Archives de la catégorie Témoignages

2. Récits d'expériences, Ateliers, Témoignages

Jeudi 11 janvier 2018 à la BnF : Atelier rencontre “Du passé au présent de l’éducation populaire”

8 janvier 2018

La mission de diversification des publics propose de rencontrer une tradition culturelle qui a inventé de nombreux outils pour ” Rendre le peuple à la culture et la culture au peuple “, tel que le proclamait le manifeste “Peuple et Culture”, lors de sa création, c’est le mouvement de l’éducation populaire, dont se réclament aujourd’hui de nombreuses associations.

Au travers des processus d’éducation populaire, il s’agit, individuellement et collectivement, d’affirmer sa dignité, de s’auto-éduquer, de développer son pouvoir d’agir, de prendre conscience des rapports sociaux et de construire une force collective, qui permet d’agir sur l’amélioration de ses conditions de vie…
La mission de diversification des publics et le service histoire de la BnF ont souhaité proposer aux relais du champ social de découvrir les modes d’agir de 3 associations d’éducation populaire, La Fédération des Centres sociaux, Peuple et Culture, les CEMEA . Ces 3 ateliers seront suivis de 3 nouveaux ateliers qui vous permettront de découvrir les matériaux utilisés par les associations d’éducation populaire au 19ème siècle et qui font encore écho aujourd’hui.

Le premier atelier  fera intervenir Serge Gerbaud, qui évoquera l’expérience de la Fédération des Centres sociaux

Dès la fin du XIXe siècle, les centres sociaux vont intervenir dans le temps de vie « hors travail » pour améliorer la condition ouvrière. Alors que la France de l’après-guerre, dans les années cinquante, se couvre de grands ensembles, à la périphérie des villes, dans des quartiers peu équipés en commerces et lieux de vie, les habitants apprennent à prendre la parole dans les centres sociaux pour faire émerger des modes d’organisation collectives qui améliorent leurs conditions de vie : ateliers de construction de meubles, laveries collectives, activités culturelles portées par les habitants. Ils s’inscrivent ainsi dans la tradition de l’éducation populaire et de l’émancipation culturelle. Aujourd’hui la précarité entraîne une difficulté à construire un imaginaire de transformation. Et si d’un monde en crise, émergeaient des pratiques qui remettent l’humain au centre ?

En partenariat avec 

BnF | François-Mitterrand

Jeudi 11 janvier 2018

14h30 - 17h, salle Aquarium

Entrée libre (sans inscription)

2. Récits d'expériences, 6. Projets en zone de sécurité prioritaire (ZSP), Pour découvrir les collections, Témoignages

A Grigny s’inventent : Les musées en voyage

17 novembre 2016

Depuis de longue date la BnF, collabore avec l’association Décider, qui, dans le quartier de la Grande Borne, à Grigny, met en œuvre des formes de médiation culturelle, toujours plus inventives qui permettent aux habitants de la cité de découvrir les collections des musées et des institutions culturelles

Animaux de Malabar  Livre des merveilles  récit de Marco Polo Manuscrit vers 1410-1412©BnF

Animaux de Malabar Livre des merveilles récit de Marco Polo Manuscrit vers 1410-1412©BnF

Aujourd’hui le pari de Décider, grâce à l’appui financier de la préfecture d’Île-de-France et du Commissariat général à l’égalité des territoires, dans le cadre des 20 conventions signées dans les ZSP (Zones de Sécurité prioritaire) est de créer, à la Grande Borne même, un lieu d’exposition appelé ” Les musées en voyage”  qui présentera des reproductions et des pièces venues de la BnF, du Musée du Louvre, de l’IMA et du Musée Guimet.  C’est un lieu de découverte, de rencontres et d’échanges dans lequel les salariés de l’association, habitant à la Grande Borne sont eux-mêmes passeurs de culture et font découvrir à leurs voisins les trésors exposés. C’est ainsi que plus de 200 personnes du quartier ont découvert les facs-similés des manuscrits précieux de la BnF.

