Les usages que les Gallicanautes font de leur bibliothèque numérique réservent des surprises, comme en témoigne la liste des 50 documents les plus téléchargés dans Gallica !
Si les dictionnaires de référence comme le Furetière, le Littré ou le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle de Larousse figurent en bonne place au sein du classement des documents les plus téléchargés dans Gallica, la présence d’autres titres peut surprendre, telle celle du Dictionnaire infernal de Collin de Plancy qui se trouve à la tête de ce palmarès. Les ouvrages traitant d’ésotérisme se taillent en effet la part du lion : ils représentent près d’un tiers des 50 premiers titres. À eux seuls, Éliphas Lévi, grande figure de l’occultisme français, Stanislas de Guaita, co-fondateur de l’ordre kabbalistique de la Rose-Croix, et Papus, co-fondateur de l’Ordre Martiniste, fournissent 9 titres sur 50…
Mais les Gallicanautes ne sont pas tous – ou pas seulement ! – des adeptes des sciences occultes : sont également présents dans les 50 documents les plus téléchargés de grands classiques littéraires et philosophiques (Saint-Simon, Chateaubriand, Baudelaire, l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, Kant) ou des documents relevant de l’histoire des familles (Dictionnaire de la noblesse, Tableau d’honneur des soldats morts pour la France en 1914-1918, Armorial général de France) et de l’histoire locale (Répertoire topo-bibliographique des abbayes et prieurés, Histoire de Constantine).
Comme toutes les listes, ce classement a sa poésie propre et révèle des parentés inattendues : L’Art des jardins y côtoie le Dictionnaire de l’Académie française et le Code civil talonne la Physiologie du goût de Brillat-Savarin, tandis que Georges Bataille et sa revue Documents voisinent avec le manuscrit du Livre des merveilles de Marco Polo. Autant de titres qui illustrent la richesse des collections de Gallica comme la variété des usages qu’en font les internautes…
1 – Dictionnaire infernal de Collin de Plancy
2 – Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand
3 – Mémoires de Saint-Simon
4 – Dictionnaire de l’Académie française, tome I, 1835
5 – L’Art des jardins d’Édouard André, 1879
6 – Dictionnaire etymologique de la langue françoise de Gilles Ménage, 1750
7 – Dogme et rituel de la haute magie par Éliphas Lévy, tome I, 1930
8 – Dictionnaire universel d’Antoine Furetière, 1690
9 – Les Origines de l’alchimie de Marcellin Berthelot, 1885
10 – La Cabbale : tradition secrète de l’Occident de Papus, 1903
11 – Les épreuves d’imprimerie des Fleurs du mal de Baudelaire, 1857
12 – Dictionnaire de la noblesse par de La Chenaye-Desbois et Badier, tome VII, 1875
13 – Dogme et rituel de la haute magie par Éliphas Lévy, tome II, 1930
14 – La Clef des grands mystères par Éliphas Lévy, 1897
15 – Traité élémentaire de magie pratique de Papus, 1893
16 – Répertoire topo-bibliographique des abbayes et prieurés de Cottineau, tome I, 1937
17 – Tableau d’honneur, morts pour la France : guerre de 1914-1918, 1921
18 – Dictionnaire de la langue française d’Émile Littré, tome I, 1873-1874
19 – Essais de sciences maudites de Stanislas de Guaita, tome I, 1890
20 – Critique de la raison pure de Kant, 1905
21 – Dictionnaire de l’Académie française, tome II, 1835
22 – Manuscrit du Livre des merveilles de Marco Polo, 15e siècle
23 – La revue Documents dirigée par Georges Bataille, 1929-1934
24 – Dictionnaire étymologique, critique, historique, anecdotique et littéraire de Noël et Carpentier, tome I, 1839
25 – Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, tome I, 1751
26 – Souvenirs de la vie littéraire d’Antoine Albalat, 1921
