BnF, Collections et patrimoine

Incunables des collectes sonores : des cylindres de 1898-1899

24 avril 2012

Le Trésor du mois installé dans l’espace découverte de la Bibliothèque nationale de France dévoile au public des enregistrements sonores inédits sur cylindres de 1898 et 1899.

Couvercle de cylindre enregistré par Hubert Pernot - BnF, dépt Audiovisuel

Couvercle de cylindre enregistré par Hubert Pernot - BnF, dépt Audiovisuel

Incunables des collectes sonores ethnographiques de la fin du dix-neuvième siècle, ces cylindres sont entrés au département de l’Audiovisuel grâce à un dépôt de la bibliothèque de l’UFR de musicologie de l’Université Paris IV-Sorbonne en 2011.

Au sein d’un ensemble de 140 cylindres, quarante cylindres inédits ont été identifiés comme ayant été enregistrés par l’helléniste Hubert Pernot pendant deux missions qu’il a effectuées en Grèce en 1897-1898.

  • considérés comme perdus
Collectes sonores en 1898-1899 - Photo BnF

Collectes sonores en 1898-1899 - Photo BnF

Ces pièces extrêmement précieuses étaient considérées jusqu’alors comme ayant été détruites, car on pensait que les cylindres avaient été “rabotés”, comme cela arrivait parfois, pour en permettre la réutilisation. Pensez à des situations analogues : les bandes magnétiques réenregistrées, les parchemins grattés (palimpsestes), les plaques gravées ou pierres lithographiques effacées…

Quand j’ai voulu les reprendre pour les utiliser, écrit Hubert Pernot dans une lettre du 15 novembre 1935, adressée à Roger Dévigne, sous-directeur du Musée de la Parole et du geste, j’ai constaté qu’il en manquait une grande partie, qu’on avait envoyée au rabotage. C’est là une catastrophe. Des textes manquent ainsi totalement ; d’autres, dont l’enregistrement était particulièrement bon, ne sont plus représentés que par une cire sur trois.

Les cylindres, sans doute de la marque Pathé, sont en cire de couleur miel, et très fragiles. Trois d’entre eux sont montrés dans l’Abécédaire des collections, avec la lettre d’Hubert Pernot évoquant le rabotage des cylindres.

Hubert Pernot dans son laboratoire pour l enregistrement de la voix, Sorbonne, 1927 - BnF, Estampes et photographie

Hubert Pernot dans son laboratoire pour l enregistrement de la voix, Sorbonne, 1927 - BnF, Estampes et photographie

  • premiers preneurs de son sur le terrain

Les quarante cylindres retrouvés font partie des premiers cylindres enregistrés sur le terrain et collectés par un Français à l’étranger. Ils sont donc d’une importance historique considérable, et la nouvelle de leur redécouverte l’est tout autant. Leur numérisation permettra d’offrir au public un accès à ces incunables des archives sonores mondiales.

Le Trésor du mois est présenté du 23 avril au 10 juin 2012, Espace Découverte, hall Est, site François-Mitterrand.

En savoir plus sur les débuts de l’enregistrement sonore et les Archives de la parole : La Voix.

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Commentaires (2)

  1. La description avec le photo de: Hubert Pernot dans sons laboratoire est dâté 1927, est peut-être dâté en erreur. Dès 1925 on a usé l\’enregistrement electrique dans toute l\’industrie en les stations de radio. En outre, quand on compare le photo avec les illustrations dans le livret: Inauguration des Archives de la Parole 1911, les persons n\’ont pas agé.

  2. Bonjour Monsieur, nous vous remercions pour votre commentaire.
    Voici ce que nous pouvons apporter comme précisions :
    - d’une part, Hubert Pernot n’a pris la direction des Archives de la Parole qu’à la mi-1924, le temps de l’installation à la tête de l’institution…, la photo ne saurait être antérieure à 1925 ;

    - d’autre part, en France tout au moins, on ne peut pas dire que l’enregistrement électrique a été utilisé par toute l’industrie du disque et les radios dès 1925 ; en fait la généralisation de l’enregistrement électrique s’est faite entre 1925 et 1927. Il ne faut pas oublier par ailleurs que les Archives de la Parole n’étaient pas un studio professionnel, mais un laboratoire scientifique, et que le passage de l’enregistrement acoustique à l’enregistrement électrique s’est fait plus lentement que dans l’industrie du disque. On conserve notamment une autre photographie prise en Algérie en 1926 d’une séance d’enregistrement des Archives de la Parole où l’on voit le même appareil d’enregistrement - acoustique - que sur la photo avec Hubert Pernot.
    La date de 1927 paraît donc probable.
    Bien cordialement. Pascal Cordereix

 

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