BnF, Expositions

La presse : l’écriture de l’événement et la fabrication du journal

12 juin 2012

Après un premier billet à propos de l’exposition sur la presse présentée à la BnF jusqu’au 15 juillet 2012, évoquons d’autres pistes d’approfondissement.

Philibert-Louis Debucourt, la marchande de journaux, détail de l Almanach national 1791 - BnF, Estampes et photographie

Philibert-Louis Debucourt, la marchande de journaux, détail de l Almanach national 1791 - BnF, Estampes et photographie

Bien loin de se cantonner au simple rappel d’une succession de dates relatives à l’apparition de tel titre, au développement de telle innovation technologique, l’exposition La Presse à la une : de la Gazette à internet restitue ce qui fait la chair des journaux : l’écriture de l’événement.

  • diversité des rubriques

En effet, c’est la diversité du réel qui compose le journal et se reflète à longueur de colonnes dans des rubriques apparaissant et se structurant progressivement.
La légèreté d’une chronique mondaine le dispute ainsi à des sujets plus graves tels que le reportage de guerre. Chaque genre développe ses codes d’écriture, un rapport à l’image spécifique, une légitimité inégale au sein de la profession et aux yeux du public. En effet, si l’événement sportif est très calibré, organisé parfois à l’instigation d’un organe de presse qui fidélise ainsi son public et accroît ses ventes, il en va tout autrement du fait divers dont il s’agit de rendre compte après coup, au prix parfois d’un important effort d’imagination.

Faits divers, couverture de L Assiette au beurre - BnF

Faits divers, couverture de L Assiette au beurre - BnF

Dans tous les cas, l’illustration a toute son importance, notamment dans la chronique judiciaire où la photographie s’est vue évincée au profit du seul dessin de prétoire.
Rythmé par le rappel d’événements gravés dans la mémoire collective (le meurtre du petit Grégory, la mort de la princesse Diana, la coupe du Monde de football de 1998), le parcours de l’exposition fait aussi découvrir des aspects moins connus. Ainsi en est-il des unes censurées durant la Première Guerre mondiale ou des reportages sociaux de Georges Le Fèvre réalisés en complète immersion dans les années 1930.

  • comment un journal est-il construit ?

En contrepoint, l’exposition restitue la fabrication du journal dans sa matérialité. Il s’agit tout d’abord de transmettre l’information grâce à divers procédés (télégraphe, télex, téléphone…), de l’organiser à travers une ligne éditoriale, l’élaboration d’une maquette avant de mettre sous presse le journal et de le distribuer. Fortement illustrée, cette partie fait découvrir tout à la fois le diamètre d’un câble sous-marin, la dépêche annonçant la mort du président Kennedy, carnets de reportages et cartes de presse de journalistes, boîtiers de négatifs et planches-contacts de photographes…

Tout au long de la visite, le propos s’appuie sur des extraits de reportages, des lectures d’articles saisissants sans oublier des interviews de professionnels qui font partager leur expérience et leur regard personnel sur l’avenir de la presse.

Benjamin Prémel (BnF)

  • Informations pratiques

du 11 avril 2012 au 15 juillet 2012
Bibliothèque nationale de France - François-Mitterrand / Grande Galerie
mardi - samedi de 10 h à 19 h
dimanche de 13 h à 19 h
sauf lundi et jours fériés

  • en savoir plus

exposition virtuelle

site mobile

la presse sur Gallica

Notez aussi l’après-midi d’étude du jeudi 14 juin : Presse, politique et indépendance rédactionnelle. Le retour du journalisme d’investigation
Petit auditorium de la BnF, de 14 h 30 à 20 h.
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Source des images :
Bibliothèque nationale de France
Banque d’images

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