Vilmorin : une maison, une famille.

Publicité Vilmorin-Andrieux, 1895

Les graines Vilmorin, un nom connu dans le monde entier !

Ce nom rayonna dans le monde puisque –rapidement rappelé- la société introduisit les premiers plans de vigne au Japon en 1878, installa une station expérimentale en Russie au début du XXème siècle et les traductions de Description des plantes potagères furent fréquemment rééditées aux Etats-Unis et en Angleterre…

Aujourd’hui l’entreprise réalise l’essentiel de son activité hors d’Europe. Et pourtant la maison est née en plein cœur de Paris, quai de la Mégisserie et fut l’œuvre de plus de six générations d’une famille de botanistes passionnés. Mais revenons aux débuts de l’histoire familiale…

Naissance de la dynastie

L’aventure commença quand Philippe Victoire Lévêque de Vilmorin, amoureux de médecine et de botanique épousa une maîtresse grainière Adelaide d’Andrieux. Cet ancêtre, Philippe Victoire Lévêque de Vilmorin (1746-1804) fut collaborateur d’Auguste Parmentier. Il reprit donc le magasin fondé par les parents de sa femme et donna naissance à l’entreprise commerciale de graines Vilmorin-Andrieux. Membre de l’Académie d’Agriculture de France, il participa à de nombreuses commissions et rédigea, avec d’autres, avis et rapports tels  Instructions sur les moyens de conserver les pommes de terre. Un des premiers catalogues de la maison Vilmorin, daté de 1783, témoigne déjà de la grande richesse de l’entreprise.

Catalogue Vilmorin, 1783

Catalogue Vilmorin, 1783

Développement de l’entreprise

Son fils Philippe André de Vilmorin (1776-1862) poursuivit l’œuvre de son père : il acquit en 1821 le domaine des Barres en Sologne et y fit pousser une forêt expérimentale où il put étudier les pins et les chênes comme en témoigne ce catalogue des végétaux ligneux et exotiques existant sur le domaine forestier des Barres-Vilmorin. Il déplaça le centre des cultures expérimentales et commerciales à Verrières le Buisson en Essonne ou fut transportée la fameuse collection de pommes de terre remise par Parmentier à la Société Impériale d’Agriculture, la maison Vilmorin étant chargée d’en prendre soin et de la développer.

Louis de Vilmorin (1816-1860), fils du précédent,  apporta, à son tour, sa pierre à l’édifice familial comme le rappelle cette note post-mortem de P. Duchartre à son égard : il rendit compte de ses expériences dans le Bulletin des séances de la Société royale et centrale d’agriculture, contribua régulièrement à l’Almanach du Bon Jardinier. Il publia le premier une note sur le quinoa et son introduction en Europe et contribua à la création d’une nouvelles race de betterave.

Son fils Henri Levêque de Vilmorin (1843-1899), lui aussi botaniste, publia notamment sur le croisement, la sélection et la culture du blé. Il était passionné par les débats naissants sur la génétique. Président de la Société botanique de France, il accueillit, à ce titre, de nombreux congrès internationaux de botanique à Verrières-Le-Buisson.

Henri  lança à son tour son fils, Philippe Levêque de Vilmorin (1872-1917) dans le métier en lui confiant la rédaction de l’ouvrage suivant Les Fleurs à Paris, culture et commerce en 1892. Dans l’introduction de cet ouvrage, il déclare qu’il donne « tout son concours à la disposition d’un débutant [son fils] soucieux de faire son entrée dans le monde par un travail utile et de prendre rang à la suite de  quatre générations d’hommes passionnés pour l’étude des choses horticoles et agricoles ». Botaniste comme ses ancêtres, Philippe de Vilmorin fut aussi collectionneur de plantes et entreprit la création de l’arboretum de Pézanin en Bourgogne.

Une dynastie… littéraire !

Une de ses filles  Louise de Vilmorin fut également célèbre : écrivaine, elle eut pour compagnon Antoine de Saint Exupéry puis André Malraux mais elle n’était pas botaniste. Toutefois, pour entretenir l’histoire familiale, à côté de Louise l’écrivaine, parmi les enfants de Philippe, il y eut Roger et André de Vilmorin, tous deux horticulteurs et ayant travaillé chez Vilmorin-Andrieux !

La maison Vilmorin fut d’abord rachetée en 1972 par un agriculteur angevin, quittant l’emprise de la famille fondatrice (André de Vilmorin la quitta en 1962) et le fief de Verrières-le-Buisson pour La Ménitré en Maine et Loire. Elle fut ensuite cédée en 1975 au groupe Limagrain.

Nathalie Aguirre – Direction des collections

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3 réponses à Vilmorin : une maison, une famille.

  1. philippe a de Vilmorin dit :

    Bonjour,
    ai été très intéressé par cet article, je souhaiterais rentrer en contact avec son auteur.
    merci
    philippe a de Vilmorin

  2. Delavigne Raymond dit :

    Bonjour,
    Je relève une inexactitude dans ce texte : le rachat de la maison Vilmorin en 1972 n’a pas été le fait d’un agriculteur mais d’un marchand grainetier de Corné (M et L) nommé Hodée qui a fait fortune en commercialisant les semences de maïs hybride que produisaient les agriculteurs de la vallée de la Loire. Vous en saurez plus sur ce personnage en lisant l’ouvrage d’Yvon Péan : « La révolution du maïs en Anjou »

  3. Lawrence Bohme dit :

    Je voudrais savoir qq chose sur la nièce de Louise de Vilmorin, qui à la mort de sa tante la remplaça comme compagne d’André Malraux, restant auprès de lui jusqu’à la mort de Malraux en 1976. Elle fut mariée avec un allemand nommé Miles Reincke (1931-1990) que j’ai connu à Saint-Barthélemy. Reincke y avait construit un hotel de luxe et un grand nombre de villas, il avait aussi au Méxique une usine de céramique. J’ai l’impression que Vilmorin l’a quitté pour Malraux…

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