Le Journal de l’Opéra

A l’ouverture de la bibliothèque de l’Opéra, Charles Nuitter entreprit la rédaction d’un calendrier général des spectacles de l’Opéra, en remontant aux premières représentations de Pomone  (de Robert Cambert) en mars 1671 dans la salle du Jeu de Paume de la Bouteille, rue Mazarine. Pour chaque mois, ce Journal de l’Opéra présente une double page, qui indique à gauche les événements survenus en marge des spectacles, et à droite la liste des spectacles.

Il s’agit donc, pour toute la partie ancienne, d’un travail de reconstitution a posteriori de la chronologie des spectacles. En parallèle apparaissent également les déplacements de l’Académie Royale de Musique entre ses différentes salles (rue de la Loi , rue Le Peletier …), les discussions officielles de l’Assemblée au sujet de l’édification d’une nouvelle salle, les événements politiques ayant influé sur les spectacles comme l’assassinat du duc de Berry  ou la modification du taux des assignats. Le Journal mentionne également la distribution des premiers rôles, les représentations au bénéfice d’une personne ou d’une institution, ou celles qui ont eu lieu en présence du roi.

Ce travail de seconde main devient une véritable chronique au jour le jour à partir des années 1860 où Nuitter, archiviste de l’Opéra, est le témoin privilégié de la construction et de la vie du nouveau palais Garnier, et des productions grandioses de la fin du XIXème siècle. Au fil des années se dessine le succès de Jules Massenet, Giuseppe Verdi, Georges Bizet ou Charles Gounod, dont les œuvres sont constamment reprises avec une réussite dont témoignent les recettes mentionnées en marge du Journal.

A la mort de Nuitter en 1899, le Journal resté à la bibliothèque de l’Opéra est poursuivi (et parfois augmenté rétrospectivement) par ses successeurs, traversant ainsi le XXème siècle. Y sont consignées les interruptions dues à la mobilisation générale en 1914  et 1939, ou l’utilisation de l’Opéra pour des spectacles allemands joués par les musiciens du Staatsoper de Berlin.

Journal de l’Opéra, 1941/01/01 (A271)-1941/12/31. Bibliothèque-musée de l’Opéra

Le Journal est encore le témoin des mouvements des années 1968-1971,  ainsi que des changements impulsés par Rolf Libermann, interrompant à son arrivée les représentations pour lancer les répétitions de nouveaux spectacles.  Le Journal se poursuit jusqu’à la fin de l’année 1981.

Clotilde Angleys, Département de la Musique

 

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8 réponses à Le Journal de l’Opéra

  1. BERNARD dit :

    Bonsoir,

    Je recherche une trace de Monsieur Béchade de Fonroche Pierre
    appelé en famille Raoul, artiste Lyrique à Paris, né à Bordeaux le 09 avril 1868.
    Pierre Béchade de Fonroche à effectué une tournée artistique aux états unis d’Amérique, en 1910 Pierre Béchade de Fonroche arrive à New York, destination finale New Orléans, puis en 1912 à Boston, Massachusetts.

    Es ce qu’il existe un répertoire des Artistes se produisant à l’Opéra de Paris?…

    Cordialement.

    JM. Bernard

    • Equipe Gallica dit :

      Bonjour,
      vous pouvez notamment consulter le Dictionnaire des chanteurs de l’Opéra de Paris de Jean Gourret (1982). Cet ouvrage, sous droits, n’est pas consultable dans Gallica, mais vous pouvez vous référer à sa notice dans le catalogue général de la BnF.
      Bien cordialement

  2. Marie dit :

    Bonsoir,
    Bravo pour la numérisation et la mise en ligne d’un tel monument, d’une telle Histoire, encore faudrait-il que le Journal soit disponible dans un format lisible par tous et notamment les personnes qui utilisent une revue d’écran !
    Si le format txt est effectivement « récupérable », ce n’est pas sans peine, et les caractères ne sont pas reconnus correctement, ce qui rend la lecture impossible.
    Quelle frustration, quelle déception… Qualité vaut mieux que quantité sans doute…
    Si vous avez une solution, je suis preneuse.

    • Equipe Gallica dit :

      Bonjour,
      le Journal de l’Opéra a la particularité d’être un document manuscrit. Les logiciels de reconnaissance optique de caractères (OCR), qui sont utilisés pour produire le plein texte des documents imprimés numérisés par la BnF, ne donnent pas de résultats probants sur les manuscrits, aussi Le Journal de l’Opéra n’est-il disponible qu’en mode image dans Gallica.

  3. BERNARD dit :

    Bonjour,

    Faute de ne pouvoir reconstituer le parcours artistique de Pierre Béchade de Fonroche, Artiste lyrique à Paris, né à Bordeaux le 09 avril 1868. J’ai (Nous) avons retrouvé la date de son décès, savoir : Quotidien Parisien  » Le TEMPS  » du 22 janvier 1913, page 4, rubriques : Faits divers ; – M. Pierre Béchade de Fonroche, Artiste lyrique, âgé de quarante-quatre ans, a été retrouvé pendu hier dans le logement qu’il habite rue Rochechouart, 70.
    Une lettre du désespéré informe M. Dafert, commissaire de police du quartier, que ce suicide doit être attribué à la misère.

    Les recherches continues, sur le parcours artistique de Pierre Béchade de Fonroche.

    Cordialement.

    J-M. BERNARD

  4. BERNARD Jean-Marie, José dit :

    On retrouve en 1912, Monsieur Pierre Béchade de Fonroche « RAOUL » en famille, Artiste Lyrique, veuf de Norma Virginie BAUZELLE, né à Bordeaux le 9 avril 1868, décédé à Paris le 17 janvier 1913 , à bord du Paquebot « Ménominée » partie d’Antifer, arrive à Boston, Massachusetts U.S.A, faisant partie d’une compagnie lyrique Française, qui a auparavant , en 1910 le Paquebot « Caroline » arrive à New York, à son bord, Pierre Béchade de Fonroche, acteur, faisant partie d’une compagnie lyrique à destination finale du Théâtre de la ville de la New Orléans. liste des passagers (manifeste)

    Cordialement.

    J-M. BERNARD

  5. BERNARD dit :

    Pierre Béchade de Fonroche, Artiste lyrique à Paris, décédé le 17/01/1913, a bénéficié d’un transport de corps gratuit le 21/01/1913, à destination du Cimetière Parisien de Pantin 93500, sa dépouille fut inhumée dans la division 119, ses proches n’ayant pas relevé sa tombe, cette dernière n’existe plus, (référence: Archives de Paris et Services administratif du cimetière parisien de Pantin.

    Cordialement

    J-M. BERNARD

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