27 – Lou Trésor dou Félibrige ou Dictionnaire provençal-français, tome I
28 – Histoire du Maghreb d’Isamël Hamet, 1923
29 – Mystères des sciences occultes, 1894
30 – Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse, tome VIII, 1872
31 – Traité élémentaire de magie pratique de Papus, 1906
32 – Essais de sciences maudites de Stanislas de Guaita, tome II, 1920
33 – Dictionnaire de la noblesse par de La Chenaye-Desbois et Badier, tome IX, 1866
34 – Les grands initiés : esquisse de l’histoire secrète des religions d’Édouard Schuré, 1921
35 - Le Premier livre illustré de mes petits enfants d’A. Des Tilleuls, 1878
36 – Essais de sciences maudites de Stanislas de Guaita, tome II, 1915
37 – Dictionnaire de la langue française d’Émile Littré, tome III, 1874
38 - Répertoire alphabétique des tribus et douars de l’Algérie, 1878
39 – Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse, tome XI, 1874
40 – Physiologie du goût de Brillat-Savarin, 1848
41 – Code civil des français, 1804
42 – Par-delà le bien et le mal de Friedrich Nietzsche, 1913
43 – Histoire de Constantine d’Ernest Mercier, 1903
44 – Armorial général de France de Charles-René d’Hzier, tome VII
45 – J’apprends l’orthographe de Mlle Brès, 1905
46 – Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse, tome X, 1873
47 – Dictionnaire français-grec, 1885
48 – Les XXII lames hermétiques du tarot divinatoire de Robert Falconnier, 1896
49 – L’Archéomètre, clef de toutes les religions et de toutes les sciences de l’antiquité d’Alexandre Saint-Yves d’Alveydre
50 – Dictionnaire des communes de l’Algérie, 1903


Chère Gallica, une question me tourmente depuis plusieurs années. Pourquoi est-ce que deux volumes du Grand Larousse universel du 19e siècle ne sont qu’en mode image et pas en mode texte ?
Je suis un fanatique de ce roman absolu du savoir républicain et j’aimerais pouvoir y rechercher plus aisément mes sujets de prédilection.
Merci
Bonjour et merci de votre intérêt pour l’exploration statistique des usages de Gallica !
Quelques précisions à propos du classement exposé ci-dessus :
-celui-ci s’appuie sur la liste des documents les plus téléchargés depuis le 1er janvier 2011 et concerne uniquement les livres, manuscrits, partitions et fascicules de presse et revues disponibles au téléchargement dans Gallica, soit un peu plus d’1 million de documents (les images, cartes et enregistrements sonores ne sont pas pris en compte dans ce classement).
-la date de mise en ligne de chaque document est indiquée dans la notice accessible à partir de la liste de résultats d’une requête et sera d’ici 15 jours présente également dans la notice accessible à partir des visualiseurs (simple, flash et JPEG2000) pour chaque document. À titre d’exemple, les 5 premiers titres de la liste ont été mis en ligne respectivement le 9 mars 2010, le 19 octobre 2009, le 15 octobre 2007 (idem pour le n° 4) et le 10 février 2009 (ils ont donc tous les 5 bénéficié de la « disponibilité » maximale pour la période considérée ici).
-depuis le 1er janvier 2011, l’ouvrage le plus téléchargé, le Dictionnaire infernal de Collin de Plancy, l’a été près de 4 500 fois (et le numéro 50, le Dictionnaire des communes de l’Algérie, l’a été 630 fois). Les ouvrages téléchargés moins de 15 fois depuis le 1er janvier 2011 apparaissent à partir du n° 64330 de la liste. (le n° en question correspond à une partition de Joseph de Boismortier accessible ici : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90628114). On a donc typiquement affaire à une courbe de longue traîne.
Un tel classement gagnerait, comme vous le soulignez, à davantage prendre en compte des variables comme la disponibilité du document ou la valorisation dont il a pu faire l’objet.
