« Du dessin à l’alphabet, une histoire des écritures dans Gallica »

Pelliot sanscrit. Pelliot sanscrit Udanavarga. Pelliot sanscrit Udanavarga 1.1-1.25 ; 2.1-2.8
Pelliot sanscrit. Pelliot sanscrit Udanavarga. Pelliot sanscrit Udanavarga 1.1-1.25 ; 2.1-2.8
Source: Bibliothèque nationale de France

Les expéditions vers le nouveau monde ou vers l’orient ont été propices à la découverte d’écritures qui ont suscité une effervescence de recherches pour les déchiffrer. Un document daté de 1560 de Diego de Landa (1524-1579) rend compte d’une tentative de déchiffrement des glyphes mayas, tandis que des rapports d’expéditions scientifiques engagées vers l’Orient au XVIIIe siècle puis surtout au XIXè siècle témoignent de la curiosité d’une époque. Dans sa description de l’Arabie datée de 1774, l’explorateur allemand Carsten Niebuhr (1733-1815) consacre à l’étude de la langue arabe des chapitres consistants, tandis que l’étude des caractères cunéiformes mésopotamiens va nourrir les recherches de nombreux savants, comme celles du philologue français Jules Oppert (1825-1905), qui transcrit ces caractères dans le rapport de son expédition en Mésopotamie en 1859. Charles Bruston (1838-1937) y fait écho en 1873. La Bibliothèque nationale de France conserve le « Caillou Michaux », dont les inscriptions sont en caractères cunéiformes, une découverte du botaniste et explorateur André Michaux (1746-1802). Mais le travail de J.F. Champollion (1790-1832) sur les hiéroglyphes reste surtout en mémoire. La « Lettre à M. Dacier » de 1823 est un document essentiel, qui consacre la découverte du savant polyglotte, avant de donner lieu à une grammaire et à un dictionnaire. Emile Prisse d’Avesnes (1807-1879), explorateur et égyptologue, a contribué au déchiffrage de l’écriture égyptienne avec J. F. Champollion. Le « papyrus Prisse », daté de 1900 av. J.C. est conservé à la Bibliothèque nationale de France. Le travail de Félicien de Saulcy (1807-1880) témoigne en 1845 de l’impact et de l’influence du travail de Champollion. Les fonds numérisés font également la part belle aux écritures asiatiques. Les orientalistes Abel Rémusat (1788-1832) et Léon de Rosny (1837-1914) s’intéressent, entre autres, à l’écriture en Chine.
Du pictogramme à l’alphabet, l’écriture est aussi recherche d’une esthétique, rappelant son origine iconique. Les ouvrages consacrés à la calligraphie, étymologiquement « belle écriture », sont présents à travers des ouvrages tels le Champ Fleury, daté de 1529, de Geofroy Tory (1480 ?-1533), imprimeur et libraire du roi, et l’Album d’alphabets de Francis Thibaudeau (1860-1925) rend compte de la création en typographie. Plus proche de nous, l’ouvrage signé de Guillaume Apollinaire (1880-1918) sur « l’antitradition futuriste », de 1913, confirme la pérennité de la recherche sur les écritures et de l’impossible dissociation du fond et de la forme, la dimension picturale faisant toujours partie intégrante de l’écriture.

Christine Sabatier – direction des Collections, département Littérature et Art

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2 réponses à « Du dessin à l’alphabet, une histoire des écritures dans Gallica »

  1. André Michaux dit :

    L’histoire de la découverte du Caillou Michaux, dont il est question ici, est racontée par Régis Pluchet dans L’extraordinaire voyage d’un botaniste en Perse – André Michaux : 1782-1785, livre paru aux éditions Privat, en juin 2014.

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