

Pour conduire un projet il faut savoir coordonner et animer les différents corps de métiers qui interviennent sur un chantier.

Il faut aussi de la curiosité pour se tenir constamment informé des nouvelles normes en vigueur, des nouvelles techniques pour pouvoir être force de proposition de mesures d’économie possibles. Il existe par ailleurs des formations permanentes (notamment des stages) sur l’évolution des réglementations.

Enfin, il faut de la rigueur dans le suivi des projets pour lesquels on rend compte au supérieur hiérarchique. Il faut veiller au respect des délais et à la maîtrise des coûts.

7. Quels sont les avantages de ce métier ?

J’ai la chance d’exercer un métier qui correspond à mes centres d’intérêts. Développement durable et économie d’énergie sont des préoccupations très actuelles renforcées depuis le Grenelle de l’environnement. Les métiers de l’énergie sont des métiers d’avenir, il y a peu de chômage, on peut démarrer tôt et progresser grâce à la formation continue et ce sont des métiers bien payés.

8. Ses inconvénients ?

Les inconvénients sont liés à la conjoncture actuelle : les contraintes budgétaires limitent ou décalent les projets. Nous devons également faire face à des restrictions dans les choix de performance. Cependant, nous avons un argument essentiel pour défendre nos projets : la rentabilité. Les investissements sont amortis en moins de dix ans.

En réalité, je ne vois pas d’inconvénients dans ce métier, je suis heureux de venir travailler.

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?

Je n’envisage pas de changement, je souhaite continuer à monter des projets à la Bibliothèque nationale de France. Il y a ici une bonne ambiance de travail, l’équipe et les conditions matérielles de travail sont bonnes. Les gens du bâtiment savent vivre…

3. La BnF et ses métiers

Le métier de gestionnaire de collections… par Céline Piétrois

19 décembre 2012
Céline Piétrois ©BnF)

Céline Piétrois ©BnF

Le département de l’Audiovisuel conserve une collection d’environ un million d’enregistrements sonores, qui remonte aux origines de l’enregistrement (1877). Produit de l’édition phonographique, le « disque » (terme couramment employé pour tous les supports d’enregistrement) représente la majeure partie de cet ensemble… Nous vous proposons de faire connaissance avec Céline Pietrois spécialiste des 78 tours et des catalogues de marques…

1. Quel est l’intitulé de votre poste ?
L’intitulé de mon poste est : gestionnaire de collections, au service des documents sonores, dans la section fonds anciens du département Audiovisuel du site François Mitterrand.

2. En quoi consiste votre travail ?
Je catalogue des 78 tours. Je fais aussi un travail d’inventaire sur les catalogues de marques phonographiques, (c’est-à-dire les marques de disques). La bibliothèque conserve des catalogues de marques phonographiques français et étrangers comme Pathé, Voix de son maître, Odéon… Ces catalogues ont été regroupés au département audiovisuel mais n’ont pas vraiment été gérés. A mon arrivée sur ce poste en 2003, on m’a proposé d’inventorier, de récoler ce fonds afin qu’il soit plus visible pour les chercheurs, qu’il soit mieux conservé, et communicable. Un projet de numérisation de ces catalogues a permis d’accélérer le traitement de ce fonds et certains documents apparaissent maintenant dans le catalogue et sont consultables en ligne.
Pour les catalogueurs, ces catalogues de marques permettent de dater les disques qu’ils cataloguent. Pour les chercheurs ou pour toute personne travaillant sur l’histoire de l’enregistrement sonore, ces catalogues de marques permettent de rendre compte des genres de musique que les éditeurs publiaient. (ex : publication sur le folklore, les musiques traditionnelles, les musiques de genre, avant le jazz, etc…). Ces catalogues de marques reflètent l’histoire de l’évolution de l’enregistrement. Ils sont utilisés également par celles et ceux qui cherchent à faire des rééditions, comme les maisons de disque.
Je fais également du service public, c’est-à-dire des permanences dans les salles de lecture B et P, qui sont rattachées au département audiovisuel ainsi que des permanences d’accueil en pied de tour, c’est comme cela que l’on désigne le point d’accueil des chercheurs du Rez de jardin. On y fait également du renseignement téléphonique, des réservations de places et de documents pour les lecteurs.
Enfin, depuis 1998, je suis formateur relais au système d’information pour la formation au circuit de communication des documents. Je forme les collègues qui assureront la communication des documents aux lecteurs du Rez de jardin : on explique, par la pratique informatique, le circuit, depuis la demande du lecteur jusqu’à la réception du document et inversement.

