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Gabriel de Saint-Aubin : L’Académie particulière

10 décembre 2008
Gabriel de Saint-Aubin - détail estampe

Gabriel de Saint-Aubin - détail estampe

Gabriel de Saint-Aubin (1721-1780), petit maître de l’eau-forte libre au dix-huitième siècle, est vraiment un artiste “fou de dessin”, insatiable croqueur du monde qui l’entoure et de ses contemporains. Une exposition lui a récemment été consacrée par le département des arts graphiques du musée du Louvre. Outre son Œuvre gravé, le département des Estampes et de la photographie conserve plusieurs dessins de lui, en particulier une collection de catalogues de ventes et livrets de Salons, dont les exemplaires interfoliés sont entièrement illustrés de dessins de l’artiste. Cet ensemble, capital pour l’histoire de l’art, est entièrement microfilmé et en cours de numérisation.
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L’Académie particulière gravée par Saint-Aubin combine plusieurs vertus : elle est due à un artiste rare, dont la pointe et le crayon n’ont cessé de noter l’esprit de son temps sur des planches de cuivre, des carnets de dessins, des feuilles volantes, des livrets de Salons ou des catalogues de ventes. Jean Adhémar (La Gravure originale au XVIIIe siècle, Paris, Somogy, 1963, p. 101) décrit l’infatigable artiste :

On le rencontre partout, dans toute occasion, le crayon à la main. Il dessine en tout temps et en tout lieu : les scènes de la rue, les spectacles qu’il voit autour de lui, les petits événements du jour, les nouveaux monuments. Pour vivre, il se spécialise dans des dessins sur les marges des catalogues de Salons et de ventes (qui alors ne sont pas illustrés), afin de conserver pour les amateurs le souvenir des tableaux.

Ses eaux-fortes témoignent d’une semblable curiosité pour tout ce qui l’entoure et d’un intérêt marqué pour les possibilités offertes par la taille-douce, exploitée à travers de nombreux états d’impression.

Dans l’Académie particulière, nul doute que Saint-Aubin ne s’est dessiné — lui-même ou son double — dans l’ombre du premier plan, assis par terre, tout au plaisir de dessiner, attentif et absorbé, ses yeux et sa main créant une sorte de ” compas ” esthétique très personnel capturant avec douceur le motif, ici le grand corps blanc féminin étendu sur un divan. Estampe ” découverte ” par la nudité du modèle mais nullement aguicheuse ni obscène, l’estampe à l’eau-forte de Gabriel de Saint-Aubin donne à voir avec sobriété et un frémissement retenu le goût de la beauté. Eau-forte originale du siècle des Lumières, sa fraîcheur ravissante peut certainement encore séduire l’œil contemporain.

Odile Faliu (BnF)

Gabriel de Saint-Aubin - L'Académie particulière - BnF, Estampes et photographie

Gabriel de Saint-Aubin - L académie particulière - BnF, Estampes et photographie

Pour en savoir plus

Émile Dacier, L’Œuvre gravé de Gabriel de Saint-Aubin, notice historique et catalogue raisonné, Paris, Impr. nationale, 1914. In-4 ̊, 203 p., pl.
Catalogues de ventes et livrets de Salons illustrés et annotés par Gabriel de Saint-Aubin ; introd. et notices par Émile Dacier, Paris : Société de la reproduction des dessins de Maîtres [Gazette des Beaux Arts], 1909. 6 vol. ; in-4.

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Commentaires (1)

  1. A la Bibliothèque du Haut-de-jardin en salle F, on peut aussi consulter le catalogue de l’exposition consacrée à Gabriel de Saint-Aubin qui a été présentée au Musée du Louvre en 2007-2008 :
    Exposition. New York, Frick collection. 2007-2008 Gabriel de Saint-Aubin, 1724-1780, Paris, Musée du Louvre, 21 février-26 mai 2008] /catalogue par Colin B. Bailey, Kim de Beaumont, Suzanne Folds McCullagh… Paris, Musée du Louvre éd. : Somogy, impr. 2007.

 

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