Manifestations

François Cheng, à la croisée de la Chine et de l’Occident : colloque à la BnF

20 octobre 2011
François Cheng, calligraphie de deux caractères signifiant respectivement le chinois et le français

François Cheng, calligraphie de deux caractères signifiant respectivement le chinois et le français

Dans son essai intitulé Le Dialogue, publié en 2002 conjointement par les Presses artistiques et littéraires de Shanghaï et Desclée de Brouwer, François Cheng écrit :

Le destin a voulu qu’à partir d’un certain moment de ma vie, je sois devenu porteur de deux langues, chinoise et française [….] J’ai tenté de relever le défi en assumant, à ma manière, les deux langues, jusqu’à en tirer les extrêmes conséquences.

Si l’on sait que notre académicien, issu d’une famille de lettrés chinoise, est arrivé en France à l’âge de dix-neuf ans, sans connaître la langue à laquelle il consacrera toute sa création littéraire, on comprendra mieux combien ce défi était « insensé ».

Pénétrer dans e secret de la création de cet écrivain venu de « l’orient de tout » et en même temps rendre hommage, à travers son œuvre, aux littératures des deux pays qui sont l’une et l’autre, depuis des siècles, de grandes littératures, voilà le thème central du colloque franco-chinois organisé le 4 novembre 2011 par la Bibliothèque nationale de France, en partenariat avec l’Association pour la diffusion de la recherche littéraire et l’Université de Fu Dan (Shanghai). Ce sera d’ailleurs la première fois que des spécialistes français et chinois se réuniront pour présenter au public leur lecture croisée de l’œuvre de François Cheng.

Trois sujets de discussion sont prévus au programme

  • le poète

Malgré ses abondantes publications dans divers domaines, François Cheng se considère avant tout comme un poète. Convaincu qu’il faut « habiter poétiquement la terre » , il se positionne sans hésitation parmi ceux qu’on pourrait appeler « poètes de l’être » et affirme avec Rilke :

Chanter, c’est se hausser
À l’incessant appel de l’Être, c’est être !

Madeleine Bertaud, François Cheng, Hermann, 2009

Madeleine Bertaud, François Cheng, Hermann, 2009

  • le romancier

Certains critiques n’hésitent pas à comparer Le Dit de Tianyi avec ces « œuvres majeures » qui sont « inclassables », tandis que d’autres reconnaissent en L’Éternité n’est pas de trop « un Tristan et Iseult chinois ». En effet, bien que ses romans aient pour toile de fond la Chine, François Cheng n’a pas l’intention de « dire la Chine en français ». Son œuvre est animée par une unique passion : la destinée de l’homme.

  • le critique d’art

« Voir la montagne, ne plus voir la montagne, revoir la montagne ». C’est dans ces termes du Chan (Zen) que François Cheng résume l’esthétique chinoise, pour laquelle la beauté est essentiellement considérée comme un processus de quête, dont l’étape suprême résulte d’une rencontre entre le regard de l’artiste et l’être regardé. En nous dévoilant « la montagne revue », ses essais d’art créent en même temps une nouvelle rencontre entre sa voix poétique et la voie picturale.

Cheng Pei (BnF)

  • Où ?

Bibliothèque nationale de France, site F.-Mitterrand, Petit auditorium
vendredi 4 novembre 2011 -  de 9 h à 18 h
Entrée libre
La seconde partie du colloque aura lieu le mardi 22 novembre 2011, à l’Université Fudan, Shanghai.

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