L’affaire Peytel : cartographie d’un crime

Drames judiciaires. Scènes correctionnelles. Causes célèbres de tous les peuples. Première série, rédigée par Ch. Dupressoir. Paris, 1849. Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, F-18987.

 

Les cartes géographiques attribuées à la Bibliothèque nationale de France dans le respect de la loi instituant le dépôt légal des cartes, plans et atlas forment une collection exceptionnelle qui recèle de nombreuses surprises. Deux d’entre elles, déposées en 1839, témoignent d’une affaire criminelle particulièrement sordide.

Ce fait divers concerne le double meurtre dont le notaire Sébastien-Benoît Peytel fut accusé d’être l’auteur. Fait rare pour l’époque, les crimes et leur retentissement intéressèrent les contemporains au point que deux cartes avec l’emplacement précis des corps furent publiées. L’une d’entre elles comporte un portrait de Peytel. Il faut regarder attentivement ces cartes des environs de Belley, dans l’Ain, datant de 1839, pour comprendre ce qui en faisait l’intérêt aux yeux des contemporains. Sur celle publiée par H. Brunet, on peut apercevoir en haut à gauche, près du pont, et en bas à gauche, près de la croisée des chemins, la figuration des deux cadavres. Le corps sur la montée de la Darde est celui de Louis Rey, domestique de Peytel. Il fut retrouvé face contre terre, la tête brisée à coups de marteau. La dépouille près de la rivière est celle de l’épouse du notaire, Félicie Peytel.

Les archives judiciaires révèlent que les lieux de ce double homicide furent inspectés sous la pluie battante, le 2 novembre 1838, à 4 heures du matin. Quatre heures avant, Sébastien-Benoît Peytel était venu déclarer au président du Tribunal civil de Belley un attentat dont sa femme venait d’être victime et qui avait menacé ses jours. Notaire nouvellement établi à Belley, Peytel déclara qu’il revenait de Mâcon avec deux voitures, l’une qu’il conduisait et dans laquelle se trouvait sa femme, l’autre que conduisait Louis Rey, son domestique. Après qu’ils eurent passé le pont d’Andert, son domestique, qui en voulait à son argent, lui aurait tiré à bout portant, un coup de pistolet, qui le manqua, mais qui atteignit sa femme enceinte de six mois et la tua. Toujours selon sa déposition, Peytel aurait poursuivi le domestique sur la route et, l’ayant atteint, il l’aurait assommé à coups de marteau.

La justice et la gendarmerie se rendirent aussitôt sur les lieux. Un pistolet déchargé fut découvert près de chacun des cadavres. Peytel, qui n’était marié que depuis six mois, fut soupçonné et placé en détention.

[Village de Rotonnod pour l'explication de l'affaire Peytel] / H. Brunet. Lyon, 1839. Bibliothèque nationale de France, département des Cartes et plans, GE DL 1839-227

 

L’affaire prit alors une tournure politique. Peytel avait été critique littéraire, actionnaire de la revue littéraire Le Voleur à laquelle Balzac avait collaboré, et journaliste politique. Mais surtout, sept ans auparavant, il avait fait paraître dans le journal Le Siècle, sous le pseudonyme « Louis Benoît, jardinier » une Physiologie de la Poire… où la poire en question n’était autre que le roi Louis-Philippe caricaturé. Alphonse de Lamartine, le dessinateur Paul Gavarni et Honoré de Balzac soutinrent le notaire. Mais rien n’y fit : on reprocha à Lamartine son parisianisme, à Gavarni ses sympathies anti-gouvernementales et à Balzac sa tenue négligée ! La justice trancha et Sébastien-Benoît fut guillotiné le 28 octobre 1839 sur le champ de foire de Bourg-en-Bresse.

Peytel était-il coupable ? Pour Maître Pierre-Antoine Perrod, qui a consacré en 1958 pas moins de 610 pages à l’affaire, Peytel fut victime d’une erreur judicaire. Les avis les plus récents sont davantage nuancés. Dans un article de la revue L’Année balzacienne Michel Lichtlé explique que Balzac croyait en la culpabilité du notaire, mais pensait qu’il avait agi sans préméditation et sans cupidité. Certains ont avancé que la femme et le domestique furent amants et que Peytel les aurait tués par jalousie. Cependant, si le fait divers a très vite laissé les cercles parisiens indifférents, l’auteur de La Comédie humaine s’est démené pour défendre Peytel. Il aura au moins permis que son nom ne tombe pas totalement dans l’oubli.

 

David Boudaud, département des Cartes et plans

 

Pour en savoir plus :

L’affaire Peytel, Pierre-Antoine Perrod. Paris, Hachette, 1958.

« Balzac et l’affaire Peytel. L’invention d’un plaidoyer », Michel Lichtlé, in L’Année balzacienne, 2002 (n° 3).

