Archives de la catégorie Ateliers

1. Vous accueillir à la BnF, Ateliers, Expositions, Pour découvrir les collections, Visites de la BnF

Agenda des visites et ateliers proposés aux relais du champ social, octobre-décembre 2018

24 septembre 2018

Depuis la lettre 40 de la mission Vivre ensemble, la Bibliothèque nationale de France propose l’agenda de la rentrée 2018 aux relais du champ social. Ces visites et ateliers individuels prépareront vos prochaines venues avec vos publics.

Afin de découvrir les collections, les expositions, les ressources et les espaces de la Bibliothèque :

Visite de la salle G©BnF

Visite de la salle G©BnF

  • Jeudi 18 octobre 10h15 à 12h30

Visite découverte des salles de lecture tous publics

BnF|site François-Mitterrand

Rendez-vous à 10h15 devant la maquette du site, Hall Est

  • Lundi 22 octobre 15h à 17h

Atelier découverte du Labo en autoformation au français langue étrangère et des ressources audiovisuelles

BnF|site François-Mitterrand

Rendez-vous à 14h45 devant la maquette du site, Hall Est

  • Jeudi 25 octobre 14h30 à 16h

Visite guidée de l’exposition Les Nadar, une légende photographique

BnF|site François-Mitterrand

Rendez-vous à 14h25 devant l’entrée de la Galerie 2

  • Jeudi 22 novembre 14h30 à 16h

Visite guidée de l’exposition Make it new. Conversations avec l’art médiéval – Carte blanche à Jan Dibbets

BnF|site François-Mitterrand

Rendez-vous à 14h25 devant l’entrée de la Galerie 1

Visite commentée dune exposition©BnF

Visite commentée d'une exposition©BnF

  • Jeudi 29 novembre 15h à 16h30

Parcours découverte du site François-Mitterrand

BnF|site François-Mitterrand

Rendez-vous à 14h45 devant la maquette du site, Hall Est

  • Lundi 3 décembre de 15h à 17h

Atelier découverte du Labo d’autoformation au français langue étrangère et des ressources audiovisuelles

BnF|site François-Mitterrand

Rendez-vous à 14h45 devant la maquette du site, Hall Est

  • Jeudi 13 décembre de 13h à 14h30

Promenade insolite à travers l’art contemporain

BnF|site François-Mitterrand

Rendez-vous à 12h45 devant la maquette du site, Hall Est

Bibliothèque nationale de France | site François-Mitterrand

Inscriptions individuelles : frederic.astier@bnf.fr

Informations : 01 53 79 85 30

A bientôt !

1. Vous accueillir à la BnF, Ateliers, Pour découvrir les collections, Visites de la BnF

Français langue étrangère et atelier de conversation à la BnF

22 août 2018

La Bibliothèque nationale de France propose aux relais du champ social et leurs publics des ateliers qui permettent de découvrir la salle G (Langues et littératures du monde) et son Labo FLE ainsi qu’un atelier de conversation

Le Labo FLE est un espace d’autoformation à l’apprentissage du français qui propose des collections multimedia pour apprendre ou se perfectionner et découvrir la culture française.

- Vous êtes relais du champ social, formateur, accompagnateur et vous souhaitez organiser une visite du Labo avec votre public, aussi vous souhaitez au préalable découvrir le Labo individuellement, inscrivez-vous à l’un des deux ateliers suivants :

  • Lundi 22 octobre et lundi 3 décembre 2018

15h-17h

- Vous êtes relais déjà venus découvrir le Labo et ses ressources, vous souhaitez venir à l’atelier avec votre public, inscrivez-vous à l’un des lundis suivants :

  • lundis 17 et 24 septembre, 1er, 8 et 15 octobre

15h-17h

En visite individuelle comme en visite en groupe, rendez-vous à 14h45 dans le hall Est, devant la maquette du site

Les visites du Labo de la salle G sont suivies d’une visite de la salle A de l’audiovisuel et de la salle B de la presse

Les ateliers individuels ou en groupe sont gratuits et des cartes de lecture annuelles (Pass BnF lecture/culture) vous seront remises gratuitement, également lors des Visites parcours découverte de la Bibliothèque avec votre public (nous contacter).

Inscriptions : frederic.astier@bnf.fr

Informations : 01 53 79 85 30

Atelier de conversation à laquarium©Béatrice Luchesse

©Béatrice Lucchese

- Un atelier de conversation en français, gratuit et ouvert à tous, est proposé :

  • tous les mardis et jeudis de 18h15 à 19h30 (de septembre à juin), à l’aquarium, hall Est

Inscriptions sur place à partir de 18h, à l’accueil, hall Est

A bientôt !

