Rencontres médicales : Armand Trousseau

Un hôpital parisien dans le XIIe arrondissement porte le nom d’Armand Trousseau (1801-1867), médecin et clinicien français, un des plus brillants professeurs de son époque.

Hopital Trousseau F.bg Saint-Antoine 110 : fondé en 1669 par la Reine Marie-Thérèse. N ° Atget : 4061. 1900. Photographie positive sur papier albuminé d’après négatif sur verre au gélatinobromure ; 17 x 20,6 cm (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b3100067g.item.f9)

Je vous propose un retour dans la première moitié du XIXe siècle pour aller à sa rencontre, grâce à Gallica !

Joseph-Michel Guardia propose dans son Histoire de la Médecine d’Hippocrate à Broussais et ses successeurs une description vivante de Trousseau et le portrait de ce dernier reflète sa personnalité charismatique. Après avoir accompli des études de rhétorique, il est fortement attiré par la médecine. Elève de Bretonneau à Tours, Trousseau a une ascension professionnelle fulgurante : en 1825 docteur en médecine de la Faculté de médecine de Paris, puis professeur à la Chaire de Thérapeutique en 1839 et enfin titulaire et médecin en chef du prééminent Hôtel-Dieu de Paris en 1852, l’un des postes les plus prestigieux de l’époque. L’Académie de médecine l’accueille quatre ans plus tard parmi ses membres.

 

Frontispice à Trousseau, Clinique médicale de l’Hôtel-Dieu de Paris, t.1, 1885 (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5410539t)

Il fréquente Joseph Récamier, Théophile Laennec, François Broussais et il compte Victor Hugo et Eugène Delacroix parmi ses amis.

Son célèbre traité de 1861, Clinique médicale de l’Hôtel Dieu, réédité jusqu’en 1931, est un véritable modèle de clarté et de précision et fait l’éducation de générations de médecins. Il reste un chef d’œuvre classique, tant dans le domaine scientifique que littéraire et fait le point sur la variole, la diphtérie, l’asthme (dont Trousseau est lui-même atteint), l’angine de poitrine, les coliques hépatiques, la cirrhose, l’ulcère de l’estomac, entre autres.

Armand Trousseau est le premier à avoir pratiqué la trachéotomie à Paris et c’est à lui qu’on doit la première description de la phtisie laryngée et de la tétanie infantile. Ces contributions apparaissent, en 1837, dans le Traité pratique de la phtisie laryngée… Son ouvrage sur les thérapeutiques, le Traité de thérapeutique et de matière médicale écrit avec Hermann Pindoux, publié entre 1836 et 1839 connaîtra neuf éditions en quarante années et des traductions en plusieurs langues.

Clinique médicale de l Hôtel-Dieu de Paris.... Tome 1
Clinique médicale de l’Hôtel-Dieu de Paris…. Tome 1
Source: Bibliothèque nationale de France

Atteint d’un cancer de l’estomac, dont il avait fait son propre diagnostic, il s’éteint à l’âge de 66 ans, en serrant la main de sa fille, en lui disant la phrase demeurée célèbre : « Tant que je la serrerai, je serai encore vivant…après cela, je ne saurai plus où je serai ».

A bientôt pour d’autres rencontres avec des médecins qui ont marqué l’histoire des hôpitaux parisiens !

Alina Cantau, Direction des Collections, Département Sciences et techniques

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2 réponses à Rencontres médicales : Armand Trousseau

  1. Tony dit :

    Merci pour la référence de Guardia sur Trousseau. Très intéressant !

  2. Bonjour,

    Merci de parler de Trousseau !!!

    Je vous invite à découvrir mon site internet qui lui est spécialement dédié

    http://armandtrousseau.wifeo.com/index.php

    Cordialement

    Franck Devedjian

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