Vilmorin : une maison, une famille.

Publicité Vilmorin-Andrieux, 1895

Les graines Vilmorin, un nom connu dans le monde entier !

Ce nom rayonna dans le monde puisque –rapidement rappelé- la société introduisit les premiers plans de vigne au Japon en 1878, installa une station expérimentale en Russie au début du XXème siècle et les traductions de Description des plantes potagères furent fréquemment rééditées aux Etats-Unis et en Angleterre…

Aujourd’hui l’entreprise réalise l’essentiel de son activité hors d’Europe. Et pourtant la maison est née en plein cÅ“ur de Paris, quai de la Mégisserie et fut l’œuvre de plus de six générations d’une famille de botanistes passionnés. Mais revenons aux débuts de l’histoire familiale…

Naissance de la dynastie

L’aventure commença quand Philippe Victoire Lévêque de Vilmorin, amoureux de médecine et de botanique épousa une maîtresse grainière Adelaide d’Andrieux. Cet ancêtre, Philippe Victoire Lévêque de Vilmorin (1746-1804) fut collaborateur d’Auguste Parmentier. Il reprit donc le magasin fondé par les parents de sa femme et donna naissance à l’entreprise commerciale de graines Vilmorin-Andrieux. Membre de l’Académie d’Agriculture de France, il participa à de nombreuses commissions et rédigea, avec d’autres, avis et rapports tels  Instructions sur les moyens de conserver les pommes de terre. Un des premiers catalogues de la maison Vilmorin, daté de 1783, témoigne déjà de la grande richesse de l’entreprise.

Catalogue Vilmorin, 1783

Catalogue Vilmorin, 1783

Développement de l’entreprise

Son fils Philippe André de Vilmorin (1776-1862) poursuivit l’œuvre de son père : il acquit en 1821 le domaine des Barres en Sologne et y fit pousser une forêt expérimentale où il put étudier les pins et les chênes comme en témoigne ce catalogue des végétaux ligneux et exotiques existant sur le domaine forestier des Barres-Vilmorin. Il déplaça le centre des cultures expérimentales et commerciales à Verrières le Buisson en Essonne ou fut transportée la fameuse collection de pommes de terre remise par Parmentier à la Société Impériale d’Agriculture, la maison Vilmorin étant chargée d’en prendre soin et de la développer.

Louis de Vilmorin (1816-1860), fils du précédent,  apporta, à son tour, sa pierre à l’édifice familial comme le rappelle cette note post-mortem de P. Duchartre à son égard : il rendit compte de ses expériences dans le Bulletin des séances de la Société royale et centrale d’agriculture, contribua régulièrement à l’Almanach du Bon Jardinier. Il publia le premier une note sur le quinoa et son introduction en Europe et contribua à la création d’une nouvelles race de betterave.

Son fils Henri Levêque de Vilmorin (1843-1899), lui aussi botaniste, publia notamment sur le croisement, la sélection et la culture du blé. Il était passionné par les débats naissants sur la génétique. Président de la Société botanique de France, il accueillit, à ce titre, de nombreux congrès internationaux de botanique à Verrières-Le-Buisson.

Henri  lança à son tour son fils, Philippe Levêque de Vilmorin (1872-1917) dans le métier en lui confiant la rédaction de l’ouvrage suivant Les Fleurs à Paris, culture et commerce en 1892. Dans l’introduction de cet ouvrage, il déclare qu’il donne « tout son concours à la disposition d’un débutant [son fils] soucieux de faire son entrée dans le monde par un travail utile et de prendre rang à la suite de  quatre générations d’hommes passionnés pour l’étude des choses horticoles et agricoles ». Botaniste comme ses ancêtres, Philippe de Vilmorin fut aussi collectionneur de plantes et entreprit la création de l’arboretum de Pézanin en Bourgogne.

Une dynastie… littéraire !

Une de ses filles  Louise de Vilmorin fut également célèbre : écrivaine, elle eut pour compagnon Antoine de Saint Exupéry puis André Malraux mais elle n’était pas botaniste. Toutefois, pour entretenir l’histoire familiale, à côté de Louise l’écrivaine, parmi les enfants de Philippe, il y eut Roger et André de Vilmorin, tous deux horticulteurs et ayant travaillé chez Vilmorin-Andrieux !

La maison Vilmorin fut d’abord rachetée en 1972 par un agriculteur angevin, quittant l’emprise de la famille fondatrice (André de Vilmorin la quitta en 1962) et le fief de Verrières-le-Buisson pour La Ménitré en Maine et Loire. Elle fut ensuite cédée en 1975 au groupe Limagrain.

