Les dessins de la Commission d’Egypte (1798-1829)

Le 19 mai 1798, la flotte française quitte le port de Toulon ; à son bord, vogue vers l’Égypte une troupe hétéroclite où les redingotes vertes des savants qui composent la Commission des Sciences et des arts se mêlent aux uniformes de l’armée d’Orient. La campagne militaire arrêtée par le Directoire le 12 avril 1798 se double d’une expédition scientifique que Bonaparte, à la tête de l’aventure, souhaite inscrire dans la lignée de celles de Louis-Antoine Bougainville, de James Cook ou de Jean-François de la Pérouse.

[Médinet Habou] : [vue intérieure du péristyle du palais] / Charles-Louis Balzac, entre 1798 et 1812 ; 1 dessin : lavis d’encre, plume et crayon ; 37,1 x 57,8 cm

À peine débarquée, la Commission des Sciences et des Arts se met à l’œuvre, entreprenant une étude minutieuse et exhaustive d’un pays que chacun croit alors connaître par les récits des voyageurs qui ont occupé leur longue traversée de la Méditerranée. Continuer la lecture

Du nouveau sur Gallica Labs !

Mis en ligne le 26 janvier dernier, Gallica Labs vous permet de tester, au fur et à mesure des développements, les fonctionnalités de votre future bibliothèque numérique. Une nouvelle version, déployée aujourd’hui, apporte des améliorations notables.

Un zoom plus simple d’utilisation

 

Parmi les quelque 300 courriels adressés à gallicalabs@bnf.fr depuis quelques semaines, nombreux sont ceux qui concernent le zoom et demandent des évolutions dans son fonctionnement. La possibilité de conserver le niveau de zoom lorsque l’on passe d’une page à une autre a notamment été réclamée à plusieurs reprises. C’est désormais chose faite : lorsque vous zoomez dans une page, le zoom est maintenu au même niveau lors du changement de page.

En outre, l’apparition d’un nouveau bouton dans la barre d’outils du zoom, sous forme de paire de ciseaux, permet de sélectionner un extrait d’image et de le télécharger au format JPEG en haute définition. La zone de sélection peut être déplacée ou ajustée à l’aide de la souris, et un aperçu de la sélection effectuée s’affiche dans le panneau de téléchargement.

Une recherche plus efficace au sein des documents

Il est désormais possible, en utilisant des guillemets, d’effectuer une recherche exacte au sein des collections numérisées et au sein des documents. Ce type de recherche, réclamé par de nombreux utilisateurs de Gallica gênés par l’expansion de la recherche aux termes proches, est mis en place pour les documents dotés d’un mode texte.

Par exemple, si vous cherchez « Durand » dans le Tableau d’honneur des morts pour la France, le module de recherche de Gallica Labs indiquera les 18 occurrences du nom Durand – contrairement au fonctionnement actuel du module de recherche de Gallica qui, même lorsque vous utilisez des guillemets, étend la recherche aux termes proches (le patronyme Durant ou la conjonction durant) et indique une cinquantaine de résultats.

Par ailleurs, des améliorations ont été apportées au module permettant d’afficher les tables des matières et légendes des documents. Il est désormais possible d’effectuer des recherches au sein de ces éléments et de naviguer dans le document d’un résultat à l’autre. Pour tester cette nouvelle fonctionnalité, consultez par exemple les Mémoires de chirurgie militaire de Larrey (pour en savoir plus sur ce document, voir ici) ou ce recueil de photographies du parc de Yellowstone (pour en savoir plus sur ce document, voir ici).

D’autres améliorations ont été apportées dans cette version, comme la possibilité de télécharger aux formats txt ou ePub les documents pour lesquels ces formats sont disponibles.

Les évolutions à venir

Le mode d’affichage par défaut a suscité des réactions contrastées : si certains se félicitent de la possibilité de voir l’intégralité d’une page (contrairement au fonctionnement actuel de Gallica), d’autres soulignent la difficulté à lire les textes sur de petits écrans et la nécessité de passer en mode zoom ou en mode défilement vertical. Ces remarques ont bien été prises en compte et donneront lieu, dans une prochaine version, à une évolution du mode d’affichage par défaut pour les livres, la presse et les revues.

N’hésitez pas à faire part de vos remarques sur ces évolutions en commentaire de billet ou par courriel à gallicalabs@bnf.fr, nous vous lirons avec attention !

Les livres de chirurgie

Le cycle de billets consacrés au livre de médecine dans Gallica continue avec l’histoire de la chirurgie, discipline représentant souvent des images délicates.

Ambroisé Paré est le plus grand chirurgien français du XVIe siècle. En 1540-1541, il obtient le titre de maître chirurgien-barbier (à l’époque le chirurgien était associé à celui qui rasait les cheveux et la barbe, et non aux médecins) à Paris. Lors d’un séjour à Turin, au lieu de cautériser une plaie par arme à feu (c’est-à-dire appliquer sur celle-ci un fer chauffé à blanc pour stopper l’hémorragie), il utilise un onguent plus doux qui mettra fin à plusieurs siècles de souffrance pour les blessés. Cependant, pour d’autres types de blessures, il ne peut que recoudre la plaie. C’est le cas dans cette image tirée de la Méthode curative des playes et fracture de la teste humaine publiée en 1561 qui présente dans la partie inférieure de l’image, l’aiguille et la méthode pour recoudre le visage, et dans la partie supérieure la couture réalisée par le chirurgien.

