BnF, Les coulisses

Inventaire de la biodiversité dans le jardin central de la BnF

1 septembre 2011
Raisin d Amérique, jardin de la BnF - © photo Sylvie Boufflet/BnF

Raisin d Amérique, jardin de la BnF - © photo Sylvie Boufflet/BnF

Troglodyte mignon et raisin d’Amérique…

Lors d’un appel à idées, lancé en septembre 2007, à l’occasion de l’engagement de la Bibliothèque nationale de France dans une démarche de développement durable, l’idée de solliciter le Muséum national d’Histoire naturelle pour réaliser un inventaire des espèces présentes dans le jardin central du site François-Mitterrand a été retenue.

Une convention de partenariat a été signée en 2009 avec le Muséum, ayant pour objectif, entre autres, la réalisation d’un inventaire dynamique des espèces du site.

Parce qu’il s’inscrit dans le temps et dans l’espace, cet inventaire dynamique présente un intérêt pour les chercheurs du Muséum. Réalisées tous les deux ans, jusqu’en 2013, les collectes de données permettront de mesurer l’évolution des communautés animales et végétales depuis la construction du jardin et mettront en évidence les interrelations avec les espaces plantés à proximité de la Bibliothèque nationale de France (Parc de Bercy, bords de Seine, Jardin des plantes, Parc Montsouris, Bois de Vincennes…).

  • un inventaire dynamique de neuf taxons

Selon les potentialités du jardin et les sujets d’études des chercheurs du Muséum, neuf taxons ont été retenus :

Inventaire du jardin de la BnF : relevé d araignées - © photo Sylvie Boufflet/BnF

Inventaire du jardin de la BnF : relevé d araignées - © photo Sylvie Boufflet/BnF

* Flore
* Micromammifère
* Oiseau nicheur
* Gastéropode
* Chauve-souris
* Carabe et fourmi
* Araignée
* Papillon.

  • Premiers résultats

- Cinquante-huit espèces de plantes, dont quarante-sept indigènes, sept naturalisées et une plantée. Une des espèces est protégée : le polystic à aiguillons, planté lors de la création du jardin. Sur les dix espèces exotiques, quatre sont invasives : le fraisier de Duchesne, le robinier faux-acacia, la vergerette du Canada et le raisin d’Amérique.

- Vingt espèces d’araignées, réparties en onze familles parmi les quarantes existantes en France.

- Treize espèces de gastéropodes, probablement apportés dans la terre destinée au jardin.

- Deux espèces de coléoptères carabiques, douze espèces de staphylins et quatre espèces de fourmis.

- Seule la pipistrelle commune, chauve-souris la plus fréquente en milieu urbain, a été repérée sur le site.

- Huit espèces de papillons dont le Tircis et la Belle-Dame. Deux sont nocturnes.

Troglodyte mignon dans le jardin central de la BnF - © photo Jean-Pierre Mériaux

Troglodyte mignon dans le jardin central de la BnF - © photo Jean-Pierre Mériaux

- Lors de ses observations, le chercheur du Muséum a décelé neuf espèces d’oiseaux, moins que l’ornithologue de la Ligue pour la protection des oiseaux, venu en 2005, qui en avait alors dénombré treize. La présence d’un épervier dans le jardin pourrait être la cause de cette diminution.

Prochainement, une restitution des résultats de ces inventaires scientifiques de la biodiversité du jardin de la Bibliothèque sera présentée au public, grâce à une exposition permanente dans l’Allée de l’Encyclopédie, en Haut de jardin.

Sylvie Boufflet (BnF)

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Commentaires (4)

  1. Bonsoir
    IL n est besoin de jouer avec la nature en faisant vos pseudos expériences , il vous suffit pour cela d aller en Forêt de Fontainebleau pour voir à quoi vous allez faire ressembler Paris dans quelques années, une forêt d ‘invasises.
    Ce que vous faites est irresponsable que vous connaissiez ou non les pouvoirs nocifs du phytolacca
    Salutations
    J claude PERREE

  2. Bonjour Monsieur,
    Merci pour votre commentaire. Voici quelques précisions sur la création et l’entretien du jardin-forêt.
    Il serait logique que le jardin de la BnF ressemble à la forêt de Fontainebleau, c’était en effet une volonté de l’architecte d’implanter au cœur de la BnF “un morceau de forêt à l’image de celle de Fontainebleau”.