Ce film en témoigne, cliquez ici

Le projet, avec l’appui du Ceget, s’inscrit dans un temps long de 3 ans, nous reviendrons sur les futures expositions qui seront présentées par l’association Décider, dans le quartier de la Grande Borne

Témoignages

Atelier Laïcité à la BnF avec Autremonde

8 septembre 2016

Le vendredi 8 juillet 2016, la mission diversification des publics a organisé une un atelier sur la laïcité avec l’association Autremonde. Une après-midi qui a permis à ses participants de se présenter, d’écouter, d’échanger et de dialoguer sur l’expérience des valeurs vivantes et positives de la laïcité

La Sicile, Manuscrit sur papier©BnF

La Sicile, Manuscrit sur papier©BnF

Abdoulaye CISSOKO (24 ans), apprenant sur les ateliers de français sur les métiers de la restauration à l’association Autremonde. Il est musulman d’origine sénégalaise et il est arrivé en France en juin 2015
« Moi, je pense que la laïcité est un droit parce qu’ici on dit que la France est un pays d’égalité et de fraternité, mais la France est un pays de laïcité pour moi. Dans l’atelier je me sentais puissant, j’ai eu beaucoup de courage à parler avec les gens d’autres religions, à échanger des idées avec eux. En fait, ce qu’on nous mettait dans la France avant que j’arrive en France c’était pas la vérité. Arrivé ici, on trouve la différence, la tolérance et la solidarité, ça je le sens vraiment, oui ! Et puis la France, on dit que la France est un pays d’égalité, de fraternité mais moi, je peux rajouter aussi que c’est un pays de solidarité et de tolérance. Même moi, aussi, je suis laïque car la laïcité est ma religion, ça ressemble un petit peu, il n’y a pas trop de différence. Pour conclure sur la laïcité, j’aimerais bien avoir aussi des débats de différentes religions, de changer des idées. La manière dont on a fait la laïcité, on peut faire ça avec d’autres religions pour avoir des connaissances, pour ne pas se sentir seul. »
Lavinia BOTEANU (36 ans), responsable des ateliers de français à visée professionnelle à l’association Autremonde. Elle est orthodoxe, originaire de Roumanie et elle est arrivée en France en 2007
« C’était un très riche moment de partage construit par l’articulation de deux axes : les témoignages sur les convictions spirituelles de chacun (musulmans, chrétiens, orthodoxes, athées, agnostiques) et l’accueil de leur spiritualité en France et plus précisément à Paris. Si je devais résumer cette rencontre à travers la parole de tous je dirais que Paris réussit à bâtir son identité comme un puzzle des cultures, des points de vue, des modes de vie où chacun retrouve la liberté d’être soi-même. »
Marie PICOT (26 ans), service civique sur le Pôle Insertion des Migrants à l’association Autremonde. D’origine française, elle est athée et a vécu 1 an et demi en Amérique Latine et 6 mois au Cambodge.
« Il a été très enrichissant de pouvoir échanger avec les participants sur leur vision de la laïcité en France mais aussi dans leurs pays. L’ambiance était particulièrement propice aux échanges et je pense que les participants se sentaient à l’aise et désireux de partager sur leur conception de la religion. Cela a permis à tout le monde de poser de bonnes bases de réflexion sur ce qu’est la tolérance et la place qu’elle prend dans la vie de chacun. »
Mariam SACKO (41 ans), apprenante sur les ateliers de français sur les métiers de la restauration. Elle est d’origine malienne et de confession musulmane et elle est arrivée en France en juillet 2015.
« J’ai beaucoup appris à travers cet atelier puisque chez nous au Mali, on n’organise pas ce genre d’atelier. Pour la première fois, c’est en France, sur les murs des écoles ou sur les banderoles que j’ai vu « liberté égalité fraternité et laïcité » et je me posais pas mal des questions sur la laïcité. Après l’atelier à la BNF j’ai appris que la laïcité est le caractère de neutralité religieuse. Et aussi à travers mon frère Abdoulaye Diallo du Sénégal que j’ai su que la France est un pays où le droit de l’homme est plus défendu et plus appliqué.
Par rapport aux autres pays que je ne citerai pas de nom, les noirs ont plus de liberté en France. En Afrique on ne connaissait pas la vraie réalité parce qu’on pensait que toutes les autres religions étaient méchantes.
En France, que tu sois athée, agnostique, orthodoxe ou pratiquant de religion, on a les mêmes droits. Je peux donner l’exemple sur moi-même : avant de venir en France j’étais considérée par ma belle-famille comme une esclave qui n’avait pas le droit à la parole. Ici je peux m’exprimer comme je veux, ici je suis libre quoi ! Je me sens en liberté ! L’atelier m’a vraiment beaucoup appris ! J’ai bien aimé, j’ai vraiment bien aimé, ça m’a beaucoup plu. »
Charlotte HALLAIRE (30 ans), bénévole sur les ateliers de français à visée professionnelle. Elle est catholique, d’origine française et a vécu 1an et demi au Burkina Faso.
« J’ai trouvé cet échange très riche tout d’abord entre l’animatrice et les apprenants puis entre les apprenants eux-mêmes. Chacun avait besoin de s’exprimer et avait envie de donner son point de vue, de raconter son histoire et son ressenti par rapport à la place de la laïcité en France et dans leur pays d’origine. Lorsque nous leur avons proposé cette sortie quelques jours avant, le thème de la laïcité n’était pas très clair pour tous mais l’échange leur a permis de mieux cerner ce sujet et tous ont participé à ce tour de table avec beaucoup d’intérêt.
A l’issue de cette réunion, la plupart des apprenants nous ont confirmé qu’ils étaient ravi(e)s de cette sortie et avaient apprécié de pouvoir s’exprimer ainsi et de recevoir aussi le témoignage des autres intervenants. Une légère frustration que ce soit passé aussi vite pour tout le monde. Une expérience à renouveler plus fréquemment ! »

