Pour découvrir les collections

Présentation du site Passerelles

21 juillet 2016
Passerelles page daccueil©BnF

Passerelles page d'accueil©BnF

Depuis 2015, on peut trouver en ligne des ressources culturelles portant sur les métiers du BTP et de la construction et leurs évolutions à travers les siècles : Passerelles. Ce site est le résultat du travail des équipes de la BnF avec le comité de suivi pédagogique du CCCA-BTP, réunissant des conseillers en formation, des formateurs d’enseignement général, de dessin et études des constructions et des responsables de Centre de ressources et d’aide à la formation (CRAF).

Le but de ce site est de permettre une exploration interactive de plus de 70 constructions phares qui ont marqué leur époque et les techniques particulières du BTP dans chaque phase de l’histoire, et ainsi de souligner le lien étroit entre construction et humanité.
Vous pourrez explorer, individuellement ou en groupe, les réalisations de l’Antiquité jusqu’au 20ème siècle, en passant par le Moyen Âge et la Renaissance, et ainsi construire votre propre exposition virtuelle sous forme de diaporama. Des parcours pédagogiques sont aussi à votre disposition.

Vous pouvez aussi consulter des vidéos des métiers issues de l’ONISEP.
N’hésitez donc pas à utiliser pleinement ce bel outil, ainsi que les ressources qu’il contient !

(Billet rédigé par Clara Nogues, stagiaire à la mission diversification des publics - BnF)

1. Vous accueillir à la BnF, Pour découvrir les collections

Un projet éditorial original : L’Historique des libraires et imprimeurs de Paris

10 mars 2016

Connaissez-vous les aventures de Nicolas Le Floch, commissaire de police au Châtelet, issues des romans policiers historiques de Jean-François Parot ? L’autre personnage central de ces romans est le Paris des Lumières. La ville est mise en fiction bien sûr, tout ne peut donc être vraiment réel : il s’agit de littérature, et les événements et les personnages des romans sont reliés à des préoccupations d’aujourd’hui.

Le Grand Triomphateure ou le Libraire Ambulan'©Wikimedia Commons)

H. Bonnart, Le Grand Triomphateure ou le Libraire Ambulan'©Wikimedia Commons

Évoquons un commissaire qui a vraiment existé au XVIIIème siècle, sous l’Ancien Régime : Joseph d’Hémery est un inspecteur de police parisienne, chargé des affaires de librairie, entre 1748 et 1773. Il va appliquer les méthodes militaires du signalement pour mener personnellement un inventaire des libraires et des imprimeurs, vaste projet de surveillance du monde du livre, qui va ainsi permettre de contrôler l’opinion publique de l’époque des Lumières dans la capitale.

Il met en fiche la population des libraires et des imprimeurs suspectée dangereuse, au même titre que les vagabonds, les galériens, les tenanciers de tripots… L’Historique des libraires et imprimeurs de Paris comporte 261 fiches, inexactes avec des lacunes, certes, mais qui représente une volonté affirmée de reconstituer les réseaux et les proximités intellectuelles des gens du livre. L’inspecteur zélé y annote ses commentaires parfois farfelus. Souvent il suspecte, imagine, probablement des complots.

Manuscrit français 22107, une fiche©Gallica)

Manuscrit français 22107, une fiche©Gallica

Comment passer de l’inventaire à l’édition de L’Historique des libraires et imprimeurs de Paris ? Chaque fiche a été retranscrite et est accompagnée d’une notice bibliographique. Les noms de toutes les personnes citées dans les fiches ont été explicités. Ainsi, corrigé et enrichi par les recherches des bibliothécaires, cet inventaire fait revivre les acteurs de l’histoire du livre, dans le Paris du XVIIIème siècle.

On croirait ces pratiques de surveillance du monde du livre disparues … Souvenons-nous de l’affaire Coupat, il y a quelques années : un livre, un pamphlet “L’insurrection qui vient” avait été écrit par un comité d’auteurs ayant choisi de rester anonymes. Et la maison d’édition sera entendue par la police …
En effet, aujourd’hui en France, à la suite des sombres événements de l’automne 2015, l’état d’urgence prolongé permet à la police de prendre toute mesure pour assurer le contrôle de la presse et des publications. De tous temps, le monde des livres et des idées ont paru suspect, car ils font partie de ces contre-pouvoirs…

Pour découvrir les collections

La République d’hier à aujourd’hui

20 novembre 2015

Les Rendez-vous de l’Histoire de Blois représentent un moment important de rencontre annuelle pour la communauté des historiens du plus érudit, au plus amateur. Cette année, le thème des Rendez-vous de l’Histoire était ” Les Empires“.

