Rencontres médicales : l’hôpital Bichat-Claude Bernard

Le cycle « Rencontres médicales » vous présente l’histoire d’hôpitaux parisiens qui portent le nom de  célèbres médecins. Ces praticiens continuent à vivre aujourd’hui à travers ces lieux de soins chargés d’histoire.

Après l’hôpital Trousseau, La Pitié-Salpêtrière et Broussais nous poursuivons ce cycle avec l’hôpital Bichat-Claude Bernard, situé au Nord de Paris. L’année 2013 célèbre le bicentenaire de la naissance de Claude Bernard (1813-1878), figure tutélaire de la physiologie et de la médecine expérimentale au XIXe siècle. Son Introduction  à l’étude de la médecine expérimentale marque l’acte de naissance de la physiologie comme science, avec ses concepts autonomes de ses méthodes d’investigation propres. Plusieurs manifestations lui sont consacrées cette année et une bibliographie est disponible sur le site de la BnF.

Claude Bernard dans son laboratoire © BIUS

Marquée par trois grandes étapes, l’histoire de la construction de l’hôpital Bichat suit celle des progrès  de la médecine et la conception que la société se fait de cette discipline, entre science et art.

La première étape commence avec la transformation d’un ancien poste de caserne d’octroi cédé à l’Assistance Publique par l’armée, le Bastion 39 de l’enceinte de Thiers, en hôpital Bichat. Ces travaux font suite à la démolition d’une partie des bâtiments de l’ancien Hôtel-Dieu-Annexe et la reconstruction du Pont-au-Double, en 1879. Pour pallier ces démolitions et après des travaux d’agrandissement de deux ailes puis de deux pavillons, l’hôpital Bichat ouvrait ses portes en mars 1882. L’hôpital compte à l’époque 191 lits et ce n’est qu’en 1902 qu’il sera alimenté en électricité.

La deuxième étape dans l’histoire de l’hôpital commence pendant l’entre-deux-guerre par un  vaste programme de travaux qui s’étendent jusqu’en 1940 et qui permettent de procéder à la reconstruction totale de l’hôpital Bichat. Le nombre de lits est alors porté à 996 et ce nouvel hôpital comprend trois services de chirurgie, quatre de médecine, une maternité, un service d’ophtalmologie et un service d’oto-rhino-laryngologie.  Pendant la seconde guerre mondiale, après avoir rendu de nombreux services aux blessés,  l’hôpital  a  subi de graves dommages lors des derniers bombardements allemands dans la nuit du 26 août 1944. La façade de l’hôpital qui donnait sur le boulevard Ney a été détruite et de nombreuses victimes sont à déplorer dans le désastre.

Dégâts dus aux bombardements à l'hôpital Claude Bernard, 1918

Avec un nouveau programme de construction décidé au début des années 70, une troisième étape marque l’histoire de l’hôpital Bichat avec l’implantation de nouveaux services, la construction de nouveaux établissements et la reconfiguration des anciens. L’Hôpital n’est plus uniquement un lieu de soins, il devient aussi un espace dédié à la recherche et à l’enseignement.

En 1988 l’hôpital Claude Bernard, spécialisé dans les maladies infectieuses, est transféré de la Porte d’Aubervilliers à l’hôpital Bichat en raison de la vétusté de ses bâtiments. L’hôpital Claude Bernard, alors renommé Bichat-Claude Bernard, a poursuivi sa vocation de médecine infectieuse et tropicale de premier plan, maintien d’une longue tradition de lutte et de prévention contre les maladies infectieuses.

Hasard ou destin, deux figures marquantes de l’histoire de la médecine française, Xavier Bichat (1771-1802) et Claude Bernard se rencontrent sur le frontispice du même lieu de soin.

Sans même se servir du microscope, à l’époque, Bichat identifie dans le corps humain des classes de membranes (nous dirions des tissus) ayant chacune leur structure propre et leur rôle dans l’organisme et prône ainsi, en précurseur, la nécessité des études physiologiques. Bichat reste cependant attaché aux théories du Siècle des lumières et considèrent les organes humains des machines obéissant à des principes mécaniques précis, dont le dérèglement crée la maladie.

Bien qu’il ait réussi à dépasser le vitalisme métaphysique qu’il contestait chez Bichat, Claude Bernard est resté bien plus fidèle qu’on ne le dit généralement à l’enseignement et à l’esprit de Xavier Bichat.

