Les publications de l’Académie des sciences – Institut de France dans Gallica

par Sébastien Leclerc

Estampe de Sébastien Leclerc (1637-1714)

Créée par Colbert en 1666, l’Académie royale des sciences reçoit son statut officiel en 1699 : sa mission est au moins triple, à la fois d’expertise auprès du pouvoir royal, de développement de la Science, mais aussi de démythification des « demi-savants« .
Les dons du pouvoir royal permettent à ce corps d’académiciens pensionnés d’entreprendre de grands travaux – expériences ambitieuses comme expéditions lointaines et, dès le milieu du XVIIIème siècle, l’Académie des sciences de Paris devient symbole du progrès du savoir.

La facture des publications de l’Académie des sciences doit beaucoup à la personnalité de ses secrétaires perpétuels.
Fontenelle, d’abord, qui met en œuvre le premier réglement de 1699 stipulant qu’est donnée à la fin de chaque année une « histoire raisonnée de ce qui a été fait de plus remarquable dans l’Académie » : cette Histoire de l’Académie royale des sciences, complétée par les Mémoires de mathématiques et de physique (eux nominalement signés), doit beaucoup à la plume de l’auteur des Entretiens sur la pluralité des Mondes, qui poursuit ici son rôle de médiateur entre public savant et public mondain.

L’activité des Académiciens porte également sur l’examen des machines « nouvelles et utiles » (Machines et Inventions, 1735 ; 1777), ainsi que sur la description des métiers artisanaux (Description des arts et métiers) que dirigeront notamment Réaumur puis Duhamel de Monceau. À partir de 1720, ce sont les premiers concours organisés grâce au legs de Rouillé de Meslay. Les travaux des savants étrangers, dits aussi correspondants – les Cassinis bien sûr mais aussi Newton, Liebnitz ou encore Euler par exemple – font l’objet de publications spécifiques dès 1744 (seconde série de 35 tomes de 1827 à 1914).

Pont levis qui ne cache point la vue

"Pont levis qui ne cache point la vue" (Machines et inventions, tome 6, 1732)

En 1793, la Convention supprime les académies et les regroupe dans le nouvel Institut national des sciences et des arts : les travaux sont désormais diffusés dans les Mémoires de l’Institut national des sciences et des arts. Sciences mathématiques et physiques (six volumes de 1795 à 1806).

C’est François Arago, nommé secrétaire perpétuel en 1830, qui renouvelle sensiblement le mode de diffusion des travaux de l’Académie en permettant, d’une part, aux journalistes d’assister aux séances, en créant d’autre part, en 1835, les Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences. Jusqu’alors, les travaux des académiciens n’étaient imprimés que deux ou trois ans après leur lecture à l’Académie : la parution hebdomadaire des Comptes rendus accélère la circulation des travaux et des débats aussi bien entre chercheurs qu’avec la société civile. Le tirage atteint 2 000 exemplaires à la fin du XIXème siècle : le titre est une référence internationale jusque la première guerre mondiale.

En même temps qu’apparaissent, à la fin des années 1930 et surtout après la seconde guerre mondiale, de nouvelles institutions de recherche (CNRS en 1939, CEA en 1945, INRA en 1946, etc.), le paysage de la publication scientifique s’élargit et se transforme radicalement. Les Comptes rendus de l’Académie des sciences connaissent des réformes multiples dans les années 1960, 1980, 1990 : les séries, scindées ou fusionnées, rendent parfois délicate la recherche dans les fascicules : le tableau ci-dessous est destiné à faciliter l’accès aux livraisons disponibles dans Gallica.

Ressources incontournables à la fois pour les scientifiques et pour les historiens, les publications de l’Académie des sciences de Paris sont présentes dans Gallica mais encore de façon partielle : la BnF poursuit son effort de numérisation et de mise en ligne grâce à la contribution très précieuse du service des Archives de l’Académie des Sciences – Institut de France.

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