Après les festivités du Bicentenaire de l’Indépendance (1810) et du Centenaire de la Révolution (1910), le Mexique sera la vedette de la saison culturelle française de 2011. L’Année du Mexique sera l’occasion pour découvrir ce pays, fort en contrastes, souvent plus imaginé que connu.
Vers la fin du XVIIIème siècle, le Mexique était une vaste contrée, fort éloignée et entourée de mystère dont les frontières étaient étroitement surveillées par la Couronne d’Espagne depuis la conquête de Hernán Cortés. Le peu d’information qui parvenait en Europe provenait des cartes des géographes et cosmographes ou des récits des contrebandiers anglais qui attaquaient régulièrement les cotes mexicaines.
Ce sont les travaux de A. de Humboldt et, en particulier, l’Essai politique sur le Royaume de la Nouvelle Espagne (1811) qui ravivent la curiosité du public et enrichissent remarquablement les connaissances européennes sur la plus prisée des vice-royautés espagnoles.
Et au tournant du XIXème siècle, l’armée napoléonienne, envahissant la péninsule ibérique, bouscule l’empire espagnol déjà déclinant ; les colonies espagnoles se rebellent et proclament leurs indépendances respectives : c’est alors que le public européen « redécouvre » véritablement le Mexique et l’Amérique du Sud toute entière.
A’ partir de 1821, une fois l’indépendance proclamée et les frontières ouvertes, les nouvelles abondent sous forme d’articles, brochures, pamphlets, récits de voyages et ouvrages de tonalités politiques diverses répondant ainsi à la vive curiosité du public.
Sur le plan esthétique, cette curiosité répond au goût de l’époque pour le pittoresque accompagnant l’évocation de pays lointains. On est intéressé par les « costumes bizarres », les « figures exotiques » et les « spectacles extraordinaires ». Le rôle des revues dans ce déferlement de « nouvelles images » est particulièrement important : la Revue des Deux Mondes et Le Tour du Monde en sont la meilleure expression.
Les missions scientifiques et de reconnaissance de terrain, à visée commerciale plus au moins déclarée, se multiplient et magnifient tantôt les beautés naturelles et artistiques, tantôt les ressources minéralogiques et agricoles du pays.
A partir des années 1830, les premières colonies françaises s’installent et un Inspecteur du commerce français est envoyé au « pays de Moctezuma ». Cependant, la reconnaissance tardive de l’indépendance du Mexique de la part de la France ainsi que le manque d’un vrai Traité de libre commerce, entraîneront de nombreuses tensions et ruptures diplomatiques entre les deux pays qui culmineront avec l’intervention française de 1862, l’occupation du Mexique en 1863 et puis l’installation de l’Empire de Maximilien de Habsbourg et de sa femme Charlotte
Le « rêve latin » de Napoléon III se solda par un échec et l’exécution de Maximilien à Quéretaro, en 1867
Les relations entre les deux pays ne se renouèrent qu’au milieu des années 1880, sous le régime de Porfirio DÃaz. Grâce à la politique de modernisation de celui-ci initiée quelques dizaine d’années plus tôt par Benito Juárez, les échanges commerciaux s’intensifient : les colonies françaises, dont une des plus actives est celle des Barcelonnettes se multiplient sur le sol mexicain et y prospèrent.
Dans ce contexte favorable, les voyages et les missions reprennent, les échanges culturels se renforcent et le Mexique est invité à l’Exposition universelle de 1889.
Le Mexique est également un des sujets préférés des conférences de la Société de Géographie de France, notamment sous l’angle des découvertes archéologiques et descriptions ethnologiques qui bénéficient maintenant de l’apport de la photographie :
Cette période de paix pour le Mexique ne durera pas plus de 30 ans car en 1910 éclatera la révolution menée par ses deux leaders légendaires. Au cri de ¡ Tierra y libertad ! Pancho Villa et Emiliano Zapata
soulèveront campesinos, indios et soldaderas pour la reconquête et la redistribution des terres.
Les affrontements de la révolution se déroulèrent officiellement pendant la décennie 1910-1920. Cependant, la portée de la révolution mexicaine s’étend bien au-delà des années 1920. Ce conflit a constitué le plus important des mythes fondateurs de l’identité nationale mexicaine. Il sera à jamais immortalisé à l’écran et rendu universel par Sergei M. Eisenstein, soviétique, révolutionnaire et génie de la caméra il nous offrit, en 1931, l’inégalé et inégalable : ¡ Que viva México !
Emanuela Prosdotti – direction des Collections, département Philosophie, Histoire, Sciences de l’Homme.


Ma propre grand-mère subjuguée comme de nombreux français à la fin du 19e siècle s’expatria avec l’intention de transmettre à ce pays les bienfaits de la mode française ! Hélas, victime des moyens sanitaires de cette époque et de ce pays elle ne tarda pas à disparaitre défrayant la chronique une dernière fois. Elle fût l’une des plus grandes modistes de Paris, toutes les familles, couronnées ou non faisant appel à ses services.