Les corpus

La Saison de la Turquie en France

2 février 2010

[Illustrations de Elbicei atika. Musée des anciens costumes turcs de Constantinople] / Jean Brindesi, dess.  ; Hadamard, Desmaisons, Gilbert... [et al.], grav.  ; Régnier, lithogr.  ; Jean Brindesi, aut. du texte
[Illustrations de Elbicei atika. Musée des anciens costumes turcs de Constantinople] / Jean Brindesi, dess. ; Hadamard, Desmaisons, Gilbert… [et al.], grav. ; Régnier, lithogr. ; Jean Brindesi, aut. du texte
Source: Bibliothèque nationale de France

La « Saison de la Turquie en France » nous donne l’occasion de mettre en lumière les collections turques conservées à la Bibliothèque nationale de France dont le noyau remonte au XVIe siècle. A commencer par les deux mille manuscrits très représentatifs dont la description cartographique des côtes et des îles de la Méditerranée par le navigateur ottoman Pirî Reis (XVIe siècle) et en passant par les imprimés depuis les premiers volumes parus de la presse ottomane (1728), cette collection continue depuis lors de s’enrichir avec des documents de tous types : cartes, photographies, médailles, musique… et, bien sûr, livres et périodiques. Ces derniers constituent la plus grande partie de la collection avec environ trente mille volumes, depuis les œuvres classiques jusqu’aux albums de jeunesse, ouvrages de recherche scientifique, bandes dessinées, etc., reflétant ainsi la variété et la qualité de la vie éditoriale en Turquie.

Par ailleurs le fonds turc de la BnF, au sens large du terme, est composé de documents et objets relatifs au monde turc qui sont encore plus nombreux. Les turqueries du XVIIIe siècle et l’orientalisme du XIXe nous ont laissé de nombreux témoignages de l’intérêt que portaient les Français pour cette partie du monde.

Certains de ces ouvrages sont consultables sur Gallica dont, à titre d’exemple, la très célèbre Description de la Turquie richement illustrée par Nicolas de Nicolay (XVIe siècle), valet de chambre et géographe du Roi Henri II parmi une grande quantité de récits de voyages d’Européens qui sont partis vers la Terre sainte en passant par le berceau de la Grèce antique, l’Asie mineure, devenue alors musulmane. Il existe également des documents diplomatiques comme cette correspondance du début du XVIIe siècle, ou encore des ouvrages documentaires, tel le Dictionnaire turc-français, précurseur pour la langue courante ou l’Histoire de la Turquie en six volumes d’Alphonse de Lamartine. Nombreux aussi les essais qui traitent de la Turquie et de l’Europe, aussi tôt que le XIXe siècle comme Que faire de la Turquie d’Europe ?, une question que l’on se posait déjà en 1876 !

Sara Yontan, direction des Collections, département Littérature et Art

Stambul [quartier d Istanbul], vue du port : [photographie de presse] / [Agence Rol]Stambul [quartier d'Istanbul], vue du port : [photographie de presse] / [Agence Rol]
Source: Bibliothèque nationale de France

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Gallica Références, Les corpus, On en parle...

La maison Mame à Tours (1796-1975)

29 janvier 2010
ABC petits contes par Jules Lemaître, 1921

ABC petits contes par Jules Lemaître, 1921

La maison Mame à Tours (1796-1975): deux siècles d’édition pour la jeunesse, c’est le titre d’un programme de recherche proposé par l’Agence Nationale de la Recherche pour les années 2008-2010. Des séminaires de recherches ont eu lieu, un colloque vient de se tenir les 14 et 15 janvier 2010 à Tours et une autre grande manifestation marquera l’achèvement de ce programme fin 2010.

Gallica permet d’explorer la production des éditions Mame dans sa diversité et sa richesse et offre une bibliographie conséquente de plus de 500 références proposant d’accompagner les travaux de recherche.

L’imprimerie des Mame est regardée comme la première imprimerie de France, particulièrement pendant la période d’Alfred Mame (1811-1895), cet éditeur a marqué son siècle mais reste encore méconnu aujourd’hui.

A la fin du second Empire ce sont 30 presses mécaniques à vapeur qui produisent chaque jour l’équivalent de 20 000 volumes de 10 feuilles de format in-12. L’entreprise cherche ainsi à diminuer considérablement les coûts de tirage grâce à l’utilisation la plus large possible des machines industrielles.

L’entreprise se spécialise au XIXe siècle dans les publications catholiques, on peut commencer par explorer la production des éditions Mame à travers Gallica avec les missels et cantiques qui ont fait l’objet de nombreuses éditions et ont été complétés par des vies de saints comme celle de Saint Martin par l’évêque de Cérame ou encore des catéchismes.

Une part importante de la production des éditions Mame concerne la jeunesse avec des abécédaires, des collections éducatives, des livres de lecture dont de nombreux exemplaires illustrés montrent l’importance accordée par cet éditeur aux publications en direction de la jeunesse.