Témoignages

L’Ecole normale supérieure : une élite française ouvre ses portes aux réfugiés

6 mai 2016

Pour eux, il ne s’agirait que d’une école et d’un nouvel espoir de reprendre leurs études pour une vie meilleure

ENS, rue dUlm©Wikimedia Commons

ENS, rue d'Ulm©Wikimedia Commons

La prestigieuse école a récemment accueilli une quarantaine d’étudiants réfugiés dans le but de les insérer dans la société française. En les munissant d’une carte d’étudiant invité, ils vont bénéficier d’un accès à la cantine et à la bibliothèque de l’école, ainsi qu’à des cours de français.
Cette initiative est celle des étudiants français, tandis que les enseignants reconnaissant de ce mouvement n’exigent aucunement présentation du diplôme ni examens. Ainsi, les étudiants étrangers mettent en commun leur savoir, leur culture, leurs expériences, l’école descendant par-là de son piédestal tout en chassant les a priori.
Ces étudiants perçoivent les mêmes choses : ils ont des points communs, ils étudient pour leur avenir. Il s’agit de solidarité.

Cette mobilisation a lieu également dans d’autres écoles et les universités qui ouvrent leurs portes aux réfugiés.

Témoignages

Les jeunes stagiaires du GRETA visitent la BnF

4 mai 2016

De jeunes stagiaires (16-25 ans) du GRETA viennent régulièrement visiter l’enceinte de la BnF et ses salles de lecture. Ces jeunes gens sont en recherche d’emploi. Il suffit parfois d’un simple geste, d’une invitation, pour susciter une reconnaissance et de l’enthousiasme

Les stagiaires au Belvédère©GRETA

Les stagiaires au Belvédère©GRETA

« La Bibliothèque François Mitterrand
A l’approche des bâtiments, on se demande où se trouve l’accès à la bibliothèque.
La caractéristique de l’architecture qui représente quatre livres ouverts conçus par des plans dessinés par Dominique Perrault (l’architecte débute les travaux en 88), enferme, sans vraiment être fermé, l’espace central qui est une immense esplanade, où, au milieu, se trouve une petite forêt, afin de donner un peu de vie à ces bâtiments très hauts, ainsi que, malgré les vitres et cet espace vert, donne un aspect béton à ces bâtiments. […]
Lorsqu’on y accède, cela paraît froid et sans trop de vie alors qu’en fait c’est une structure qui fonctionne comme un village […] Toutes ces petites structures sont très bien organisées et fonctionnelles. […]
Les superbes globes de Coronelli sont vraiment magnifiques. On a l’impression de se retrouver plongé à l’époque où ils ont été conçus, tellement il y a de détails et de travail par rapport à l’époque où ils ont été créés. C’est grâce à ce genre d’édifice que l’on peut s’apercevoir de l’évolution technique des hommes au fil des siècles. »
Nathalie

