Coups de cœur des lecteurs, Services aux lecteurs

Quelques coups de cœur des lecteurs de la BnF

17 février 2009
Chansonnier de Jean de Montchenu sur des airs d Ockeghem et de Dufay - BnF, Manuscrits

Chansonnier de Jean de Montchenu sur des airs d Ockeghem et de Dufay - BnF, Manuscrits

Plusieurs lecteurs ou lectrices nous ont confié en quelques phrases leur plaisir, leur attachement, leurs souvenirs liés à des œuvres découvertes ou redécouvertes à la Bibliothèque nationale de France. Dans ce premier billet, quelques échos de ces bonheurs de lecture, de consultation audiovisuelle…

Si vous souhaitez témoigner, vous aussi, de vos coups de cœur liés à la bibliothèque, dans une salle de lecture, une exposition, une visite de département ou dans la bibliothèque numérique en ligne, partagez et offrez votre témoignage en proposant votre contribution à la boîte infoblog ( at ) bnf (point) fr. Les textes réunis seront publiés dans ce Blog Lecteurs !

Jacques DerridaKerstin EkmanLaurence Petit-Jouvet

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Jacques Derrida (1930-2004)
D’un Ton apocalyptique adopté naguère en philosophie. Paris, Éditions Galilée, 1983 (Débats)
BnF, site F.-Mitterrand, salle J, à la cote [194.409 2 DERR 4 dunt

Un de mes proches, évoquant la disparition en 2004 de son ami Derrida, voulait savoir si on trouvait "D'un ton apocalyptique utilisé naguère en philosophie..." à la BnF, là où tout un chacun peut le lire. Le catalogue m’a dit qu’il était en salle J. Alors je suis allée voir car je n’ai jamais rien lu de Derrida. Ce titre (avec les points de suspension que j’y ajoute) donne envie de goûter à une lecture autre que des histoires romanesques de la vie. Envie de quelque chose de sublimant, entre la poésie, les échecs et la pensée voltigeante. Le lire stimule comme la traversée d'une forêt embroussaillée et parfois très obscure (de références). Des sauts d’idées, des associations verbales ludiques et étonnantes. Je comprends mieux l’inclassable et l’émerveillant, l'irrésumable et l’immaîtrisable... la poétique du philosophe. J’ai suivi le chemin de sa pensée, m’éveillant, m’instruisant, me régalant des arrêts et des détours, tout en me demandant où il va. Mais faut-il absolument qu’il aille quelque part, que je puisse en tirer une conclusion ou un résumé ? C’est ma lecture, sauvage, intime et gratuite, comme je la recommande aux novices comme moi pour s’aérer l’esprit.

Lunayka H.
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Kerstin Ekman (née en 1933)
Les brigands de la forêt de Skule, roman trad. du suédois par Marc de Gouvenain et Lena Grumbach. Arles, Actes Sud, 1993 (Lettres scandinaves).
Trad. de : Rövarna i Skuleskogen
BnF, site F.-Mitterrand, salle G, à la cote [839.7 / EKMA 4 rova

On ne se laissera pas décourager par l'épaisseur de ce livre : sa lecture est un bonheur qu'on ferait durer à plaisir. Nous sommes au Nord, très au Nord, et dans un temps très reculé. Au fond d'une forêt sombre, profonde, mystérieuse s'éveille un troll : un être d'aspect humain, d'une intelligence brillante, mais qui comme les personnages féeriques du Songe d'une nuit d'été est dépourvu d'âme immortelle, et donc du sentiment de culpabilité. La rencontre avec des êtres humains alors encore mal dégrossis va éveiller sa curiosité, et lui faire découvrir le goût délicieux du pain. Notre troll décide de frayer avec les humains : il se fera passer pour l'un d'eux. A cela, il y a un obstacle : les trolls ne sont pas immortels, mais ils vivent très longtemps. Il devra donc changer d'identité au fil du temps pour ne pas être démasqué. Il y sera aidé par une autre caractéristique des trolls : la possibilité de se changer à volonté en animal , oiseau ou chien selon les circonstances. Et entre le fin fond des temps et le début du XXe siècle, il fera nombre de rencontres intéressantes ou inquiétantes, de l'épouse nostalgique d'un seigneur médiéval à un Descartes vieillissant à la cour de Suède, en passant par un alchimiste et bien d'autres, dont les toujours mystérieux brigands de la forêt de Skule... Conte de fées, direz-vous ? Non pas : c'est un livre pour les grandes personnes, dont l'auteur joue avec art sur le registre d'un imaginaire philosophique teinté d'humour, et qui reste au demeurant un excellent roman d'aventures.

L. Duplessis
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Mois du documentaire
J'ai rêvé d'une grande étendue d'eau
Laurence Petit-Jouvet, réal. ; Anne Baudry, voix ; Marie-Rose Moro... [et al.], participant. [Lussas], Doc net [éd., distrib.], [DL 2005]. 1 DVD vidéo. Cop. : Abacaris films : ARTE France, 2002.
BnF, site F.-Mitterrand, bibliothèque de recherche, salle P, à la cote [VDVD- 20865

Film : Auteur : Je ne me souviens plus, dans le cadre du mois du Documentaire en octobre 2003 (ou 2004 ?), festival au demeurant passionnant...
Titre : "J'ai rêvé d'une grande étendue d'eau"
Un documentaire très émouvant sur le travail réalisé dans la consultation d'ethno-psychanalyse de Bobigny, par Marie-Rose Moro et son équipe. Le film présente plusieurs entretiens de consultation familiale. Les interventions subtiles de M-R. Moro et des autres psychologues du groupe de thérapie ouvrent des pistes d'élaboration et de dénouement dans des situations familiales complexes et douloureuses, autour des thèmes de l'exil et de l'intégration.
Un travail clinique exemplaire filmé avec pudeur, qui respecte la confidentialité et l'intimité des patients.

M. C.

en savoir plus : fiche descriptive et extrait fiche du film

John Batho - Les rochers de Ploumanach, 1991 - © John Batho/Conservatoire du littoral

John Batho - Les rochers de Ploumanach, 1991 - © John Batho/Conservatoire du littoral

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Source des images : Bibliothèque nationale de France
images.bnf.fr
Pour la photographie de John Batho, voir le feuilletoir Photographies du littoral, dans l’exposition virtuelle La mer, terreur et fascination.

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