Alphabet illustré. 100 vignettes et lettres ornées dessinées par Girardet, Grandville, Sagot, Werner

Mais la production des Mame concerne bien d’autres aspects de la littérature avec l’édition des classiques: les Fables de la Fontaine, les oeuvres de Racine, Voltaire, La Bruyère, Rousseau, de nombreux récits de voyages en Chine, en Perse, en Egypte ou encore au Laos.

Au Laos, du Thibet en Chine par deux missionnaires, 1903

Au Laos, du Thibet en Chine par deux missionnaires, 1903

Les auteurs des éditions Mame sont souvent des fidèles comme l’abbé Bourassé à qui l’on doit plusieurs histoires régionales ou nationales comme celle des  Abbayes et monastères de France ou encore les plus belles cathédrales de France.

En conclusion, il est important de préciser que Mame est une grande entreprise avec, vers 1875, 1200 employés pour lesquels est pratiquée une politique sociale regardée comme exemplaire: Napoléon III ne lui a-t-il pas décerné en 1867 un prix de 10 000 francs pour l’organisation de ses ateliers “où régnaient à un degré éminent l’harmonie sociale et le bien être des ouvriers” . L’éloge de l’imprimerie, que l’on peut lire dans Gallica, dédié à Alfred Mame par ses employés en 1846 en est un précieux témoignage.

Bibliographie

Glénisson, Jean, Le livre pour la jeunesse in Histoire de l’édition française, Tome 3, le temps des éditeurs, sous la direction de H. J. Martin et R. Chartier, Paris, 1990 pp. 462 -468.

Mame: Angers - Paris - Tours, deux siècles du livre. Catalogue édité à l’occasion de l’exposition inaugurale organisée à Tours en octobre - novembre 1989. Tours, 1989.

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La traduction française de « L’Origine des espèces »

20 janvier 2010

Caricature de Darwin en singe accroché à l’arbre de la science (La Petite Lune, n° 10, 1878).

Caricature de Darwin en singe accroché à l’arbre de la science (La Petite Lune, n° 10, 1878).

Traduire en français l’ouvrage de Charles Darwin dont on célèbre cette année le cent cinquantenaire n’a pas été une mince affaire. The Origins of species by means of natural selection, or the preservation of favoured races in the struggle for life paraît à Londres chez John Murray en novembre 1859. Il fallut attendre trois ans pour que paraisse une première traduction française, fort controversée, qui sera suivie par deux autres initiatives.

À la sortie de son ouvrage en Angleterre, Charles Darwin se tourna vers Armand de Quatrefages, le premier savant français à s’être exprimé sur ses théories, pour trouver un traducteur. Une première intention vint d’un certain Pierre Talandier, professeur de français en exil en Angleterre, mais son projet ne fut accepté par aucun éditeur. Le nom de Louise Swanton Belloc (1796-1881) est alors avancé, mais Darwin souhaite toutefois que sa traduction soit revue attentivement par un scientifique et le projet ne verra pas le jour.

Une scientifique française exilée en Suisse, autodidacte au caractère détonnant, féministe et socialiste, propose (ou plutôt impose) sa traduction. Clémence Royer (1830-1902) fait paraître en 1862 sa traduction sous un titre qui déjà s’éloigne de l’original anglais : De l’Origine des espèces, ou des Lois du progrès chez les êtres organisés, chez Guillaumin et Victor Masson. À la lecture de ce travail, Darwin est quelque peu inquiet des libertés prises par sa traductrice et trouvera la première excuse pour la remplacer par Jean-Jacques Moulinié, un jeune savant de Genève. La traduction de Moulinié paraît au début de l’année 1873 sous un titre plus proche de l’original anglais, L’Origine des espèces au moyen de la sélection naturelle, ou La lutte pour l’existence dans la nature, chez l’éditeur Reinwald qui publiait toute l’œuvre de Darwin en français. Une lettre de Darwin à Moulinié, datée du 23 septembre 1872, est publiée en pages liminaires du livre pour justifier le changement de traducteur. Darwin y explique que Mlle Royer ne l’a pas averti de la réédition de sa traduction et qu’elle n’y a pas intégré les dernières corrections.

Après la mort de Moulinié, les éditions Reinwald font appel à un autre traducteur scientifique, Edmond Barbier, pour traduire la sixième édition anglaise que Darwin annonce comme étant la version définitive. Dans un « avis du traducteur » aussi concis que discret, Barbier explique qu’il ne prétend pas « avoir traduit l’ouvrage de l’illustre naturaliste anglais mieux que n’ont fait [ses] devanciers » mais il note que « plusieurs traductions ont déjà paru en France. Aucune n’est complète, car l’auteur, dans chaque nouvelle édition anglaise, a apporté d’importantes modifications à son ouvrage ».

Jérome Petit - Direction des Collections, département Sciences et Techniques

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Numérisation et OCR, On en parle..., Partenaires

Numérisation du patrimoine des bibliothèques et moteurs de recherche

6 janvier 2010

Le vendredi 8 janvier 2010 aura lieu la seconde journée d’études d’un cycle organisé par la Bibliothèque nationale de France, l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense (Laboratoires HAR, ArScAn, Modyco), l’Université Paris 8 (Laboratoire Paragraphe) et l’Université d’Avignon (Laboratoire Culture et communication). Cette journée, intitulée « Numérisation du patrimoine des bibliothèques et moteurs de recherche », vise à faire dialoguer universitaires et professionnels autour des enjeux et des usages de la numérisation. Il y sera question de Gallica et des défis que lancent aujourd’hui les moteurs de recherche aux institutions en charge de la collecte, de la conservation et de la diffusion du patrimoine. Venez nombreux !