Depuis plusieurs années, la Mission de diversification des publics est accueillie par le Centre socio-culturel Quinière pour réfléchir avec les usagers de ce centre, à la façon dont l’histoire fait écho aux questions du présent.

Jean-Charles Buttier, historien qui a longuement travaillé sur les collections patrimoniales de la BnF maintenant détaché comme chercheur à l’université de Genève et Sylvie Dreyfus-Alphandéry ont présenté un montage de documents issus des collections de Gallica, à la suite d’une pièce de théâtre ” 1851, la République ou la mort” jouée par la Valentine Compagnie, qui mettait en scène une sélection de documents d’archives de la Drôme, illustrant le soulèvement des habitants contre le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte.

N’hésitez pas à utiliser ces documents qui sont libres de droits…

1848-1852 dans les collections numérisées de la Bibliothèque nationale de France

Jean-Charles BUTTIER (Université de Genève)
Sylvie DREYFUS-ALPHANDERY (BnF)

Amitié ! Fraternité ! 24 février 1848. Estampe©BnF)

Amitié ! Fraternité ! 24 février 1848. Estampe©BnF

République française. Combat du peuple parisien dans les journées des 22, 23, 24 février 1848. Estampe©BnF)

République française. Combat du peuple parisien dans les journées des 22, 23, 24 février 1848. Estampe©BnF

27 juin 1848. Mort de l'Archevêque de Paris. Martyr de son dévouement pour la France. Estampe©BnF)

27 juin 1848. 27 juin 1848. Mort de l'Archevêque de Paris. Martyr de son dévouement pour la France. Estampe©BnF

Léon Noël. Louis Napoléon Bonaparte, président de la République. Estampe©BnF)

Léon Noël. Louis Napoléon Bonaparte, président de la République. Estampe©BnF

Auguste Affre, Archevêque de Paris. 27 juin 1848. Estampe©BnF)

Auguste Affre, Archevêque de Paris. 27 juin 1848. Estampe©BnF

J. Durandin. La République rudement menée par Ratapoil et Casmajou. Estampe©BnF)

J. Durandin. La République rudement menée par Ratapoil et Casmajou. Estampe©BnF

Décret de Louis-Napoléon Bonaparte du 2 Décembre 1851. Estampe©BnF)

Décret de Louis-Napoléon Bonaparte du 2 Décembre 1851. Estampe©BnF

Un coup d'État, c'est une fiction. Estampe©BnF)

Un coup d'État, c'est une fiction. Estampe©BnF

Renversement de la République. Coup d'État du 2 décembre 1851. Estampe©BnF)

Renversement de la République. Coup d'État du 2 décembre 1851. Estampe©BnF

G. Barry. Baudin sur son lit de mort. 1851. Estampe©BnF)

G. Barry. Baudin sur son lit de mort. 1851. Estampe©BnF

Est-elle bien morte ? se demande Louis-Napoléon Bonaparte en soulevant le couvercle du cercueil où gît la République. Estampe©BnF)

Est-elle bien morte ? se demande Louis-Napoléon Bonaparte en soulevant le couvercle du cercueil où gît la République. Estampe©BnF

Proclamation de l'Empire. Vive Napoléon III ! Empereur des Français. Estampe©BnF)

Proclamation de l'Empire. Vive Napoléon III ! Empereur des Français. Estampe©BnF

2. Récits d'expériences, Pour découvrir les collections

Pour comprendre la crise : suivre un atelier à la BnF

14 avril 2015

Le 10 avril dernier, les salariés en insertion qui appartiennent à l’atelier d’insertion l’Entrepôt situé à Villepinte et font fonction de manutentionnaires, rippers et chauffeurs livreurs… ont été accueillis à la BnF pour suivre un atelier dont le thème était « Maux et mots de la crise ».