On constate en effet que, parmi les 50 documents les plus téléchargés, certains ont fait l’objet de mises en avant sur ce blog, comme les dictionnaires (qui ont fait l’objet d’une série de billets), sur la page Facebook et le fil Twitter de Gallica, comme les épreuves d’imprimerie des Fleurs du mal (leur mise en ligne, signalée ici – http://bit.ly/L0mjxH, avait suscité un record d’affluence sur Gallica) ou encore sur Gallica même, comme c’est le cas pour les Souvenirs littéraires d’Antoine Albalat, ouvrage relativement peu connu mais qui bénéficie d’une importante visibilité sur la page de présentation des livres dans Gallica (http://gallica.bnf.fr/html/editorial/livres). Notons cependant que ce n’est pas le cas pour les ouvrages d’ésotérisme dont la présence importante dans ce classement peut surprendre…
Enfin, il faut souligner que ces statistiques de téléchargement ne reflètent qu’un pan des pratiques des Gallicanautes : les statistiques de consultation en ligne révèlent que les titres de presse quotidienne, absents du classement exposé ci-dessus, fournissent la majeure partie des documents les plus consultés. Il y a donc bien des façons d’appréhender la popularité des documents de Gallica, en fonction du type de document et du type de consultation (online vs offline), de la granularité considérée (titre de presse vs fascicule de presse), de la valorisation des collections, ou encore du nombre de partage (via le lecteur exportable sur les blogs ou sur Facebook), etc.
Nous poursuivrons prochainement sur ce blog la présentation d’éléments statistiques sur les usages de Gallica.
Bien cordialement.
Bonjour,
Je viens occusionnellement fureter sur votre site depuis plusieurs années maintenant et j’ai constaté l’évolution intéressante quand à la facilité de son accès, puis la richesse des documents offerts. MERCI.
Mais je vous écris ce mot pour mentionner à quel point j’apprécie votre réponse – détaillée – à votre correspondant «Karl». Quel professionnalisme !
Pour ceux qui ont pris la peine de vous lire, vous avez certes répondu à d’autres, comme moi. ♣
Oups ! «occasionnellement» …
Bonjour
Cette liste montre que les internautes ont une tendance marquée pour les sciences occultes et les fausses sciences. Les croyances, la magie et le diable fascinent plus que la prosaïque « pensée scientifique ». S’agit-il d’un mouvement profond ou conjoncturel?
Bien amicalement
Bonjour,
Merci pour ces statistiques. Est-il possible d’avoir de façon individuelle ou publique (selon votre choix) les statistiques de consultations et de téléchargements des ouvrages imprimés par Etienne DOLET (1509-1546) imprimeur et humaniste lyonnais.
Merci jcDolet membre de l’Association des Amis d’Etienne Dolet
Bonjour, pour cela il faudrait que vous nous fournissiez les liens ARK (liens pérennes) des documents concernés. Vous pouvez les envoyer à l’adresse gallica@bnf.fr
Bien cordialement.
Bonjour,
Je suppose qu’il s’agit du nombre de téléchargement « brut », le même utilisateur étant comptabilisé plusieurs fois lorsqu’il télécharge plusieurs fois le même document. Il serait intéressant de connaître le nombre de « gallicanautes » (quel mot horrible !!! : je ne l’ai pas trouvé dans le Litté
), reconnaissables à leurs IP différentes, comme le font les statistiques de connexions des sites. Les dictionnaires notamment sont certainement avantagés si un utilisateur a l’habitude de chercher ses mots sur Gallica…
Gallica est l’une des plus magnifiques entreprises sur la Toile que je connaisse, tant par l’étendue de ses choix que la qualité de ses présentations. Et en prime, c’est en FRANÇAIS, ce dont il faut être fier !
Bien supérieur à Europeana, qui m’irrite par ses parti-pris « européens » mi-chairmi-poisson. Continuez votre magnifique travail !
Un « cousin » québécois…
C’est bien, Merci !
il serait aussi utile, que d’une facon ou d’une autre, les utilisateurs puissent trouver dans cette librairie des tresors caches, et en faire profiter les autres, avec une « notation » de reconnaissance.