Informations pratiques : la journée a lieu dans le Grand Auditorium du site François-Mitterrand de la BnF (Paris 13ème arrondissement, Métro Bibliothèque François-Mitterrand, entrée Est), de 9h15 à 18h00. Le programme est disponible ici.

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Les corpus

La peine de mort

5 janvier 2010

Le chansonnier Alexandre Le Bruyant [la tête dans une guillotine] : [photographie de presse] / [Agence Rol]
Le chansonnier Le Bruyant Alexandre [la tête dans une guillotine] : [photographie de presse] / [Agence Rol]
Source: Bibliothèque nationale de France

Pendant des millénaires, le châtiment suprême a été la peine de mort. Toutes les civilisations anciennes semblent l’avoir appliquée pour les crimes jugés les plus graves. On en trouve ainsi des exemples dans le Code d’Hammourabi et dans la Bible ou en droit romain. Lire le reste de cet article »

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Les corpus, On en parle...

Noël: de la tradition à la réalité

24 décembre 2009

Noël approche, tout a déjà été dit … et pourtant Gallica permet de revenir sur des textes et des images fortes de cet événement. On peut commencer par la tradition avec les cantiques de Noël, des enregistrements de chants grégoriens en allant aux chants populaires aveyronnais que les archives de la parole nous permettent d’entendre. Mais Gallica propose aussi des partitions de chants traditionnels ou de recueils de cantiques de Noël. Lire le reste de cet article »

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L’institutionnalisation de la sociologie en France

23 décembre 2009

La Réforme sociale (Paris)
La Réforme sociale (Paris)
Source : Bibliothèque nationale de France


C’est Auguste Comte qui le premier utilise le terme de « sociologie » dans son Cours de philosophie positive (1830-1842) comme synonyme de celui de « physique sociale ».

Mais l’émergence de la sociologie en tant que discipline constituée avec ses concepts, ses méthodes, ses auteurs, ses analyses spécifiques des faits sociaux date en France de la seconde moitié du XIX e siècle. Lire le reste de cet article »

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Partenaires

Manioc, nouvelle bibliothèque numérique partenaire

9 décembre 2009

Cette semaine a lieu le lancement de Manioc, bibliothèque numérique spécialisée sur la Caraïbe, le Plateau des Guyanes et l’Amazonie.

A découvrir sur Manioc : des livres, des images, des conférences, des articles et des références pour mieux connaître l’histoire culturelle, sociale, économique et politique de la Caraïbe, le Plateau des Guyanes et l’Amazonie. Manioc apporte aussi sa contribution à la constitution de la mémoire de demain en mettant à disposition des textes et travaux contemporains issus de la recherche universitaire. Lire le reste de cet article »

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Les corpus

Les Romans en vers du cycle de la Table ronde

8 décembre 2009

Livre fait et composé à la mémoire des vertueux fais et gestes de plusieurs nobles et excellentz chevaliers... spécialement à la louenge... du très vaillant chevalier Lancelot du Lac.... Volume 2 (La tierce partie. La partie du saint graal. La derniere partie de la table ronde)
Livre fait et composé à la mémoire des vertueux fais et gestes de plusieurs nobles et excellentz chevaliers… spécialement à la louenge… du très vaillant chevalier Lancelot du Lac…. Volume 2 (La tierce partie. La partie du saint graal. La derniere partie de la table ronde)
Source: Bibliothèque nationale de France

L’exposition « La légende du Roi Arthur » donne aujourd’hui l’occasion de mettre en lumière le travail réalisé par Gaston Paris (1839-1903) pour le XXXe volume de l’Histoire Littéraire de la France,consacré au XVIe siècle. Le grand philologue y traite des romans en vers issus de la légende de la Table ronde. Cette littérature, constituée de « romans biographiques », narrant l’histoire complète d’un personnage du cycle arthurien, et de « romans épisodiques », relatant quelques aventures de la Table ronde, mêle intrigues, combats et amours érigeant ses héros en modèles de bravoure et de courtoisie. Lire le reste de cet article »

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Les corpus, On en parle...

Robert Estienne (1503-1559) et Etienne Dolet (1509-1546): deux imprimeurs humanistes

2 décembre 2009

L’année 2009 nous permet de nous attarder sur deux imprimeurs français du XVIe siècle.

Robert Estienne, installé à la suite de son père Henri Estienne, à Paris rue Saint-Jean de Beauvais à l’enseigne de l’olivier, a voulu consacrer à Dieu les prémices de ses travaux typographiques.

Dictionnaire francois latin contenant les motz et manières de parler francois, tournez en latin ([Reprod.])
Dictionnaire francois latin contenant les motz et manières de parler francois, tournez en latin ([Reprod.])
Source: Bibliothèque nationale de France

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