Nathalie Aguirre – Direction des collections

Quand les Gallicanautes bloguent leur généalogie

Lancé par Sophie Boudarel sur La Gazette des ancêtres, le défi « Bloguez votre généalogie de A à Z » a invité les blogueurs à publier, chaque jour du mois d’avril, un billet traitant de généalogie. Inspirée du Blogging from A to Z challenge, l’initiative reposait sur le principe de l’abécédaire : à chaque jour du mois d’avril correspondait une lettre de l’alphabet, et les articles publiés quotidiennement se devaient de porter sur un mot commençant par la lettre en question.

« La Sommerural », de « JEHAN BOUTEILLER », manuscrit Français 202

Près de 60 blogueurs se sont prêtés au jeu et ont contribué à la publication de plus d’un millier de billets en quelques semaines. Parmi ces articles, nombreux sont ceux qui utilisent des documents trouvés dans Gallica ou font mention de la bibliothèque numérique de la BnF – preuve que Gallica constitue une source majeure pour les généalogistes. Ces articles sont ici recensés selon le principe alphabétique du « Challenge AZ ». Bravo à tous ceux qui ont participé à cet extraordinaire défi !

A comme Applications, à lire sur La Gazette des ancêtres

B comme Bauchu à… Belle ?, à lire sur Voyager avec mes ancêtres, et comme Bibliothèques, à lire sur Auprès de nos Racines

D comme Dîme royale, à lire sur Nos Racines

E comme Encyclopédie, à lire sur Théo, Zoé, Léo et les autres…, et comme Evénement, à lire sur Trait d’union pour mémoire

F comme Fendeur, à lire sur Mes Racines Familiales, et comme Flore Coupé, à lire sur Oh mes Aïeux…

G comme Garde-moulin, à lire sur Histoires d’Aïeux, comme Guerre de Crimée, à lire sur Arbogaste Arbogast, et comme… Gallica, à lire sur D’Aïeux et d’ailleurs, sur Auprès de nos Racines et sur Le blog de Pixis

H comme Homosexualité et généalogie, à lire sur D’Aïeux et d’ailleurs

I comme Infirmités, à lire sur D’Aïeux et d’ailleurs, et comme Implexe, à lire sur Des Branches

J comme Journal officiel, à lire sur Nos Racines

K comme Késako ?, à lire sur La Gazette des ancêtres, et comme Mathurin K…, à lire sur Oh mes Aïeux…

L comme Pierre Landes, écrivain royaliste, à lire sur Chroniques d’antan et d’ailleurs

M comme Mendiant, à lire sur Rencontre avec mes ancêtres, et comme Mère célibataire, à lire sur Aide généalogie

N comme code Napoléon, à lire sur Nos Racines, et comme Nécrologie, à lire sur Nos Racines

O comme Onésime, à lire sur D’Aïeux et d’ailleurs

P comme Pacifique, à lire sur La Gazette des ancêtres, et comme Paul Foucher, à lire sur Théo, Zoé, Léo et les autres…

R comme Radegonde, à lire sur Chroniques d’antan et d’ailleurs

S comme Sorcellerie en Poitou, à lire sur Lulu Sorcière Archive, et comme Sainte Solange, à lire sur Rencontre avec mes ancêtres

T comme Témoins, à lire sur D’Aïeux et d’ailleurs, et comme Travail, à lire sur Généablogique

U comme Utopie, à lire sur La Gazette des ancêtres

W comme W, à lire sur La Gazette des ancêtres, et comme Wild West Show, à lire sur Généablogique

X comme XIXe siècle, à lire sur D’Aïeux et d’ailleurs

Y comme Ysoré d’Hervault de Pleumartin, à lire sur Généablogique

 

Pour en savoir plus sur le « Challenge AZ » et retrouver l’ensemble des billets de blog qui ont été publiés dans ce cadre au cours du mois d’avril, rendez-vous ici, là, ou là

Un billet gallicanautesque nous a échappé ? N’hésitez pas à nous le signaler en commentaires, nous l’ajouterons à cette liste !

Mélanie Leroy-Terquem – Département de la Coopération

 

Discours sur l’abolition de la peine de mort : mise en ligne du manuscrit de Robert Badinter

« En fait, ceux qui croient à la valeur dissuasive de la peine de mort méconnaissent la vérité humaine. La passion criminelle n’est pas plus arrêtée par la peur de la mort que d’autres passions ne le sont qui, celles-là, sont nobles. »

La version manuscrite autographe du Discours sur l’abolition de la peine de mort prononcé par le garde des Sceaux, Robert Badinter, à l’Assemblée nationale le 17 septembre 1981 est en ligne dans Gallica. Robert Badinter a fait don du manuscrit au Département des manuscrits de la BnF en novembre 2006 et a aimablement consenti à sa numérisation et à sa diffusion.

Robert Badinter. Discours sur l'abolition de la peine de mort.