« La visite de la Bibliothèque nationale de France m’a beaucoup intéressé car je n’avais pas eu l’occasion de voir ce lieu que je trouve grandiose et austère. […] Nous n’avons jamais l’impression, vu de l’extérieur de trouver une architecture comme celle-ci, avec quatre énormes tours qui sont en forme de livres et au centre une forêt. »
« En arpentant ses longs couloirs, nous avons eu la chance de pouvoir voir Paris en panorama vu du 18e étage. Ensuite, nous sommes redescendus pour voir des salles de lecture où des gens viennent consulter sur place, des salles de vidéo, de jeux sur écran. Puis, nous avons pu voir deux énormes boules appelées globes de Coronelli. Elles ont été offertes à Louis XIV. Les couleurs sont de toute beauté. […] Cette installation a nécessité l’enlèvement des vitres de la bibliothèque pour pouvoir les mettre en place. »
Michelle

A lhorizon ...©GRETA

A l'horizon ...©GRETA

« Je me suis promis de m’offrir des cadeaux d’expérience. C’est l’opportunité de découvertes des lieux d’exception. La visite de la BnF rentre dans ce cadre et c’est bien mieux qu’un bien matériel.
Whoua ! Je n’ai pas pu me retenir. Dans la mi pénombre, j’ai eu la surprise de découvrir les deux globes offerts au Roi Soleil. J’ai eu le sentiment d’être dans l’espace comme peuvent être les cosmonautes.
En me rapprochant d’un globe, je m’amuse à chercher la France. Je fais le tour. Mais où est-elle ? La cartographie de l’époque est en effet faussée.
Le deuxième globe représente les étoiles avec des points en or et le thème de la naissance du Roi […] c’est le jeu de l’imaginaire. On porte son regard au ciel, on devine un personnage, un oiseau. […]
Cette sortie est à partager. Noël approche. C’est l’occasion d’amener ma famille à la découverte de ce patrimoine. »
Claudine

« Je trouve que la BnF vue de haut ressemble un peu à vélodrome avec ce parquet en bois, et que l’on se situe dans une structure avec deux univers très distincts différents l’un de l’autre, d’une part avec la partie interne très moderne et très grande, avec beaucoup d’espace et de volume avec de très grands couloirs, avec de grands espaces volumineux et clairs, avec une insonorisation correcte et d’autre part, avec un espace central très différent, qui ressemble un peu à une petite forêt où l’on pourrait trouver vivants sous les arbres.
Je trouve que l’ensemble marie bien les différents matériaux tels que le verre, le bois et le béton. »
Sébastien

2. Récits d'expériences, Témoignages

Visite de la Bibliothèque avec Ouvrir l’école aux parents

10 juin 2013

Retour sur une visite de la bibliothèque avec des enfants de l’école Paul Langevin de Saint Ouen et leurs parents dans le cadre de l’opération Ouvrir l’école aux parents….

Le groupe Ouvrir l école aux parents ©BnF)

Le groupe Ouvrir l école aux parents ©BnF

“Mercredi 29 mai, nous sommes allés à la Bibliothèque Nationale de France François Mitterrand.
Sylvie nous a accueillis et elle nous a fait visiter la bibliothèque et le jardin.
Nous avons bien pu nous représenter les différents espaces de la bibliothèque grâce à la maquette. Sylvie nous a expliqué l’origine de l’écriture et des livres. On a pu apprendre ce qu’était un manuscrit, que les livres étaient réservés aux personnes aisées avant la création de l’imprimerie, et beaucoup d’autres choses…
Sylvie nous a raconté comment la BNF s’est construite et comment elle fonctionne.
Tous les livres qui ont été écrits se trouvent à la bibliothèque: on peut y trouver tout ce que l’on veut. Il y a des salles de lecture où les livres et les multimédias sont classés par thèmes.
Il y a tellement de livres qu’ils ne tiennent pas dans les salles, ils sont donc commandés par les lecteurs et ensuite apportés dans des caisses bleues qui se déplacent sur des rails.
On peut aussi voir des expositions, nous avons vu une exposition très intéressante de photos très belles sur les pays du monde. On a pu ainsi voir comment les gens vivent au Mexique, comment ils s’habillent, leurs habitations….
On a également vu une exposition sur une association qui permet aux jeunes de partir à l’étranger pour connaître un autre pays et apprendre ainsi beaucoup de choses. On a vu des photos et lu leurs récits. C’était vraiment bien pour nous car nous mêmes venons d’un pays étranger ; c’était très enrichissant.
Sylvie nous a fait très plaisir en nous offrant une vue magnifique de Paris, comme on ne l’avait jamais vu auparavant. Nous sommes montés au dix-huitième étage, c’était très impressionnant, on a reconnu la Tour Montparnasse, le Sacré Cœur, la Seine…Cela nous a vraiment plu, fait très plaisir et aussi donné l’occasion de faire une sortie culturelle avec nos enfants.
Nous sommes très contents de cette sortie car on a beaucoup appris et vu de belles choses.
Nous remercions Sylvie pour sa gentillesse et le temps qu’elle nous a accordé.
Nous remercions également Mme Douai d’avoir organisé cette visite.”

