BnF, Manifestations

RV du samedi à la BnF : Antoine Volodine, Macau, aux Éditions du Seuil

9 novembre 2009
Macau, d Antoine Volodine et Olivier Aubert - Éditions du Seuil

Macau, d Antoine Volodine et Olivier Aubert - Éditions du Seuil

La BnF organise un rendez-vous avec l’actualité éditoriale, chaque samedi de 17h à 18h, en lien avec les collections de ses départements thématiques, sur le site F.-Mitterrand.

Samedi 14 novembre, une rencontre avec Antoine Volodine autour de son œuvre à l’occasion de la parution de Macau aux Éditions du Seuil.

Macau - Antoine Volodine

Voix originale et singulière de la littérature française contemporaine, Antoine Volodine est l’inventeur d’un monde et d’une littérature qu’il a baptisés “post-exotisme”.

Dans ce monde-là, les frontières entre réel et imaginaire, entre auteur et personnages, entre passé, présent et futur sont abolies. Les textes d’Antoine Volodine échappent ainsi aux canons traditionnels de la littérature occidentale, comme leur langue déterritorialise elle aussi le français.

Romans de quête initiatique ou amoureuse, descentes aux enfers, machinations politiques, relations de camps ou de prisons, les romans de Volodine réclament à la fois un lecteur et un sympathisant prêts à plonger en apnée dans un univers où les certitudes s’effacent.

Dans Le post-exotisme en dix leçons, leçon onze (1998), l’écrivain a livré quelques principes qui organisent sa poétique et son univers. S’il y baptise alors sa littérature du nom de “post-exotisme”, il lui donne un lieu pour matrice : un couloir de prison, où se croisent les voix de détenus incarcérés pour avoir milité, lutté pour un monde égalitaire. C’est la cellule-mère de toutes les histoires qui viendront. Homme ou femme, chaque détenu rêve, imagine, parle, écrit ou tape sur les barreaux. Des histoires sont murmurées, scandées collectivement, écrites sur des bouts de papier, apprises par cœur, communiquées à d’autres détenus qui à leur tour les transfigurent. Histoires dont le sens apparent ne doit jamais éveiller les soupçons des gardiens. Histoires-rêves qui parlent de Dondog ou de Mevlido, de Breughel, d’interrogatoires en Amérique latine, de la Mongolie, de la Chine, de la Corée ou de Macao.

Après Le Port intérieur (1995) qui faisait référence à Macao, Antoine Volodine revient sur le “génie du lieu” de cette ville dont l’architecture hante l’univers suburbain de ses romans. C’est au pouvoir de la fiction et à des photographies signées Olivier Aubert qu’est confié le soin d’évoquer une ville que l’errance et le désespoir ironique de Breughel métamorphosent en cité post-exotique.

Le débat sera animé par Jean-Didier Wagneur, coordonnateur de la numérisation et spécialiste de littérature au département Littérature et art de la BnF.

  • Où ?

Bibliothèque nationale de France, site F.-Mitterrand, hall Est (Espace découverte)
samedi 14 novembre 2009 de 17h à 18h

Pour en savoir plus, vous pouvez télécharger la bibliographie consacrée à l’écrivain : Antoine Volodine [fichier .pdf 54 Ko]

Pour suivre l’actualité des prochaines rencontres organisées à la BnF sur l’actualité éditoriale, consultez le calendrier culturel.

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Commentaires (4)

  1. Pourquoi Volodine persiste-t-il a appeler St-Petersbourg Léningrad. St-Pétersbourg a pourtant été dessiné par des architectes français. Il fait une fixation Enki Bilal littéraire avec les fantômes du marxisme-léninisme, qui ont été les vrais déclencheurs de l’himméléro-nazisme pan-européen.

  2. Antoine Volodine a expliqué pendant le débat, à la suite d’une intervention d’un spectateur, qu’il travaille beaucoup avec des images du XXe siècle, notamment celles qui ont accompagné tragiquement les grands rêves égalitaristes. Parmi celles-ci, les images de la Révolution russe et du monde soviétique sont présentes. Il a connu ce monde et a ancré de manière “non réaliste” ses fictions dans cette longue histoire douloureuse. En même temps, tout cet univers en partie onirique est diffus, peu référentiel. Ses livres sont écrits en écho à l’Histoire. Des épopées tragiques et désespérées. Ses livres sont également parcourus par les massacres et les génocides, la Shoah, les nettoyages ethniques, les boat-people, les enfants-soldats, etc… Son univers est une odyssée transfigurée de la souffrance humaine. Car la vérité de la fiction ne prend pas les mêmes chemins que l’histoire. Volodine n’est pas un nostalgique du stalinisme. Ses héros emblématiques sont des untermenschen qui mènent une vie lamentable dans les camps. Figures aussi ontologiques qu’historiques, elles incarnent la situation de l’homme contemporain.

  3. Quel bonheur de voir que la bnf a réouvert ses portes et de pouvoir laisser un commentaire sur un blog gratuit!
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