Robert Badinter, manuscrit du Discours sur l'abolition de la peine de mort, folio 4

La video de ce discours est par ailleurs disponible sur le site de l’Institut national de l’audiovisuel :

Du Traité des délits et des peines du marquis de Beccaria au Grand pan de Georges Clemenceau, du manuscrit du Dernier jour d’un condamné de Victor Hugo au poème Contre la peine de mort d’Alphone de Lamartine, Gallica met à disposition des citoyens les textes d’écrivains, de philosophes, d’hommes politiques et d’humanistes qui ont Å“uvré pour l’abolition de la peine de mort.

Céléstin Nanteuil, estampe pour Le Dernier jour d'un condamné, 1833

Le manuscrit du Discours sur l’abolition de la peine de mort rejoint un riche corpus documentaire qui témoigne de ce combat à travers les siècles. Composé notamment des débats parlementaires de la Troisième République, numérisés grâce au partenariat noué avec les Bibliothèques de l’Assemblée nationale et du Sénat, cet ensemble documentaire éclaire la lecture des débats relatifs à la loi du 9 octobre 1981 portant abolition de la peine de mort. Ainsi, le 3 juillet 1908, Aristide Briand, garde des Sceaux du gouvernement Clemenceau, soumettait à la Chambre des députés un projet de loi portant abolition de la peine de mort. Ce projet fut rejeté le 8 décembre 1908 par 330 voix contre 201.

Scrutin sur la peine de mort du 8 décembre 1908

L’abrogation de la peine capitale en France constitue l’aboutissement d’un processus graduel de consolidation des droits de l’homme à travers les réformes successives du droit pénal et du régime pénitentiaire. Gallica rassemble et référence les collections de plusieurs établissements partenaires relatives à l’histoire de la justice, des crimes, des peines et de l’univers pénitentiaire. Citons par exemple les fonds iconographiques d’établissements pénitentiaires, accessibles sur le site de la bibliothèque numérique de l’ENAP (Ecole nationale d’administration pénitentiaire), ou encore les Annales d’hygiène publique et de médecine légale disponibles dans Medic@, la bibliothèque numérique de la Bibliothèque interuniversitaire de médecine.

 

Claire Bonello et Cécile de Becdelièvre – département de la Coopération

 

Les Surgissantes : naviguer dans les étoiles du web

Comment faire le lien entre Homère et Du Bellay ? Par exemple en  écoutant Gérard Philippe lire le célèbre poème des Regrets, « Heureux qui, comme Ulysse… ».  Pourquoi, de Pialat, arriver à Proust ? Parce que le réalisateur a eu le projet d’adapter le premier tome de la Recherche sous le titre L’enfance de Marcel Proust… Ce sont pareilles découvertes, parfois évidentes, souvent plus inattendues auxquelles invite le site des Surgissantes.

Découvrez la constellation consacrée à Rimbaud

Lancé en octobre 2012, le site a pour ambition d’explorer les richesses artistiques et culturelles du web, de les sélectionner, les commenter et les organiser. Constitués en constellations autour d’un thème central (Dante, Gainsbourg, les voyages ou le football…), les liens tissent un réseau de ressources de toutes natures (images, textes, sons, vidéos…) et de toutes origines (textes classiques, cinéma d’auteur, musique rock…). Les recoupements et correspondances invitent l’internaute, moderne marin naviguant aux étoiles, à explorer, approfondir mais aussi à se laisser surprendre, quitte à aborder en terre inconnue. Ainsi, aurait-on imaginé, parti d’un lien sur Van Gogh, rencontrer… Martin Scorsese (jouant le peintre dans un film de Kurosawa) ?

Découvrez la constellation consacrée à l'homme

Car, loin des réponses pléthoriques des moteurs de recherche, la richesse des Surgissantes réside bien dans ce travail de sélection et de commentaire reposant sur les choix et la curiosité des éditeurs. Preuve de cette subjectivité revendiquée, des écrivains, journalistes ou artistes sont également invités à créer leur propre constellation.

Dans un univers où les liens invitent à la fois à approfondir et à prendre des chemins de traverse, les ressources de Gallica ou des expositions virtuelles de la BnF viennent régulièrement alimenter les nouvelles constellations mises en ligne à un rythme hebdomadaire.

Mais au fait, pourquoi les « Surgissantes » ? L’expression fait référence à ces petites fenêtres qui apparaissent de façon intempestive sur nos navigateurs, pour imposer des messages généralement publicitaires.  Tandis que ces Surgissantes-là, si elles créent aussi la surprise, ouvrent surtout des portes…

Pour voir les documents de Gallica dans les Surgissantes, rendez-vous ici ; pour voir toutes les ressources de la BnF dans les Surgissantes, rendez-vous là.

Pour en savoir plus, une interview de Thomas Guillaud-Bataille, créateur et directeur éditorial des Surgissantes.

 

Nathalie Ryser, Délégation à la diffusion culturelle