O comme Obituaire

Tout au long du mois de juin, dans le cadre du Challenge AZ, nous vous proposons d’explorer les ressources disponibles dans Gallica pour la recherche généalogique. Aujourd’hui, découvrez un type de liste de personnes décédées : les Obituaires.

Obituaire de Saint-Germain-des-Prés, 1250-1290

Obituaire de Saint-Germain-des-Prés, 1250-1290

Les obituaires constituent au Moyen Age des listes de noms, et se rattachent à une fonction de commémoration. Ils tirent leur étymologie de la messe, obit, célébrée lors de l’anniversaire du décès d’une personne. Apparues dès le 8e siècle, ces listes étaient le plus souvent organisées en fonction des dates du décès ; il s’agissait de noms de personnes dont on voulait se souvenir, et qui étaient nommées lors d’offices religieux.

Nécrologe-obituaire de la cathédrale du Mans, 1906

Nécrologe-obituaire de la cathédrale du Mans, édité par Busson et Ledru,1906

Des publications sous forme d’extraits dans le Recueil des historiens de la France, puis dans les publications des sociétés savantes, leur donnent au 19e siècle parmi les sources médiévales leurs lettres de noblesse. Cependant ces documents ont longtemps été sous-estimés dans l’histoire sociale. Devant un telle quantité de noms, inconnus pour la plupart, beaucoup de chercheurs n’ont retranscrit que ceux qui avaient une certaine notoriété. D’autres ont considéré que « les milliers de noms du menu peuple » étaient un fatras qu’il fallait épargner aux historiens. Aucune autre source médiévale cependant ne réunit autant de références individuelles, issus de couches sociales aussi diverses.

Extraits de cartulaires, d'obituaires de Paris, fonds Baluze 55

Extraits de cartulaires, d'obituaires de Paris, fonds Baluze 55

Quel était l’objectif de ceux qui désiraient être inscrits, parfois avec leur famille et leurs ancêtres, dans les obituaires, et plus largement dans les documents nécrologiques ? Il s’agissait d’assurer par la prière et par la charité le salut de son âme, de celle de ses proches. Contre un legs aux pauvres et à la communauté monastique sollicitée, le donateur espérait ainsi voir son nom figurer parmi les élus dans le livre céleste de la vie.

Extrait de l'obituaire de la sainte chapelle de Dijon, fonds Latin 12824

Extrait de l'obituaire de la sainte chapelle de Dijon, fonds Latin 12824

Le souvenir permanent d’une personne, à chaque anniversaire de sa mort, nécessitait l’établissement de ces listes sous forme de calendrier. Étroitement liés aux offices liturgiques au cours desquels les noms étaient énumérés, les manuscrits d’obituaires sont rarement isolés, mais se trouvent au contraire annexés aux volumes utiles aux offices et aux messes de la communauté monastique.

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Arnaud Dhermy – Département de la Coopération

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