BnF, Manifestations

L’histoire du livre en un cycle de découverte à la BnF

16 février 2009
Libraire ambulant - Cris de Paris - BnF, Bibliothèque de l Arsenal

Libraire ambulant - Cris de Paris - BnF, Bibliothèque de l Arsenal

Des libraires ambulants comme celui-ci arpentaient autrefois les rues de Paris. Ce personnage nous vient tout droit d’un recueil anonyme de gravures sur bois coloriées, conservé à la Bibliothèque de l’Arsenal . Composé au début du XVIe siècle, c’est le plus ancien recueil connu de Cris de Paris, un genre de récit énumérant les différents métiers ambulants hérité d’un fabliau du XIIIe siècle, le Dit des crieries de Paris.

Dans le recueil, chaque métier est représenté par un marchand et son « cri », son slogan dirait-on aujourd’hui, véritable publicité sonore clamée le long des rues et sur les marchés pour attirer la clientèle. Grâce à une toute nouvelle innovation technologique (l’imprimerie est mise au point dans les années 1450), ce colporteur vend de minces fascicules imprimés, et vante donc ses abécédaires : « beaulx abc » et ses livres de prières : « belles heures ».

Si vous souhaitez mieux connaître l’histoire du patrimoine écrit, suivez les traces de ce libraire ambulant qui vous guidera le temps d’un voyage dans les univers du livre. A travers les collections de la Bibliothèque nationale de France, vous pourrez explorer la fabrication du livre, ses formes et ses métiers au fil des époques.

Virginie Meyer (BnF)

Atelier d imprimeur - BnF, Ms. Français 1537, fol. 29v

Atelier d imprimeur - BnF, Ms. Français 1537, fol. 29v

Source images : Bibliothèque nationale de France

images.bnf.fr

En savoir plus :

- sur les collections de la BnF portant sur le livre, la presse et les médias

- s’inscrire au cycle d’initiation Histoire(s) du livre proposant à tous publics une série de six séances, les jeudis du 5 mars au 9 avril, de 18h30 à 20h, dans le Petit Auditorium (site F.-Mitterrand, Hall Est). Entrée gratuite sur inscription à l’ensemble du cycle, au 01 5379 4949 ou à la boîte histoiresde-livre (at) bnf (point) fr

Conférences par des conservateurs, complétées par des visites des collections et des ateliers de restauration.

1. Tablette, rouleau, codex : les premiers supports de l’écrit - 2. Le papier : usages anciens et avenir - 3. La reliure française (XVIe-XVIIIe siècles) - 4. La réalisation d’un manuscrit médiéval - 5. Typographie et mise en page du livre imprimé (XVe-XVIIIe siècles) - 6. Le « livre d’artiste » : histoire du livre illustré au XXe siècle

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Commentaires (4)

  1. Pourquoi la littérature bleue est-elle appelée ainsi ? Si c’est pour la couleur du papier, pourquoi le choix de ce papier ? Avec quoi est-il teint ? Sa diffusion se faisait-elle uniquement par colporteur ? Etait-ce uniquement des romans ?
    Merci

  2. Aux XVIe et XVIIe siècles, les réformes protestantes et catholiques contribuent à faire progresser l’alphabétisation et à rendre le livre familier aux plus humbles des fidèles. Pour tous les nouveaux lecteurs, il faut de nouveaux livres, moins intimidants, moins chers, moins longs à lire.
    Pour ce faire, des imprimeurs inventent une formule éditoriale nouvelle, d’abord à Troyes (les familles Oudot, Garnier, puis Baudot sont les plus célèbres), puis dans des régions en pointe dans le mouvement de scolarisation comme la Normandie. Utilisant des caractères usagés, réemployant des bois gravés anciens, imprimant sur un papier médiocre, ils publient des livrets de petit format, peu coûteux, brochés avec un papier de couleur grise ou bleue. Les imprimeurs normands parlent d’un “bleu couleur papier de sucre”, ce qui signifie qu’il s’agit d’un papier d’emballage de mauvaise qualité. Le corpus se caractérise ainsi par son unité formelle, même si les contenus, eux, sont très divers.
    La Bibliothèque bleue, c’est d’abord un répertoire de textes tombés dans le domaine public et par conséquent d’accès libre pour les imprimeurs-libraires. On y retrouve aussi bien des romans de chevalerie, que des ouvrages pratiques, des facéties et des farces gothiques, mais également et surtout des livrets de dévotion et des vies de saints — autrement dit des lectures complémentaires de l’enseignement alors dispensé dans les écoles paroissiales.
    Jusqu’au milieu du XVIIe siècle, la Bibliothèque bleue atteint essentiellement un public citadin et socialement mêlé (clientèle populaire, commerçants et artisans). Elle touche ensuite les campagnes grâce aux colporteurs et devient le support majeur de l’accès à la culture écrite pour une partie de la paysannerie.
    Ce type de publication décline à partir du milieu du XIXe siècle, avec le recul du colportage au profit de la presse de masse.

    Virginie Meyer, d’après Jean-Dominique Mellot et Roger Chartier

    Voir l’article « Bibliothèque bleue » par Roger Chartier dans :
    Dictionnaire encyclopédique du livre. Paris : Éd. du Cercle de la librairie, 2002. 900 p.
    BnF, site F.-Mitterrand, salle E – Histoire du livre et bibliothéconomie – [002 FOUC d1]

    Pour aller plus loin, voir les ouvrages suivants :

    La Bibliothèque bleue et les littératures de colportage : actes du colloque organisé par la Bibliothèque municipale à vocation régionale de Troyes. Paris : École des chartes ; Troyes : la Maison du Boulanger, 2000. 288 p. (Études et rencontres de l’École des chartes).
    BnF, site F.-Mitterrand, salle E - Histoire du livre et bibliothéconomie – [070.509 44 DELC b]

    La bibliothèque bleue : littérature de colportage
    . Paris : R. Laffont, 2003. 1012 p. (Bouquins).
    BnF, site F.-Mitterrand, salle E - Histoire du livre et bibliothéconomie – [070.509 4403 ANDR b]

    Dossier pédagogique de la Médiathèque de l’agglomération troyenne

  3. Pour compléter le message précédent, et répondre à certaines questions de Nathalie, on peut préciser que les livrets de la Bibliothèque bleue étaient également vendus en librairie, notamment à Paris, sans doute jusqu’au début du XVIIIe siècle. Puis la diffusion s’est faite exclusivement par colportage, jusque vers 1860. Le nom de "bibliothèque bleue" vient de la couleur du papier utilisé le plus souvent pour la couverture. C’est un papier d’assez mauvaise qualité, proche de celui qui servait à emballer les pains de sucre. Mais les livrets pouvaient aussi être recouverts de papier dominoté, ou d’une feuille de parchemin.

  4. Un grand merci !

 

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