Paris valait-il vraiment une messe ?

Une femme éplorée appuie la main sur l
Une femme éplorée appuie la main sur l’écusson de France ; dans le fond l’assassinat de Henri IV : [estampe]
Source: Bibliothèque nationale de France

14 mai 1610, il y a quatre cents ans : le lendemain du couronnement de Marie de Médicis, Henri IV, en pleins préparatifs guerriers, se rend en carrosse du Louvre à l’Arsenal. C’est là que réside son ministre et ami Sully. La guerre contre le Saint-Empire approche et le départ des troupes est prévu pour le 19 du même mois. Il s’agit pour le roi de défendre les princes protestants d’Allemagne, contre l’Empereur Rodolphe II, dans la succession des duchés de Clèves, Berg et Juliers. Coincé dans les « Embarras de Paris », le carrosse s’immobilise dans l’étroite rue de la Ferronnerie. C’est cet instant que François Ravaillac choisit pour poignarder le roi.

Mal aimé de son vivant, rejeté à la fois par les catholiques et les protestants, Henri IV devient à partir du XVIIIème siècle l’objet d’un véritable culte : la légende du « Bon roi Henri » est née. Voltaire le célèbre dès 1723 dans son poème La Henriade. Au XIXème siècle se diffusent les images d’Épinal qui contribuent jusqu’à nos jours à sa célébrité : le Vert Galant, doux et bonhomme, jouant à quatre pattes avec ses enfants, grand promoteur de la poule au pot

Au-delà de la légende, Henri IV aura laissé une profonde empreinte dans l’histoire : très fin politique, au dessus des clivages confessionnels, il est parvenu à apaiser pour quelques années les luttes intestines qui ravageaient la France depuis quarante ans. Aspect moins connu de son règne, il apparaît comme l’un des fondateurs de la société d’Ancien Régime : vénalité des offices, importance accrue des finances, centralisation croissante qui annonce Richelieu et Colbert…

L’événement, et l’exécution de Ravaillac qui lui fit suite, furent complaisamment relayés dans des écrits à sensations. Cette vogue de chroniques sinistres et tragiques, d’« histoires horrifiques », se développe à partir de la seconde moitié du XVIe siècle, à l’occasion des guerres de religion et des nombreux attentats politiques. Portant sur des faits très contemporains, ces textes tiennent lieu d’organes d’information périodiques avant l’apparition de la presse.

Les ressources contemporaines de l’événement qui sont actuellement disponibles sur Gallica proviennent des collections de la Bibliothèque municipale de Lyon. Elles sont extraites d’une réunion rare de pièces politiques, religieuses, occasionnelles, provenant de la bibliothèque des jésuites du Collège de la Trinité de cette ville, allant des guerres de religion (1560) aux prémices de la guerre de Trente ans (1635) et représentant plus de deux mille quatre cents références sur Gallica.

Frédéric Manfrin et Arnaud Dhermy – Bibliothèque nationale de France

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