Archives pour le mois : juillet 2010

BnF, Collections et patrimoine, Programmes de recherche

Mademoiselle Yvette Troispoux et la Bourse de recherche Louis Roederer à la BnF

8 juillet 2010
Yvette Troispoux, Autoportrait -  © Yvette Troispoux

Yvette Troispoux, Autoportrait - © Yvette Troispoux

Après le décès de la photographe Yvette Troispoux en 2007, la BnF a préempté en vente l’année suivante l’intégralité de son fonds photographique : négatifs, planches contacts, archives personnelles.

Les spécialistes et amis de la photographe se réjouirent alors que des documents aussi importants pour l’histoire de la photographie en France depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ne soient pas dispersés et puissent être mis à la disposition des chercheurs. Lire le reste de cet article »

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Ailleurs, Histoire

Des pirogues de Bercy au port de la Gare

7 juillet 2010

Un port à la BnF ?
Dans le cadre de l’aménagement de la partie Est de la ZAC “Bercy”, dans le voisinage actuel du Parc de Bercy, des pirogues de chêne, datant de la période néolithique, avaient été découvertes sur le site. Désormais quatre sont exposées dans l’Orangerie du Musée Carnavalet, elles ont donné le nom à la rue des Pirogues de Bercy.

Si les pirogues augurent d’une activité halieutique sur cette rive, une activité portuaire préexistait sur l’autre rive, à l’emplacement de la BnF !

Emplacement du projet de Gare d eau, par Destouches, 1753 (détail carte)

Emplacement du projet de Gare d eau, par Destouches, 1753 (détail carte)

De la gare d’eau dite de l’Hôpital…
En 1753, Destouches soumet à la Ville le plan d’un bassin clos de gare d’eau qui se serait situé sur l’actuelle place Valhubert, sur l’emplacement de l’implantation de l’Établissement public de la Bibliothèque de France (EPBF), Lire le reste de cet article »

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BnF, Collections et patrimoine

L’américaniste Alexis Aubin : le Champollion du nahuatl ?

6 juillet 2010
Cachet de la collection Aubin-Goupil, BnF, Manuscrits

Cachet de la collection Aubin-Goupil, BnF, Manuscrits

La commémoration du bicentenaire du début du mouvement d’Indépendance nationale mexicaine (la guerre d’indépendance se déroula de 1810 à 1821) et du centenaire du début de la Révolution mexicaine (officiellement fixé au 20 novembre 1910 et qui dura jusqu’au départ en exil de Diaz le 27 mai 1911),  nous permet d’évoquer la collection Aubin-Goupil, cœur de la collection de manuscrits mexicains de la Bibliothèque nationale de France.

Le fonds étant entré grâce à un généreux don consenti par Augustine Élie, veuve de Charles Eugène Espéridion Goupil, fait le 13 janvier 1898 et officialisé par décret le 18 juin 1898, c’est souvent la personnalité d’Eugène Goupil qui est évoquée et mise en valeur (cf. Cohen, Monique, “Eugène Goupil, un collectionneur et un mécène“, Journal de la Société des Américanistes, 1998, 84-2, p. 21-33.). On en oublie parfois l’origine antérieure et notamment la personnalité de l’archéologue-paléographe Joseph-Marie Alexis Aubin auprès duquel Eugène Goupil avait acquis le fonds, neuf ans avant d’en faire don à la Bibliothèque.
Rappelons que le fonds est riche de 429 cotes alors qu’avant le don fait en 1898, la collection de manuscrits mexicains ne comptait que 17 numéros pour 16 volumes !

  • Le fonds mexicain à la BnF

Cette précédente origine figure pourtant dans l’estampille appliquée sur chacun des documents. D’autres documents sont désignés par la communauté des spécialistes par le nom de leur ancien propriétaire comme par exemple le Codex Aubin (Manuscrits mexicains n° 18-19).

Mais qui était cet Aubin ?

