Dans l’atelier du compositeur : les Variations Goldberg

Gallica et BnF Collections Sonore réunissent la partition des Variations Goldberg sur l’exemplaire ayant appartenu à Jean-Sébastien Bach et l’enregistrement emblématique de Glenn Gould

 

En janvier 1974, le musicologue Olivier Alain assiste à un récital donné par Paul Blumenroeder, professeur de clavecin au Conservatoire de Strasbourg, qui présente notamment les Variations Goldberg de Jean-Sébastien Bach. Le claveciniste lui montre à cette occasion l’exemplaire qu’il avait acquis lors de la vente de la bibliothèque de l’ancien directeur du Conservatoire de Strasbourg, Franz Stockhausen. Cet exemplaire présente un certain nombre de corrections manuscrites qui semblent contemporaines de l’édition.

Clavier Ubung bestehend in einer Aria mit verschiedenen Verænderungen vors Clavicimbal mit 2 Manualen : annotation de tempo de la main de Bach

L’ouvrage contient surtout, en fin de volume, une page manuscrite titrée « Verschiedene Canones über die ersteren acht Fundamental // Noten vorheriger Arie. von J.S. Bach » (Canons divers sur les huit premières notes de Basse de l’air qui précède. par J. S. Bach), qu’Olivier Alain identifie rapidement comme un manuscrit authentique et inédit de Bach, contenant des airs inconnus jusqu’alors. Parmi les multiples indications soutenant son hypothèse, on peut citer la graphie, la mention d’auteur et le nombre de 14 canons qui apparaît comme une signature numérologique codée de Bach, très habitué de ces procédés (en prenant l’ordre des lettres de l’alphabet, B + A + C + H = 2 + 1 + 3 + 8 = 14) . Ce précieux document entra par la suite dans les collections de la BnF, et est aujourd’hui visible sur Gallica.

Dans le cadre du projet BnF Collections Sonores, une vidéo synchronise désormais les images de cet exemplaire avec l’interprétation des Variations Goldberg gravée en 1955 par le pianiste canadien Glenn Gould. Cet enregistrement révéla mondialement l’œuvre (auparavant connue surtout des amateurs de musique ancienne) ainsi que le pianiste, âgé de 22 ans lorsqu’il proposa son projet à la compagnie Columbia.

Manuscrit des 14 canons inédits

Clotilde Angleys
Département de la Musique

Pour plus d’information :
Olivier Alain, « Un supplément inédit aux Variations Goldberg », Revue de musicologie, t. LXI (1975, n° 2), p. 244-294

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4 réponses à Dans l’atelier du compositeur : les Variations Goldberg

  1. colette dit :

    C’est super. Bravo Clotilde et bon été.
    Colette

  2. christine V dit :

    Très sympa, même quand on n’est pas du tout pianiste!!!

  3. Catherine Angleys dit :

    Merci ma belle !
    Emouvant. je fais suivre à des amateurs.
    Une question : le Franz Stockhausen dont tu parles a-t-il un rapport avec le compositeur Karlheinz Stockhausen qui a sévi dans les années 70. j’ai souvenir de pièces assez… hermétiques.

  4. Mögel dit :

    Génial et Bravo! Magnifiques comme toujours :)

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