BnF|site François-Mitterrand

4. Aller plus loin avec les acteurs du champ social, Ateliers

Atelier “cheminer avec les philosophes” et l’expérience des relais du champ social

2 juillet 2018

Autour de l’expérience des relais du champ social,

Échanger, Mutualiser, Partager, Réfléchir…

8 avril 2018

Mutualiser l’expérience des travailleurs sociaux en la confrontant aux réflexions menées par des chercheurs et des philosophes était l’objectif de ce premier cycle d’échanges menés à la BnF avec :

Karim Adjouba, association L’AKSÉ – TANDEM, Christian Albert, ENS Espace Torcy, Natacha Bernard, GRETA M2S Paris, Marie-France Delmotte, Francophonie et Culture partagée, Emmaüs Solidarité, Dominique Lechat, ESV « Déclic Alpha XXème », Liesel Schiffer, Casnav Paris et cours municipaux d’adultes

Christophe Baudet, fondateur de l’association « Les Artisans de la Philo », animateur de cafés philo et praticien de la philosophie citoyenne

Frédéric Astier et Sylvie Dreyfus-Alphandéry, Mission diversification des publics de la BnF

La Mission de diversification des publics de la BnF a organisé à la bibliothèque un cycle de cinq ateliers qui ont fait se rencontrer bibliothécaires, professionnels et bénévoles, intervenant dans le domaine du champ social et un philosophe.

Il s’agissait à travers ce cycle d’échanges et de réflexion, autour de quelques pratiques du travail social ainsi que des actions d’accompagnement culturel de la BnF en direction des publics du champ social, de réfléchir au sens des missions et des actions menées, en analysant la nature des relations avec les publics et la nature de l’implication des acteurs du champ social.

Le pari était, à partir de ces échanges collectifs, de mobiliser l’apport des philosophes pour mieux éclairer les pratiques et s’interroger sur celles-ci.

Les participants au premier atelier ont, après avoir eu un premier échange sur leurs pratiques et la perception de leur mission, formalisé 4 questions autour desquelles travailler :

  • Qu’est-ce que transmettre, dans un contexte de mutation et de rapport à la connaissance qui s’exerce à la marge entre milieux sociaux ?
  • Quelle relation respectant l’altérité construire dans le travail d’accompagnement social ?
  • Quelle est l’utilité, l’efficacité et la finalité du travail social ?
  • Quelle reconnaissance tant pour les publics concernés que pour le travail social ?

C’est la question de la transmission qui a été retenue par les participants et sur laquelle il a été décidé de consacrer les trois ateliers suivants. L’hypothèse étant que les thèmes non retenus apparaitraient dans la question traitée.

1/ Pourquoi accompagner les publics du champ social, en tant que professionnel comme en tant que bénévole ?

  • La trilogie du don, soulignée par Marcel Mauss, à savoir « donner, recevoir et rendre » s’incarne dans le travail social. En effet, nous nous impliquons dans le travail social pour rendre ce qui nous a été donné, pour honorer une dette, vis-à-vis de tout ce qui nous a été transmis et qu’également nous souhaitons transmettre. De plus, en mettant nos compétences acquises au service des publics, le retour de ces publics nous fait recevoir plus que ce que nous donnons. Nous sommes bien dans le processus circulaire que Marcel Mauss décrit autour du don.

  • En apprenant auprès des publics, notre vie sociale et notre conscience s’élargissent, nos relations sont transformées avec notre entourage. Nous touchons à de nouvelles dimensions de l’altérité, en nous confrontant à des rapports au monde différents qui nous enrichissent et nous questionnent sur nos manières d’être et nos codes sociaux souvent implicites.

  • En faisant du travail social, nous nous connectons davantage et mieux avec le réel, nous percevons mieux la réalité complexe de la société, nous élargissons notre champ de conscience, car nous réalisons ce qui est important, ce qui ne l’est pas. Nous prenons ainsi de la distance avec une forme de nombrilisme. Nous apprenons à nous décentrer de nous-mêmes.

  • Pour quelques participants, intervenir dans le champ du travail social correspond à une façon de faire de la politique en s’impliquant dans la vie de la cité ; d’autres membres du groupe, à l’inverse, se sont investis dans le travail social par méfiance vis-à-vis de la pratique politique actuelle. Cependant, il y a consensus quant à la dimension d’engagement que requiert le travail social, certains parlent même de foi, de conviction, bien au-delà d’une simple motivation. Pour certains, cette dimension de l’engagement est progressive alors que d’autres inscrivent d’emblée cet engagement dans un trajet de vie.

En conclusion, nous pourrions dire qu’intervenir avec/auprès des publics du champ social, conduit à déployer une forme d’énergie qui donne du sens, une orientation et une signification à l’existence.

2/ Transmission et relation avec les publics

A - Qu’est–ce que nous transmettons ?

  • Nous transmettons ce qui nous a été donné en héritage, un patrimoine culturel qui nous a été légué : nous venons de quelque part, nous nous inscrivons dans une histoire spécifique, d’où l’importance de la transmettre pour écrire ensuite, ensemble, une histoire partagée.

  • Nous transmettons le fait d’éprouver un plaisir à découvrir une œuvre d’art, plaisir qui, par ailleurs, ne va pas de soi car les publics peuvent se sentir exclus par une culture qui n’est pas la leur et qui est parfois vécue comme la culture des « gens riches ». A l’inverse, si les portes des lieux culturels leurs sont ouvertes, ils peuvent éprouver une grande fierté à se faire passeurs à leur tour, en direction de leur famille ou de leurs amis.

