architecture

Articuler recherche et découverte pour le grand public

14 janvier 2009

Quoi de commun entre le Musée du Quai Branly et la Bibliothèque nationale de France sur son site François-Mitterrand ? Outre d’avoir été portés et inaugurés par deux anciens présidents de la République et d’être nés, chacun à leur manière, d’un geste architectural qui a marqué leur environnement et ne saurait laisser le regard indifférent, le visiteur attentif trouvera d’autres similitudes et aussi quelques différences intéressantes dans la conception des bibliothèques abritées par chacun des deux bâtiments parisiens.

Salon Jacques Kerchache © A. Bauman / Musée du Quai Branly

Salon Jacques Kerchache © A. Bauman / Musée du Quai Branly

Inutile de revenir ici sur les caractéristiques de la BnF et l’articulation des deux niveaux que sont le Rez-de-jardin, et le Haut-de-jardin qui lui est aussi consubstantiel qu’il le surplombe, mais l’on pourrait s’étonner de trouver aussi deux espaces de lecture dans le musée dédié aux arts premiers.

La médiathèque du Musée du Quai Branly, accessible gratuitement sur inscription, avec ses collections patrimoniales et actuelles consacrées aux arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques, pourrait ainsi être le pendant du Rez-de-jardin par la composition de ses publics, largement issus du monde universitaire, la nature de ses fonds et même son mobilier de bois noble recréant l’ambiance studieuse et moderne appréciée par nombre de lecteurs de la BnF.

Le musée possède en quelque sorte aussi son Haut-de-jardin, avec le salon de lecture Jacques Kerchache, du nom du célèbre collectionneur français chargé de la conception de la collection des arts premiers pour le musée. Ce « salon » est en effet plus directement accessible aux publics des visiteurs du musée, ne serait-ce que sa situation proche de l’accueil. La comparaison est donc tentante, même si le positionnement vertical entre les deux grandes composantes respectives de l’offre documentaire de chaque établissement est de fait inversé…

Les différences entre les deux établissements sont cependant notables, notamment dans la conception du salon de lecture Jacques Kerchache qui s’écarte sensiblement de celle des salles de lecture de la BnF et offre un exemple intéressant de cohabitation de multiples usages dans un lieu dédié à la consultation documentaire. D’accès gratuit, il propose dans ses rayonnages les revues et ouvrages d’ethnologie utiles aux étudiants et amateurs chevronnés aussi bien que des documents accessibles à un plus large public sur les cultures du monde et même 500 livres pour la jeunesse. Il y est donc possible tout à la fois de découvrir des contes africains ou amérindiens en compagnie de ses chères têtes blondes et de réviser ses connaissances en matière d’anthropologie structurale ou d’ethnomusicologie… Chacun y trouvera également le mobilier qui lui semblera le plus approprié à sa lecture : vaste table de travail ou pouf en cuir moelleux, ou bien encore en s’asseyant sur le sol recouvert de jonc de mer…

Plus étonnant encore pour les habitués de la BnF, des rencontres avec des auteurs ou des présentations d’objets sont régulièrement organisées à l’intérieur même de cet espace. Parfois destinées au jeune public, ces animations n’en attirent pas moins les lecteurs adultes qui profitent de l’occasion pour augmenter leurs connaissances. Aux dires de ses responsables, la présence des différents publics aux motivations studieuses ou plus familiales intervient de façon harmonieuse. Les lecteurs soucieux de préserver leur concentration peuvent bien sûr accéder à la médiathèque du musée située à l’étage supérieur et réservée à un public plus averti.

Le futur Haut-de-jardin de la BnF, dont la « refonte » est en cours de gestation et devrait donner naissance à des décisions au premier semestre 2009, pourrait-il s’en inspirer ? L’idée de proposer des rencontres ou des animations culturelles dans les salles de lecture du Haut-de-jardin fait, en tout cas, partie des points débattus, tout comme la politique d’accueil à l’égard des publics venus en famille ou des jeunes élèves de l’enseignement secondaire. Les occasions ne manqueront donc certainement pas dans l’année qui vient de poursuivre ces réflexions sur l’avenir de nos bibliothèques.

Romuald Ripon (BnF)

Partager ce billet
  • TwitThis
  • Facebook
  • E-mail this story to a friend!
  • Print this article!
  • LinkedIn
Adresse du rétrolien (trackback) pour ce billet :
http://blog.bnf.fr/lecteurs/index.php/2009/01/articuler-recherche-et-decouverte-pour-le-grand-public/trackback/

 

Laissez un commentaire