L’esclavage selon Louis-Timagène Houat (1844)

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Quatre ans avant l’abolition de l’esclavage (1848), Louis-Timagène Houat (1809-1890 ?) publiait à Paris Les Marrons à l’enseigne de la librairie Ebrard, installée dans le Passage des Panoramas.

Réputé premier roman de La Réunion, ce livre oublié durant un siècle et demi avait été rédigé dans une intention précise : éclairer la population métropolitaine sur la condition des esclaves et les traitements imposés aux populations marrons de l’Empire français, telles qu’elles apparaissaient dans le Code noir.

Si L.-T. Houat, militant anti-esclavagiste, n’en a pas souffert lui-même directement, il eut néanmoins maille à partir avec les autorités politiques : il n’était en effet qu’un jeune professeur de musique lorsqu’il fut arrêté, le 13 décembre 1835, pour incitation à la révolte des esclaves lors de la répression du « complot de Saint-André ». Il attendra son procès huit mois durant.

Dès septembre 1836, il destina à la Revue des Colonies de Cyrille Bissette (1795-1858) une « Lettre d’un prévenu dans l’affaire de l’ïle Bourbon« , dans laquelle il détaillait les conditions de sa détention. Son procès, devenu une affaire exemplaire, fut scrupuleusement suivi par la revue de C. Bissette de décembre 1836 à juin 1837, date à laquelle il fut condamné à la prison à perpétuité.

Peu de temps après, sa peine fut commuée en exil politique. C’est ainsi que, banni, L.-T. Houat rejoignit Cyrille Bissette à Paris où il publia en vers le récit de ses mésaventures dans Un proscrit de l’île de Bourbon à Paris (1838), et, six ans plus tard, son roman fondateur, Les Marrons, un récit très rythmé inspiré de Bug-Jargal de Hugo et de Georges de Dumas, qui illustrait très nettement les conditions inhumaines imposées aux esclaves.

Quatre ans plus tard, le 20 décembre 1848, l’abolition de l’esclavage fut prononcée à La Réunion.

En proposant ces deux ouvrages et la Revue des Colonies, Gallica permet de suivre un moment remarquable de l’histoire de l’anti-esclavagisme, sous la plume d’un fervent apologiste du métissage.

L’affaire Houat dans la Revue des colonies

Septembre 1836 : « Lettre d’un prévenu dans l’affaire de l’ïle Bourbon »
Décembre 1836
Mars 1837
Avril 1837
Mai 1837
Juin 1837

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