    J’ai connu la forêt de Fontainebleau dans les années 70 quand les pins y étaient moins nombreux. J’y suis retournée récemment et en effet, j’y ai retrouvé les bouleaux, les fougères aigles, les polystics à aiguillons et, bien sûr, de nombreux pins sylvestres.
    Si Paris pouvait ressembler à cela, ce ne serait pas si mal et cela éviterait à beaucoup de Parisiens de parcourir de nombreux kilomètres pour retrouver un peu de vraie nature.
    Mais ne vous en faites pas, cela n’arrivera jamais.
    La modeste forêt de la bibliothèque ne sortira pas de son trou pour envahir autoroutes, périphérique, boulevards du baron Haussmann et tous les projets immobiliers à venir.

    Quant aux “pseudo” expériences auxquelles vous faites allusion, s’agit-il de la transplantation de grands pins adultes? de la suppression des traitements phytosanitaires? de la biodiversité encouragée ? N’est-il pas plus irresponsable d’avoir mis fin à l’existence de plusieurs espèces en utilisant à outrance pesticides et herbicides ? en remplaçant les surfaces végétalisées par des infrastructures étanches ?
    Par ailleurs, la ville de Paris est le résultat de milliers d’expériences qui n’ont pas été pensées de manière globale : plantations de marronniers d’Inde, ou d’autres espèces qui favorisent la prolifération de ravageurs.

    Phytolaca americana, présente dans le jardin de la BnF comme à Fontainebleau, est en effet une espèce invasive spontanée. Mais sa présence dans le jardin reste contrôlée. On rappellera que cette plante a été importée d’Amérique, comme tant d’autres espèces, venues d’autres continents, depuis des centaines d’années.
    Cette plante, fort jolie et encore vendue chez les fleuristes pour des bouquets, se trouve dans le jardin, elle a donc été inventoriée comme les autres. Comme le billet le précise : “Sur les dix espèces exotiques, quatre sont invasives : le fraisier de Duchesne, le robinier faux-acacia, la vergerette du Canada et le raisin d’Amérique.” La vigilance de la BnF est alertée. La gestion du jardin reste raisonnée, de la même manière que la prolifération des étourneaux, mettant en danger les végétaux, a été endiguée par la présence d’un couple d’éperviers, installé avec les conseils de la Ligue de protection des oiseaux (LPO). Voir un billet sur le sujet : Étourneaux et éperviers : la cohabitation.
    En souhaitant avoir répondu à vos interrogations. Bien cordialement. Sylvie Boufflet.

  3. chère madame!

    je suis choquée par l’article ci-dessus à plusieurs titres:
    -le phytolacca américana ne peut en aucune manière être une plante représentative de la forêt de Fontainebleau puisqu’ele en appauvrit la biodiversité,que l’ONF est bien ennuyée puisqu’elle gêne la régénerescence des arbres dans certaines parcelles
    - son arrivée en forêt de Fontainebleau n’est vraisemblablement pas si naturelle que cela.
    - vous ne pouvez pas dire qu’elle est maîtrisée en jardin puisque certaines oiseaux consomment leurs graines et les disséminent avec leurs fientes!!!!

    venez la voir sur places couvrir une centaines parcelles envahies comme si c’étaient de vrais champs cultivés
    champs
    Bien cordialement
    stella BOUCHENY

  4. Bonjour Madame,

    Je suis d’accord avec vous, Phytolaca n’est pas représentative de la forêt de Fontainebleau.
    Je constate simplement qu’elle y est présente, comme dans notre jardin.
    Afin d’éviter sa prolifération, nous enlevons les plantes avant la présence des fruits.
    Nous ne cherchons pas à valoriser Phytolaca, mais nous ne disperserons pas de traitements phytosanitaires pour en venir à bout.
    Cordialement.

 

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