Afsa, Timi, Lina, Yamina et leurs enfants.

Ce texte a été rédigé par des parents d’élèves de l’école Paul Langevin de Saint Ouen dans le cadre de cours de français donnés par Amel Maimouni et Maria Siddique (”Ouvrir l’école aux parents pour réussir l’intégration“)

2. Récits d'expériences, Témoignages

Rencontre avec Alain Mercuel, auteur de : Souffrance psychique des sans abri

8 janvier 2013

Le 12 janvier prochain, à 17h30, Alain Mercuel, psychiatre, chef du service d’appui « Santé Mentale et Exclusion Sociale » (SMES) du Centre Hospitalier Sainte Anne de Paris, viendra présenter son dernier livre « Souffrance psychique des sans-abri », Editions Odile Jacob, à la BnF , dans le cadre des Rendez-vous du samedi.

Alain Marcuel ©BnF)

Alain Marcuel ©BnF

Plutôt que de parler de votre livre, Alain Mercuel , vous le ferez samedi… pouvez-vous nous rappeler comment est née la décision de créer partout en France des « EMPP », Equipes Mobiles Psychiatrie - Précarité ?
A la fin des années 1990, il est apparu à tous que le secteur de la psychiatrie était très cadastré, en couvrant des secteurs géographiques trop précis (des arrondissements, des communes…) et qu’une partie de la population, telle que les sans-abri , les roms, les gens du voyage… était très difficile à suivre. A cette époque, les DDASS (Direction Départementales des Affaires Sanitaires et Sociales) qui n’existent plus aujourd’hui, puisque « fondues » dans les Agences Régionales de Santé, avaient décidé de mettre en place des équipes mobiles pour aller au-devant des personnes les plus démunies, les plus précaires, les plus exclues ET en souffrance psychiques, non repérées dans des territoires précis. Ainsi au fil des ans les départements se sont dotés de telles équipes, rattachées aux centres hospitaliers psychiatriques pour la plupart d’entre elles.
A Paris chacun des 5 établissements a pu créer son EMPP. L’hôpital Sainte-Anne a choisi, pour sa part, de développer un service à part entière qui a une mission transversale, couvrant tous les territoires de l’hôpital. Le SMES (Santé Mentale et Exclusion Sociale), par son équipe mobile, intervient dans les 5ème, 6ème, 14ème, 15ème, 16ème arrondissements, ainsi que dans le Bois de Boulogne ou encore sur les voies sur berge.
Il existe maintenant en France plus d’une centaine de structures de ce type, chacune œuvrant sur un territoire bien déterminé. Pour les connaître, vous pouvez vous adresser au SMES, dont voici les coordonnées : 01 45 65 87 95, smes@ch-sainte-anne.fr

La Mission de diversification des publics de la BnF s’est rapprochée de vous, car vous êtes persuadé que la Culture répare, y compris les souffrances psychiques, pouvez-vous expliquer pourquoi ?
La Mission qui échoit aux équipes mobiles est d’aller à la rencontre des personnes, d’évaluer leur souffrance, de les faire accéder à des soins qui leurs conviennent. Ce public des exclus est très hétérogène et a entre autres la particularité de ne pas formuler de demande. Les EMPP on dû alors inventer des modes de médiation, adaptées à leurs besoins : accès aux droits, à un logement décent, aide à la recherche d’un emploi, accès à la Culture, … Toutes ces modalités deviennent vectrices de soin.
C’est ainsi que j’adresse régulièrement à votre mission des personnes en souffrance psychique, qui trouvent à la BnF un lieu chaleureux, un accueil personnalisé, grâce à votre travail, un accès internet et wifi, une carte d’entrée gratuite, puisque toutes ces personnes sont au chômage.
J’espère bien que nous mènerons ensemble le projet que nous avions évoqué lorsque nous nous sommes rencontrés, il y a 4 ans maintenant, celui de réaliser une exposition, sur l’histoire de la grande pauvreté en France, le projet que nous avions intitulé « Une histoire de la cour des miracles », qui pourrait être mené à bien, grâce aux nombreuses ressources documentaires de la BnF …

