BnF, Collections et patrimoine

Des graphzines à la BnF !?

23 février 2009
Regard noir gravures-graphzines - exposition BnF 1998

Regard noir gravures-graphzines - exposition BnF 1998

Le saviez-vous ? Le département des Estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France collecte régulièrement des graphzines. Près de 500 y sont aujourd’hui conservés. On peut les identifier dans le catalogue général de la Bibliothèque (interroger par “graphzines” avec le critère de recherche : Sujet). Il est rendu compte de leur production dans les Nouvelles de l’estampe. Le repérage des graphzines se fait auprès des auteurs eux-mêmes et auprès des librairies « spécialisées » dans la petite édition, comme le Regard moderne et le Monte-en-l’air, à Paris. Enfin, leur visibilité s’est accrue ces dernières années grâce à leur présence et leur production en ligne (webzines).

Le graphzine est un livre graphique sans texte, réalisé le plus souvent en photocopie, en sérigraphie ou en offset. Il est façonné à la main, en atelier, dans le salon ou sur la table de la cuisine, ce qui explique souvent son faible tirage et son prix peu élevé. L’objet lui-même est atypique, et assez troublant pour un bibliothécaire habitué à traiter des livres d’aspect plus traditionnel. En effet, ce magazine graphique n’est que très rarement paginé et régulièrement dépourvu d’auteur, de mention d’édition, sans parler de l’absence d’identifiant normalisé (ISBN : International Standard Book Number) ou de code à barres !

En les feuilletant, le lecteur découvre ici un livre au style brutal, là un autre aux couleurs violentes, puis un troisième, exécuté plus sobrement, tel le carnet au fond de la poche de l’artiste. Le nom du dessinateur n’apparaît pas. Ou bien il est masqué sous un pseudonyme. Seul le style de l’image permet alors de reconnaître son créateur. Élaboré seul ou à plusieurs, l’ensemble devient un exutoire au trait spontané et rapide, parfois poétique, car nourri de symboles et de personnages issus de l’enfance. La composition n’est pas narrative et ne se « lit » pas de façon linéaire : chaque dessin raconte une histoire en une image. Bien sûr, il est aussi question de sexe, de violence, de monstres, de mort,… Mais tout ceci n’est que de la provocation. Les images sont déformées, découpées, maltraitées, pour choquer et interpeller.

Échappant par leur nature et leur mode de production au dépôt légal, les graphzines ne sont que marginalement présents dans les collections patrimoniales. Leurs auteurs sont d’ailleurs peu attachés à la notion de pérennité. Pourtant, si ces publications ne sont pas recensées et conservées dans un lieu public et accessible à tous, elles risquent de tomber dans l’oubli. Ceci est d’autant plus vrai pour les graphzines à bas prix, fabriqués et diffusés de manière quasi-clandestine.

Lise Fauchereau (BnF)

Pour en savoir plus

Le catalogue de l’exposition organisée à la BnF en 1998 : Regard noir, gravures - graphzines n’est plus disponible à la vente, à consulter en bibliothèque. Exemplaires à la BnF, dont plusieurs en libre accès (Haut-de-jardin, salles I et E ; Richelieu, Estampes et photographie et Salle de références).

Visiter en ligne le site communautaire des éditeurs de zines graphiques : D I Y zines et la revue du fanzinat Agraphages

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Commentaires (2)

  1. Connaissez-vous le catalogue en ligne de la Fanzinothèque? Nous aimerions figurer dans vos liens si vous le jugez pertinent.
    Merci
    Marie Bourgoin

  2. C’est en effet pour eviter que le graphzine tombe dans l’oubli que j’ai mis ma bibliothèque de graphzines en ligne. Vous y retrouverez tout type de publication alternative des années 1980 à aujourd’hui.

 

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