Différentes images tirées de ces Cinq livres de chirurgie publiés par André Wechel à Paris en 1572 sont visibles ci-dessous.

Au XIXe siècle, Dominique-Jean Larrey (1766-1842), baron d’Empire, est médecin et chirurgien militaire, et devient le père de la médecine d’urgence. Il a suivi Napoléon dans toutes ses campagnes et pratiquait ses soins sur le terrain le plus tôt possible, grâce à des ambulances chirurgicales mobiles. Son texte le plus célèbre est sans contexte ses Mémoires de chirurgie militaire et campagnes, parus en 4 volumes entre 1812 et 1817, dont le volume 4 comprend par exemple le plan et la situation des ambulances pendant un mouvement de la campagne de Russie, mais également le procédé opératoire utilisé par Larrey pour une épaule.

Il a écrit aussi un Recueil de mémoires de chirurgie, publié en 1821 et schématise dans sa planche IV des vaisseaux développés à l’extrémité d’une portion d’os fracturé, pour former le cal (dessin du bas).

La chirurgie militaire sera à l’origine de la chirurgie dite « esthétique », permettant de réparer les gueules cassées, ou de refaire un nez peu plaisant !

Opérations de chirurgie reconstructive du nez © BIU Santé

Opérations de chirurgie reconstructive du nez © BIU Santé

Retrouvez les précédents billets d’histoire de la médecine dans Gallica en suivant le mot-clef « histoire de la médecine » dans le nuage de tags !

Anne Boyer, département Sciences et techniques

Pi Day : un peu d’histoire des mathématiques

La notation anglo-saxonne de la date du 14 mars fait sourire les mathématiciens : 3/14 ou plutôt 3,14 ce qui correspond au nombre π avec ses deux premières décimales ! Il n’en fallait pas plus pour décider que le 14 mars serait la journée de π. En ce jour unique où l’on ajoute deux autres décimales (3,1415), partons sur les traces de ce nombre surprenant

Le nombre π est connu depuis l’Antiquité en tant que rapport entre la longueur du cercle et son diamètre, et particulièrement en tant que méthode de calcul du périmètre du cercle (ou de l’aire du disque). Ce nom vient du fait que la lettre π est l’initiale du mot grec « perímetros ». Le mystère de π donna lieu à de très nombreuses réflexions au cours de l’Histoire. Pour simplifier leurs calculs, les Phéniciens et les Babyloniens donnaient à π la mesure de 3, et les Égyptiens 3,1604. D’autres mathématiciens parvinrent à des valeurs approximatives, comme l’astronome indien Aryabhata qui donna à π la valeur 3,1416.

En 250 avant J.C., Archimède fut le premier à essayer d’améliorer significativement la précision des valeurs approchées de π ; pour cela, il en donna un encadrement en proposant un calcul approché de la circonférence du cercle.

Portrait d'Archimède

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Images de l’Ouest américain – « The four great surveys »

Au sortir de la guerre de Sécession, le gouvernement fédéral des États-Unis relance les campagnes d’exploration dans l’Ouest américain. Quatre missions, identifiées par le nom de leur responsable, sont conduites dans un but d’exploration scientifique méthodique et rigoureuse du territoire. Le « King Survey » conduite par le géologue Clarence King a pour but d’étudier une bande de 150 kilomètres de large autour du quarantième parallèle le long de la ligne de chemin de fer transcontinentale Pacific Railroad. La même année 1867, Ferdinand Vandeveer Hayden se voit confier l’exploration des territoires du Wyoming, du Nebraska et du Colorado. Deux autres missions sont lancées en 1869. George Montague Wheeler reçoit comme objectif de couvrir les territoires au sud des Rocheuses, situés à l’ouest du centième méridien. Dans le même temps John Wesley Powell est chargé d’étudier les plateaux et canyons du bassin moyen du Colorado. Pendant dix ans, ces missions vont sillonner l’Ouest américain avant que l’United States Geological Survey, créé en 1879, ne regroupe en un seul organisme les différentes campagnes à mener dans cette partie des États-Unis.

 

Cañon de Chelle. Walls of the Grand Cañon about 1200 feet in height / Timothy O’Sullivan, 1873

Cañon de Chelle. Walls of the Grand Cañon about 1200 feet in height / Timothy O’Sullivan, 1873

La description topographique et géologique du territoire est le premier objectif de ces missions mais beaucoup de disciplines y sont agrégées, telles la botanique ou l’ethnologie. La photographie joue désormais un rôle majeur dans la collecte d’informations comme, dans les décennies précédentes, le dessin ou la peinture ont pu remplir cette fonction. Chaque chef de mission s’adjoint les services d’un photographe. King puis Wheeler font appel à Timothy O’Sullivan, déjà connu pour ses clichés lors de la Guerre Civile. William Henry Jackson est intégré à la mission Hayden.  John Hillers, enfin, est le principal photographe du « Powell Survey ».

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