Patrice Baubeau ©Dreyfus)

Patrice Baubeau ©Dreyfus

Patrice Baubeau, historien de l’économie, maître de conférence à l’université Paris Ouest Nanterre, a répondu à leurs questions, en présentant des documents appartenant aux collections de la BnF, extraits de romans, estampes numérisées, extraits de films, chansons…
Qu’est-ce qu’un historien, qu’est-ce que la crise ? La crise d’aujourd’hui est-elle différente des crises passées ? La crise est-elle une fatalité, y a-t-il des responsables de la crise ? Les questions fusent, ce sont là les paroles de personnes qui vivent la crise au quotidien, alors que souvent les économistes parlent de l’économie de façon générale, aseptisée, en se réfugiant derrière des modèles mathématiques qui sont loin, comme le disait Thomas Piketty, lors de sa conférence à la BnF le mercredi 8 avril 2015, de proposer des solutions qui transforment durablement le cours de l’économie, pour en faire une discipline au service de l’homme.
En s’appuyant sur la parabole des 7 vaches grasses et des 7 vaches maigres de la Genèse, Patrice Baubeau explique que le phénomène des crises est aussi ancien que notre mémoire. Autrement dit l’alternance de périodes de prospérité et de famine, invite à prévoir, anticiper, et donc à spéculer sur l’avenir.
Ainsi la crise d’aujourd’hui a beaucoup d’antécédents, qui remontent au fil des siècles. Par contre, ce qui fait débat chez les économistes, est de savoir s’il est possible d’intervenir pour trouver des remèdes aux crises. Les économistes libéraux sont très réservés quant à la possibilité d’éviter des effets qui ne peuvent pas ne pas se produire. Un texte de Jules Garnier, économiste du 19ème siècle, développe ce point de vue.

La bourse de Paris ©Gallica)

La bourse de Paris ©Gallica

Dans son roman, L’Argent Emile Zola, évoque la spéculation effrénée qui se déroule à la bourse de Paris. Spéculer, c’est parier et se projeter dans l’avenir. Plus le risque est élevé plus la rémunération est importante. Sortir de la crise, ne serait-ce pas remplacer une spéculation à court terme par une spéculation à long terme, menée par l’Etat pour répartir les fruits de la croissance pour tous ?
C’est le pari que réussit le président Roosevelt aux Etats-Unis, en mettant en œuvre le New Deal, pour « faire la guerre à la crise », ce qui contribua à sortir son pays de la grande récession de 1929. Son discours du 4 mars 1933 en témoigne.
Des extraits du film « Margin Call » permettent de comprendre ce qui a déclenché la crise de 2008, ce dévoiement de la gestion des risques qui est pourtant au cœur de l’utilité des banques. Ces dernières en effet, ont trouvé le moyen de dissocier risques et rendements, créant une immense opacité en « vendant » des produits financiers associant de manière artificielle un risque estimé et un rendement promis. Dans Margin Call, lorsque la crise s’esquisse, la banque peut alors revendre ses titres financiers, apparemment rentables, sans que les acheteurs réalisent qu’ils acquièrent en réalité des risques considérables. En trahissant leur mission, les banques ont donc contribué au déclenchement de la crise et à sa diffusion à l’ensemble de la planète.
Ce qui change aujourd’hui par rapport à hier, c’est la puissance de nuisance des crises, qui au 19ème siècle s’étendaient par contagion à une dizaine de pays au plus, alors qu’aujourd’hui l’intégration financière touche plus de 100 pays, invitant ainsi à réfléchir à une forme de gouvernement mondial qui pourrait en limiter les effets. C’est d’ailleurs ce qui explique le rôle accru, depuis 2008, du G20, peut-être un premier pas dans cette direction.

La circulation de l argent ©Gallica)

La circulation de l argent ©Gallica

Enfin Patrice Baubeau présente la chanson « Tout va très bien, Madame la marquise », parodie de ceux qui ne veulent pas voir le caractère catastrophique de la situation. Cette chanson créée en 1935, au milieu d’une terrible crise économique, sociale, et diplomatique, connut un grand succès, succès qui demeure aujourd’hui.
Pendant cet atelier, le temps a passé très vite, entraînant un échange nourri entre les participants et l’enseignant-chercheur… Et si les mots de la crise se devaient d’être partagés pour tenter d’en identifier les mécanismes, et arriver à ne pas se laisser imposer un discours qui consiste à en subir les effets ?