78 tours ©BnF)

78 tours ©BnF

3. Comment devient-on gestionnaire de collections ? Quelle formation est nécessaire ?
J’ai fait des études d’histoire durant lesquelles j’étais moniteur étudiant à la bibliothèque universitaire et je travaillais aussi en librairie… Ça m’a donné envie de travailler en bibliothèque. J’ai passé le concours de magasinier de bibliothèque. Je suis arrivée ici en 1996, c’était l’ouverture du site François Mitterrand, c’était une belle aventure, on arrivait nombreux à cette époque !
J’ai d’abord travaillé au département Philosophie histoire sciences de l’homme. A l’ouverture des salles de lecture du Rez de jardin en 1998, je suis devenue responsable de salle. J’ai alors passé le concours de magasinier en chef afin que mes fonctions correspondent à mon statut.
J’ai ensuite passé le concours d’assistant de bibliothèque et je suis arrivée au service conservation du département audiovisuel où je m’occupais des commandes de matériels et du suivi des chantiers de reconditionnement et marquage (estampillage : on grave avec une machine, le cachet de la BnF sur les CD et les DVD).
En 2006, un poste de catalogueur aux fonds anciens s’est libéré : ce qui m’intéresse, ce sont les vieux documents, et je voulais découvrir le catalogage alors j’ai foncé !


4. Êtes-vous fonctionnaire ou contractuel ?

Je suis fonctionnaire, je suis bibliothécaire assistant spécialisé.

5. Comment avez-vous choisi ce métier ?

Quand j’étais étudiante à Paris 1, je voyais cette bibliothèque en construction et je me disais que j’aimerais y travailler. Je voulais devenir archéologue, ce qui m’intéresse ce sont les « vieux trucs », la poussière…c’est pour cela que j’ai choisi de travailler sur les fonds anciens…

catalogue de marque ©BnF)

catalogue de marque ©BnF

6. Pour vous quelles sont les qualités essentielles, nécessaires pour exercer ce métier ?
Pour le travail sur les catalogues de marques, il faut être organisé, rigoureux, avoir le sens des relations pour établir des liens entre les services. Pour le catalogage, la section fonds ancien est petite, et j’aurais davantage besoin de travailler en équipe pour les questions liées au traitement des documents.
Pour les formations, il faut avoir le goût du contact : on forme les collègues, on rencontre donc des agents de tous les départements. Il faut bien sûr être pédagogue.
J’aime le service public y compris en pied de tour. Je trouve inconcevable de travailler en bibliothèque sans voir les lecteurs…

7. Quels sont les avantages de ce métier ?

Comme on travaille dans un grand établissement il y a des possibilités de mobilité interne : on peut voir plusieurs aspects du métier tout en restant à la bibliothèque.
Ce qui compte aussi pour moi, c’est le plaisir de travailler sur des documents anciens, des collections uniques…voyager dans le temps, l’Histoire
Et puis ce qui m’intéresse bien sûr, c’est la diversité des collègues et des publics…

8. Ses inconvénients ?
Le catalogage est un travail solitaire, sur écran qui peut s’avérer monotone et répétitif. En tant que bibliothécaire assistant spécialisé la mobilité vers des postes autres que des postes de catalogueur est limitée, le catalogage étant leur principale mission que ce soit à la Bibliothèque nationale ou dans les bibliothèques universitaires…Or je ne souhaite pas être affectée sur poste où je ne ferais que du catalogage…

9. Comment envisagez-vous votre avenir dans ce métier ? Évolutions techniques, évolution de carrière ?
Je vais changer de poste en janvier 2013. Je vais rejoindre l’unité de formation du Département de la conservation au sein de la Direction des services et réseaux. Je programmerai, organiserai toutes les formations à la conservation pour le personnel de la bibliothèque et d’autres bibliothèques. Je travaillerai essentiellement ici mais également sur le site de Bussy St Georges. Je vais ainsi développer mes compétences autour de la formation : les contenus, la logistique, la recherche de formateurs.
En prenant ce poste, je vais me spécialiser sur des fonctions qui m’éloignent du « cœur de métier », de tout ce qui est en lien avec la bibliothéconomie et en particulier du catalogage. Je suis consciente que malheureusement, ce choix peut constituer un frein à mon évolution de carrière ou pour préparer les examens professionnels