Souffrance psychique des sans abri ©A. Mercuel)

Souffrance psychique des sans abri ©A. Mercuel

Ce projet pourrait être mené avec des sans-abri, des thérapeutes, des historiens, des historiens de la psychiatrie, il permettrait d’ «historiciser » la question des sans-abri qui ne date pas d’hier, tout comme la misère d’ailleurs… de créer du lien social, entre inclus et exclus, de faire sortir les uns et les autres de leur entre-soi, bref de reconstruire un « Monde commun » cher à Hannah Arendt, projet qui devient de plus en plus urgent et nécessaire, par les temps qui courent…

Entretien réalisé par Sylvie Dreyfus Alphandéry

Témoignages

Une élève raconte la visite avec Pierre Assouline

1 juin 2012

Nous vous avions proposé un article sur la visite guidée par Pierre Assouline autour de Fantômes avec les élèves du collège Clémenceau. Voici maintenant le récit rédigé par Sabrina Larbi… 

Pierre Assouline © BnF)

Pierre Assouline © BnF

“L’endroit le plus froid de Paris, mais notamment le plus fréquenté par les chercheurs : voilà où nous sommes, face à quatre grands immeubles formant de hauts livres ouverts. Tout en verre, les bâtiments se distinguent les uns des autres par leurs différents domaines : Lettres, Lois, Temps et Nombres.
Pierre Assouline nous parle, nous raconte l’histoire de cet endroit qu’il semble si bien connaître. Nous apprenons que la plus grande menace qui pèse sur la BnF est le risque de crue de la Seine. Étant proche de celle-ci, la bibliothèque, bien qu’elle soit conçue pour y résister, pourrait perdre de nombreux ouvrages.

Nous suivons alors Pierre Assouline jusqu’au bâtiment principal. Celui-ci nous explique que la BnF dispose de deux espaces distincts : le premier est ouvert au public, tandis que le second est exclusivement réservé aux chercheurs. Pour y accéder, il faut faire une demande au préalable avec des conditions spéciales (comme une recherche d’ordre universitaire, professionnel, ou personnel).
Grâce à Pierre Assouline, nous pouvons aujourd’hui accéder à ces salles de lecture et nous y retrouvons le silence d’abbaye si bien décrit dans « Fantômes ». Chacun tente du mieux qu’il peut de se fondre dans le décor en minimisant au maximum ses bruits de pas. Car rien ne doit perturber le silence de la salle de lecture : c’est l’une des règles primordiales à respecter, et tout le monde s’y soumet.

Alors, tout en chuchotis, Pierre Assouline tente de nous expliquer l’agencement du lieu. Formant un attroupement autour de lui, nous tendons les oreilles pour ne pas perdre une miette de ses paroles. Certains fascinés, d’autres intrigués, surpris parfois, tous, nous sommes à l’affût du moindre détail nous permettant de relier les salles que nous visitons au roman que nous avons lu. La description du lieu faite par Assouline dans « Fantômes » et l’image que nous avons face à nous relient la fiction à la réalité.
Puis, comme nous sommes venus, nous repartons, toujours dans ce « silence ouaté » qu’a si bien su décrire Pierre Assouline. L’écrivain nous guide alors vers un magasin. Plusieurs compactus y ont été installés : c’est la fameuse arme du crime dans “Fantômes” ! Et nous regardons Pierre Assouline manier la machine sous nos yeux fascinés. La façon dont a procédé le meurtrier prend alors un tout nouvel aspect.
L’image se forme dans nos têtes et peu à peu nous parvenons à reconstituer l’histoire, dotés cette fois de vrais souvenirs des lieux à la place de notre imaginaire parfois peu fiable. Cela s’avère beaucoup plus intéressant car de cette manière nous comprenons mieux le déroulement de l’histoire.
Nous apprenons ainsi grâce à l’intermédiaire de Pierre Assouline que les informations sur les compactus dans « Fantômes » sont bien véridiques. Parmi ces étranges machines, nous en observons certaines plus anciennes qui sont dépourvues de tout système quelconque de sécurité. L’écrivain nous raconte alors que le test de la feuille de papier cité dans l’histoire a bien eu lieu, réalisé par ses soins et qu’il s’était avéré positif !