Pour s’inscrire aux ateliers des 12 et 19 mai, qui se tiennent de 14h à 16h, pour tout renseignement ; sylvie.dreyfus@bnf.fr , 01 53 79 53 17

1. Vous accueillir à la BnF, Pour découvrir les collections

Connaissez-vous la collection des recueils de la BnF ?

21 mars 2012

Nous avons eu le plaisir de rencontrer Régis Stauder, chargé des collections de recueils du département Philosophie, histoire, sciences de l’homme, pour en apprendre davantage sur ces documents précieux, témoins de leur temps : modes d’emplois, tracts électoraux, faire-part, brochures, prospectus, catalogues…

Dîner offert en l honneur de Sa Majesté l Empereur du Japon, 16 avril 1982 in Bibliothèque nationale de France, Philosophie, histoire, sciences de l homme, Présidence de la République (Recueil. Menus) )

Les menus sont conservés dans la collection des recueils : Dîner offert en l honneur de Sa Majesté l Empereur du Japon, 16 avril 1982 in BnF, Philosophie, histoire, sciences de l homme, Présidence de la République

Pour commencer, pouvez-vous nous dire ce qu’est un recueil, et d’où vient ce terme ?
À l’origine, le terme de recueil désignait la façon dont on rassemblait des documents par lots, en fonction de critères précis, afin de mieux les traiter, pour les retrouver plus facilement. Il s’agissait donc d’un terme qui désignait une manière de classer les documents.
On l’utilise maintenant, par extension, pour désigner les documents ainsi classés par opposition aux livres, notamment, qui sont traités individuellement.
Concrètement, cela signifie que l’on retrouve au sein d’un recueil plusieurs documents, par exemple le recueil des annales d’examen des éditions Foucher. Ces documents sont liés soit par leur sujet, soit parce qu’ils ont été publiés par la même entreprise, le recueil des documents publicitaires de la marque Nintendo par exemple.

Que trouve-t-on dans les collections des recueils la BnF ?
Les collections de la BnF sont vastes et très diverses, et les recueils sont conservés au département Philosophie, histoire, sciences de l’Homme, même si l’on en trouve également dans presque tous les autres départements de la bibliothèque. Nous conservons des affiches, des agendas, des menus, des annales d’examen, des bilans annuels, des brochures de moins de 48 pages, les modes d’emploi des appareils ou logiciels, des guides, des horoscopes, des règles de jeux, des tracts électoraux, syndicaux, des livres de coloriage, s’il n’y a pas d’auteur. Il y a un côté caverne d’Ali Baba dans cette collection!

Ces collections sont importantes parce qu’elles sont un témoin de la vie quotidienne, lorsqu’un document de ce type est publié, il n’est pas voué à avoir une longue durée de vie, il est souvent jeté aussitôt après avoir été lu. C’est la raison pour laquelle on utilise aussi le terme d’éphémères : comme les insectes du même nom, leur espérance de vie est d’une journée. Parfois, des associations de collectionneurs font appel aux collections de la BnF pour trouver des notices d’utilisation par exemple.

Camarades enragés, découpez ces étiquettes et collez-les partout !... Nous vous recommandons le dos des C.R.S. Si vous n'avez pas de colle, clouez-les ! L enragé n°1 - 1er mai 1968, BnF, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme (Tracts mai 1968)

Tract de Mai 68 : Camarades enragés, découpez ces étiquettes et collez-les partout !... Nous vous recommandons le dos des C.R.S. Si vous n avez pas de colle, clouez-les ! L enragé n°1 - 1er mai 1968, BnF, département Philosophie, histoire, sciences de l homme

Comment sont classés ces documents ?
Aujourd’hui, ils sont classés par entreprise, on retrouvera par exemple tous les documents d’une même structure classés ensemble. Et, au sein même de ce classement par entreprise, on retrouve des sous catégories de classement, par thème : par exemple parmi les documents d’une même société commerciale, on regroupe d’une part les catalogues, d’autre part les rapports annuels.

Ce classement existe depuis 1958. Avant la deuxième guerre mondiale, les recueils étaient classés plutôt par thème. Le classement actuel permet une recherche simple.

