Les fonds sonores dans Gallica

La sonnambula. Ah ! non credea mirarti, Vincenzo Bellini

La sonnambula. Ah ! non credea mirarti, Vincenzo Bellini

Archives sonores inédites, sélections de disques édités, de nombreux documents sonores représentatifs d’une production phonographique riche et précieuse sont disponibles à l’écoute dans Gallica. Depuis la fin octobre, une nouvelle présentation éditoriale de ces fonds sonores est consultable.

A ce jour, six corpus sont publiés, proposant une sélection d’enregistrements inédits historiques ainsi que l’accès aux disques numérisés dans la cadre de l’opération de mécénat « Offrir une voix ».

Les corpus historiques des Archives de la Parole, enregistrés entre 1911 et 1914 sous la direction du linguiste Ferdinand Brunot et entre 1920 et 1924 sous celle de Jean Poirot, proposent  des enregistrements réalisés au studio de l’université de la Sorbonne et des enquêtes de terrain, accompagnés de leurs archives manuscrites et/ou photographiques.

Fondatrices dans l’histoire de l’enregistrement sonore en France mais aussi de celles de la linguistique et de l’étude du patrimoine oral et musical, les enquêtes de terrain de Ferdinand Brunot dans les Ardennes, le Berry et le Limousin (1912-1913) lancent la constitution d’un vaste miroir linguistique enregistré, auquel s’ajoute un instantané des coutumes et traditions d’une France rurale d’avant-guerre.

Raga Bhup : alap-gath / Narayan Das, E. / solo de sitar; Inde

Raga Bhup : alap-gath / Narayan Das, E. / solo de sitar; Inde

Les enregistrements réalisés en studio donnent à entendre les voix célèbres de l’époque, qu’elles soient celle d’artistes, de politiques comme Maurice Barrès (1914), ou bien encore d’écrivains comme Rudyard Kipling (1921). Ces collections s’enrichissent également au fil des décennies des voix, chants et musiques des cultures du monde entier, les enregistrements de l’Exposition coloniale internationale de 1931 constituant une pierre angulaire de l’histoire de l’ethnomusicologie en France et un témoignage historique et musical exceptionnel.

Des fonds d’importance comme celui des cours de Gilles Deleuze enregistrés à l’Université de Paris VIII, Vincennes-Saint-Denis entre 1979 et 1987, ou bien encore l’autobiographie sonore du dessinateur, graveur et romancier Fred Deux, enregistrée entre 1963 et 1994, sont également consultables en ligne.

A suivre : D’autres fonds sont déjà consultables dans Gallica et  bénéficieront bientôt d’un accès structuré à partir de la page Enregistrements sonores :

  • - l’intégralité des fonds historiques des Archives de la Parole puis du Musée de la Parole et du Geste (dont la mission de terrain Roumanie 1928, menée par Hubert Pernot, directeur de l’institution) ;
  • - les dons faits par ce dernier au Musée de la Parole et du Geste (dont le fonds Linguistic Survey of India) ;
  • - les dons Pathé (fonds de musique russe et caucasienne, arabe et orientale, méthodes de langue Pathégraphe…) ;
  • - un corpus thématique portant sur les discours et chansons de la première guerre mondiale ;
  • - une sélection d’enregistrements rares et précieux portant sur les musiques du monde et les musiques anciennes et baroques éditées pendant la première moitié du XXe siècle.

Pascal Cordereix, Audrey Viault – direction des Collections, département de l’Audiovisuel

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4 réponses à Les fonds sonores dans Gallica

  1. Lempereur Françoise dit :

    En 1973, j’ai terminé une maîtrise (licence en Belgique) de musicologie à l’Université de Liège avec un mémoire intitulé « Contribution à une étude ethnomusicologique de la chanson traditionnelle en Wallonie ». Je citais les enquêtes de Bruneau/Brunot mais n’avais alors pas pu écouter leurs enregistrements. Grâce à votre initiative, je peux à présent les faire entendre aux étudiants qui suivent mes cours de patrimoine immatériel.
    Je suis à votre disposition pour des informations qui concerneraient les chants et textes en wallon (moins en champenois et en lorrain mais je peux essayer). Merci et bravo pour votre travail !
    Fr. Lempereur, Maître de conférences à l’Université de Liège.

  2. Christine dit :

    Bonjour,

    Félicitations pour votre blog dans lequel on trouve toujours des articles intéressants.

    J’aimerais savoir pourquoi il n’est pas possible de télécharger les enregistrements sonores qui font partie du Domaine Public ?
    Quelle est la différence par rapport aux livres ou aux images, photographies… ?

    Merci de votre réponse.

    Bien cordialement,
    Ch.

    • Equipe Gallica dit :

      Merci pour cette question, plus complexe qu’il n’y paraît. En effet, concernant les enregistrements sonores, on peut distinguer quatre cas de figure dans Gallica du point de vue des droits :

      - les documents sous droits d’auteur (nous n’avons mis aucun document sous droits voisins) diffusés avec l’autorisation des ayants droit. C’est le cas des cours de Gilles Deleuze, du journal de Fred Deux, d’un certain nombre de voix des Archives de la Parole. Dans tous ces cas, nous sommes autorisés à diffuser dans Gallica, mais le téléchargement n’est pas autorisé par les accords passés ;

      - les documents où une certaine prudence s’impose : c’est particulièrement vrai pour la musique classique, où certains droits ne sont pas clairement identifiés, c’est le cas des orchestrateurs, arrangeurs. Aucun problème pour une diffusion en ligne, en permettre le téléchargement peut nous exposer à des situations plus délicates ;

      - les enregistrements d’ethnomusicologie. Dans ce cas, on retombe sur l ‘opposition mise en avant par Anthony Seeger aux Etats-Unis pour des collections de ce type : legal right vs moral right ;

      - les enregistrements, qui, effectivement, sont libres de droits.

      C’est la balance entre les quatre cas de figure qui nous a amené rapidement à – globalement – ne pas faciliter le téléchargement. Pour être équitable, sans courir de risque, il aurait fallu instaurer deux possibilités : une avec téléchargement, l’autre sans, ce qui est pour le moment difficilement gérable.

      Bien cordialement,
      L’équipe Gallica

  3. Christine dit :

    Bonjour,

    Je vous remercie de votre réponse.

    Bien cordialement,

    Ch.

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