  • Nous transmettons parfois les attendus d’une mise en situation professionnelle qui conduit à la compréhension des codes sociaux en vigueur dans la société française, comme l’exactitude par exemple, ou la maîtrise de l’usage du « vous » et du « tu ».

  • Nous transmettons de l’énergie, de la confiance en soi, le plaisir, le goût de l’apprentissage et de l’accès au savoir.

  • Nous transmettons de la solidarité par le biais de l’écoute mutuelle et de la reconnaissance des histoires individuelles de chacun. Cette solidarité aide à se reconstruire, elle est réparatrice.

  • Au-delà du savoir, nous transmettons le goût de la découverte, le bonheur d’être ensemble, d’être là, lorsqu’est organisée une sortie dans un lieu culturel. Ainsi se crée du lien social qui permet de faire société et de sortir de son entre soi. Comme le dit l’association Cultures du cœur, « sortir pour s’en sortir »…

  • Cependant, il est parfois difficile de faire sortir de leur monde des jeunes décrocheurs ayant fortement intégré un sentiment de relégation, souvent fascinés par la société marchande à laquelle ils n’ont pas accès. Pour ces derniers l’ouverture à la culture artistique n’a pas toujours de sens. Il est souvent plus facile d’ouvrir à la culture les primo-arrivants qui sont plus curieux et désireux de s’intégrer dans la société française.

  • Nous transmettons des valeurs républicaines et humanistes, et n’hésitons pas à aborder des questions qui font débat : à titre d’exemple, la tradition de l’excision, des mariages forcés, l’acceptation de l’homosexualité et de l’homoparentalité, la question de la scolarisation des filles et de la division des rôles entre les filles et les garçons … Dans ces cas, le mode de transmission est vertical. C’est-à-dire qu’il y a quelque chose sur lequel on ne peut pas négocier. Bien évidemment cela n’exclut pas d’accompagner cette transmission avec pédagogie, bienveillance et explications. Cela aboutit parfois à la confrontation. Par exemple, pour nous enfants de la République, la loi vient des hommes et des modes de gouvernement qu’ils se sont donnés, alors que pour certains publics la loi vient d’une certaine idée de Dieu. Il y a ainsi concurrence entre tradition et transmission.

  • Ajoutons que pour certaines questions, liées à la sexualité, au port du voile ou aux traditions religieuses, il n’existe pas de terrain neutre historiquement, sociologiquement, géographiquement et culturellement.

B – finalité de la transmission

  • La finalité de la transmission dans le champ social vise à permettre aux personnes de développer leur autonomie, c’est-à-dire la capacité d’agir sur leur propre vie. Pour ce faire, il s’agit d’offrir à ces personnes qui vivent dans une grande précarité des moments de sécurité intérieure qui leur permettent d’accéder progressivement à cette autonomie.

Observons que nous pouvons identifier trois modes d’autonomie :

  • Autonomie fonctionnelle : un enfant apprend à marcher, à manger ; on apprend à quelqu’un à écrire… La personne apprend progressivement à exercer sans aide les actes de la vie quotidienne.

  • Autonomie relationnelle (le Care) : la personne apprend à évoluer dans la société, à acquérir une conduite sociale adaptée. Pour ce faire la personne a besoin d’être reconnue comme sujet à part entière par les autres. Ce n’est pas dans la transmission d’un savoir, mais dans un savoir-être avec les publics, que s’exercent une reconnaissance mutuelle, des formes d’échange «  à égalité » et de solidarité avec les autres.

  • Autonomie kantienne : Kant inscrit l’autonomie comme l’acquisition progressive résultant d’une dynamique « éducative ». L’autonomie appartient au domaine de l’acquis et non de l’inné. D’une certaine manière elle est une donnée culturelle. C’est pourquoi le philosophe souligne le fait que nous sommes d’abord dans un processus d’éducation, c’est-à-dire soumis à l’autorité d’un tiers qui nous fournit les fondamentaux pour devenir par la suite autonome. Cependant l’autonomie n’est pas la simple reproduction de ce qu’on a appris, ni le « je fais ce que je veux » mais la capacité d’élaborer sa propre conduite, sa propre loi, son éthique en quelque sorte. Autonome consiste alors à être cohérent, autrement dit à obéir à sa propre loi.

Dans le travail social, on a à faire avec les trois formes d’autonomie qui se déploient tour à tour.

Le mythe de l'attelage ailé dans le Phèdre de Platon

C - Comment transmettre ?

Nous pouvons identifier historiquement trois figures de la transmission :

  • Socrate

Montaigne écrivait : « Transmettre ce n’est pas remplir un  vase, c’est allumer un  feu. ». Nous pouvons associer cette métaphore à la maïeutique socratique qui consiste à révéler chez l’autre ce qui est déjà implicite chez lui. Transmettre est ici permettre à autrui de devenir lui-même.

  • Maître/disciple

L’exemplarité constitue le parti pris pédagogique. Le maître est quelqu’un à imiter dont il s’agit de s’approprier les conceptions et la sagesse. Le maître représente une cible, une sagesse vers laquelle on essaye de tendre. Ce modèle de transmission repose sur une sorte de filiation. Par ailleurs, il s’agit d’une transmission globale qui enveloppe tout autant la connaissance, la « spiritualité » que le mode de vie.

