2. Récits d'expériences, 4. Aller plus loin avec les acteurs du champ social

Ateliers autour de la laïcité

25 octobre 2016

Depuis janvier 2016, la mission de diversification des publics propose régulièrement aux relais du champ social et à leurs publics des ateliers sur la laïcité, question qui ne fait pas consensus aujourd’hui, mais qui lorsqu’on étudie l’histoire de l’émergence de la loi de 1905 n’a jamais été consensuelle…

Les collections de la BnF sont là pour faire lien entre le passé et le présent, et permettre à tous d’appréhender des questions complexes : il nous a donc semblé opportun de rappeler comment la question de la laïcité plonge ses racines dans l’histoire de notre pays.

Le vendredi 14 octobre 2016 après-midi, lors de l’atelier sur la laïcité, ont été rappelé plusieurs éléments :

- l’influence du siècle des Lumières et de la Révolution française.

- le long processus qui a abouti à la séparation des Églises et de l’État ; il s’agissait surtout de redéfinir les modes de relations entre l’État et la religion catholique qui se manifestaient alors d’une façon omniprésente. Mais toutes les religions sont concernées par cette problématique.

- l’importance du vote de la loi Jules Ferry et de la question de l’école, du droit à l’éducation pour tous, filles et garçons.

- les débats virulents qui ont eu lieu lors du vote de la loi de 1905, loi fondatrice sur la question de la laïcité. Au cours de ces échanges se sont exprimées différentes conceptions de la laïcité qui font écho aux débats qui existent aujourd’hui.

Par contre, il convient de rappeler que l’article 1 de la loi de 1905 qui a été voté édicte que «  La république assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public. »

Autrement dit, comme le souligne l’observatoire de la laïcité, La laïcité n’est pas une opinion parmi d’autres mais la liberté d’en avoir une. Elle n’est pas une conviction mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect des principes de liberté de conscience et d’égalité des droits. C’est pourquoi, elle n’est ni pro, ni antireligieuse. L’adhésion à une foi ou à une conviction philosophique relève ainsi de la seule liberté de conscience de chaque femme et de chaque homme. La liberté de conscience, consiste donc à affirmer la liberté de croire ou de ne pas croire.

Première page©Archives nationales

Or, les relais, bénévoles comme professionnels, ont témoigné combien leurs publics appréhendaient difficilement une vision du monde qui ne repose pas sur une croyance religieuse.

Ils ont souligné comment la question du port du voile était perçue comme une machine de guerre contre les musulmans, ce qui légitime d’autant plus l’importance de rappeler les conditions d’émergence de la loi de 1905 qui n’a rien à voir avec la religion musulmane…

L’atelier a réfléchi sur la façon d’aborder la question de la laïcité d’une façon apaisée et inclusive. Certains représentants d’associations ont souligné qu’il fallait dépasser la polarisation excessive autour de la question du voile, car c’est l’arbre qui cache la forêt. La majorité des relais présents témoignaient en effet de l’inquiétude de voir les femmes des quartiers populaires de plus en plus sous l’emprise des maris ou des « grands frères », empêchées de venir à des sorties culturelles, ou tout simplement de se mouvoir dans l’espace public. L’atelier s’est achevé sur cette question qui a à voir également avec la laïcité : comment aider ces femmes à reconquérir leurs droits et le premier d’entre eux l’égalité entre les hommes et les femmes.

Prochains ateliers

16 novembre : complet

le 8 décembre, 14h30 – 17h

inscriptions : frederic.astier@bnf.fr