Comment sont collectés les recueils ?
Comme pour tous les autres supports, la majorité de nos collections entre par le dépôt légal : les éditeurs et imprimeurs sont soumis aux mêmes obligations de dépôt que pour l’impression d’un livre. Le dépôt légal constitue 80% de nos collections de recueils.
Le reste des documents nous parvient grâce aux dons de collectionneurs, et également par nos collègues qui récoltent des tracts et nous les confient, notamment en cette période électorale !

Si vous souhaitez découvrir ces collections, n’hésitez pas à nous contacter ! Nous pourrons organiser des découvertes thématiques (autour des menus, des tracts politiques dans la collection des recueils, des catalogues des grands magasins, des tracts électoraux, etc…) en fonction de vos projets de groupe.

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Pour en savoir plus :

- Revue de la Bibliothèque nationale de France n°10, dossier “L’Éphémère”
- Iconographie de l’exposition “Esprit(s) de Mai 68″

1. Vous accueillir à la BnF, Expositions, Pour découvrir les collections

À la découverte des collections de la BnF autour de la colonisation

9 août 2011

Nous avons eu le plaisir de rencontrer Frédéric Manfrin, chef du service Histoire au sein du département Philosophie, histoire, sciences de l’homme, avant de le retrouver le 16 août, à partir de 17h30, dans la galerie Jules Verne, pour nous introduire sa conférence « Coloniser ? Les collections de la BnF témoins de leur temps ».

Comment était perçue la colonisation au 19ème siècle ?

Paysages et types de mœurs du Sénégal : Don de Mr Delor, 1885; source: Gallica; BnF )

Paysages et types de mœurs du Sénégal : Don de Mr Delor, 1885; source: Gallica; BnF

Si l’opinion y était largement favorable, il existait un débat à cette époque, la colonisation ne faisait pas consensus. Pour illustrer les divergences d’opinions, on peut citer deux textes, qui avaient déjà été proposés à ce sujet lors d’une rencontre avec l’histoire. Le premier de ces textes est de Jules Ferry : Discours à la chambre des députés, 28 juillet 1885. Dans ce texte, Ferry, se fait le promoteur de la colonisation, qu’il défend en trois points : des raisons économiques, des idées de civilisation, et des idées d’ordre patriotiques. En dehors des motivations économiques, Ferry est persuadé du bienfait de la colonisation pour les peuples colonisés et vante « le côté humanitaire et civilisateur de la Question ».
À ces opinions s’opposent celles de Clémenceau qui, deux jours après, répond à Jules Ferry dans son Discours à la chambre des Députés, 30 juillet 1885. Il s’oppose à la théorie des races dans cette réponse, qui validait la colonisation selon Jules Ferry.
Ces deux textes illustrent bien qu’un questionnement autour de la colonisation existait dès le 19ème siècle.

Comment se passe le processus de colonisation française ?

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2. Récits d'expériences

Rencontre avec l’Histoire… Paris, il y a 100 ans

7 juillet 2011

Pour cette seconde rencontre avec l’Histoire (retrouvez ici le récit de la première) dans le cycle “la France il y a 100 ans”, nous avons présenté au groupe du Pari’s des Faubourgs la vie à Paris entre 1900 et 1914 : le quotidien des habitants, la construction du métro, les métiers de Paris…

Pour cet atelier, pas de textes ni de cartes, il était proposé au groupe de découvrir et commenter une sélection de photographies appartenant au fonds le la Bibliothèque nationale de France, appuyée par un unique tableau.

C’est précisément avec ce tableau que l’atelier a commencé, on compare les revenus moyens des parisiens en 1901 selon les quartiers. Ces données nous ont permis de repérer les quartiers pauvres de l’époque, et de constater que la différence entre les revenus n’a jamais été aussi importante qu’à cette période.

 27-12-11, Cirque de Paris, arbre de Noël des Alsaciens-Lorrains, photographie de lAgence Rol,  source : Gallica, BnF )

27-12-11, Cirque de Paris, arbre de Noël des Alsaciens-Lorrains, photographie de l Agence Rol, source : Gallica, BnF

À partir de ces constatations, les questions fusent, avec des explications, notamment sur les quartiers qui accueillaient les populations migrantes. Par exemple, la proximité des gares d’arrivées à Paris jouent sur l’installation des migrants provinciaux : on trouve beaucoup de bretons à Montparnasse, et des lorrains autour de la gare de l’Est. On a appris également que beaucoup de dames allemandes venaient travailler comme domestiques à Paris, car elles avaient la réputation de travailler dur.