  • La tradition

Ce modèle de transmission se déploie sur le mode de la verticalité. Il y a en surplomb une tradition constituée de valeurs, d’habitus, d’un langage qui est de fait transmis tel quel, entre autres dans le cadre scolaire. L’appropriation de cette tradition était la condition sine qua non d’appartenance à l’espace familial, professionnel ou villageois. Par exemple on était forgeron de père en fils, la mère élevait ses enfants sur un modèle éducatif hérité. Aujourd’hui ce mode de transmission verticale reste nécessaire même si il semble en crise au profit d’une communication horizontale beaucoup plus centrée sur le présent, dans un contexte où le passé est rarement convoqué.

Le champ social mobilise, selon les circonstances, les trois modèles de transmission précités :

  • Pour apprendre à faire son marché, nous pourrions considérer que nous sommes dans un mode de transmission très pratique, de personne à personne, un peu comme si le maître apprenait à son disciple à faire le marché et donc d’une certaine manière à mieux marcher dans la vie.

  • Au cours d’une visite de musée, l’objectif n’est pas d’apprendre l’histoire de l’art ou d’aller vers une acquisition de connaissance culturelle mais de laisser l’œuvre d’art faire éventuellement effet sur les personnes. De ce point de vue, nous serions sur un « mode socratique » de transmission.

  • Ensuite, comme nous l’avons évoqué précédemment, la transmission s’exerce de façon verticale pour certaines valeurs comme la tradition républicaine.

  • Au-delà des différents modèles de transmission, il y a la manière de transmettre, le « climat » de la transmission. A cet égard il ressort que :

  • Les participants de l’atelier se rejoignent tous pour souligner la nécessité de faire preuve de bienveillance et de générosité vis-à-vis des publics accueillis. Cela apparaît comme un préalable à toute forme de transmission.

  • Par contre trop d’empathie, de proximité peut empêcher la personne de construire son autonomie. Il s’agit de trouver la bonne distance. Ainsi la relation ne peut pas être totalement horizontale, elle se déploie dans un contexte donné dans lequel l’acteur du champ social, salarié ou bénévole, a une mission, un quelque chose à transmettre. Observons que ces questions relationnelles se posent dans d’autres contextes, notamment le cadre médical…

  • La notion de reconnaissance, qui d’ailleurs figure dans une des quatre questions initiales, apparaît dans le cadre de la transmission comme essentielle. Pas de transmission vers autrui sans reconnaissance de ce dernier comme sujet à part entière, tel pourrait être une des devises du champ social. De manière générale, nous avons vu que la reconnaissance joue un rôle important dans la constitution de l’autonomie dite « relationnelle ».

  • En conséquence de quoi, il est nécessaire de partir de la singularité de chaque personne accompagnée par le salarié ou le bénévole. Ainsi devons-nous nous garder de toute perception, identification, catégorisation généralisée et implicitement stigmatisante. Par exemple, chaque femme a une histoire propre et ne peut être réduite à sa posture symbolique de femme voilée.

  • La question conjointe de la transmission d’une tradition qui plonge dans l’histoire et de la construction d’un sujet libre est abordée dans un texte de Michel Tozzi¹ : « Il y a dans la transmission une tension entre tradition et création. La visée de la transmission devrait permettre de créer de la nouveauté tout autant que de rééditer ce qui déjà existe… Mais on ne peut favoriser l’émergence de la liberté d’un sujet – ce qui est le projet démocratique – qu’à condition de ne pas l’enfermer dans le même, l’imitation servile, la répétition mortifère, mais de l’ouvrir à l’altérité, à la nouveauté, à la création, à la rupture… Ce sont ces tensions qui produisent la position désirante : celle de nous faire nous-mêmes à partir de ce que l’on a fait de nous. »

Cependant, il n’y a pas unanimité dans le groupe pour déterminer la nature des relations à construire avec les personnes :

  • pour certains, il est nécessaire de créer une relation solidaire et plutôt verticale, car il faut transmettre les éléments de connaissance et les codes sociaux précis qui leur permettront, entre autres, d’exercer une profession donnée. Autrement dit, il s’agit de développer un respect réciproque dans le cadre d’une relation qui est par nature dissymétrique.

  • pour d’autres, la reconnaissance mutuelle entre le relais du champ social et son public se fait par un échange qui conduit plutôt à une sorte de symétrie dans la relation. En effet, pour favoriser l’autonomie des personnes, il faut entretenir une égalité dans la relation avec les publics.

Cela dit, comme déjà évoqué précédemment, symétrie et asymétrie dans la relation ne sont-elles pas des postures complémentaires qui se constituent alternativement, selon les situations et les moments ?

3 / En quoi l’intervention en direction des publics du champ social peut-elle contribuer à la construction d’un « monde commun » ?

Il a semblé au groupe que la référence au concept de Monde commun, développé par la philosophe Hannah Arendt était très opérant et avait nourri en filigrane la réflexion qui s’était exercée pendant le cycle d’ateliers.