A bientôt pour d’autres découvertes  sur l’histoire des hôpitaux parisiens !

Alina Cantau, Département Sciences et techniques

La nationalité en Algérie

La question de la nationalité en Algérie traduit le caractère éminemment ambigu de la place accordée par la France à ce territoire et à sa population, tout au long de l’histoire contemporaine. Retour en deux temps sur une notion qui n’a jamais véritablement été clarifiée sur le plan juridique :

Quelques semaines après la prise d’Alger, la directive militaire du 9 septembre 1830 fait des territoires occupés par l’armée une terre juridiquement vierge. Toutefois, le 22 octobre 1830, une autre directive militaire reconnaît la juridiction des tribunaux locaux « musulmans » et « israélites ».

Par l’ordonnance du 22 juillet 1834, la France annexe les territoires occupés. En théorie, l’Algérie devient donc une continuation du territoire national par-delà la mer Méditerranée.

Les indigènes musulmans ou juifs sont considérés comme sujets français mais n’obtiennent pas la pleine nationalité. Sur le terrain, sont reconnus deux systèmes juridiques avec des codes, des magistrats et des tribunaux distincts. Le droit du sang (« jus sanguinis ») attache l’individu au statut civil de droit commun ou à un statut civil local. La conversion au christianisme ne permet pas de changer son statut civil.

Dans l’objectif affiché d’assimilation une série d’ordonnances vont limiter le champ d’application des droits coutumiers. L’ordonnance de 1834 susvisée limite ainsi le champ d’application de la loi juive au statut civil et personnel (mariage, divorce, héritage, filiation). Les droits coutumiers coraniques et berbères connaissent des restrictions similaires par l’ordonnance du 28 février 1841. Les tribunaux mosaïques sont supprimés : les seuls tribunaux indigènes sont les tribunaux musulmans. Quant aux affaires criminelles et publiques, elles sont régies par le droit français ou droit commun.
Le discours du trône du 27 décembre 1841, lu devant les députés, déclare que l’Algérie serait « désormais et pour toujours française ». Partant, l’ordonnance du 26 septembre 1842 établit la possibilité d’interjeter appel des jugements rendus sous les droits locaux devant la Cour d’Appel.

En 1848 enfin, Alger, Oran et Constantine acquièrent le statut de département. Toutefois, les projets visant à naturaliser les Musulmans et les Juifs échouent tous.
La co-existence des communautés est reconnue par les sénatus-consultes de 1854 et 1866. Peu après son voyage en Algérie et dans le cadre de sa politique du « royaume arabe », le sénatus-consulte du 14 juillet 1865 affirme que « tout individu musulman est français » et offre aux indigènes qualifiés la possibilité de « jouir des droits de citoyen français » au prix du renoncement à  leur statut civil local. Ce texte offre ainsi pour tout étranger, européen ou indigène, la possibilité de se faire naturaliser à titre individuel mais la mesure rencontre peu de succès. Devant cette faillite des politiques fondées sur l’abandon volontaire d’un statut civil particulier, les Juifs obtiennent par le décret Crémieux en octobre 1870 leur naturalisation collective voyant ainsi aboutir une revendication portée depuis plusieurs années.

Benjamin Prémel, département Droit, économie, politique

Article mis en ligne le 01/11/2010.

Gallica, bibliothèque numérique collective

La Bibliothèque nationale de France s’est engagée depuis plusieurs années dans une stratégie ambitieuse d’ouverture et de mutualisation de ses services numériques. La dimension collective de Gallica se décline aujourd’hui sous plusieurs formes en fonction des besoins et des capacités des partenaires de la BnF :

•    les documents numérisés par les partenaires eux-mêmes peuvent bénéficier des moyens de diffusion et de valorisation développés par la BnF :
- soit par simple référencement lorsqu’ils sont accessibles sur la bibliothèque numérique d’un partenaire (et dans ce cas vous êtes renvoyés sur un site extérieur pour les consulter)
- soit par intégration des fichiers numériques si le partenaire a numérisé ses collections mais qu’il n’a pas de bibliothèque numérique (dispositif expérimental en cours de test)

•    les documents des partenaires peuvent être numérisés par la BnF : ainsi, entre mai 2011 et octobre 2013, dans le cadre d’un marché de numérisation ouvert pour 1/3 aux bibliothèques partenaires, la BnF aura traité plus de 7,8 millions de pages provenant de 82 partenaires de tous types : bibliothèques publiques, bibliothèques universitaires, bibliothèques associatives, Sociétés Savantes, bibliothèques des institutions parlementaires, Ministères, Musées, etc.