Joseph Marius Alexis Aubin est né le 18 juillet 1802 à Tourettes-les-Faïences dans le Var. Après un passage par l’École des Beaux-arts il dirigea, à partir de 1826, la section des sciences à l’École normale supérieure jusqu’en 1830, année de son départ pour le Mexique afin de s’occuper de recherches physiques et astronomiques. Fasciné par les restes archéologiques présents notamment à Mexico, il se lance dans “une étude plus approfondie des monuments placés sous mes yeux” comme il le dit dans son Mémoire sur la peinture didactique et l’écriture figurative des anciens Mexicains. C’est à partir de ce moment qu’il constitue sa collection : “je pus acquérir une partie des manuscrits et des peintures provenant de la succession des fils du célèbre astronome américain Gama [...]. Plus tard, un grand nombre de chroniques en nahuatl, ou mexicain” si bien qu’il se décide à apprendre cette langue.

Eugène Boban, désigné par Eugène Goupil pour “mettre un peu d’ordre dans ce fouillis”, comme il le dit lui-même, et établir le catalogue de la collection d’Aubin qu’il avait acquise, propose dans son ouvrage des “Notes biographiques sur M. J.-M.-A. Aubin“.

Il indique qu’Aubin fonda un collège franco-mexicain, lointain ancêtre du Lycée Franco-Mexicain - fondé en 1937 et encore fréquenté par la communauté française de Mexico. Pour ce qui est de sa collection, il précise qu’Aubin “se trouvait placé dans d’excellentes conditions pour réunir, sans avoir à redouter la concurrence, manuscrits et peintures hiéroglyphiques, livres et papiers précieux”.
Eugène Boban signale qu’en 1840 Aubin vend son collège et rentre en France avec sa collection qu’il garde jalousement jusqu’en 1889, année où il la cède à Eugène Goupil. Brinton, reprenant la date de 1840, écrit qu’Aubin :

lived surrounded by them for fifty years, making very little use of them himself, and never permitting a single student so much as to look at them.

  • Un Américaniste

En 1857, Aubin fonde avec Brasseur de Bourbourg, Léon de Rosny, Ernest Renan, Edme François Jomard (de la Bibliothèque Nationale !), Alfred Maury et d’autres, une “Société Américaine de France” qui s’élargira en 1859 pour devenir la Société d’Ethnographie Américaine et Orientale, dont la Société américaine devint une section.

Portrait de l américaniste Aubin (détail)

Portrait de l américaniste Aubin (détail)

En 1863, “les membres de cette Section ayant trouvé qu’une place trop restreinte était faite à leurs études par la Société d’Ethnographie s’en séparèrent en 1863, et tentèrent de former une Société indépendante sous le nom de Comité d’archéologie américaine. L’essai fut malheureux, et ce Comité cessa de donner signe de vie dès 1867″ selon Robert de Lasteyrie, Bibliographie générale des travaux historiques et archéologiques publiés par les Sociétés savantes de la France…. 4, 1904, p. 78. En 1864, les membres de la Société américaine restés dans la Société d’Ethnographie fondent la Revue américaine. La Société Américaine de France renaît en 1873 tout en restant l’une des branches de la Société d’Ethnographie et contribue à la fondation du Congrès international des Américanistes qui se tient encore régulièrement.

Selon Brinton, Aubin se serait ruiné après de malheureux investissements à Panama, ce qui l’aurait incité à accepter la proposition d’achat de sa collection que lui avait faite Goupil.
En 1891, Eugène Boban dresse le portrait d’un Aubin paranoïaque, aigri et misanthrope, vivant retiré du monde, ce que confirme Brinton qui déclare l’avoir rencontré en 1890 à la huitième session du Congrès international des Américanistes tenue à Paris et où sa présence seule suffisait à susciter des protestations indignées.