En effet, le « Monde commun », notion centrale dans la pensée de cette philosophe est « ce qui nous accueille à notre naissance, ce que nous laissons derrière nous en mourant ». C’est pourquoi l’un des constituants du « Monde commun » est l’œuvre, la culture. Celle-ci n’ayant pas pour vocation à être engloutie dans le processus de consommation ou d’obsolescence programmée, permet à l’homme d’habiter le monde et d’établir une continuité entre générations. On comprend dès lors l’importance de la découverte d’œuvres d’art de tout genre dont la plupart des associations ici présentes favorisent la rencontre auprès de leurs publics : l’œuvre relie dans l’espace et le temps. L’œuvre fait sens au-delà des frontières et des époques.

Cependant le « Monde commun » n’est pas une entité qui est là, posée devant soi et qu’il suffirait de saisir. Le « Monde commun » est à construire continument, il est un potentiel à réaliser et toujours en devenir et donc jamais achevé. C’est l’homme, nous tous, nous toutes qui le créons. Nous avons vu que le travail social a un rôle majeur dans cette élaboration, notamment au travers de la transmission.

Hannah Arendt précise que le « Monde commun » n’est pas un lieu où tous les hommes et femmes se ressembleraient, partageraient les mêmes conceptions, les mêmes désirs. La pluralité, et la possibilité d’exprimer celle-ci est une des conditions du « Monde commun ». Autrement dit la place publique, la liberté d’expression, la démocratie sont des préalables et des constituants du « Monde commun ». Le « Monde commun » ne peut s’édifier qu’avec la singularité de chacune et chacun.

Cependant, le « Monde commun » n’est en rien une juxtaposition ou une somme d’individualités. Un tas de pierre est un matériau indispensable mais ne ressemble en rien à une maison commune. Autrement dit, au-delà des divergences, des conflits qu’Hannah Arendt juge nécessaire, doit prévaloir une préoccupation partagée pour un même objet. Cet objet est l’impérieuse envie d’un « Monde commun », bien que nous ne soyons éventuellement, pas d’accord sur les modalités d’élaboration et le contenu de ce même monde. C’est pourquoi le « Monde commun » est une tension permanente, un équilibre sans cesse à retrouver. C’est au cœur de ce mouvement que prennent racine nos démocraties et au-delà notre humanité.

Or œuvrer à la réalisation, toujours en devenir, comme un potentiel à réaliser de ce monde commun, au sens où l’entend cette philosophe, traverse l’ensemble des pratiques des membres du groupe, travailleurs sociaux, comme bibliothécaires. Nous allons voir comment :

1/ Nous transmettons ce qui nous a été donné en héritage mais nos publics nous font rencontrer plusieurs héritages, parfois complémentaires mais parfois conflictuels : le monde commun n’exclut pas les échanges conflictuels. Il ne faut pas avoir peur du conflit d’idées, à partir du moment où dans les échanges, on reconnait la place de l’autre. Autrement dit, nous construisons avec d’autres un lien qui nous maintient séparés, non fusionnels, dans la reconnaissance de nos différences réciproques. Il faut avoir une approche stimulante de ces différends afin qu’émergent ce que les Québécois ont appelé les « accommodements raisonnables ».

2/ Les traditions, dont nous venons de voir qu’elles peuvent être conflictuelles, débouchent par l’échange et la confrontation sur l’invention de formes de vivre ensemble nouvelles, qui mettent en œuvre un monde commun qui s’ouvre à l’altérité et à la création. Pour le dire autrement, le passé colorie ce monde commun en devenir à partir de l’expérience différente de chacun.

3/ En s’intéressant à chaque personne dans sa globalité (contrairement à la pratique qui tend à devenir dominante dans les services sociaux, de ne traiter qu’un problème rencontré par une personne en souffrance), en évitant d’assigner les personnes à leur origine, nous aidons chacun à retrouver sa singularité.

4/ En développant la capacité d’agir des personnes rencontrées, nous les aidons à construire leur autonomie en tant que sujet. Ce sont des sujets pensants et libres qui sont en capacité de choisir leur propre identité, une identité choisie, composite, faite de multiples appartenances et trajets de vie, et non une identité réduite à une tradition très souvent qui convoque un passé qui n’a rien à voir avec la réalité présente.

5/ Participer à la création d’un monde commun suppose la participation de personnes dont les trajectoires de vie ne soient pas hantées par la peur, peur de soi-même comme peur des autres. Il s’agit donc de développer chez les personnes accueillies, une capacité à se vivre comme des êtres pensants, pratiquant avec les autres une relation d’égaux.

En guise de conclusion

  • Les modes de relations avec les publics sont fondées sur des formes d’engagement profond. L’engagement professionnel et personnel des salariés et bénévoles constitue la colonne vertébrale du travail social, qui aspire à développer un accompagnement global des personnes.
  • Cet engagement est venu modifier le regard porté par le relais du champ social sur lui-même et sur le « monde ». Le contact régulier avec des publics vulnérables, fragilisés, confrontés à l’isolement, à la précarité et parfois à la maladie, vient orienter différemment et souvent relativiser le regard sur ses propres difficultés et ses frustrations éventuelles.
  • L’engagement dans le champ social est un atterrissage, une immersion dans le réel, il fait prendre conscience de manière concrète et réelle de l’état du monde et de la société dans laquelle nous vivons. A ce titre le groupe souhaiterait que ce mode d’agir en direction des publics du champ social soit plus reconnu et permette de sortir d’un entre soi qui génère, aujourd’hui dans la société française et ailleurs, la peur de l’autre, des pauvres, des étrangers, des différences…
  • L’intervention dans le domaine du champ social concourt, nous l’espérons, à la construction d’un « monde commun » qui nous semble un concept fécond pour que la société française se projette dans un imaginaire collectif dans lequel chacun trouverait sa place.