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2. Récits d'expériences, Témoignages

Rencontre avec l’Histoire : il y a 100 ans, la France dans le monde…

1 juillet 2011

Au mois de mai, nous avons eu le plaisir d’accueillir un groupe de l’association Le Paris des faubourgs pour participer à la première séance de la nouvelle session des Rencontres avec l’histoire, qui a cette année pour thème conducteur : la France il y a 100 ans.

Il s’agissait pour cette séance de parler des frontières, notamment en expliquant la colonisation du 19ème siècle, et le mécanisme des alliances qui a conduit à la première guerre mondiale. Et aborder ce sujet avec des personnes originaires d’Egypte, du Maroc, du Brésil, d’Erythrée, du Bangladesh ou encore du Sri Lanka était très riche de sens !

Photographies prises en 1906 en Afrique lors de la mission de délimitation des frontières entre le Congo Français et le Cameroun allemand par Eugène Brussaux (ou Étienne Muston) © BnF, département des Cartes et Plans, Société de géographie )

Photographies prises en 1906 en Afrique lors de la mission de délimitation des frontières entre le Congo Français et le Cameroun allemand par Eugène Brussaux (ou Étienne Muston) © BnF, département des Cartes et Plans, Société de géographie

La séance a commencé par la lecture de deux textes historiques. Le premier a été prononcé par Jules Ferry : Discours à la chambre des députés, 28 juillet 1885, ce dernier se fait dans ce discours le promoteur de la colonisation. Le second texte était la réponse de Georges Clémenceau, discours à la chambre des Députés, 30 juillet 1885, dans lequel il s’oppose à Jules Ferry. Ces deux textes ont permis aux participants de situer le contexte de la colonisation, notamment idéologique, et ont soulevé des réactions, et ouvert l’échange.

Une fois ce contexte expliqué, une carte du monde présentant les possessions coloniales en 1914 a été proposée aux participants, ce qui a permis d’expliquer comment s’est passée la colonisation, l’influence qu’elle a eu sur la création de frontières, comment elle a conduit au jeu des alliances stratégiques entre les empires européens.

Enfin, les participants de la rencontre étaient invités à comparer deux cartes : celles des empires européens en 1914, et celle de l’Europe actuellement. C’est à partir des réactions de chacun et des explications précédentes à propos de la colonisation et des alliances, que le contexte de la première guerre mondiale a alors été exposé.

Voici les témoignages suscités par cet après-midi de découvertes de l’histoire, et de la bibliothèque :

Lorsque nous sommes arrivés, malheureusement en retard, Mme Dreyfus nous a accueillis très chaleureusement.
Frédéric nous a expliqué le monde, la colonisation, les frontières de l’Europe avant et après la première guerre mondiale.
Notre groupe a surtout retenu la lutte entre l’Angleterre et la France; nous savons maintenant que seulement les côtes pouvaient être colonisées avant le 19ème siècle (il s’agit des côtes d’Afrique).
Pour la prochaine fois parlez nous, s’il vous plaît, des villes et campagnes. Si vous utilisez un texte, envoyez-le nous avant pour qu’on le prépare. Nous vous enverrons nos questions une semaine avant le rendez-vous. Merci beaucoup, nous sommes très contents d’avoir découvert la Bibliothèque grâce à vous. A bientôt. Nassima, Eden, Ilja, Mireille, Afaf, Manal, Adenilson, Dev Mitra

Pour en savoir plus :
- Présentation de la salle J, où se trouvent notamment les collections d’histoire

- Présentation des collections d’Histoire de la bibliothèque

- Présentation des photos d’Hanoï de la Société de géographie (exposition virtuelle de la BnF : Trésors photographies, la Société de Géographie)

2. Récits d'expériences

Nouvelle exposition de la Fresque de l’Histoire, du 6 au 15 juin

27 mai 2011

Nous vous avons déjà raconté la grande aventure de la Fresque de l’Histoire, réalisée par l’association Décider, et exposée un première fois en novembre 2010, et avons désormais le plaisir de vous annoncer de nouvelles dates d’exposition de ce travail avec les habitants d’un quartier de Grigny.