Albert Réville, dans son article “Les aventures d’une collection”, décrit l’Alexis Aubin de 1880-1890 en des termes toujours aussi peu amènes : “un petit vieillard d’aspect bizarre, toujours négligé, qui se traînait plus qu’il ne marchait [...]. Il ne causait avec personne, attirant seulement l’attention par la singularité de sa tenue et son expression de défiance à l’égard de tout et de tous.” A. Réville rend néanmoins hommage à ses connaissances : “Il était à la veille de devenir le Champollion de cette seconde Égypte“.
Alexis Aubin décède le 7 juillet 1891 à Callian dans le Var.

  • Études mexicaines

Bizarrement, ni Boban ni Brinton ne font mention de sa participation à la Commission scientifique du Mexique (1864-1867) dont Alexis Aubin fut l’un des membres nommé par le décret fondateur du 27 février 1861 et destinée “à préparer l’organisation d’une expédition scientifique au Mexique et d’en suivre les résultats”.
Le 10 mars 1864, la Commission centrale de la Commission scientifique du Mexique fut divisée en quatre comités : Sciences naturelles et médicales, Sciences physiques et chimiques, Histoire, linguistique, archéologie et enfin Économie politique, statistique, travaux publics, questions administratives.

Alexis Aubin, qui avait été proposé par Armand de Quatrefages, faisait partie du Comité Histoire, linguistique, archéologie présidé par le Baron Gros, comprenant également Longpérier, Maury, Angrand, Viollet-le-Duc, Daly, Brasseur de Bourbourg, soit  “de hautes personnalités du monde scientifique [...] et d’érudits reconnus pour leur connaissance du Mexique” selon Pascal Riviale, “L’américanisme français à la veille de la fondation de la Société des Américanistes”, Journal de la Société des Américanistes, n° 81, 1995, p. 207-229.

Quauthli et Ocelotl devant le dieu Patecatl (détail) - BnF, Manuscrits, Mexicain 18-19

Quauthli et Ocelotl devant le dieu Patecatl (détail) - BnF, Manuscrits, Mexicain 18-19

Sous la direction d’Ernest-Théodore Hamy (1842-1908), le Comité publia une collection de « Recherches historiques et archéologiques » dans laquelle est paru l’ouvrage d’Alexis Aubin, Mémoires sur la peinture didactique et l’écriture figurative des anciens Mexicains, précédés d’une introduction par Hamy, Paris : Imprimerie nationale, 1885, XI-106 p.

Nadia Prévost Urkidi, dans son article “La Commission scientifique du Mexique (1864-1867) : un exemple de collaboration scientifique entre l’élite savante française et mexicaine ?“, Revue d’Histoire des Sciences Humaines, 2008/2, n° 19, p. 107-116 mentionne qu’Aubin “était réservé, suspicieux, désordonné et n’avait pas le charisme nécessaire à la fondation d’une véritable « école » consacrée aux études sur l’Amérique indigène. Alfred Maury disait de lui qu’il était ce genre de personne qui « chauffe toute leur vie le four, sans jamais cuire », tant il ne se décidait jamais à mettre la dernière main à une œuvre [...]. Son entrée dans la commission centrale de la CSM se fit a posteriori, après que fut établie une première liste constituée d’académiciens de l’Institut de France et de personnalités savantes telles que Brasseur de Bourbourg.”

Ce sont sans doute ces traits de caractère, comparés à la libéralité de Goupil qui d’emblée destinait son acquisition à la Bibliothèque nationale qui expliquent que l’on ait quelque peu oublié celui qui a constitué cette collection en rachetant d’ailleurs une partie de celle d’un prestigieux prédécesseur, en la personne de Lorenzo Boturini Bernaducci.

Dans un autre billet, nous évoquerons peut-être la personnalité du marchand et collectionneur Eugène Boban, “l’antiquaire des crânes de cristal” comme le nomme Franck Priot.