Comme exemple je souhaitais lire le texte des recits des voyages de Benjamin de Tudele… et ne l’y trouvais pas.
Ayant lu (livre en anglais de Edward Gibbons) que (Child Baratier nous dit-il) Henri Baratier l’avait traduit, j’ai trouve le texte cherche, traduit par un tres jeune adolescent…en cherchant plutot « Baratier »…
Il faudrait ici que certains livres puissent etre indexes differements, apres etre plebecites par les lecteurs.
Peut etre meme que les lecteurs puissent telecharger une image, un texte.
Je souhaiterais aussi que chaque livre ait une reference (No d’index) permettant de le referencer facilement, donc a l’occasion de le transmettre a des lecteurs potentiels, sites genre Wikipedia, Gutenberg, courriels etc…
Aussi si possible une reference a un No de page, pour inciter a la lecture des ouvrages de taille considerable, et peu lus : ils ne manquent pas !
Merci encore.
Andre Gompel.
Excusez ici le manque d’accents.
Bonjour, et merci pour ces suggestions de mise en valeur des trésors cachés de Gallica !
Pour assouvir votre curiosité, la page Facebook et le fil Twitter de Gallica s’attachent à signaler régulièrement des documents insolites et méconnus de Gallica.
Par ailleurs, en ce qui concerne les identifiants des documents mis en ligne de Gallica : chaque document bénéficie d’un permalien ou lien ARK pérenne (pour en savoir plus, voir ici). Cet identifiant (pour l’ensemble du document ou pour la page qui vous intéresse) est disponible dans la section « Permalien » de la catégorie « Partager » située sous chaque document de Gallica.
Bien cordialement.
je ne vois pas l’intérêt de publier ce qui a été le plus téléchargé. Le nombre toujours ne fait pas la valeur !
à Maurice DURAND qui disait :
« 11 juin 2012 Ã 14:28
je ne vois pas l’intérêt de publier ce qui a été le plus téléchargé. Le nombre toujours ne fait pas la valeur ! »
Réponse : Avez-vous une proposition positive…?…!
il arrive souvent que l’on tape des mots tels que dictionnaire, mystère, revues ou jardins ou cuisine etc.. soit des mots faisant référence à des choses du quotidien écrits par des auteurs non connus de nous car les principaux écrivains connus(ceux de la littérature ou philosophie)sont déja dans notre bibliothèque papier donc on télécharge des raretés difficiles à trouver en librairie et meme aux puces quand bien meme on ne les lit que partielement comme les livres de magie ou d’économie domestique ou … bref
ces téléchargements sont plus un désir de découvrir quelque chose d’inconnu plus qu’un réel intéret
Bonjour,
avec autant d’intérêt pour la chose métaphysique, je me demande s’il existe des témoignages écrits ou audiovisuels (articles, presse, manuscrits) autour du débat sur la théorie de l’évolution de Darwin, qui, il faut le rappeler n’est pas issu d’une formation scientiique, sa théorie non plus n’étant pas elle-même le produit d’une démarche scientifique rigoureuse.. Alors, ces débats passionnants, qui ont lieu un peu partout dans le monde où des scientifiques s’affrontent sur le sujet, ont-ils laissé des traces chez Gallica? Merci
Bonjour,
ce billet sur la traduction de l’Origine des espèces, publié ici en janvier 2010, devrait vous intéresser.
Vous trouverez notamment dans Gallica cet Examen du livre de M. Darwin sur l’origine des espèces (1884) ou ce chapitre consacré aux « critiques adressées au livre de M. Darwin » dans l’ouvrage de Th. Huxley (1892).
Bien d’autres traces du débat autour de la théorie de l’évolution sont également consultables dans Gallica, comme vous pourrez le voir ici !
Bien cordialement
Dans les documents que contiennent Gallica combien concernent les sciences occultes et les sujets apparentés? Si le nombre de téléchargements est élevé, est-ce parce que que ces documents sont nombreux?