Pierre Assouline montre le jardin © BnF)

Pierre Assouline montre le jardin © BnF

Puis nous arrivons jusqu’au hall et de là nous avons une magnifique vue sur le jardin intérieur. Les arbres tout droit venus de Normandie sont maintenus grâce à des tuteurs très puissants pour leur éviter de pencher. Sur les hautes baies vitrées, nous reconnaissons les oiseaux bleus mentionnés dans « Fantômes », ceux qui transformeraient la BnF en crèche, d’après le narrateur. Voici encore un détail qui rapproche le roman du réel, et qui nous transporte directement dans l’univers de la fiction. On croirait presque avoir vécu le livre. Après être montés jusqu’au belvédère, nous quittons ce lieu riche en découvertes, impatients de retourner chez nous pour relire l’histoire avec cette fois ci les images en tête…”

2. Récits d'expériences, Témoignages

Présentation des travaux de l’ESAT/ Aube

22 décembre 2011

En juin dernier, nous avons été ravis de recevoir un groupe de l’ESAT de Troyes, venu découvrir les collections de la BnF autour de Jules Verne. Cette visite s’inscrivait dans le cadre d’un projet annuel mené par ce groupe autour de l’œuvre, accompagné par la BnF. En effet, 2010 à 2011, les travailleurs de l’Établissement et Service d’Aide par le Travail hors murs de l’ADAPT Aube ont réalisé, dans le cadre d’ateliers d’expression, arts plastiques et écriture, des dessins inspirés d’œuvres diverses choisies par chacun.

Pour découvrir la galerie des travaux du groupe, cliquez sur cette image © ESAT )

Pour découvrir la galerie des travaux du groupe, cliquez sur cette image © ESAT

Nous sommes donc heureux aujourd’hui de vous présenter le travail réalisé par le groupe dans le cadre de ce projet, qui prend la forme d’une galerie d’images à découvrir ici.

2. Récits d'expériences, Témoignages

Samedi 3 décembre 2011 : visite de l’association Epuisette à la BnF

15 décembre 2011

Nous avons eu le plaisir de recevoir, samedi 3 décembre dernier, un groupe de l’association Épuisette, une bibliothèque associative située à Caen, qui a organisé une journée à Paris pour des enfants de l’association : le matin au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, et l’après-midi à la BnF. Nous sommes ravis de publier ici leur témoignage de cette journée.

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Le groupe de l'asssociation Epuisette lors de sa visite à la BnF© association Epuistte )

Le groupe de l asssociation Epuisette lors de sa visite à la BnF© association Epuistte

” Samedi 3 décembre, avec le soutien apporté par la Fondation Orange, la bibliothèque associative Épuisette a pu accompagner des jeunes de Caen pour une journée sur Paris.

14 jeunes issus de l’école du Calvaire Saint-Pierre, du collège Lechanteur et de l’Épuisette ont ainsi pu découvrir le salon du livre et de la presse jeunesse à Montreuil, rendez-vous incontournable de la littérature jeunesse, où chacun a pu choisir et repartir avec quelques livres offerts par l’Épuisette.

L’après-midi, la Bibliothèque Nationale de France, Quai François Mauriac, nous a aimablement accueilli pour une visite. La guide de la BNF qui nous accompagnait nous a fait parcourir le Labo, lieu expérimental dédié aux nouvelles technologies de lecture et d’écriture, puis nous sommes montés au 18è étage, au belvédère, qui offre une vue imprenable sur Paris. Ensuite au niveau -1, nous avons pu voir les nacelles automatisées qui assurent le transport des documents dans toute la bibliothèque. Après avoir traversé des salles de lecture, cette visite s’est terminée devant les monumentaux globes céleste et terrestre réalisés par Coronelli pour Louis XIV.

Cette journée a permis à ces jeunes élèves d’apercevoir différents aspects du livre. Tous ces jeunes sont bien évidement adhérents de l’association Épuisette qui les retrouvera prochainement à la bibliothèque.”

Publié par Association Epuisette

L’Épuisette est une bibliothèque associative située à Caen (Calvados). Elle a pour objectif de réunir des lecteurs autour de livres qu’ils ont aimés. L’association s’adresse à toutes les personnes qui aiment lire et qui veulent partager avec d’autres cette passion. Créée en décembre 2009, l’association compte aujourd’hui 106 adhérents et dispose d’un fond bibliographique de plus de 350 livres. Celui-ci est entièrement constitué par les cotisations de ses adhérents..