11 septembre 1709 – 11 septembre 2009 : qui a gagné la bataille de Malplaquet ?

La plus sanglante bataille du sièclePlan de la Bataille de Taisniere donnée le 11me de 7bre 1709 : entre les armées des Hauts Alliez commandée par son Altesse S. le prince Eugène de Savoye et son altesse le prince et duc de Marlboroug et celle des deux couronnes commandée par le maréchal de Vilars / J. Harrewyn fec
Plan de la Bataille de Taisniere donnée le 11me de 7bre 1709 : entre les armées des Hauts Alliez commandée par son Altesse S. le prince Eugène de Savoye et son altesse le prince et duc de Marlboroug et celle des deux couronnes commandée par le maréchal de Vilars / J. Harrewyn fec
Source: Bibliothèque nationale de France

Il y a trois cent ans exactement, le 11 septembre 1709, se déroulait la bataille de Malplaquet, appelée aussi bataille de Taisnières, considérée comme la plus sanglante de l’époque de Louis XIV. A cette date-là, l’enjeu de la guerre qui avait commencé huit ans auparavant n’était plus seulement, pour le roi, la succession de son petit-fils Philippe V au trône d’Espagne, mais bien la défense des territoires qu’il avait réussi à acquérir durant son règne.

Plus de soixante-dix mille soldats Français, sous la conduite du maréchal de Villars, affrontèrent près de cent mille soldats alliés – Anglais, Hollandais, Prussiens, Impériaux… – dirigés par le prince Eugène de Savoie et le duc de Marlborough. A l’issue d’une lutte acharnée, les Français durent se retirer en laissant derrière eux dix mille de leurs hommes. Villars lui-même eut la jambe fracassée et dut abandonner son commandement. Mais les pertes alliées furent deux fois supérieures à celles de leurs adversaires. On crut pendant quelques jours, dans l’armée française, que Marlborough était mort : cette rumeur valut au général de devenir le héros malheureux d’une chanson désormais célèbre

Alors, Malplaquet fut-elle pour le Roi-Soleil une défaite ou une victoire ? Si les débats de l’époque furent très vifs, ils ne se sont pas éteints aujourd’hui. A court terme, la bataille est bien une défaite, puisque les Alliés purent achever le siège de Mons, que Villars voulait libérer. On salua en revanche la résistance de l’armée française, qui tint longtemps sa position malgré son état d’infériorité numérique. Il faut dire qu’elle venait de subir dans les années précédentes une improbable série de défaites retentissantes – à Blenheim en 1704, à Ramillies et à Turin en 1706, à Audenarde en 1708.

En fait, à plus long terme, la bataille de Malplaquet apparaît comme un véritable coup d’arrêt. L’espoir allié d’une invasion rapide de la France fut abandonné, et une guerre d’usure s’installa. En Angleterre même, Malplaquet entraîna la désillusion de l’opinion publique, qui commença à perdre confiance envers son général. Ce retournement entraîna un an plus tard le succès électoral des Tories, parti favorable à la paix. Enfin, en 1712, la victoire incontestable de Villars à Denain permit à la France de négocier une sortie honorable de la guerre.

Clément Oury
Direction des services et des réseaux. Département du dépôt légal.

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