Les partenaires qui contribuent à enrichir Gallica bénéficient de services leur permettant de valoriser leurs collections numériques auprès de leurs publics : mentions de source personnalisées, listes de résultats dans Gallica affichant le logo et le bandeau de l’institution, outils de partage pour intégrer les documents sur leurs sites, leurs catalogues ou leurs blogs (lecteurs et vignettes exportables)…

Pour simplifier vos recherches à l’intérieur de ces documents qui peuvent avoir des provenances et des sites de consultations très différents, les outils de recherche dans Gallica ont évolué :
Sur la page de recherche avancée, vous pouvez maintenant filtrer votre recherche selon la bibliothèque et le site de consultation :

Dans le bloc de gauche, vous trouverez la liste des partenaires dépositaires des collections physiques; dans le bloc de droite, vous trouverez la liste des bibliothèques numériques sur lesquelles vous pourrez consulter les collections numérisées.
Vous pouvez bien entendu croiser ces critères. Par exemple si vous cochez dans le bloc de recherche par bibliothèque « Cedias – Musée Social », vous trouverez dans votre liste de résultats des documents consultables uniquement sur leur site http://cediasbibli.org, mais aussi des documents prêtés par la bibliothèque du CEDIAS – Musée social, numérisés par la BnF et consultables intégralement dans Gallica. Si vous cochez en même temps « Gallica » dans la recherche par site de consultation, vos résultats seront limités à ces derniers (voir le résultat).

Dans la liste de résultats, vous disposez également du filtre de recherche par « Site de  consultation ». Si seuls les documents consultables dans Gallica vous intéressent, vous pouvez ainsi filtrer votre recherche en un clic :

Enfin, des pages de présentation pour chacun de nos partenaires sont en cours de création pour décrire leurs collections numérisées et mieux mettre en valeur les différents projets de numérisation menés en partenariat avec la BnF.

Nous vous souhaitons de belles découvertes dans les collections numériques des partenaires de la BnF !

Guillaume Godet – Chef de projet Services numériques aux bibliothèques et éditeurs
Département de la Coopération / Service Coopération Numérique Gallica

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Le 19 juin, expérimentez la correction collaborative en réseau !

Nous évoquions il y a quelques semaines sur ce blog le projet de recherche FUI12 Ozalid auquel la BnF participe depuis 2012.

Le prototype de la plateforme de correction collaborative sera mis en ligne le 19 juin 2013. À cette occasion, la BnF vous invite à participer, de chez vous ou sur le site François-Mitterrand, à une expérimentation en réseau pour en tester les fonctionnalités sur un corpus de documents extraits de Gallica.

Testez la plateforme de correction collaborative du projet FUI12 Ozalid

Gratuite et ouverte à tous, l’expérimentation aura lieu de 15h00 à 17h00 le 19 juin, et sera précédée, le matin même, par une présentation du projet au Labo BnF.

Pour participer, merci de vous inscrire en écrivant à projetfui12.ozalid@bnf.fr et en précisant si vous souhaitez participer sur place ou à distance.

Isabelle Josse – département de la Conservation

 

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Les rencontres de Gallica : la Marionnette



Photographies, estampes, dessins, textes de pièces et bien sûr objets eux-mêmes : les ressources concernant la marionnette dans Gallica sont de plus en plus nombreuses. Les textes écrits pour Guignol y côtoient les expérimentations encore trop méconnues du XXe siècle : théâtre noir de Georges Lafaye, étonnantes marionnettes sur table en plexiglas de la Compagnie Dominique Houdart-Jeanne Heuclin, marionnettes géantes du Royal de Luxe…


Marie-Odile Illiano et Cécile Obligi, respectivement chef du service conservation et coordonnatrice du numérique du département des Arts du spectacle, vous feront voyager au coeur de ces collections aussi riches qu’inattendues.

Informations pratiques

Cette rencontre de Gallica aura lieu mardi 4 juin, de 17h30 à 18h30, salle 70 (accessible par le hall Est), BnF-site François-Mitterrand.
Entrée libre sur inscription : par téléphone au 01.53.79.49.49 ou par courriel : visites@bnf.fr