[1] Michel Tozzi, La crise de la transmission, l’article ici

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Été 2018 à la BnF pour les publics du champ social

12 juin 2018

Relais du champ social, sur la base de la gratuité, la BnF vous informe des accès et des possibilités pour  rejoindre la Bibliothèque avec vos publics, cet été

Vous avez déjà une carte de lecteur :

  • La salle I, Centre national de la littérature pour la jeunesse, est accessible gratuitement aux enfants accompagnés par un adulte (maximum 3 enfants par adulte) pendant les vacances scolaires (zone C), du mardi au dimanche.
  • Les 9 autres salles de lecture grand public, les 2 expositions temporaires Galerie 1&2.

Sans carte de lecteur :

Ateliers pour le jeune public (s’inscrire)

Pour les 7-11 ans

Pour les 9-13 ans

En famille, pour tous

Pour les tout-petits, 3-6 ans et leurs parents

Visites en groupe sur demande (s’inscrire)

  • Visite guidée ou en autonomie des expositions :

- Icônes de mai 68, jusqu’au 26 août 2018

- Parcours architectural du site François-Mitterrand, jusqu’au 22 juillet 2018

BnF | site-François-Mitterrand

Informations & inscriptions :

frederic.astier@bnf.fr 01 53 79 85 30

ou

01 53 79 49 49

visites@bnf.fr

Bon été et à très bientôt à la bibliothèque !

Ateliers, Pour découvrir les collections

Atelier sur les matériaux historiques de l’éducation populaire, avec Laurent Besse et Frédéric Chateigner

1 juin 2018

Émanciper le peuple par le savoir ? de l’histoire de l’éducation populaire à son actualité

La mission de diversification des publics invite les relais du champ social à cet atelier ouvert en dialogue avec les participants, autour des matériaux historiques de l’éducation populaire :

  • Jeudi 14 juin 2018

Avec Laurent Besse et Frédéric Chateigner

« La pédagogie sans le scolaire ? Les revues d’éducation populaire laïque des années 1930-1950 »


BnF | François-Mitterrand
14h30-17h, salle 70
Entrée libre (sans inscription)

Ateliers

Atelier autour des matériaux historiques de l’éducation populaire, jeudi 3 mai 2018, avec Agnès Sandras

25 avril 2018

La mission de diversification des publics invite les relais du champ social à venir assister à cet atelier en dialogue avec les participants, autour des matériaux historiques de l’éducation populaire qui questionnent les voies de l’émancipation du peuple par le savoir et un éclairage des projets et des expériences passés sur les réflexions actuelles :

  • Jeudi 3 mai 2018

avec Agnès Sandras, conservatrice au service Histoire de la BnF

« Le choix des ouvrages dans les premières bibliothèques populaires : instruction et/ou délassement ? (1861-1870) »

BnF | François-Mitterrand
14h30-17h, salle 70
Entrée libre (sans inscription)

Ateliers

Ateliers autour des matériaux historiques de l’éducation populaire, à partir du jeudi 12 avril 2018

6 avril 2018

Trois nouveaux ateliers sont proposés aux relais du champ social, autour des matériaux historiques de l’éducation populaire :

  • Jeudi 12 avril 2018

Avec Carole Christen

« Une expérimentation d’éducation populaire au XIXe siècle : les cours du soir destinés aux adultes »

  • Jeudi 3 mai 2018

Avec Agnès Sandras

« Le choix des ouvrages dans les premières bibliothèques populaires : instruction et/ou délassement ? (1861-1870) »

  • Jeudi 14 juin 2018

Avec Laurent Besse et Frédéric Chateigner

« La pédagogie sans le scolaire ? Les revues d’éducation populaire laïque des années 1930-1950 »


BnF | François-Mitterrand
14h30-17h, salle 70
Entrée libre (sans inscription)

4. Aller plus loin avec les acteurs du champ social, Ateliers

Jeudi 8 mars 2018 à la BnF : Atelier rencontre “Du passé au présent de l’éducation populaire”

13 février 2018

L’Expérience des CEMÉA: intervention de Christian Gautellier

La conscience de la puissance d’action du peuple doit beaucoup à l’éducation populaire. Imaginer de nouveaux modes d’accès à la connaissance, se (ré) approprier des savoirs confisqués… autant de rencontres possibles entre deux mondes dès le XIXe siècle et lors de moments forts comme le Front populaire. Aujourd’hui il convient de raviver la mémoire de l’éducation populaire et des associations nées dans la période de bouillonnement politique et intellectuel de l’après-guerre. En effet, cette mémoire s’est peu diffusée hors du monde des militants de l’éducation populaire, alors que sont inventées des formes d’accès au savoir qui permettaient à ceux qui n’avaient pas bénéficié d’un mode savant d’accès à la culture de comprendre le monde et d’imaginer des modes de relations qui interrogent de façon active la relation à la culture et au savoir.
2 ateliers ouverts qui ont permis un dialogue ouvert avec les participants ont déjà eu lieu. Jeudi 8 mars, Christian Gautellier présentera l’expérience et les modes d’agir des CEM
ÉA

Christian Gautellier est responsable du pôle “Média, éducation et citoyenneté”aux CEMÉA.