Un moment de découverte avec une installation de la fresque de l'Histoire © association Décider)

Un moment de découverte, et d essayage avec une installation de la fresque de l histoire © association Décider

Pour mémoire, Décider est une association d’appui individualisé qui intervient dans le quartier de la Grande Borne, à Grigny, depuis 1998.  Nous avons longuement travaillé avec cette association pour réaliser cette frise, qui met en parallèle l’histoire individuelle de chacun des membres, et l’histoire de France.

Du 6 au 15 juin prochain, vous pourrez à nouveau voir ce travail, qui a, depuis été enrichi grâce à de nouvelles sorties culturelles suivies par les membres de l’association Décider. Vous aurez alors l’occasion de découvrir 5 nouveaux panneaux :

- Suite à une visite du Musée Guimet, un panneau “Sur la Route de la soie”
- Un partenariat avec le Château de Fontainebleau nous permettra de contempler des tomettes de l’époque Napoléon III, avec une installation pédagogique qui permettra, avec ces tomettes, de suivre un plan de Paris, et de comprendre le nom de différentes stations de métro.
- Un panneau sur le Serment du Jeu de Paume, suite à une visite à Versailles
- Comme avait été réalisé un travail sur le Mali, nous pourrons à présent découvrir une fresque sur l’Histoire du Togo, et une autre sur les pays du Maghreb, réalisée grâce à des documents de l’Institut du Monde Arabe.
- Enfin, notre frise s’étend dans le temps, puisque un nouveau panneau nous amène jusqu’à la première guerre mondiale.

Un moment de découverte avec un panneau de la fresque de l'Histoire © association Décider)

Un moment de découverte avec un panneau de la fresque de l histoire © association Décider

Nous espérons donc vous retrouver nombreux pour cette nouvelle présentation de la fresque de l’Histoire, au Centre de la vie sociale de Grigny, place des enclos. Vous retrouverez sur ce document les informations pratiques pour venir.

Et toujours, n’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez que nous discutions de ce projet, si vous souhaitez que nous mettions en place ensemble un projet tel que celui-ci, cette fresque a vocation à continuer à s’entendre.

1. Vous accueillir à la BnF, Pour découvrir les collections

Découvrir l’histoire à partir de documents patrimoniaux

14 avril 2011

Quoi de mieux, pour étudier des faits historiques, que de pouvoir découvrir des documents originaux, et ouvrir le débat autour de moments de l’histoire qui ont encore une résonance d’actualité ?

« J'ai 7 ans laissez-moi grandir » - La petite Marianne tend la main à celle du général De Gaulle. 1965 © BnF )

« J'ai 7 ans laissez-moi grandir » - La petite Marianne tend la main à celle du général De Gaulle. 1965 © BnF

Depuis 2010, en lien avec le service Histoire de la bibliothèque, nous avons mis en place des rencontres avec l’histoire qui consistent à examiner, en groupe, un fait historique, soit parce qu’il a une résonance particulière aujourd’hui, soit parce qu’il correspond à un projet que vous menez en groupe.

Cet atelier propose une réflexion autour de documents des collections patrimoniales et de la bibliothèque numérique Gallica en résonance avec l’actualité. L’atelier est complété par une visite de la salle J (Philosophie, histoire, sciences de l’homme) de la Bibliothèque d’étude et la présentation d’ouvrages en accès libre en lien avec le thème de la séance. C’est alors l’occasion pour tous d’apprendre, de regarder, et aussi de débattre et de donner son avis sur la période ou le fait étudié. C’est aussi un moyen de se confronter à la lecture de textes historiques, ou à l’analyse iconographique, ce qui est toujours une démarche intéressante et riche de sens.

Voici déjà les trois séances programmées, pour des groupes à partir de 5 personnes, auxquelles vous pouvez vous inscrire en appelant le 01 53 79 49 49. (Ces ateliers sont gratuits).

- lundi 2 mai 2011, de 14h à 16h : thème « Frontières : la France dans le monde, l’empire colonial »

- lundi 30 mai 2011, de 14h à 16h : thème « France des villes, France des champs : ruralité, urbanisation »

- lundi 27 juin 2011, de 14h à 16h : thème « Le triomphe de Marianne : l’Ecole de la république, l’émergence de la notion de laïcité ».