« La vérité, qui est une, a l’éternité pour elle » (Zola, lettre à Loubet, 1900)

Un manuscrit exceptionnel, conservé à la Bibliothèque de la Cour de cassation, vient d’être mis en ligne dans Gallica…

Le 22 décembre 1900, Émile Zola publie dans L’Aurore une lettre ouverte au président de la République Émile Loubet, par laquelle il dénonce la loi d’amnistie votée quelques jours auparavant en faveur des acteurs de l’affaire Dreyfus. Zola interpelle vigoureusement le président Loubet qui avait, en septembre 1899, gracié le capitaine Dreyfus : « aujourd’hui, au lieu de la justice, c’est cette amnistie scélérate et outrageante qui vient ».

Brouillon de la lettre adressée par Émile Zola au président de la République, Émile Loubet, relative à l’affaire Dreyfus Le brouillon de cette lettre a été offert en 1981 à la Bibliothèque de la Cour de cassation par les descendants de Mathieu Dreyfus, frère aîné d’Alfred Dreyfus. La numérisation par la BnF de ce document exceptionnel, désormais consultable dans Gallica, inaugure le partenariat conclu entre les deux institutions en octobre 2012.

Ce manuscrit vient enrichir le corpus de documents concernant l’affaire Dreyfus dans Gallica. Outre le manuscrit autographe du J’Accuse… ! conservé à la BnF, la bibliothèque numérique offre en effet accès à de nombreux livres retraçant l’Affaire, ainsi qu’aux papiers manuscrits de Maître Labori, avocat de Dreyfus, à un recueil de photographies prises lors du procès de Rennes en 1899, ou encore à un enregistrement sonore de la voix de Dreyfus lisant un fragment de ses Mémoires en 1912.

 

Zola mourra en 1902, deux ans après la publication de cette lettre ouverte à Loubet. Ce n’est qu’en 1906 que la Cour de cassation annulera le jugement du Conseil de guerre de Rennes et affirmera que la condamnation portée contre Dreyfus a été prononcée « à tort », preuve que, comme le formulait Zola dans son apostrophe à Loubet, « vous avez beau enterrer la vérité, elle chemine sous terre, elle repoussera un jour de partout, elle éclatera en végétations vengeresses ».

 

Clément Pieyre, directeur de la Bibliothèque de la Cour de cassation, Claire Bonello et Mélanie Leroy-Terquem, département de la Coopération (BnF)

 

 

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