2 millions de documents dans Gallica !

Gallica a récemment franchi le cap des 2 millions de documents mis à la disposition des internautes. Plus de 400 000 livres, 975 000 fascicules de presse et revues, 550 000 images, 60 000 cartes, 31 000 manuscrits, 10 000 partitions et 2 400 enregistrements sonores sont ainsi référencés dans la bibliothèque numérique de la BnF et de ses partenaires…

Le 2 millionième document de Gallica est le manuscrit autographe de Manon, opéra de Jules Massenet créé à l’Opéra-Comique de Paris le 19 janvier 1884 :

Conservé dans les collections du Département de la Musique à la Bibliothèque-musée de l’Opéra, ce document fait partie d’un ensemble de 76 partitions d’orchestre manuscrites qui furent léguées par Jules Massenet (1842-1912) à la Bibliothèque de l’Opéra et qui en rejoignirent les collections à la fin de l’année 1917. Il est entièrement de la main de Massenet, à la différence d’autres manuscrits plus tardifs pour lesquels le compositeur, qui écrivait de sa main les parties d’orchestre, confiait à un copiste les parties vocales. Autre spécificité de ce manuscrit, l’existence d’une page 13 : Massenet avait en effet coutume, par superstition, de sauter la page 13 de ses manuscrits et de préférer une pagination 12 bis, comme dans le manuscrit de Werther, ou 14, comme dans le manuscrit de Thaïs.

Manon // poème de H. Meilhac // et Philippe GiIle (manuscrit autographe)Manon // poème de H. Meilhac // et Philippe GiIle (manuscrit autographe)
Source: gallica.bnf.fr

Le manuscrit de Manon est émaillé de notes du compositeur sur son état physique ou moral, sur des considérations météorologiques, sur ses soirées au théâtre, au restaurant, en ville. Il porte de précieuses indications de date qui permettent par exemple de voir que le compositeur s’est occupé, « du 5 février au 5 mars 83″, de la « préparation de la partition » – autrement dit qu’il a transcrit sur les portées inférieures les lignes vocales déjà composées antérieurement dans sa partition chant-piano et que ce n’est qu’une fois cette opération accomplie qu’il s’est attelé à l’orchestration de l’œuvre. Enfin, chaque partie porte aussi des indications de date en début et en fin. Ainsi le 2ème tableau de l’acte 2 de l’air « Adieu, notre petite table » à la fin de l’acte a été orchestré le dimanche 29 avril entre 5 h du matin et 4 h 1/2 du soir. « Grande fatigue ! » conclut-il.

Portrait de Massenet par Pierre Petit, avec envoi autographe daté de 1911

Outre les manuscrits autographes du compositeur numérisés et d’ores et déjà en ligne,  Gallica donne accès à de nombreux documents concernant Jules Massenet – dont on a cette année fêté le centenaire de la mort : une édition de ses Souvenirs publiés en 1912, une partie de sa correspondance, mais aussi plusieurs dizaines de portraits et quelques enregistrements sonores d’extraits de son œuvre sont disponibles dans Gallica. Vous pourrez ainsi feuilleter le manuscrit de Manon tout en écoutant un enregistrement de 1905 de l’air de Saint-Sulpice, extrait du même opéra !

 

Cette entrée a été publiée dans Collections, avec comme mot(s)-clef(s) , , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

5 réponses à 2 millions de documents dans Gallica !

  1. Bourse dit :

    J’ai beaucoup aimé l’anecdote sur la page 13… Comme quoi les supersitions sont tenaces et touchent mêmes les personnes les plus brillantes…

  2. alain dubois dit :

    Bonjour,
    « référencés dans la bibliothèque numérique de la BnF et de ses partenaires… »
    Est-ce que vous comptabilisez les références aux « bibliothèques » payantes ??? (Sont-ce encore alors de bibliothèques ?? )
    Cordialement
    Alain

  3. Wendr dit :

    Bonjour,

    Merci pour tout ce travail de numérisation. Votre base de donnée est une véritable merveille dans l’épanouissement intellectuel de notre société.

    Je m’en sert énormément pour ma culture personnelle, mais également pour enrichir mes connaissances dans certains domaine lors de mes différents projets.

    Bonne continuation à vous

    Mélanie

  4. valerie dit :

    Bonjour,
    Effectivement, Gallica est un projet qu’il faut saluer. Le chemin parcouru depuis les années 1990-2000 est immense. Accessible à tous, c’est un véritable outil de démocratisation du savoir et de la connaissance au service d’une vision humaniste de la culture.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*


cinq × = 25

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>