Olivier Jacquot (BnF)

Pour en savoir plus sur le fonds et Alexis Aubin, on se reportera à :
- Boban, Eugène, “Notes biographiques sur M. J.-M.-A. Aubin“, dans Boban, Eugène, Documents pour servir à l’histoire du Mexique. Catalogue raisonné de la collection de M. E.-Eugène Goupil (ancienne collection J.-M.-A. Aubin), Paris : E. Leroux, 1891, p. 20-30.
- Durand-Forest, Jacqueline de ; Swanton, Michael W.,  “Un regard historique sur le fonds mexicain de la Bibliothèque Nationale de France“, Journal de la Société des Américanistes, 1998, 84-2, p. 9-19.
- Boban, Eugène, Documents pour servir à l’histoire du Mexique. Catalogue raisonné de la collection de M. E.-Eugène Goupil (ancienne collection J.-M.-A. Aubin), Paris : E. Leroux, 1891, vol. 1, vol. 2 et un atlas de 80 planches.
- Charlot, Jean, “Notes sur la Collection Aubin-Goupil à la Bibliothèque Nationale, Paris”, dans Œuvres en prose Jean Charlot éditées par John Charlot, Marie-José Fassiotto, et Michelle Smith, © 2001 John Charlot et le Jean Charlot Estate LLC.
- Réville, Albert “Les aventures d’une collection“, Revue des bibliothèques, 1898, t. VIII, p. 122-127.
- Brinton, D. G., “The Boturini-Aubin-Goupil Collection of Mexicana“, Science, vol. 21, n° 527, p. 127-128.
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Source des images : Bibliothèque nationale de France
images.bnf.fr - gallica.bnf.fr

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BnF, Services

Simplification de l’accès à Internet par réseau filaire à la BnF

5 juillet 2010

À partir du 5 juillet 2010, à la BnF, en Bibliothèque de recherche, l’accès à Internet est possible sur votre ordinateur personnel, par réseau filaire, et ce, en utilisant votre numéro d’identifiant lecteur.

Ce service est offert à la BnF dans les salles du Rez-de-Jardin sur le site François-Mitterrand (près de 800 places) et dans la Galerie Mazarine sur le site Richelieu (31 places).

Bibliothèque nationale de France, salle de lecture Rez-de_jardin - © Bertrand Desprez/VU

Bibliothèque nationale de France, salle de lecture Rez-de_jardin - © Bertrand Desprez/VU

Bibliothèque nationale de France, salle de lecture en galerie Mazarine © J.C. Ballot/EMOC/BnF

Bibliothèque nationale de France, salle de lecture en galerie Mazarine © J.C. Ballot/EMOC/BnF

  • retrouvez votre identifiant

Si votre carte de lecteur a été émise après le 22 mars 2010, l’identifiant est le numéro figurant sur votre carte. Lire le reste de cet article »

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Manifestations

Voyage au pays de la vidéo japonaise

1 juillet 2010

L’été, quand la chaleur est accablante, les Japonais ont un moyen bien à eux de se réfrigérer : les films de fantômes. L’un des plus beaux exemples est Histoire de fantômes japonais (Tokaido Yotsuya Kaidan), réalisé en 1959 par Nobuo Nakagawa et inspiré d’une pièce du théâtre kabuki. Les Parisiens, eux, profitent de Paris Cinéma et iront par exemple à la BnF pour découvrir le paysage de l’édition vidéo japonaise, mercredi 7 juillet, à 17 h.

Tokyo, quartier Akibahara - CC fukapon

Tokyo, quartier Akibahara - CC fukapon

Dans le pays qui a inventé une bonne partie des formats vidéo grand public (à commencer par le Betamax et la VHS), les vidéo-clubs du coin de la rue restent ouverts 24h/24. Dès les années 80 s’est développée une production audiovisuelle faite directement pour la vidéo, sans passer par l’étape de l’exploitation cinématographique ou télévisuelle. Par sa créativité débridée, l’Original Video a contribué au renouveau du grand cinéma japonais dans les années 90. Lire le reste de cet article »

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