Les CEMÉA (Centres d’entrainement aux méthodes d’éducation active) sont nés en 1937, dans le bouillonnement culturel du Front populaire. Pour la première fois en France, le droit au temps libre n’est plus réservé aux classes aisées mais à tous. Très vite se pose la question de la formation des pédagogues, hors du temps scolaire afin de donner du sens au temps libéré. C’est à quoi s’attelleront les CEMÉA, en s’inspirant des courants de l’Éducation Nouvelle et de l’éducation populaire. Des problématiques nouvelles sont apparues depuis une vingtaine d’années et exigent des réponses appropriées : le lien entre le temps scolaire et le hors temps scolaire, l’insertion sociale et professionnelle des jeunes et l’éducation critique aux médias… Les CEMÉA accompagnent formateurs et médiateurs, professionnels comme bénévoles, pour monter des projets avec leurs publics en partant de situations vécues, en construisant des partenariats qui invitent les jeunes à prendre toute leur place de citoyens. Certains de ces projets seront présentés lors de cet atelier.

En partenariat avec

BnF | François-Mitterrand

Jeudi 8 mars 2018

14h30 - 17h, salle Aquarium

Entrée libre (sans inscription)

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A partir d’avril :

1 nouveau cycle d’ateliers autour des matériaux historiques de l’éducation populaire :

  • Jeudi 12 avril 2018

Carole Christen

« Une expérimentation d’éducation populaire au XIXe siècle : les cours du soir destinés aux adultes »

  • Jeudi 3 mai 2018

Agnès Sandras

« Le choix des ouvrages dans les premières bibliothèques populaires : instruction et/ou délassement ? (1861-1870) »

  • Jeudi 14 juin 2018

Laurent Besse et Frédéric Chateigner

« La pédagogie sans le scolaire ? Les revues d’éducation populaire laïque des années 1930-1950 »

BnF | François-Mitterrand

14h30- 17h, salle 70

Entrée libre (sans inscription)

4. Aller plus loin avec les acteurs du champ social, Ateliers

Jeudi 8 février 2018 à la BnF : Atelier rencontre “Du passé au présent de l’éducation populaire”

30 janvier 2018

L’Expérience de Peuple et Culture : intervention de Damien Lenouvel

Rendre la culture au peuple et le peuple à la culture, voilà notre but, proclame le manifeste de Peuple et Culture, en 1945.

Et le manifeste poursuit : « la vraie culture nait de la vie et retourne à la vie. A partir de son atelier, on peut expliquer au tourneur les lois de la production et de la consommation; à partir d’une voiture, on peut apprendre la géométrie au charpentier; à partir des scènes de la vie quotidienne, on peut bâtir une philosophie. Ni la littérature, ni la science, ni le droit ne définissent une culture. Ces disciplines ne livrent qu’un aspect des choses. La culture s’appuie d’abord sur la vie de l’homme, la vie de la société,  la vie du monde. » … / « Une culture vivante suppose des méthodes pour transmettre la connaissance et former la personnalité. La plupart des tentatives d’enseignement populaire sont restées esclaves des méthodes universitaires. L’éducation populaire ne s’improvise pas. »

Le 8 février prochain, Damien Lenouvel, formateur à Peuple et Culture viendra présenter 2 outils inventés par cette association, pour construire une culture partagée et développer en chacun la confiance en soi et le pouvoir d’agir collectivement.

Le premier outil est L’Entraînement Mental.

Il revient à Joffre Dumazedier - fondateur de Peuple et Culture - d’avoir inventé, expérimenté et assuré les bases scientifiques de cette méthode, dans les maquis du Vercors. Initialement conçue pour des ouvriers autodidactes peu scolarisés, elle permet à un groupe, quel que soit son niveau d’étude  de prendre en charge ses difficultés, pour les formuler puis  les dépasser. Il s’agit de s’entraîner à saisir la complexité de situations sociales vécues, pour pouvoir agir collectivement  sur les insatisfactions repérées, et les transformer par des formes d’action appropriées. Les méthodes utilisées visent à faciliter l’échange d’expérience et à développer les facultés d’analyse, l’esprit critique et les capacités d’expression et d’écoute de chacun. Peuple et Culture continue à former aujourd’hui ne nombreux groupes à l’entrainement mental. Pourquoi pas vous ?

Le deuxième outil est la méthode Tandem.

Peuple et Culture est une des associations d’éducation populaire qui   contribua  le plus à intensifier les échanges franco-allemands, dès le lendemain de la guerre. En 1963, l’Office franco-allemand de la jeunesse est créée,  dans le sillage du traité de l’ Elysée.  L’OFAJ  a pour objectif de favoriser l’échange interculturel, afin de proposer des rencontres et des échanges à des adolescents et de jeunes adultes pour faire l’expérience d’un travail d’éducation populaire de fond prévenant l’évolution de clichés, de stéréotypes, de préjugés et de pensée simplistes qui dans le passé avaient mené à de la haine et de la violence.

Pour favoriser l’échange entre les deux cultures et l’apprentissage réciproque de la langue, L’ OFAJ va inventer la méthode Tandem.  L’apprentissage en Tandem est un apprentissage entre deux personnes appartenant à deux communautés de langues maternelles différentes qui collaborent dans le but  d’apprendre mutuellement la langue maternelle de l’autre.   Faire connaissance, c’est aussi découvrir la culture de son interlocuteur  et ses codes culturels.

La méthode Tandem s’applique au présent :

Aujourd’hui Peuple et Culture Corrèze propose de mettre en œuvre la méthode Tandem pour accueillir les migrants autrement : « Au lieu de continuer à penser l’accueil de migrants en sens unique et de demander aux nouveaux arrivants de s’adapter tout seuls à la langue française et à des repères qui sont les nôtres, même s’ils sont nécessaires pour vivre ici, nous invitons à mettre en place de vraies rencontres personnelles soutenues et facilitées par la méthode Tandem. »

Vous êtes nombreux à accueillir des migrants et à les emmener découvrir la BnF, nous vous invitons à venir découvrir la méthode Tandem.

Collection « Regards neufs » animée par Peuple et Culture aux éditions du Seuil, consultable à la BnF©BnF

BnF | François-Mitterrand

Jeudi 8 février 2018

14h30 - 17h, salle Aquarium

Entrée libre (sans inscription)

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Les ateliers à venir :

Dernier atelier du cycle “Du passé au présent de l’éducation populaire”

  • Jeudi 8 mars 2018

14h30-17h, salle aquarium

entrée libre (sans inscription)

Les Cemea, avec Christian Gaudelier, responsable du pôle “Média, éducation et citoyenneté”

Autour des matériaux historiques de l’éducation populaire (voir programme complet distribué à partir du 11 janvier) :

  • Jeudi 12 avril 2018

Carole Christen

« Une expérimentation d’éducation populaire au XIXe siècle : les cours du soir destinés aux adultes »

  • Jeudi 3 mai 2018

Agnès Sandras

« Le choix des ouvrages dans les premières bibliothèques populaires : instruction et/ou délassement ? (1861-1870) »

  • Jeudi 14 juin 2018

Laurent Besse et Frédéric Chateigner

« La pédagogie sans le scolaire ? Les revues d’éducation populaire laïque des années 1930-1950 »

BnF | François-Mitterrand

14h30- 17h, salle 70

Entrée libre (sans inscription)

2. Récits d'expériences, Ateliers, Témoignages

Jeudi 11 janvier 2018 à la BnF : Atelier rencontre “Du passé au présent de l’éducation populaire”

8 janvier 2018

La mission de diversification des publics propose de rencontrer une tradition culturelle qui a inventé de nombreux outils pour ” Rendre le peuple à la culture et la culture au peuple “, tel que le proclamait le manifeste “Peuple et Culture”, lors de sa création, c’est le mouvement de l’éducation populaire, dont se réclament aujourd’hui de nombreuses associations.

Au travers des processus d’éducation populaire, il s’agit, individuellement et collectivement, d’affirmer sa dignité, de s’auto-éduquer, de développer son pouvoir d’agir, de prendre conscience des rapports sociaux et de construire une force collective, qui permet d’agir sur l’amélioration de ses conditions de vie…
La mission de diversification des publics et le service histoire de la BnF ont souhaité proposer aux relais du champ social de découvrir les modes d’agir de 3 associations d’éducation populaire, La Fédération des Centres sociaux, Peuple et Culture, les CEMEA . Ces 3 ateliers seront suivis de 3 nouveaux ateliers qui vous permettront de découvrir les matériaux utilisés par les associations d’éducation populaire au 19ème siècle et qui font encore écho aujourd’hui.

Le premier atelier  fera intervenir Serge Gerbaud, qui évoquera l’expérience de la Fédération des Centres sociaux

Dès la fin du XIXe siècle, les centres sociaux vont intervenir dans le temps de vie « hors travail » pour améliorer la condition ouvrière. Alors que la France de l’après-guerre, dans les années cinquante, se couvre de grands ensembles, à la périphérie des villes, dans des quartiers peu équipés en commerces et lieux de vie, les habitants apprennent à prendre la parole dans les centres sociaux pour faire émerger des modes d’organisation collectives qui améliorent leurs conditions de vie : ateliers de construction de meubles, laveries collectives, activités culturelles portées par les habitants. Ils s’inscrivent ainsi dans la tradition de l’éducation populaire et de l’émancipation culturelle. Aujourd’hui la précarité entraîne une difficulté à construire un imaginaire de transformation. Et si d’un monde en crise, émergeaient des pratiques qui remettent l’humain au centre ?

En partenariat avec 

BnF | François-Mitterrand

Jeudi 11 janvier 2018

14h30 - 17h, salle Aquarium

Entrée libre (sans inscription)